Agbogboli est un village du Togo, situé à proximité d'Amou Oblo, dans la préfecture d'Amou, qui appartient à la région des Plateaux. Son nom signifie « dans les murailles » en akposso.

Géographie Agbogboli est un village de la préfecture d'Amou (chef-lieu : Amlamé), dans la région des Plateaux, inclus dans la commune d'Amou 2. Il est situé à d'Amou Oblo et à d'Amlamé, la plus grande ville de la préfectureGayibor, N. L., Histoire des Togolais : des origines à 1884, Presses de l'Université du Bénin..

L'agglomération d'Agbogboli est formée d'autres petits villages, tels que Agbezoli Kopé, Oukouayem, Tonoukpo, Ebè Kopé et Ananivi Kopé.

Histoire Le nom Agbogboli signifie «dans les murailles» en akpossoNotes foncières et généalogies des collectivités Uviu-Ebeti, Tribunal Coutumier de Badou..

L’histoire de l’occupation d'Agbogboli remonte à . Selon la tradition orale, la construction des murailles remonterait à la période située entre 1590 et 1680, dates auxquelles le peuple Akposso est installé avec certitude dans la régionCornevin, R., Histoire du Togo, Éditions Berger-Levrault, Paris.. À cette époque, les murailles d'Agbogbo protègent les habitants contre les envahisseurs et les animaux sauvages et délimitent les champs de cultures et les habitationsMonographie des structures socio-politiques du Grand Litimé, Éditions de l'Université de Lomé, pp. 45-52.. Les restes des murailles pourraient faire du village un site touristique.

Agbogboli et les Akposso

Agbogboli, situé entre les monts Logbo et Haïto, est le lieu d'origine légendaire de l'ancêtre Ida et le berceau identitaire du peuple Akposso. Ce site fortifié, construit comme ouvrage de défense, est au cœur de la tradition d'autochtonie conservée dans le canton Logbo.

C'est depuis Agbogboli que les Akposso migrèrent vers Akposso-Koubi (aujourd'hui au Ghana), notamment sous la pression de la tyrannie du roi Agokoli. Akposso-Koubi devint alors le point de départ de plusieurs vagues migratoires.

La première vague vit s'installer les groupes Logbo sur les monts Ibofo, puis dans la plaine et sur les flancs de montagne, donnant naissance aux villages de Témédja, Ebéva, Avédjé, Adogli, Owlouka (actuel Kpatégan), Wakpa et Ogouméwou.

La deuxième vague, conduite par l'ancêtre Tchoklobi, aboutit à la fondation de Sodo. De là, les lignages Ouma essaimèrent et créèrent les villages d'Amou-Oblo, Emla (Amlamé), Agadji, Ussitsè (Ezimé), Ayomé, Idifou et Ekéto.

Agbogboli apparaît ainsi comme l'origine première d'une longue chaîne migratoire qui a façonné une grande partie du peuplement Akposso de la région.

Le Canton de Késsibo est une collectivité territoriale et une chefferie traditionnelle d'Afrique de l'Ouest, située dans la Préfecture de Wawa, au sein de la région des Plateaux au Togo. Historiquement lié aux dynamiques migratoires et foncières du peuple Akposso, le canton se distingue par son organisation coutumière issue de la branche des *Uviu-Ebeti*Archives Nationales du Togo, Recueil de la tradition orale du peuple Guan-Akposso, Fonds Wawa, p. 14-18. et par la structuration politique de ses villages, notamment son pôle central, Abrewankor.

1. Origines historiques et fondation

1.1 La scission volontaire d'Akposso-Sodo L'histoire du canton de Késsibo s'inscrit dans le sillage de l'exode des Guan-Akposso face aux instabilités des plaines centrales. Le noyau initial de la communauté s'établit d'abord sur la montagne fortifiée d'Akposso-Sodo (A K P O S S O - S O D O), sous l'autorité du patriarche fondateur.

La dispersion géographique ne résulte pas d'une mission ordonnée par le père, mais d'un acte d'émancipation volontaire de ses deux fils aînés, Isso et Enouli. Désireux de fonder des territoires autonomes, les deux frères rompent avec le cocon paternel et descendent définitivement de la montagne avec leurs partisans respectifs.

1.2 La marche d'Isso et la création du groupe Uviu-Ebeti Tandis qu'Enouli s'implante sur le Plateau (où il est divinisé à travers le culte du fétiche de guerre Kolissa), l'aîné, Isso, choisit les plaines de la vallée du Litimé. Son action est essentiellement juridique et territoriale : il entreprend une longue marche de délimitation des frontières foncières du peuple jusqu'au fleuve Mono.

Pour coloniser et sécuriser ces espaces, Isso s'appuie sur ses enfants et successeurs reconnus : Nege, Igala, Otchou et Essi Adjakpa. Leurs descendances directes forment la branche historique des Uviu-Ebeti, qui jette les fondations politiques et territoriales du grand Canton de Késsibo.

2. La lignée royale d'Abrewankor

2.1 L'ère de la dynastie Sogloh Au cœur de la plaine de Késsibo, le village d'Abrewankor s'impose comme un pôle de peuplement majeur et un grand foyer agricole de la plaine. Le village est historiquement administré par sa propre dynastie noble, la lignée des chefs SOGLOH.

Le grand souverain historique de cette branche fut le Chef Sogloh Yao (Sogloh Yawo), qui a dirigé le village et a vécu jusqu'à l'aube des années 2000Procès-verbal du Conseil des Sages d'Abrewankor relatif à la succession de la lignée Sogloh.. Cependant, le Chef Sogloh Yao n'avait pas de parents (pas d'ascendance ni de fratrie directe disponible dans le milieu) et est décédé sans laisser d'héritier direct pour lui succéder sur le trône. À sa mort vers cette période, sa lignée s'est éteinte et le trône s'est retrouvé vacant. C'est dans ce contexte historique de transition que s'inscrit la figure d'Assamoah au sein de la communauté.

2.2 L'union royale et la nomination du Roi ADZEWODA Menssa Pour pallier ce vide dynastique, le conseil des sages s'est réuni. C'est alors qu'intervient le grand notable régent du village, ADZEWODA Komla Felipe. Membre éminent de la famille royale d'Abrewankor et cultivateur renommé, il était marié à NEKAM Abra Jeannette, dont le père était le respecté AGBEEVINOU.

Fort de cette double légitimité et de son statut, ADZEWODA Komla Felipe a suggéré au conseil de choisir l'un de ses propres enfantsArbre généalogique officiel de la collectivité ADZEWODA-NEKAM, validé par la Cour Royale d'Abrewankor.. De son union avec NEKAM Abra Jeannette était née une nombreuse fratrie :

ADZEWODA Fô Koffi Augustin : il fut le Fils aîné, enseignant retraité de la communauté. ADZEWODA Firmin : Aujourd'hui décédé. ADZEWODA Bernard : Cultivateur de profession. ADZEWODA Menssa : Proposé par son père au conseil, il a été officiellement nommé chef et roi du village d'Abrewankor pour assurer la continuité du trône ancestral.

3. Chefferie supérieure et Cour royale de Késsibo

3.1 La dynastie Ihou et la légitimité de sang Le pouvoir coutumier supérieur du canton de Késsibo repose sur une légitimité dynastique . Le père du défunt chef canton, GBADEGBE Koulapé, était lui-même un cultivateur émérite et un descendant direct de la famille royale des IhouActes de désignation et de légitimité de la Dynastie Royale Ihou, Préfecture de la Wawa.. C’est en vertu de ce sang royal direct et pur que son fils, EDZI Koulapé Yawo Ihou V, a été officiellement nommé Chef Canton de Késsibo, charge qu'il a exercée pendant plusieurs décennies jusqu'à son décès en 2018Décret officiel portant organisation des chefferies traditionnelles en République Togolaise, Ministère de l'Administration Territoriale..

À la suite de son décès, afin de respecter les protocoles traditionnels et d'éviter toute vacance du pouvoir, la régence et la gestion des affaires cantonales ont été confiées à une personnalité respectée de la lignée de sang : le Chef Canton intérimaire Ihou Esso Koffi. Ce dernier assure la gouvernance transitoire et la stabilité du canton en attendant l'aboutissement du processus de succession et l'intronisation officielle et légitime du Prince héritier Abuéwudja Edzi Yawo Ihou VI.

3.2 Structure de la cour du Chef Canton Ihou V Le nom EDZI correspond à un patronyme lié à une alliance ou à une intégration récente venu s'allier à la famille royale fondatrice originelle, pure et légitime des IHOU, se matérialisant lors de l'intronisation d'Edzi Koulapé Yawo Ihou V. La structure de sa famille se compose de trois foyers distincts qui ont marqué l'histoire du cantonRegistre des successions et des alliances de la Chefferie Supérieure du Canton de Késsibo. :

Le foyer de BLOUVI Abra Céline : Première femme du chef canton, ménagère de profession. Elle a donné naissance à 8 enfants, dont deux sont décédés, laissant une fratrie survivante de 3 garçons et 3 filles. Son fils aîné est le Prince héritier Abuéwudja Edzi Yawo Ihou VI, désigné pour reprendre le trône. Le foyer de MADJIGBE Olivia : Deuxième femme, couturière de profession (actuellement établie au Ghana), mère de deux filles. Le foyer d'ADZEWODA Adjo Nomiagbo (Tata Joujou) : Troisième femme du chef canton, fille du notable ADZEWODA Komla Felipe et de NEKAM Abra Jeannette.

4. Parcours et rôle de la Grande Doyenne ADZEWODA Adjo Nomiagbo Infirmière accoucheuse de formation après ses études, ADZEWODA Adjo Nomiagbo, dite Tata Joujou, exerce son activité médicale directement à Abrewankor. Sur le plan civil, elle se marie en premières noces à Aflao avec le footballeur AGBOWADAN Komi Pierre, avec qui elle a trois enfants : AGBOWADAN Adjo Dalou (couturière), AGBOWADAN Senyo, et AGBOWADAN Fômes.

Après le décès de son premier époux, elle se remarie en 1986 en tant que troisième femme avec le Chef Canton Edzi Koulapé Yawo Ihou V. Deux enfants naissent de cette alliance royale :

Edzi Oulowussuaba Kossi : Juriste de formation et conseiller en assurance. Edzi Adibueavu Akouvi : Entrepreneure majeure du Grand marché de Lomé.

À la suite du décès de son frère, le roi nommé ADZEWODA Menssa (survenu vers la période des années 2010 - 2015), le trône connaît une nouvelle transition. Les instances coutumières et le conseil du village l'ont officiellement nommée au titre prestigieux de Grande Doyenne du trône ancestral d'Abrewankor. Elle n'a jamais été reine, mais assume la charge de gardienne suprême, assurant la protection, le respect et la pérennité des rituels sacrés du village.

5. Gouvernance moderne contemporaine La gestion contemporaine du village d'Abrewankor combine aujourd'hui la régence spirituelle de la Grande Doyenne et le pouvoir exécutif des autorités désignées par le conseil des anciens :

Le Roi ANIFRANI AGBEKO : Après la mort d'ADZEWODA Menssa, le conseil des anciens a élu ANIFRANI AGBEKO comme nouveau roi d'Abrewankor, trône qu'il occupe jusqu'à aujourd'hui. Issu de la grande famille royale, il est le garant de la stabilité politique locale. La Cheffe EFAKO Clarisse : Reconnue et élue comme Cheffe des femmes à Abrewankor. Elle est issue de cette même famille royale, elle incarne le pouvoir et le leadership féminin traditionnel aux côtés du roi.

Notes et références

Vie économique Agbogboli est une commune rurale avec une économie principalement basée sur l'agriculture, notamment la culture du maïs, du haricot, du soja, des arachides, du coton, du café et du cacao.

Le fonio (Digitaria exilis) est une source de nourriture importante pour éviter la malnutrition ou la famine.

Culture La fête du fonio, aussi appelée Ovazu (ova désignant le fonio et zu la fête, en langue akposso), est la principale fête traditionnelle des Akpossos et Akébou. C'est une fête annuelle célébrée entre novembre et décembre, alternativement à Amlamé et à Badou, pour célébrer la récolte et la consommation du fonio, céréale considérée comme sacrée pour le peuple Akposso.

Les Akpossos sont également connus pour leurs danses traditionnelles, en particulier la danse gbeko.

Lieux publics Le village compte une école, l'école primaire publique d'Agbogboli, construite à l'époque coloniale allemande, avant d'être rénovée.

Transports Agbogboli est relié à Amou Oblo par une route très pratiquée mais non bitumée. Cette route relie la nationale Atakpamé-Kpalimé par Amou Oblo et à la nationale n°1 par Gléï.

Personnalités liées au village