Le secteur économique de lénergie en France comprend la production locale et l'importation d'énergie primaire, leur transformation en énergies secondaires et le transport et la distribution d'énergie jusqu'au consommateur final. Le secteur de l'énergie représentait 1,8 % du PIB français en 2019, et la facture énergétiqueLa facture énergétique nationale est définie comme le solde du commerce extérieur des produits énergétiques primaire et secondaire : combustibles minéraux solides, produits pétroliers, gaz naturel et électricité ; elle ne prend pas en compte l'uranium, qui représentait un peu moins d' en 2015, soit moins de 0,05 % du PIB. 1,8 % du PIB. Le taux d'indépendance énergétique est de 55 % en 2023.
La consommation d'énergie finale (au niveau des consommateurs) de 2023 se répartissait en 62,8 % de consommation directe de combustibles fossiles (charbon 1,8 %, produits pétroliers 43,8 %, gaz naturel 17,2 %), 25,1 % d'électricité, 9,5 % d'énergies renouvelables thermiques (biomasse-déchets 9,3 %, solaire thermique 0,2 %) et 2,6 % de chaleur de réseau.
Selon Eurostat, la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d'énergie en France atteignait 23,2 % en 2024, inférieure à la moyenne de l'Union européenne : 25,2 %, mais légèrement supérieure à celle de l'Allemagne : 22,5 %.
Les émissions de gaz à effet de serre (GES) dues à l'utilisation d'énergie en France représentaient 70,1 % des émissions totales de la France en 2018 ; en 2024, leur part dans les émissions de l'Union européenne était de 11,3 %, derrière l'Allemagne (22,6 %), l'Italie et la Pologne ; elles ont baissé de 26,2 % entre 1990 et 2024. Elles sont dues au pétrole pour 61,9 %, au gaz naturel pour 24,4 % et au charbon pour 9,1 %. Les émissions de par habitant en 2023 étaient inférieures de 10,7 % à la moyenne mondiale, et en 2024 de 24,5 % à la moyenne de l'Union européenne, de 39 % à celles de l'Allemagne, de 53 % à celles de la Chine et de 72 % à celles des États-Unis.
Les émissions de GES engendrées par la consommation de produits et services des Français, importations incluses (empreinte carbone), atteignaient équivalent par personne en 2019, niveau inférieur de 5 % à celui de 1995 : en , les émissions en France ont diminué de 25 %, mais les émissions associées aux importations se sont accrues de 72 % pour atteindre 54 % de l’empreinte carbone de la consommation de la France en 2019. La répartition de l'empreinte carbone en 2015 est évaluée à 24,1 % dans les transports, 22,4 % dans le logement, 19,5 % dans l'alimentation, 21,7 % dans les biens de consommation et 12,3 % dans les services.
Le secteur de l'énergie français a été ouvert à la concurrence progressivement de 1999 à 2007, à l'initiative de l'Union européenne. Le statut de deux des acteurs principaux, Électricité de France et Engie (ex-GDF Suez), a ainsi évolué au cours des par l'ouverture de leur capital et leur entrée en bourse. Les principaux autres acteurs du secteur de l'énergie en France sont TotalEnergies, E.ON et Eni.
Vue d'ensemble Évolution des principaux indicateurs de l'énergie en France Population Consom.énergieprimaire Production Import.nette Energy Statistics Data Browser - Net energy imports, France, 1990-2024, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025. Consom.électricité Energy Statistics Data Browser - Electricity consumption, France, 1990-2024, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025. Émissionsde GES*tab. GHG Energy Année Million PJLe joule est l'unité choisie dans le Système international d'unités pour quantifier l'énergie. Il est égal à un watt seconde, soit = . Le pétajoule (PJ) égale un million de milliards de joules : . PJ PJ TWh Mt éq 1990 58,3 347,6 355 2000 60,9 440,1 374 2010 65,0 503,2 350 2011 65,3 480,3 339 2012 65,7 490,7 342 2013 66,0 495,4 344 2014 66,3 471,3 309 2015 66,5 479,7 315 2016 66,7 485,5 318 2017 66,9 483,7 323 2018 67,2 480,6 312 2019 67,4 475,7 305 2020 67,6 451,9 270 2021 67,8 471,6 304 2022 68,1 453,4 294 2023 68,3 438,6 271 2024 68,5 442,0 262 Variation1990-2024 +17,5 % −2,4 % +16,4 % −23,6 % +27,1 % −26,2 %* émissions de gaz à effet de serre liées à l'énergie.
Production En 2019, la production nationale d'énergie primaire s'est élevée à , en recul de 2,5 %. Cette baisse résulte du repli de 3,4 % de la production nucléaire, à , lié à une moindre disponibilité des centrales, ainsi que du recul de 13 % de la production hydroélectrique, pénalisée par une faible pluviométrie, quasiment compensée par la hausse des productions éolienne (+21 %, à ) et photovoltaïque (+12 %, à ). La production nucléaire retombe à son niveau de 2017, le plus bas depuis la fin des , mais représente encore près de 80 % de la production nationale d'énergie primaire26.
Le déficit des échanges physiques d’énergie atteint , en progression de 0,3 %. Les importations nettes de gaz naturel augmentent de 1,7 % à et le solde importateur en produits raffinés de 24,8 %, à , mais les achats de pétrole brut diminuent de 8,8 %, à et les importations de charbon chutent de 20,9 %, tombant à leur plus bas niveau depuis plusieurs décennies ; le taux d'indépendance énergétique s’élève à 54,6 %, en baisse de 0,6 points ; il évolue relativement peu depuis le début des 27.
L'électricité produite provient pour 69 % du nucléaire ; pour 19 % des sources d'énergie renouvelables : production hydroélectrique : 11 %, éolien : 6 % et énergie solaire : 2 % ; et pour 11 % des centrales thermiques fossiles51.
Consommation finale En 2019, l'énergie consommée en France, mesurée au niveau de l'utilisateur final, s'élève à , en baisse de 0,7 %. Après correction des variations climatiques, elle diminue de 0,9 %, malgré la croissance du PIB (+1,5 %). Depuis 2012, année de référence des objectifs nationaux de réduction de la consommation d’énergie, elle a globalement reculé de 2,9 %, soit −0,4 % en moyenne annuelle. La consommation finale à usage énergétique, corrigée des variations climatiques, baisse de 1,0 % ; cette baisse concerne tous les secteurs, surtout l'industrie (−2,5 %) et le tertiaire (−1,8 %) ; la consommation des transports reste stable ; celle du secteur résidentiel baisse de 0,8 % et celle de l'agriculture de 0,7 %. La consommation non énergétique augmente de 0,9 % à . Les de consommation finale énergétique réelle (non corrigée) se répartit entre le secteur des transports : , soit 31,6 %, le secteur résidentiel (consommation des ménages dans leurs logements) : , soit 27,9 %, l'industrie : , soit 21,7 %, le secteur tertiaire : , soit 15,7 % et le secteur agricole : , soit 3,1 %85-87.
Tous secteurs confondus, l'électricité nucléaire est la première forme d'énergie primaire consommée : 40 %. Viennent ensuite le pétrole : 29 %, le gaz : 16 %, les énergies renouvelables et déchets : 12 %, le charbon : 3 %63. La consommation finale se répartit en 43,1 % de produits pétroliers, 24,3 % d'électricité, 19,3 % de gaz naturel, 10,0 % d'énergies renouvelables thermiques et déchets, 2,4 % de chaleur et 0,8 % de charbon64.
En 2022, la consommation de gaz pour la distribution publique et par les industriels baisse de 9,3 % ; la baisse est plus marquée pour les industriels (−11,5 %) que pour la distribution publique (−6,2 %). Cette baisse, plus forte que la tendance habituelle, s'explique notamment par des prix élevés. Elle est en partie compensée par une forte augmentation de la consommation de gaz pour produire de l'électricité (+54,4 %)..
L'énergie dans l'économie
L'industrie de l'énergie en France représente 1,8 % du PIB en 2019, environ , soit 0,5 % de la population active) en 2018 ; sa part dans le PIB, inférieure à 2 % en 1970, a monté jusqu'à 3 % en 1984 du fait du programme nucléaire, puis est retombée à 1,5 % vers 2007-2010 avant de remonter à près de 2 % grâce au développement des énergies renouvelables et à l'augmentation des investissements de maintenance des centrales nucléaires, malgré le déclin de la production des raffineries6. Elle représentait 25 % des investissements de l'industrie et 2,7 % des investissements totaux en 2011Ministère de la Transition écologique et solidaire, Repères - Chiffres clés de l'énergie édition 2011 , 2, décembre 2011..
La facture énergétique totale de la France baisse de 3,3 % en 2019 à , du fait surtout de la baisse des cours du gaz, le prix spot à Londres baissant de 42 %. Les fluctuations de la facture énergétique française sont avant tout dues aux variations des prix mondiaux. Au sein de cette facture 2019, le pétrole brut représente près de la moitié du total : , suivi par les produits raffinés : et le gaz naturel : ; le charbon tombe à et les biocarburants montent à . L’excédent commercial dû aux échanges d’électricité passe de en 2018 à en 201928..
La facture énergétique est passée, en euros constants 2015, de environ en 1970 (1,6 % du PIB) à de 1974 à 1978, après le premier choc pétrolier, puis à en 1980-84 (deuxième choc pétrolier), atteignant 5 % du PIB en 1981, avant de s'effondrer entre entre 1985 et 1999 (1 % du PIB en 1995 et en 1998) ; elle est ensuite remontée progressivement jusqu'à au cours des , atteignant 2,3 % du PIB en 2008, en raison de la forte augmentation des prix du pétrole et du gaz naturel ; après avoir chuté à en 2009 sous l'effet de la crise, elle remonte rapidement : en 2012, elle dépasse pour la première fois depuis les le seuil des 3 % du PIB, atteignant ; elle dépasse alors le déficit commercial total de la France ()Ministère de la Transition écologique et solidaire, Bilan énergétique de la France pour 2015 , , novembre 2016..
L'efficacité énergétique de la France a plus que doublé en (de 1970 à 2015), l'intensité énergétique finale passant de par milliard d'euros de PIB ; la baisse annuelle moyenne depuis 1995 est de 1,4 %, nettement inférieure à l'objectif de 2 % par an inscrit dans la loi de programme de 2005 fixant les orientations de la politique énergétique ; ce résultat décevant peut s'expliquer par la faiblesse de l'activité économique, qui détériore les rendements en abaissant le taux d'utilisation des équipements et en ralentissant les investissements. La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) fixe des objectifs moins ambitieux avec un objectif de réduction de 20 % de la consommation énergétique finale d’ici 2030 par rapport à 2012, soit une baisse annuelle moyenne de 1,2 %. Sur la période récente (2002-2015), la baisse est particulièrement forte dans l'industrie : −2,1 % par an, moins prononcée dans les transports : −1,3 % et le tertiaire : −1,2 %, et nulle dans l'agriculture ; dans le résidentiel, elle est mesurée en consommation finale par m : elle recule de 1,8 % par an depuis 2002. Par habitant, la consommation finale énergétique est en baisse de 0,4 % en 2015, à . Quant à la consommation d’énergie primaire par habitant, elle est stable, à . Ces deux indicateurs évoluent peu depuis 1990 ; l'indicateur d'intensité énergétique n'a qu'une signification limitée pour l'industrie, car les gains d'efficacité énergétique sont en grande partie obtenus par la délocalisation des industries les plus énergivores.
Comparaisons internationales Selon les statistiques de l'Agence internationale de l'énergie et celles de l'Energy Institute, la France se classe dans les premiers rangs dans le secteur de l'électricité (voir Électricité en France). Elle se classe également au mondial par ses importations nettes de gaz naturel en 2023, à , derrière la Chine (), le Japon (), l'Allemagne (), la Corée du Sud (), l'Italie (), le Mexique et la Turquie (voir Gaz naturel#Principaux importateurs) Energy Statistics Data Browser : Natural gas imports vs. exports, World, 1990-2023, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025..