thumb|250px|Certains herbivores consomment volontiers les feuillages de diverses essences (broutage), mais les arbres ainsi « attaqués » peuvent se défendre en produisant des tanins amers qui rendent leurs feuillages moins appétents. thumb|250px|Escargots et limaces sont de petits herbivores qui occupent une place importante dans le réseau trophique. Ils limitent la croissance de certains végétaux et servent de nourriture à de nombreux animaux (oiseaux notamment). thumb|250px|Le lamantin est un mammifère herbivore se nourrissant exclusivement de plantes aquatiques ( par nuit environ), jouant ainsi un rôle écologique important pour la pénétration de la lumière dans l'eau. Un herbivore est, dans le domaine de la zoologie, un animal (mammifère, insecte, poisson) qui se nourrit principalement de plantes vivantes ou conservées (du foin par exemple), plus généralement de substances végétales et non de viande, d'excréments, de champignons ou de nécromasse. Ces animaux sont des hétérotrophes ayant pour source principale de leur alimentation des organismes autotrophesCampbell, Neil A., Reece, Jane B., 2004. Biologie , ERPI, Canada. ou plus précisément phototrophes.
Herbivore désigne donc ici les animaux qui se nourrissent de plantes terrestres ou de macrophytes (plantes de zones humides ou marines, macro-algues), mais non de champignons (ce sont des fongivores ou mycophages) qui ne sont pas des végétaux, ni de plancton qui regroupe des micro-organismes très variés (ce sont des planctonivores, des organismes filtreurs).
Phytophage, de même sens, est préférentiellement utilisé pour les invertébrés, en particulier pour les insectes.
En alimentation humaine les régimes privilégiant les substances végétales sont qualifiés de végétarien ou végétalien.
En écologie le terme d'herbivore est plus souvent préféré pour les vertébrés et en particulier pour les mammifères. En agriculture on utilise exclusivement herbivore pour désigner les animaux d'élevage répondant à ce critère. L'écologie distingue les herbivores stricts des herbivores occasionnels généralement qualifiés d'omnivores.
Le rendement énergétique de l'alimentation est environ deux fois plus élevé chez les espèces carnivores bien que les herbivores hébergent généralement dans des parties variables de leur système digestif des microbiotes permettant de compléter la digestion. Ce rendement est encore amélioré dans le cas de la rumination ou de la cæcotrophie.
Le plus grand herbivore terrestre est la girafe, le plus lourd est l'éléphant. Dans le passé, et notamment au Jurassique, de très grands dinosaures herbivores ont existé. Plus généralement, ces animaux sont désignés comme mégaherbivores, ils ont puissamment contribué à façonner les paysages.
Herbivorie L’herbivorie est la condition d’un animal se nourrissant de végétaux (plantes, algues, lichens) ; elle correspond aussi au comportement local des herbivores, à leur action sur le milieu et à la consommation plus ou moins saisonnière d'une certaine biomasse végétaleHickman, Cleveland P. Jr. Et al.. 2008. Zoology 14th edition, McGraw-Hill, New York..
Les végétaux ont la particularité d'être constitués de cellules dont les parois sont faites surtout de cellulose, un glucide complexe. Leurs organes de réserve sont également constitués de polysaccharides divers. Leur digestion nécessite un équipement adapté.
Définition à nuancer Dans le milieu naturel, presque tous les herbivores mangent en fait aussi de la matière animale, sous forme d'œufs et de petits animaux (limaces, escargots et, entre autres insectes, pucerons), ainsi que des champignons, voire des quantités significatives de terre (géophagie).
De nombreux insectes, acariens et gastéropodes sont à la fois herbivores et fongivores.
De nombreux animaux ne sont herbivores qu'à certaines saisons (certaines mésanges) ou à un seul stade de leur vie, généralement celui de larve. Par exemple, les chenilles défoliatrices donnent naissance à des papillons pollinisateurs se nourrissant de pollen et de nectar ; chez les amphibiens, la larve est souvent herbivore (bien que susceptible de manger des bactéries et des cadavres animaux quand le végétal manque).
Remarque : certaines fourmis sont défoliatrices, mais ne consomment que les champignons qu'elles cultivent sur les feuilles coupées ramenées dans la fourmilière. Elles ne sont pas herbivores.
Interactions végétal-herbivores-prédateurs Des interactions durables et complexes sont entretenues par les herbivores d'une part avec les végétaux dont ils dépendent pour s'alimenter et, d'autre part, avec les carnivores qui les consomment. L'herbivorie peut aussi être influencée par des facteurs climatiques et abiotiques (disponibilité en oligo-éléments pour les plantes, ou présence naturelle ou anthropique de toxiques inhibant la croissance des plantes). Des variations de température et d’humidité défavorables peuvent fixer une capacité limite de sorte que les herbivores n’atteindront pas le nombre d’individus pouvant épuiser la végétation. La compétition (intraspécifique, c’est-à-dire entre les herbivores d'une même espèce, et interspécifique, c’est-à-dire entre les espèces) et la prédation peuvent limiter la densité d’herbivores.
Différents biomes sont sujets à une forte abondance en herbivores et conséquemment aux effets de l'herbivorie, par exemple les savanes et les prairies qui sont des écosystèmes dominés par les herbacées, plantes facilement accessibles.
Dans la toundra, l'abondance des herbivores est fortement déterminée par le climat. En condition favorable, les densités peuvent excéder localement la capacité du milieu et compromettre le couvert de lichen au sol.
En forêt boréale, l'abondance des herbivores est fortement déterminée par la succession des perturbations. En diversifiant le paysage forestier, les perturbations naturelles comme les feux de forêt et les épidémies dues aux insectes connectent en une mosaïque les jeunes peuplements aux plus vieux. Durant l'hiver, les herbivores peuvent ainsi bénéficier d'un couvert forestier dense, qui limite l'accumulation de neige au sol et leurs déplacements (habitat d'abris), adjoint à un peuplement de renouvellement constitué de jeunes pousses à tissus nutritifs (habitat d'alimentation). De plus, les habitats d'abris limitent la visibilité des herbivores et ainsi la pression des prédateurs. Ainsi divisé, l'écosystème forestier subit une pression variable de l'herbivorie.
La plaine du Serengeti d’Afrique contient la plus grande diversité et biomasse de grands herbivores. Cet endroit est régi par le cycle des saisons (succession de saisons sèches et humides) qui modulent la croissance des plantes. Les herbivores étant dépendants des végétaux pour se nourrir, ils migrent cycliquement selon ces fluctuationsAber, John D. et Mellilo, Jerry M. 2001. Terrestrial ecosystems, Harcourt academic press, Burlington.
Les plantes résistent à l'herbivorie selon divers mécanismes allant de l'évitement à la tolérance. D'une part l'évitement advient lorsqu'une portion du feuillage de la plante est hors de portée de l'herbivore. Lorsque la plante est établie dans un endroit escarpé et inaccessible pour l'herbivore, elle peut se soustraire à l'herbivorie. Par sa croissance en hauteur, une partie de la plante peut également devenir inaccessible à l'herbivore. D'autre part, l'évitement peut être inhérent à la morphologie de la plante (par exemple si elle présente des épines) qui diminue son attractivité pour l'herbivore ou à sa physiologie (par exemple la présence de composés secondaires comme les tanins) qui diminue la digestibilité et la valeur nutritive des tissus. On parle alors de défense physique ou chimique. Les plantes peuvent parfois ajuster leur défense durant leur développement selon le type d'herbivorie ; cette défense est alors dite « induite ». Le contrôle des populations d'herbivores par les prédateurs ferait même varier l'abondance des épines sur les plantes selon une récente étude intitulée Adam T. Ford1, Jacob R. Goheen, Tobias O. Otieno, Laura Bidner, Lynne A. Isbell, Todd M. Palmer, David Ward, Rosie Woodroffe & Robert M. Pringle (2014) Large carnivores make savanna tree communities less thorny ; Science 17 10 2014: Vol. 346 no. 6207 DOI: 10.1126/science.1252753 (résumé).
Herbivores et détritivores endogés
Les herbivores endogés (du sol et du sous-sol), méconnus car peu visibles, représentent souvent la forme dominante de la consommation de la productivité primaire des solsBardgett, Denton, Cook ; Below-ground herbivory promotes soil nutrient transfer and root growth in grassland, Blackwell Science Ltd Issue Ecology Letters Ecology Letters Volume 2, Issue 6, pages 357–360, November 1999 ; Online: 25 décembre 2001, DOI: 10.1046/j.1461-0248.1999.00001.x (Résumé en anglais) ; cependant cette consommation concerne d'abord des tissus nécrosés et son rôle est essentiel dans la formation de l'humus, de la couche arable et des sols. Ce sont des mammifères (campagnols par exemple), mais surtout des invertébrés (nématodes, acariens, insectes notamment). Il semble que les faibles niveaux d'herbivorie du sous-sol puissent favoriser le flux des nutriments du sol vers la plante, une croissance accrue des racines des plantes hôtes et des plantes compagnes. Par exemple, de faibles taux d'infection des racines de trèfle blanc (Trifolium repens L.) par le nématode du trèfle (Heterodera trifolii Goffart) augmente la croissance racinaire, respectivement de 141 % et 219 % chez la plante hôte et chez l'herbe voisine non infectée (Lolium perenne L.) qui bénéficie du sol enrichi en azote par le trèfle. Par contre, l'infection des racines du trèfle a augmenté la biomasse microbienne du sol dans la zone racinaire, avec dans le même temps un retour vers le sol d'une partie de l'azote capté par le trèfle (mesuré par le transfert de l'isotope azote 15 de la plante hôte vers le sol et l'herbe voisine). Dans ce dernier cas, cet azote pourrait être utilisé par des bactéries ou d'autres plantes résistantes au nématode. Ces données suggèrent que, de manière générale, de faibles taux d'herbivorie du sous-sol peuvent accroître le transfert de carbone et d'azote du sol vers les plantes, avec augmentation de la croissance des racines et recyclage plus rapide des éléments nutritifs du sol dans les prairies. Ces interactions influencent probablement fortement la compétition ou les associations entre espèces végétales, en modifiant la structure des communautés végétales dans les prairies. Le contrôle de la croissance des plantes par les herbivores se fait donc aussi de manière invisible ou presque, sous le sol.
Coévolution La relation herbivore-plante consiste bien souvent en une série d’adaptations que l’on peut décrire comme une coévolution. Les herbivores exerçant une forte pression sélective sur les plantes, celles-ci se sont adaptées de façon à pouvoir lutter et survivre. Les herbivores ont donc aussi acquis des adaptations afin d’être en mesure de se nourrir plus efficacement. Une nouvelle adaptation venant d’une des deux parties devient donc une nouvelle force sélective qui mène à une contre adaptation de l’autre partieKrohne, David T.. 2001. General ecology 2nd edition, Brooks/Cole, États-Unis..
Comportement des herbivores