L’affaire des deux enfants morts de faim à Osaka (en ) est survenue le , lorsque deux enfants (une fille de et un garçon de ) ont été retrouvés morts après négligence de leur mère, dans leur appartement situé dans le quartier Nishi à Osaka.
Le , les cadavres des deux enfants sont découverts par la police, qui s'était précipitée dans l'immeuble après le signalement d'une « odeur étrange émanant de l'appartement ». Le même jour, la mère des deux enfants, Sanae Shimomura, alors âgée de et qui travaillait dans une maison close, est arrêtée car soupçonnée d'avoir abandonné les cadavres, puis un peu plus tard elle est arrêtée à nouveau et soupçonnée d'homicide.
Environ s'étaient écoulés depuis la mort des enfants. De plus, avant la découverte des corps, plusieurs signalements avaient été faits à l'aide sociale à l'enfance (en , équivalent en France du Service de protection maternelle et infantile) concernant des « pleurs d'enfants » entendus et soupçonnant de la maltraitance, mais ils n'ont pas abouti.
Suspecte
Histoire personnelle La suspecte est née dans la ville de Yokkaichi, située dans le département de Mie. À la suite entre autres du divorce de ses parents, elle fugue d'innombrables fois lorsqu'elle est collégienne. À cette époque, Fukuzawa Akira, père de la suspecte, présenté dans un article de journal comme coach sportif dans un lycée, demande à la suspecte, encore alors au collège, de retourner à la maison. En , elle se marie avec un homme à l'époque encore étudiant (il quitte peu après l'université au milieu d'un semestre et trouve un travail). En , immédiatement après ses , elle donne naissance à son premier enfant, une fille. En , elle donne naissance à son deuxième enfant, un fils, puis en elle divorce. Les raisons du divorce étaient ses dettes et son adultère, mais elle est forcée d'écrire un accord papier au Juge aux affaires familiales (家族会議、かぞくかいぎ), arrangeant le divorce, où elle s'engage entre autres à « repayer ses dettes », « ne pas dépendre de sa famille » et « travailler durement ». La mère célibataire, âgée de et avec deux enfants en bas âge à charge, n'a pas de pension alimentaire et ne peut pas se tourner vers sa famille, elle ne reçoit ni compensation pour subvenir à ses enfants ni allocations familiales. La suspecte a également souffert de négligence aux mains de sa mère biologique, elle a été victime d'un viol collectif au collège, et de ces abus sexuels elle aurait apparemment développé des troubles dissociatifs. Elle demande une fois à laisser la charge de ses enfants aux services publics, mais cela n'aboutit pas(ja) 児童虐待から考える 社会は家族に何を強いて来たか 杉山春 朝日新書 2017年12月.
Jusqu'à la découverte de l'incident Après son divorce, la mère de famille déménage dans un appartement dans le quartier Nishi à Osaka (immeuble d'appartements une pièce voué uniquement à but d'investissement immobilier, propriété louée par la maison close qui l'embauche), mais elle ne s'occupe plus de ses enfants. À ce moment-là, elle laisse les enfants et leur donne peu de nourriture, et elle passe son temps avec son petit ami, ce qui fait qu'elle n'est pas à l'appartement durant de longs intervalles.
Dans les environs du , elle ferme la porte du salon avec du ruban adhésif et verrouille la porte d'entrée à clef, laissant les deux enfants emprisonnés dans le logement ; ils meurent affamés à la fin du mois. Le , elle est contactée par son supérieur hiérarchique qui lui fait part d'une « odeur étrange », et, pour la première fois depuis , elle retourne dans l'appartement où elle constate le décès des enfants. La mère, qui a découvert leurs décès, transmet un e-mail à son patron disant : « J'ai laissé mes enfants seuls et je suis rentrée dans ma ville natale. Après ça, j'ai pris peur et je n'y suis pas retournée. Comme c'est la première fois que je rentre après , le résultat n'est pas surprenant »(ja) 高裁も一蹴 2児放置・餓死の25歳ママが上告する「理由」 産経新聞 2012年12月22日. Mais après ça, elle ne sort de l'hôtel où elle réside que pour être avec son petit ami et s'amuser, jusqu'au suivant où elle est arrêtée.
Procès Après son arrestation, elle reçoit pendant sa détention une évaluation psychologique, et comme les résultats montrent que sa capacité de responsabilité pénale est incontestable, le Procureur du district d'Osaka l'inculpe pour meurtre. Cependant, la suspicion d'abandon des cadavres est rejetée.
L'accusation demande la perpétuité, en se basant sur le fait qu'il y avait intention de tuer de la part de la mère, en donnant des arguments tels que la dernière fois qu'elle est partie de l'appartement « il n'y avait pas de nourriture dans le réfrigérateur » et qu'elle « a vu de ses propres yeux ses enfants dépérire ». La défense déclare qu'il y a eu « un impact de la négligence dont l'accusée a été victime enfant », qu'elle n'a pas eu l'intention de tuer les enfants et qu'on ne doit tenir compte qu'uniquement du crime d'un abandon entraînant la mort de la part du responsable légal. La mère explique que « même encore maintenant, j'aime mes enfants ».
Le , le tribunal du district d'Osaka reconnaît la mère coupable « d'une intention volontaire de tuer » envers ses enfants, et la condamne à de prison ferme. Le , la Cour Suprême d'Osaka confirme le jugement du tribunal de première instance en déclarant que « ces circonstances mettaient en danger la vie humaine, et elles menaient assurément à la mort », et rejette l'appel de l'accusée. L'affaire arrive devant la Cour suprême, et le cette cour confirme la condamnation à de prison. Depuis, une assemblée des résidents est organisée une fois par mois dans l'immeuble où a eu lieu l'incident.
Autres En 2013, un film basé sur la même affaire est réalisé par Takaomi Ogata, appelé Sunk into the womb (traduisible par « submergé dans l'utérus » en français, titre originel『子宮に沈める』、しきゅうにしずめる). Emiko Izawa incarne le rôle de la mère. Ce film est projeté de manière irrégulière durant plusieurs années『子宮に沈める』公式サイト. Aussi, ce film est reconnu comme un film de référence pour le , organisé par le Réseau national de prévention contre la maltraitance des enfants (児童虐待防止全国ネットワーク、じどうぎゃくたいぼうしぜんこくネットワーク, équivalent en France du Groupement d'Intérêt Public Enfance en Danger).
En , Eimi Yamada publie un livre de 376 pages intitulé Tsumibito (『つみびと』, soit « criminel » ou « pécheur » en français) basé sur cette affaire.
Voir aussi
Bibliographie Haru Sugiyama, Signaler un abus : deux enfants laissés pour compte à Osaka (Chikuma Shinsho) Eimi Yamada, Tsumibito (Chuokoron-Shinsha) Broché
Articles connexes Négligence 2010 au Japon
Notes et références
Catégorie:Infanticide Catégorie:Osaka Catégorie:Juillet 2010 Catégorie:Affaire criminelle au Japon Catégorie:2010 au Japon Catégorie:Nishi-ku (Osaka) Catégorie:Meurtre commis contre un mineur au Japon