Widad Akrawi est une experte kurde et activiste sur la santé et les droits de l'homme. Elle a cofondé l'organisation des droits humains internationaux de défense et est l'auteur de plusieurs livres concernant les droits humains et les enjeux de santé.
Akrawi a un master scientifique spécialisé sur les génétiques et une thèse sur la santé internationale et l'épidémiologie. Les violences des droits humains apparues lors de l'offensive du gouvernement Irakien contre les Kurdes en 1974, ainsi que la campagne du génocide kurde « Al-Anflal », sont des moments qui ont influencé sa vie.
Elle a été sélectionnée comme gagnante du Pfeffer Peace Award organisé par le Fellowship of Reconciliation, où elle fut nommée comme une « activiste franche militante pour la paix » et « la première jeune femme descendante du Moyen-Orient » à s'engager dans le militantisme lié aux trafics illicites d'armes et d'armes légères, sur les violences genrées, l'armement biologique et chimique, désarmement conventionnel et sécurité internationale.
En 2013, Akrawi a été récompensée du « Prix spécial pour avoir réconcilier l'écart des cultures » par l'Organisation Internationale pour les Générations Futures, pour avoir contribué de manière considérable dans la création de la culture de coexistence.
Après avoir reçu le Prix international pour la paix Pfeffer en 2014, elle décida de dédier ce prix aux résidents de Kobane et Sinjar et les Chrétiens persécutés du Moyen-Orient.
En 2017, elle a reçu la médaille du maire de Davenport et le prix du Pacem in Terris (Paix sur la Terre) pour son « engagement désintéressée pour les droits humains pour tous ». En 2018, elle a reçu le Prix International de l'harmonie des femmes pour avoir dévoué sa vie à défendre les droits humains, et en 2020, elle a été élue femme de l'année.
Biographie Akreyi est né dans une famille laïque de la région du Kurdistan, en Irak. Dans sa jeunesse et son adolescence, elle a résisté à tous les efforts déployés par les membres du Parti Baath pour la convaincre de leur faire confiance et de devenir membre, ce qui l’a fait inscrire sur une liste noire pendant un certain temps
En 1986, elle a déménagé à Erbil où elle a étudié le génie civil avec un accent sur la conception de routes et de ponts à l’Université Salahaddin. En 1988, elle a secrètement participé à la documentation de la torture et d’autres violations des droits de l’homme dans toute l’Irak. L’année suivante, elle s’est impliquée politiquement dans diverses luttes pour les droits de l’homme, la paix, la justice sociale, la gouvernance démocratique et la réconciliation ethnique. Son plaidoyer contre l’autoritarisme et sa critique de l’utilisation de la force excessive contre les civils n’étaient pas sans risque et menaçaient sa vie et celle de ses proches. Son implication dans ces questions est devenue plus intense après la campagne Al-Anfal, également connue sous le nom de génocide kurde. Malgré des temps difficiles, elle a réussi à obtenir son baccalauréat en sciences en 1990.
Après la première guerre du Golfe, lorsque le régime irakien reprit le contrôle de la région du Kurdistan grâce à une offensive au printemps 1991, elle fut contrainte de quitter son pays.
Dans la diaspora, Akreyi a obtenu une maîtrise en génétique et génomique et un doctorat en santé mondiale et épidémiologie du cancer. Elle a exercé les fonctions de généticienne clinicienne et a effectué des recherches sur les maladies héréditaires.
Akreyi est le cofondatrice de Defend International, une ONG dont la mission est de « répondre aux graves violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire, de surveiller la mise en œuvre des mesures préventives destinées à mettre fin à l'impunité des auteurs de ces crimes, de mener des recherches médicales susceptibles d'améliorer directement ou indirectement le niveau de santé des communautés et de promouvoir la paix et la démocratie par le biais des relations culturelles et de la diplomatie.
Engagement pour les droits de l'homme La passion de Widad Akrawi pour les droits humains a commencé il y a quelques années quand elle défendait ses camarades de classe. Lorsqu’elle grandit, elle a apporté son aide pour monter un réseau secret contre les tortures en Irak. Elle se consacre à trouver des preuves de ses tortures et des actes d’abus contre les droits humains. En 1987, elle interview secrètement avec des victimes et des familles de victimes. Elle alerte sur les impacts de la torture et autres violations des droits humains fait sur des civils. En 1990, elle s’engage dans la défense d’égalité des genres et l’autonomisation des femmes au Moyen-Orient et dans le Nord de l’Afrique. Puis, elle a cofondé le groupe de travail des femmes de la région, elle a aussi organisé des programmes pour mettre en avant la participation des femmes dans l’établissement de la paix et dans les reconstructions après conflits.
Activisme sur le long terme Au sein de la diaspora, Akrawi a lancé plusieurs campagnes, écrit des articles et a parlé dans des débats sur les droits humains, les conventions internationales de la paix. En 2005, Akrawi a été élue parmi les blogueurs arabophones du monde entier pour sa contribution importante dans les régions ANMO. Elle a été récompensée par du « Queen Blogger » pendant deux ans avant de démissionner. Sa première application avec Amnesty International était en 1994, lorsqu’elle a commencé à être bénévole. En , le secrétariat international d’Amnesty International la remercie dans ces efforts concernant son soutien envers les campagnes mises en place par Amnesty. Akrawi a spécialement été récompensée pour son efficacité à utiliser internet comme un instrument pour défendre les droits humains dans l’éducation. En , elle a été nommée comme ambassadrice par Amnesty International dans le cadre de « Stop Torture ». Elle a été élue dans le comité exécutif d’Amnesty International en .
En , Akrawi à co-présider la première conférence régionale sur le contrôle d’armes tenu à Cairo. Elle a également pris parti dans la délégation des activités en vue qui ont rencontré des législateurs au sein du ministère égyptien des affaires étrangères et du Parlement égyptien. En , elle cesse de travailler pour Amnesty International et cofonde Defend International. La même année, elle est élue comme co-présidente du groupe de travail des femmes au sein des régions ANMO.
On observe qu'Akrawi a créé un partenariat avec des grandes ONG telles que le Réseau d'action international sur les armes légères, la Coalition contre les armes à sous-munitions et l'Alliance mondiale pour des foyers propres. Elle a lancé plusieurs campagnes pour défendre les droits des écrivains, des activistes civils, des enfants, des filles, des défenseurs des droits des femmes ainsi que des étudiants, des professeurs, des prisonniers condamnés à mort et des prisonniers en grève de la faim. Elle a plus de d'expérience dans les domaines des droits de l'homme, de l'égalité des sexes, de l'autonomisation des femmes, de l'organisation populaire, de la communication interculturelle, de la planification stratégique, de la sécurité internationale, de la paix et des conventions internationales. Widad Akrawi a travaillé pour un puissant et efficace traité d’échange d’armes. Ses recherches sur les pays du Moyen-Orient et du Nord de l’Afrique, les lobbies, l'ont aidé afin d’apporter des changements radicaux au processus de vote en 2006, 2008 et 2013. Akreyi a travaillé pour une nouvelle Déclaration d’engagement pour mettre fin à la violence sexuelle en temps de conflit - un objectif qui a été atteint en . Widad Akrawi a fait pression pour l’adoption d’une résolution exclusivement consacrée au transfert illicite, à l’accumulation déstabilisatrice et à l’utilisation abusive des armes légères et de petit calibre dans le monde. Un objectif qui a été atteint en par l’adoption de la résolution 2117 (2013) consacrée à la question des armes légères et de petit calibre La dynamique créée par Widad Akrawi en faveur d’une résolution des Nations unies sur un traité solide et efficace sur le commerce des armes, son engagement à lutter contre la violence armée fondée sur le genre, et son lobbying réussi en faveur de l’adoption de la nouvelle déclaration d’engagement des Nations unies pour mettre fin à la violence sexuelle dans les conflits ainsi que de la résolution consacrée exclusivement au transfert illicite, à l’accumulation déstabilisatrice et à l’utilisation abusive des armes légères et de petit calibre dans le monde sont des contributions exceptionnelles à l’évolution de la culture actuelle de la violence, et nous lui sommes reconnaissants de son travail.
Prix Pfeffer pour la paix vignette| Widad Akreyi a reçu le Prix international Pfeffer pour la paix 2014 en octobre 2014. Akreyi a reçu le Prix international Pfeffer de la paix 2014 pour avoir créé une dynamique en faveur de la résolution des Nations unies sur le traité d’échange d’armes ainsi que pour avoir fait pression en faveur de la Déclaration d’engagement des Nations unies pour mettre fin à la violence sexuelle dans les conflits et de la résolution 2117 des Nations unies visant à mettre fin au transfert illicite, l’utilisation abusive d’armes légères de petit calibre dans le monde entier.
À la suite de l'annonce faite par le US Fellowship of Reconciliation le , le prix lui a été remis le par le révérend Lucas Johnson, coordinateur international du International Fellowship of Reconciliation. Awidad Akreyi a dédié le prix aux de réfugiés qui ont été déplacés en raison directe du conflit, de la persécution ou du transfert irresponsables d’armes conventionnelles, et a particulièrement mentionné les Yazidis, les chrétiens et tous les résidents de la région de Kobanê.
Prix Pacem in Terris Pace and Freedom
Widad a reçu le prix Pacem in Terris en 2017 pour avoir dédié sa vie pour la paix et la justice, se battant pour « la dignité humaine pour tous au Moyen-Orient », pour avoir soulagé « la souffrance et promis la paix et l’égalité des droits et des chances pour tous », et pour avoir documenté les crimes contre l’humanité et le nettoyage ethnique, la torture et d’autres violations des droits de l’homme, ainsi que pour sa « poursuite de la justice par la recherche médicale et le suivi des initiatives de paix ». Le Quad-City Times a déclaré qu'elle « a gagné sa place parmi les plus brillants courtiers de paix du monde ».
Le prix Pacem in Terris (Paix sur Terre) pour la paix et la liberté a été remis à Widad Akreyi le par l’évêque Thomas Zinkula du diocèse de Davenport lors d'une cérémonie dans la chapelle du Christ-Roi de l'université Saint-Ambrose. Après avoir accepté le prix, elle a prononcé un discours dont elle a été témoin, « émouvant certains membres de l’auditoire aux larmes ». Elle a averti l’auditoire qu’il n’est pas possible de trouver des solutions faciles aux crises qui sévissent dans le monde et a déclaré : « Nous devons nous rappeler que la compassion est contagieuse. Plus nous la répandons, plus les gens l’apprécieront et la partageront ».
Le maire de Davenport, Iowa, a remis à Akreyi la médaille Davenport.
Prix international Simply Woman Harmony
Le , Akreyi a reçu le prix international de l’harmonie Simply Women en Italie pour sa lutte contre les violations des droits de l'homme et la violence fondée sur le genre.
Initiatives humanitaires et efforts de paix et de sécurité
Traité sur le commerce des armes En 2005, Akrawi a commencé à défendre une résolution des Nations unies sur un traité d'échange d'armes efficace et fort, pour contrer les échanges commerciales illicites d'armes et d'armes légères qui peuvent être utilisés pour des génocides, crimes contre l'humanité, ou le terrorisme.
Interdiction de la torture En 2005, elle a rejoint la campagne contre la torture dans le code criminel Danois. Elle fut ambassadrice pour Amnesty Internationale et leurs campagne « Stop Torture ».