Mélodie en sous-sol est un film franco-italien réalisé par Henri Verneuil et sorti en 1963. Le long-métrage met en scène Jean Gabin et Alain Delon dans les rôles principaux. Adaptation cinématographique du roman américain The Big Grab (1960) de John Trinian, Mélodie en sous-sol obtient un bon accueil critiqueThis Is Living End By Richard L. Coe. The Washington Post, Times Herald (1959-1973) [Washington, D.C] 16 Jan 1964: E6. et bénéficie d'un large succès public, avec 3,5 millions d'entrées en France.
Synopsis Dans un train de banlieue, tout en rêvassant aux récits de vacances des usagers voisins, un truand sexagénaire prénommé Charles, libéré une heure plus tôt après cinq années de prison, rentre chez lui dans son pavillon de Sarcelles, boulevard Henri Bergson. Il est perdu car la ville est en pleine reconstruction urbaine et il ne reconnait pas l'endroit où il a habité. Parvenant à son domicile, il est accueilli par son épouse Ginette. Elle lui propose de déménager dans le Midi afin d'y couler des jours heureux en tenant un commerce grâce au fruit de la vente immobilière. Charles veut toutefois achever sa carrière de braqueur par un gros coup, avant de se retirer à Canberra.
Son compère Mario évoque de braquer le Palm Beach, l'hôtel-casino de Cannes. Mario dispose d'un plan détaillé de la salle des coffres mais, fatigué et malade, il refuse de participer. Charles se rabat sur Francis Verlot, compagnon de cellule de vingt-sept ans, vivant aux crochets de ses parents, garçon volontaire, impétueux et aux dents longues. Louis Naudin son beau-frère, honnête garagiste, est recruté comme chauffeur.
À Cannes, Francis, sous l'identité d'un flambeur, doit faire ses entrées dans les coulisses du casino. Depuis cet espace il doit accéder à la cage de l'ascenseur menant au coffre du casino, dans le sous-sol de l'établissement. Il séduit Brigitte, jeune danseuse dont la troupe anime les soirées du casino.
Charles organise le coup, accompagné de Louis; il surveille les allées et venues de Grimp, directeur du Palm Beach, lequel rituellement, arrive en voiture, salue les employés et dépose les recettes dans la salle du coffre. Pris par sa relation avec Brigitte, Francis ignore les instructions de Charles, provocant une certaine tension. Charles souhaite annuler le casse mais Francis lui assure le respect du plan. Louis annonce aider Charles malgré tout mais ne veut plus sa part dans le hold-up, craignant de prendre goût au luxe et de se laisser tenter par d'autres contrats.
Le soir du casse, Francis rompt avec Brigitte, qui lui préfère un ancien et riche amant. Le buffet d'adieu du ballet bouleverse le plan car Francis se cache, ce qui l'empêche de grimper immédiatement dans les cintres. Il finit néanmoins par y parvenir et informe Charles par les signaux lumineux convenus. Après avoir rampé dans le conduit de ventilation, Francis se pose sur la cage d'ascenseur, ouvre une trappe et pénètre dans la salle de comptage pour braquer Grimp et les employés du casino avec une mitraillette. Il fait ouvrir la porte blindée derrière laquelle Charles l'attend. Ce dernier enfourne les liasses dans deux grands sacs et quitte la salle, suivi de peu par Francis, lequel planque ensuite les sacs dans sa cabine privée de piscine.
À l'aube, Charles découvre en une du journal que Francis apparaît fortuitement sur une photo au casino. Charles redoute que cette publication représente un danger imminent car on pourrait le reconnaître. Charles ordonne de récupérer les sacs et de les lui porter près de sa table au bord de la piscine. Francis décide d'attendre près de la piscine, à l'opposé de la table de Charles car malgré l'heure matinale, journalistes et policiers ont investi le lieu, arpentant la baignade et condamnant l'échange des sacs dont, d'ailleurs, ils parlent à haute voix comme les seuls indices sûrs. De l'autre côté de la piscine, Charles, le regard inquiet derrière ses lunettes noires, voit la complexité de la situation. Francis laisse alors glisser les sacs dans le bassin. L'un des sacs s'ouvre et les billets remontent doucement, tapissant en quelques minutes la surface de la piscine sous les regards à la fois impassibles et navrés de Charles et Francis, alors que les policiers découvrent médusés les centaines de billets flottant à la surface de l'eau.
Fiche technique
Titre original : Mélodie en sous-sol Titre international : Any Number Can Win Réalisation : Henri Verneuil (assisté de Claude Pinoteau et Costa-Gavras) Scénario : Albert Simonin, d'après le roman The Big Grab de John Trinian Dialogues : Michel Audiard Décors : Robert Clavel assisté de Pierre Charron et d'Olivier Girard pour les décors plateau Photographie : Louis Page Cadreur : André Dumaître Son : Jean Rieul Montage : Françoise Bonnot (assistée de Michèle Boëhm) Musique : Michel Magne orchestré par Jean Gitton Générique : Jean Fouchet Production : Jacques Bar Directeur de production : Jacques Juranville Sociétés de production : CIPRA Films (Paris), Cité Films (Paris) et C.C.M Films (Rome) Société de distribution : Metro-Goldwyn-Mayer (France et États-Unis) Pays de production : , Langues originales : français et anglais Budget : 3,5 millions de francs. (soit environ en ) Format : noir et blanc — 35 mm — 2,35:1 (DyaliScope) — son monophonique Genre : policier, drame, film de casse et romance Durée : 118 minutes (IMDb) (103 minutes pour la version colorisée) Dates de sortie : France : Italie : Italie : (ressortie) États-Unis : à New York Classification CNC : tous publics, art et essai (visa d'exploitation délivré le ) Affiche : Roger Soubie (France)
Distribution
Jean Gabin : Alain Delon : Francis Verlot Maurice Biraud : Louis Naudin Viviane Romance : Ginette, la femme de Charles Carla Marlier : Brigitte, jeune danseuse de la troupe des Blue Girls Dora Doll : la comtesse Doublianoff Henri Virlogeux : Mario, l'ex-truand malade José Luis de Vilallonga : , le patron Rita Cadillac : Liliane Anne-Marie Coffinet : Marcelle Jean Carmet : le barman Henri Attal : un copain de Francis Michel Magne : le chef d'orchestre du Palm-Beach Germaine Montero : , la mère de Francis Dominique Davray : Léone, la femme de Mario Laure Paillette : l'habilleuse Claude Cerval : le commissaire Georges Wilson : Walter, le riche soupirant (rôle coupé au montage) Paul Mercey : le cafetier Jean-Jacques Delbo : le chorégraphe Robert Rollis : le représentant dans le train Charles Bouillaud : un voyageur du train Bernard Musson : un voyageur du train Louis Viret : un voyageur du train Antoine Marin : un voyageur du train Sylvain Lévignac : un voyageur du train Henri Poirier : un voyageur du train Robert Secq : l'employé des bains-douches Jean Minisini : Alfred, l'employé de surveillance aux bains-douches Olivier Mathot : le réceptionniste de la résidence Jacques Bertrand : un comptable de Marc Arian : un autre comptable Alain Janey : le barman de la résidence Pierre Collet : Camille Adrien Cayla-Legrand : l'employé du casino Rudy Lenoir : le caissier de Édouard Francomme : Marcel Odette Roger : la concierge du Palm-Beach Jean-Pierre Zola : le client des bains-douches Christian Brocard : le livreur de bouteilles Claudine Berg Pierre Vernet
Production Genèse et choix des interprètes
C'est le scénariste et dialoguiste Michel Audiard qui a eu l'idée d'adapter au cinéma le roman The Big Grab de John Triniansecrets de tournage., publié en 1961 dans la collection Série noire sous le titre Mélodie en sous-sol et en fait part au producteur Jacques Bar. À l'origine, Henri Verneuil et Audiard avaient en tête de faire tourner Jean Gabin dans un film d’aventures sur les colonies en Orient ou en Afrique... Mais l'acteur, ne voulant pas tourner hors des frontières françaises, a permis au réalisateur et au scénariste de bifurquer le projet vers un film de braquage dont l'action se déroulerait à Deauville, avant de changer le lieu pour Cannes.
Plus tard, les deux hommes, assistés par Albert Simonin, proposent à Gabin le script de Mélodie en sous-sol, lui promettent que le tournage aura lieu en France. La star accepte de participer au projet. Si la production était en partie franco-italienne, c'est la Metro-Goldwyn-Mayer qui en a assumé l'essentiel. Par rapport au scénario tiré du livre, Michel Audiard n'a modifié, apporté, ou retouché que vingt-cinq répliques. Ces rares répliques suscitent la surprise de la production qui pense avoir payé bien cher pour si peu. C'est en découvrant l'intégralité du scénario modifié par ces vingt-cinq mots d'auteur, constatant que les interventions d'Audiard sont savoureuses, qu'elle revient sur son impression et se félicite du bon investissement réalisé dans ce travail.
Pour le rôle de Francis, la production voulait engager Jean-Louis Trintignant, mais Alain Delon exprime la volonté de tourner dans Mélodie en sous-sol. Delon venait d'acquérir un statut international avec Plein Soleil et Rocco et ses frères et voulait améliorer sa cote auprès du public français, qui lui préférait Jean-Paul Belmondo, qui venait de tourner Un singe en hiver avec le trio Gabin, Verneuil et Audiard. Mais la Metro-Goldwyn-Mayer refuse de l'engager, Gabin leur suffisait comme tête d'affiche. Tenant particulièrement au projet, Delon renonça à son cachet — les producteurs acceptent qu'il participe au film s'il le fait gratuitement — et proposa de jouer dans le film en échange des droits sur le Japon, l'URSS et l’Argentine.. Une fois le film terminé, Alain Delon le fera sous-titrer en japonais, ira au Japon et trouvera une distribution au Japon. Le film remportera un succès et Delon gagnera beaucoup d'argent avec ses droits de production. Gabin n'en reviendra pas et clamera que Delon a alors gagné dix fois plus que lui. Henri Verneuil s'attribue ce subterfuge afin de contourner le fait que les producteurs américains trouvaient Alain Delon trop peu connu à leurs yeux.
Pour incarner l'épouse de Charles, Verneuil veut une actrice ayant travaillé auparavant avec Gabin. Gabin suggère le nom de Viviane Romance, qui avait partagé l'affiche avec l'acteur dans La Bandera et La Belle Équipe.
Tournage vignette|Casino Palm Beach à Cannes. Le tournage de Mélodie en sous-sol démarre le pour une durée de deux mois.. La première séquence du film, dans laquelle Charles, incarné par Gabin, retourne chez lui, a été tournée à Sarcelles., dans le Val-d'Oise et à Pierrefitte, où se trouve son pavillon (il existe encore, au 97 rue Parmentier). Cette scène immortalise un changement d'époque, car d'après Patrick Glâtre, chargé de la mission cinéma au conseil général du Val-d'Oise et coauteur du livre Jean Gabin, la traversée d'un siècle, , ajoutant qu'. En effet, le personnage de Gabin revient dans une communauté qu'il ne reconnaît plus, après un séjour prolongé en prison. De plus, sa maison, dont le nom de la rue a changé, est encore là, et paraît assez anachronique dans un paysage de grands immeubles modernes. Glâtre fait le parallèle avec un autre film avec Gabin, Rue des prairies, également tourné à Sarcelles et dans lequel il incarnait un contremaître sur un chantier local, ce qui amuse Glâtre, car dans Rue des prairies, pour Mélodie en sous-sol. , conclut Glâtre. La maison du personnage de Gabin est située rue Parmentier.
La suite du film est tournée à Nice. et à Cannes, dans les Alpes-Maritimes.. Les résidences où séjourne Francis le temps du casse sont situées Boulevard de la Croisette, tandis que le Palm Beach, casino lieu du casse, est situé place Franklin Roosevelt.
Durant le tournage, les tensions entre Delon et Verneuil sont si fréquentes que l'assistant-réalisateur Claude Pinoteau devait parfois leur servir d'intermédiaire. De même, Gabin reproche à Audiard d'avoir réduit l'importance de son personnage.. En revanche, une solide amitié naît entre les deux acteurs vedettes., dont c'est le premier film dans lequel ils se donnent la réplique.
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