Les Championnats panaméricains de cyclisme sont les championnats continentaux de cyclisme sur route et sur piste pour les pays membres de la Confédération panaméricaine de cyclisme.
La neuvième édition se déroule à l'été 1988 en Colombie. Pour la première fois, les championnats sont ouverts aux femmes et voient la victoire de la délégation cubaine.
Les compétitions sur piste ont pour théâtre le vélodrome Martín Emilio Cochise Rodríguez de Medellín. Quatorze nations se sont affrontées.
Podiums Cyclisme sur route Compétitions masculinesCourse en ligne Álvaro Mejía Leonardo Sierra100 km par équipes Eduardo Alonso Álvaro Mejía Compétitions fémininesCourse en ligne Adriana Muriel Odalys Tomps
Cyclisme sur piste
Compétitions masculinesKilomètre Vitesse individuelle Mario Pons Poursuite individuelle Eduardo Alonso Omar TrujilloPoursuite par équipes Course aux points Manuel Youshimatz Compétitions fémininesVitesse individuelle Iêda Botelho Odalys TompsPoursuite individuelle Martha Ligia Maya Odalys Tomps
Déroulement des championnats À quelques jours du début des compétitions, le Trinidadien Gene Samuel confirme sa présence. Vainqueur de l'épreuve du kilomètre en 1984 et auteur d'une excellente participation aux Jeux, il est aussitôt décrété par la presse bogotanaise comme l'attraction des championnats.
Les compétitions sur route 29 juillet : 100 km contre-la-montre par équipes C'est à neuf heures ce vendredi que l'épreuve des 100 km par équipe inaugurent ces neuvièmes championnats. Après les désistements des délégations des États-Unis et du Canada, qui ne font pas des championnats panaméricains une priorité, deux autres sélections se désistent au dernier moment, l'Argentine et de l'Uruguay. Ainsi ce sont quinze pays qui sont présents à Medellín (siège des championnats pour la troisième fois en sept ans). Une autre compétition sur route aura lieu (la course en ligne conclura l'évènement) ainsi que cinq épreuves sur la piste du vélodrome Martín Emilio Rodríguez. De plus pour la première fois, des épreuves féminines se dérouleront. Lors de la septième édition, la Colombie avait remporté la manifestation avec trois médailles d'or, deux d'argent et également deux en bronze. Cette dernière ainsi que le Mexique, le Venezuela et Cuba sont donnés favoris pour se partager les médailles de l'épreuve inaugurale. La représentation locale est la même que le projet olympique, appuyé par les piles Varta. La révélation du cyclisme colombien Álvaro Mejía, deuxième quelques semaines plus tôt du Tour de Colombie, dernier à être incorporé, soulève l'admiration de son directeur technique, Jorge Tenjo. Mejía est accompagnée d', de et de . Tenjo les dit en forme et les voit lutter pour la médaille d'or. Les Aztèques dépêchent un quartette expérimenté avec Rosendo Ramos, Tito Lugo, et Nathan Golding. Les Vénézuéliens en font de même avec , , et Richard Parra tandis que les Cubains ne sont pas à négliger avec Eduardo Alonso, Eduardo Cruz, Eliecer Valdés et .
La sélection cubaine remporte les 100 km contre-la-montre par équipes en réalisant le parcours en , temps toutefois inférieur à celui réalisé par les Chiliens en 1981 (). Les Colombiens et les Mexicains obtiennent respectivement les médailles d'argent et de bronze. Le Costa Rica termine quatrième et le Chili cinquième. Tandis que le Brésil a abandonné. Les Cubains se sont distingués par leur régularité. Leur meilleur partiel furent leurs premiers vingt-cinq kilomètres, effectués en alors qu'au troisième tour, ils réalisèrent . Alonso, Cruz, Valdés et Álvarez ont justifié l'étiquette de favoris qu'on leur avait donné en remportant la première médaille d'or des championnats, à la moyenne horaire de . L'équipe olympique de Colombie, parrainée par les piles Varta, en réalisant une , obtient la deuxième place avec un "chrono" de . Ce temps réalisé par Mejía, Castillo, Bonilla et Alayón est le meilleur jamais réussi par une sélection nationale colombienne. Celle-ci a réussi à maintenir l'écart avec les leaders autour de la minute durant les trois premiers tours mais dans le quatrième, le quatuor a perdu du terrain, terminant loin des prévisions de Jorge Tenjo, tablant sur un résultat de - . Effectuant ses trois premiers tours entre et , il accomplit les derniers vingt-cinq kilomètres en , échouant à des Cubains. Pour Tenjo même s'ils n'ont pu faire jeu égal avec les vainqueurs que sur trois tours, les quatre hommes laissent beaucoup d'espoir pour le futur. De plus, ils améliorent le résultat obtenu quatre ans plus tôt, une médaille de bronze décroché par le quartette composé de Ramón Tolosa, Fabio Parra, Julio Alberto Rubiano et Néstor MoraEt non par le quatuor constitué de Fabio Parra, , Antonio Londoño et Julio Alberto Rubiano, médaillé de bronze aux championnats panaméricains de 1981 en , comme indiqué par erreur dans l'article cité en référence, ci-après..
Classement des 100 km contre-la-montre par équipes Pays Temps à à 4 à 5 à 6 à 7 à 8 à 9 à
30 juillet : la course en ligne féminine Le lendemain a lieu la première épreuve jamais disputée par des concurrentes féminines lors de championnats panaméricains. À neuf heures du matin, les vingt-trois concurrentes de l'épreuve individuelle sur route (provenant du Brésil, du Chili, de Colombie, de Cuba, du Mexique, de Puerto Rico et du Venezuela) prennent le départ d'un parcours, avec départ et arrivée dans le quartier d'La est une des seize communes de Medellín, c'est le quartier chic de la capitale du département d'Antioquia., long de .
La sélection colombienne réussit le doublé avec Adriana Muriel et .La championne de Colombie 1988, Adriana Muriel accomplit les en et arrive vingt-six secondes avant sa compatriote. López n'a pu suivre le rythme imposé par son équipière dans la partie ascendante du circuit. Muriel effectue les deux derniers tours seule et réalise de moyenne. La médaille de bronze est pour la concurrente cubaine Odalys Tomps Espinosa qui prend le meilleur sur Rosa Emma Rodríguez, dans les derniers cent mètres, empêchant ainsi un triplé de la sélection hôte. Une quatrième Colombienne Doris Fonseca termine cinquième, donnant plus d'ampleur encore à la main-mise des coureuses locales sur la course. De vingt-trois concurrentes de sept nations différentes prévues, seules vingt (de six pays) prennent le départ. Dix-huit termineront. La Brésilienne Cynthia Rocha Dutra et la Portoricaine Natividad Torres ont du abandonnées à la suite d'une chute dans la partie descendante du circuit. L'épreuve a été dominée dès le début par les coureuses colombiennes. L'attaque décisive s'est déroulée lors du troisième tour (sur un total de cinq), où Adriana Muriel, Martha Luz López et Odalys Tomps se sont échappées. Cependant les meilleures dispositions en montée des coureuses colombiennes ont eu raison de la résistance de la Cubaine. Muriel déclarant à l'issue de la course que ne connaissant pas le niveau réel de leurs concurrentes, elles ont attaqué pour tester le niveau des Cubaines. Elle ajoute que jamais elle n'avait imaginé pouvoir devenir championne panaméricaine. Rosa Emma Rodríguez a dû se sacrifier pour marquer Tomps et l'empêcher de reprendre du temps au duo d'échappées, et il lui a manqué des forces pour réussir le triplé. Odalys Tomps, elle, a trouvé le parcours très dur. Bien qu'elle se soit plainte de son vélo, inapproprié pour rivaliser, elle reconnait la supériorité des Colombiennes.
31 juillet : la course en ligne masculine Le lendemain, à neuf heures, se dispute la course hommes sur le même tracé qui avait vu un quadruplé colombien quatre ans auparavant. Ramón Tolosa avait remporté l'épreuve en devant Fabio Parra, Julio Alberto Rubiano et Carlos Mario Jaramillo.
Monopolisant les deux premières places de la course en ligne dames, la Colombie en fait de même chez les hommes. Dans l'épreuve qui marque la fin des compétitions sur route de ces championnats, et Álvaro Mejía terminent respectivement premier et deuxième au bout des de course. le Vénézuélien Leonardo Sierra obtient quant à lui la médaille de bronze.Juan Carlos Arias a mis pour effectuer le parcours à une moyenne de . Accompli en , le cinquième tour fut le plus rapide des quatorze au programme. Arias met à profit le dernier kilomètre pour s'imposer après avoir fait partie d'une échappée à quatre, comprenant Mejía, Sierra, le Colombien (qui terminera quatrième) et lui-même. Alors que le premier tour était à peine commencé, cinq coureurs allaient au sol et devaient abandonner, dont le Vénézuélien , cité parmi les favoris pour le podium. Puis, la difficulté du parcours, les crevaisons et les fortes chaleurs affectèrent d'autres coureurs, qui eux non plus ne virent pas la ligne d'arrivée. Ainsi ce fut le cas pour les Cubains et , le Brésilien Wanderley Magalhães, le Guatémaltèque Edín Roberto Nova, le Portoricain Ramón Avilés Soto ou le Costaricien Rigoberto Zuñiga, par exemple. Soixante-cinq concurrents prirent le départ et seulement vingt-cinq terminèrent. Les sélections du Panama et de Porto Rico n'eurent pas de représentants qui franchirent la ligne. Plusieurs directeurs techniques se plaignirent de l'organisation, une simple crevaison pouvant entraîner l'abandon pour ne pas avoir été pris en charge à temps. La sélection colombienne lance la première attaque d'envergure par l'intermédiaire de Jorge Nilton Ortiz, qui avec six compagnons de fugue, va occuper le devant de la course durant une quarantaine de kilomètres. Cette attaque a pour effet de dégrossir le peloton (même si cela aura pour conséquence l'incapacité pour Ortiz de suivre le rythme de celui-ci en fin de parcours). C'est au dixième tour que l'attribution des médailles se décident avec l'attaque des trois Colombiens et de Sierra, qui s'extraient du peloton pour compter plus de deux minutes d'avance. Tandis qu'à l'intérieur du peloton, les autres coureurs colombiens emmenés par Tomás Ruiz tentent de ralentir le rythme et jugulent les tentatives d'échappée. La lutte devient intense devant. La supériorité numérique du pays hôte est contrecarrée par la qualité de l'adversaire. Le Vénézuélien se paye même le luxe d'attaquer et de s'isoler en tête à une dizaine de kilomètres du terme, profitant de la rivalité dans le trio colombien (accaparé par la question "à qui échouera le titre"). Mais Álvaro Mejía réagit et reprend l'homme de tête. Puis c'est au tour de Sierra de se faire lâcher par les trois Colombiens. Celui-ci réussit toutefois la jonction grâce à l'indécision qui freine le trio. Le scénario reste identique jusqu'à l'entame du dernier kilomètre où Juan Carlos Arias accélère et ne garde dans sa roue que Mejía. Sierra se défaisant de López pour obtenir le bronze.À l'issue, Juan Carlos Arias se dit heureux de sa médaille d'or, il ajoute que sa victoire permettra de croire en la sélection olympique colombienne. Il précise qu'il s'était accordé avec Álvaro Mejía à la fin pour ne pas se laisser surprendre. Comme il était plus rapide au sprint c'est lui qui le lança, Sierra marquant Mejía, ce qui l'aida dans la grimpette finale. Álvaro Mejía, deuxième, déclare, lui, que la course fut exigeante de par son tracé et la température. L'attaque fut portée lorsque cela semblait plus prudent. Mejía reconnait la valeur de Leonardo Sierra, qui les a attaqués plusieurs fois pour tenter de finir seul. Jorge Tenjo, directeur technique de l'équipe olympique, sponsorisée par les piles Varta, exprime sa satisfaction devant ce doublé, lui qui n'espérait qu'une médaille. Selon lui, le bilan est positif. Tous ses coureurs ont rallié l'arrivée et de surcroit à une place enviable. Puis il conclut sur Mejía, le favori de la presse, qui a montré ses qualités en obtenant la médaille d'argent en ce jour après l'avoir décroché sur le 100 km par équipes. Pour Tenjo, la course d'Álvaro a été rendu très difficile par le marquage exercé sur lui par des participants de valeur, mais Mejía sut démontrer son niveau.
Classement de la course en ligne masculine