La ligne des Aubrais - Orléans à Montauban-Ville-Bourbon est une des principales lignes radiales du réseau ferroviaire français. Longue de , elle forme avec les lignes de Paris-Austerlitz à Bordeaux-Saint-Jean et de Bordeaux-Saint-Jean à Sète-Ville, le grand axe de Paris à Toulouse.

Ce fut d'ailleurs le dernier des grands axes français, puisque la ligne ne fut achevée qu'à la fin du .

Elle constitue la ligne du réseau ferré national..

Par extension, la liaison ferroviaire Paris - Toulouse par Orléans et Limoges est fréquemment désignée par l'acronyme POLT, formé de l'initiale de ces quatre villes.

Histoire

Mises en service La ligne des Aubrais - Orléans à Montauban est constituée de différentes sections mises en service entre 1847 et 1893. :

Orléans - Vierzon, ; Vierzon - Limoges, ; Limoges - Uzerche - Brive-la-Gaillarde, le ; Brive-la-Gaillarde - Souillac, le ; Souillac - Cazoulès, le ; Cazoulès - Cahors, ; Cahors - Montauban-Ville-Bourbon, ..

Historique La loi du déclare d'utilité publique la réalisation d'une ligne d'Orléans à Bourges par Vierzon, dont la section d'Orléans à Vierzon constitue le premier tronçon de l'itinéraire d'Orléans à Montauban, consulté le ..

La ligne « d'Orléans à Vierzon » et son prolongement sur Châteauroux sont concédés, pour une durée de et , à Messieurs Bartholony, Benoist, du Bousquet, Dufour, Foucher, Lambot de Fougères, de Gasque, comte de Germiny, comte Jaubert, Revenaz, comte de Ségur, de Waru et compagnie par une ordonnance du , consulté le .. Les 8, 9 et , la compagnie du chemin de fer du Centre est constituée, et sa substitution aux concessionnaires initiaux est autorisée par ordonnance royale, le .

La concession de la ligne entre Orléans et Châteauroux est transférée de la Compagnie du chemin de fer du Centre à la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans, par une convention signée le , entre le ministre des Travaux publics et cette dernière compagnie. Cette convention est approuvée par un décret à la même date, consulté le .. Cette même convention concède le tronçon entre Châteauroux et Limoges à la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans.

Le est ouverte la ligne entre Argenton-sur-Creuse et Limoges pour le trafic des marchandises, puis la ligne devient mixte (c'est-à-dire ouverte aux marchandises et aux voyageurs), le .

Au fur et à mesure des divers raccordements entre les lignes existantes, les villes de Paris et Toulouse sont reliées entre elles par le chemin de fer en 1862, mais cette liaison utilise alors un tracé différent. La première liaison passe en effet par Périgueux, puis en 1875 par Nexon, Saint-Yrieix-la-Perche, Brive-la-Gaillarde et Capdenac.

La section entre Brive-la-Gaillarde et Montauban est déclarée d'utilité publique par une loi, le , consulté le ..

La loi du (dite plan Freycinet), portant classement de 181 lignes de chemin de fer, dans le réseau des chemins de fer d’intérêt général retient en , une ligne de « Limoges à Brive-la-Gaillarde, par Uzerche, avec raccordement par la vallée de la Vézère et Treignac avec la ligne de Limoges à Meymac, consulté le . ». La section entre Limoges et Brive est déclarée d'utilité publique par une loi le , consulté le ..

Les sections de Limoges à Brive-la-Gaillarde par Uzerche, et de Brive-la-Gaillarde à Montauban sont concédées à titre définitif par l'État à la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans (PO), par une convention signée entre le ministre des Travaux publics et la compagnie, le . Cette convention est approuvée par une loi, le suivant, consulté le .. La ligne est finalement achevée le .

De Paris à Toulouse, l'itinéraire est long de .

Le en fin d'après-midi, entre les gares d'Allassac et d'Estivaux mais sur le territoire communal de Voutezac, le train omnibus de Brive à Limoges, au départ de la gare d'Allassac, est percuté par le train de marchandises dans le tunnel de Pouch, causant la mort de 15 personnes.

Le ., deux trains de soldats de retour de permission sont entrés en collision, à la suite d'un épais brouillard sur la section de Lothiers à Luant. Cet accident aura fait 74 morts.

L’électrification en 1 500 V CC de la ligne, s'est réalisée en trois phases. Tout d'abord en 1926, avec la compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans (PO), entre Les Aubrais et Vierzon. En 1935, la fusion entre le PO et le Midi, permet l'électrification entre Vierzon et Brive-la-Gaillarde. Enfin le dernier tronçon est mis sous tension à la fin de l'année 1943 entre Brive-la-Gaillarde et Montauban-Ville-Bourbon par la SNCF.

Cette ligne a été parcourue par le Capitole de 1967 à 1991, premier train français autorisé en circulation commerciale à la vitesse de sur un court tronçon. Il reliait Paris à Toulouse en six heures. Le trafic « grandes lignes » s'est fortement allégé depuis la mise en service du TGV Atlantique en 1990, la desserte de Toulouse se faisant désormais également par TGV en quatre heures et demie minimum par la LGV Atlantique, la ligne de Paris-Austerlitz à Bordeaux-Saint-Jean et la ligne de Bordeaux-Saint-Jean à Sète-Ville.

vignette|alt=L'ancien TGV effectuant l'aller-retour Brive-la-Gaillarde - Lille-Europe.|L'ancien TGV effectuant l'aller-retour Brive-la-Gaillarde – Lille-Europe, vu en 2008.

La ligne est souvent surnommée ligne « POLT », en référence au projet d'amélioration de son exploitation. Cet acronyme est formé des initiales des villes desservies par la ligne (P pour Paris, O pour Orléans, L pour Limoges et T pour Toulouse). L'axe est également parfois désigné par le sigle PALITO (Paris, Limoges, Toulouse) ou par le sigle POLLT (Paris, Orléans, La Souterraine, Limoges, Toulouse).

Un projet de TGV pendulaire baptisé « POLT », permettant de mettre Toulouse à moins de six heures de Paris, est envisagé au début des années 2000 et officiellement abandonné le au profit des lignes à grande vitesse Bordeaux – Toulouse et Poitiers – Limoges.. La rame d'essais baptisée TGV P01 était originellement prévue pour effectuer cette liaison..

Entre et , un TGV effectuait quotidiennement un aller-retour Brive-la-Gaillarde – Lille-Europe via Juvisy, avant d'être supprimé à la fin du mois de .. Entre le mois de et le mois de , ce TGV aura transporté .

En 2019, l'État a commandé neufs, spécifiquement destinés aux lignes Paris – Clermont-Ferrand et Paris – Limoges – Toulouse ; ils sont capables de rouler à ..

En , le service (initialement appelé ), qui effectuait un aller-retour quotidien Paris-Austerlitz – Toulouse-Matabiau depuis , est supprimé. Toutefois, cet aller-retour est remplacé par un Intercités « classique » ce qui représente donc trois aller-retours entre Paris et Toulouse ; à cela s'ajoute, entre ces mêmes villes, un aller-retour quotidien en .

Caractéristiques Tracé et profil Au départ des Aubrais, la ligne traverse d'abord la Sologne, jusqu'à Vierzon, sur un tronçon quasiment rectiligne, qui est devenu en 1967 le premier en France apte au service régulier à .

La ligne rejoint ensuite Limoges-Bénédictins via Issoudun, Châteauroux, Argenton-sur-Creuse et Saint-Sulpice-Laurière (croisement de la ligne de Lyon à Bordeaux).

Passé Limoges, le tracé, dans les contreforts du Massif central, est beaucoup plus tourmenté jusqu'à Caussade, bien que Le Capitole ait été autorisé à circuler à sur ce tronçon.

La jonction avec la ligne de Bordeaux-Saint-Jean à Sète-Ville se fait à l'entrée de la gare de Montauban-Ville-Bourbon.

Le tracé comprend : 735 ouvrages en terre. ; 49 tunnels. ; 184 ponts-route. ; 427 ponts-rail. ; 15 passages souterrains. ; 12 passerelles..

Principaux ouvrages d'art La ligne, construite entre 1890 et 1910, comporte de nombreux ouvrages d'art, parfois spectaculaires pour l'époque : Entre Orléans et Saint-Jean-le-Blanc : pont de Vierzon, sur la Loire (, 12 arches). Vierzon : tunnel de l'Alouette (). Tunnel des Roches (). Viaduc de la Bouzanne (). Tunnel de la Souterraine (), dit aussi La Jéraphie. Viaduc de Rocherolles. Tunnel de Laurière () dit aussi Le Combeau. Limoges : tunnel des Bénédictins (). Viaduc de la Vienne (). Viaduc de Lamothe (). Viaduc de la Borrèze ().. Viaduc de Calamane (). Après Saint-Sulpice-Laurière, tunnel du Puycourti ( environ). Tranchée de Nouillas, comportant deux galeries : une de et l'autre de , distantes chacune de environ (ce devait être un tunnel mais, lors de sa construction, il y eut un éboulement). Après Limoges : tunnel du Pouzol ( environ). Entre Uzerche et Allassac : 13 tunnels sur une section de dans les gorges de la Vézère.

Équipement La totalité de la ligne est électrifiée en continu, et est alimentée via ..

Elle est équipée de la signalisation par block automatique lumineux (BAL).

Elle comporte en général deux voies, avec quelques sections à trois ou quatre voies.

La ligne est également équipée du contrôle de vitesse par balises (KVB), sur son intégralité..

On trouve aussi radio fixes..

Vitesses limites

+ Vitesse maximale nominale sur ligne. Situation Commune PK début Situation Commune PK fin Vitesse(km/h) BifurcationLes Aubrais Fleury-les-Aubrais 117,735 BifurcationLes Aubrais Fleury-les-Aubrais 120,495 110 BifurcationOrléans Orléans 122,078 Pont de Vierzon Orléans 125,060 130 Pont de Vierzon Orléans 125,060 Tunnel de l'Alouette Vierzon 195,459 200 Tunnel de l'Alouette Vierzon 195,459 Gare SNCF Vierzon 201,148 160 Gare SNCF Vierzon 201,148 Viaduc du Cher Vierzon 206,600 150 Viaduc du Cher Vierzon 206,600 Tunnel des Roches Le Pont-Chrétien-Chabenet 285,000 160 Tunnel des Roches Le Pont-Chrétien-Chabenet 285,000 Gare SNCF La Souterraine 341,000 150 Gare SNCF La Souterraine 341,000 Viaduc de Rocherolles Bersac-sur-Rivalier 358,600 145 Viaduc de Rocherolles Bersac-sur-Rivalier 358,600 BifurcationPoitiers – LimogesLimoges – Angoulême Limoges 400,650 160 BifurcationPoitiers – LimogesLimoges – Angoulême Limoges 400,650 Gare SNCF Limoges 401,150 100 Gare SNCF Limoges 401,150 Gare SNCF Pierre-Buffière 421,711 110 Gare SNCF Pierre-Buffière 421,711 Gare SNCF Vicq-sur-Breuilh 433,411 120 Gare SNCF Vicq-sur-Breuilh 433,411 Gare SNCF La Porcherie 445,000 110 Gare SNCF La Porcherie 445,000 Gare SNCF Salon-la-Tour 451,000 120 Gare SNCF Salon-la-Tour 451,000 Tunnel de Saillant Allassac 481,006 110 Tunnel de Saillant Allassac 481,006 Gare SNCF Donzenac 488,000 120 Gare SNCF Donzenac 488,000 Viaduc de la Corrèze Brive-la-Gaillarde 494,000 130 Viaduc de la Corrèze Brive-la-Gaillarde 494,000 Gare SNCF Brive-la-Gaillarde 499,958 120 Gare SNCF Brive-la-Gaillarde 499,958 Gare SNCF Caussade 640,011 110 Gare SNCF Caussade 640,011 BifurcationBordeaux – Sète Montauban 663,143 160

Desserte Gares Gares en service

Gares fermées ou désaffectées

Trafic Grandes Lignes Intercités de jour Les trains Intercités. de jour effectuent des allers et retours entre Paris-Austerlitz et Brive-la-Gaillarde, Cahors ou Toulouse-Matabiau.

Les rames font sept ou quatorze voitures et sont composées de matériel « Corail », décliné en version « Téoz » et , version « Corail Plus » et et la nouvelle version « Carmillon » et . Les rames se composent, en général, de six voitures à salles et une voiture à compartiments. Dans les rames « Téoz », la voiture à compartiments est remplacée par la voiture services comprenant un service de restauration ambulante, des distributeurs, une salle de jeu, une table à langer et des compartiments familles.

La traction est assurée par des aptes à la circulation à ; on trouve parfois également des et des .

Jusqu'en , des Intercités diurnes Paris – Toulouse – Cerbère ont circulé quotidiennement.

Intercités de nuit