Le tigre de Chine méridionale, tigre de Chine ou tigre chinois (Panthera tigris amoyensis), également autrefois appelé tigre d’Amoy dans la traite des fourrures, est une sous-espèce de tigre originaire des provinces du Fujian, de Guangdong, d’Hunan, et de Jiangxi dans le Sud de la Chine et qui est classifiée comme espèce en danger critique d’extinction par l’UICN depuis 1996. Elle est probablement éteinte à l’état sauvage, même s’il reste une petite chance pour que certains individus subsistent encore name=iucn>. Dès la fin des années 1990, sa survie à long terme était considérée comme peu probable à cause de la faible densité des proies, de la dégradation et la fragmentation de son habitat et des autres intrusions humaines. Aucun tigre de Chine méridionale n’a été vu à l’état sauvage depuis le début des années 1970, alors que le dernier enregistrement certifié était celui d’un individu mis en captivité par la suite. En 2011, la population totale de tigre de Chine méridionale en captivité s'élevaient à 108 individus dans des programmes d'élevage en Chine et dans un établissement privé en Afrique ; en 2019, la population totale de tigre de Chine méridionale en captivité s'élève à 177 individus.

Depuis les années 1980, le tigre de Chine méridionale est considéré comme un vestige de l’ancêtre commun à tous les tigres, vivant près de ce que l'on pense être leur zone d’origine. Morphologiquement, c’est la sous-espèce de tigre qui se distingue le plus des autresHerrington, S. J. (1987). Subspecies and the Conservation of Panthera tigris: Preserving Genetic Heterogeneity. in: Tilson, R. L., Seal, U. S. (eds.) Tigers of the world: the biology, biopolitics, management and conservation of an endangered species. Noyes Publications, Park Ridge, N.J..

Caractéristiques En 1905, le zoologiste allemand Max Hilzheimer décrivait le tigre de Chine méridionale comme aussi haut que le tigre du Bengale, mais ayant un crâne et une fourrure différents. Leurs canines et leurs molaires sont plus courtes, leur crâne est plus court, leurs cavités orbitaires plus rapprochées et leur processus orbitaire est plus large. Leur fourrure est plus claire et plus orangée, les rayures sont plus fines, plus nombreuses et plus nettesHilzheimer, M. (1905). Über einige Tigerschädel aus der Straßburger zoologischen Sammlung. Zoologischer Anzeiger 28: 594–599..

Le tigre de Chine méridionale est une sous-espèce assez petite, mais il est cependant plus grand que les sous-espèces des îles de la Sonde tel que le tigre de Sumatra. Les mâles mesurent entre 230 et 265 cm et pèsent entre 130 et 175 kg. Les femelles sont quant à elles plus petites et mesurent entre 220 et 240 cm et pèsent entre 110 et 115 kg. Chez les mâles, la longueur du crâne peut atteindre entre 318 et 343 mm et chez les femelles entre 273 et 301 mmMazák, V. (1981) Panthera tigris. Mammalian Species 152: 1–8..

Répartition Les crânes décrits par Hilzheimer sont originaires d’Hankou. La répartition historique des tigres de Chine méridionale s’étend sur un large territoire de d’est en ouest et de du nord au sud de la Chine. À l’est, ils se rencontraient dans les provinces de Jiangxi et Zhejiang et à l’ouest dans celles de Guizhou et Sichuan. Au nord, des Monts Qinling à la région du fleuve Jaune et au sud dans les provinces de Guangdong, Guangxi et YunnanLu, H., Sheng, H. (1986). Distribution and status of the Chinese tiger. in: Miller, S., Everett, D. (eds.) Cats of the World: Biology, Conservation and Management. National Wildlife Federation, Washington, DC..

Déclin de la population Au début des années 1950, on estimait la population du tigre de Chine méridionale à plus de individus à l’état sauvage. C’est à ce moment-là qu’il est devenu la cible des campagnes massives « anti-peste » du gouvernement promulguées par le "Grand Bond en avant" de Mao Zedong. Aux effets de la chasse incontrôlée se sont ajoutés ceux de la vaste déforestation et probablement la diminution des proies disponibles et également la relocalisation massive des populations urbaines vers les zones rurales, menant à la fragmentation des populations de tigres et augmentant ainsi leur vulnérabilité à l’extinction locale. En 1982, seulement 150 à 200 tigres de Chine méridionale subsistaient encore à l’état sauvage selon les estimations.

En 1987, la population restante de tigres de Chine méridionale était estimée à 30-40 individus, le danger d’extinction était donc imminentPeilon, X., Bangjie, T., Xiangggang, J. (1987). South China Tiger Recovery Program. in: Tilson, R. L., Seal, U. S. (eds.) Tigers of the world: the biology, biopolitics, management and conservation of an endangered species. Noyes Publications, Park Ridge, N.J.. Lors d’une étude menée en 1990, des traces de tigres de Chine méridionale ont été découvertes dans 11 réserves dans les montagnes des provinces de Sichuan, Guangdong, Hunan, Jiangxi et Fujian, mais ces données n’étaient pas suffisantes pour estimer la taille de la population. Aucun tigre n’a été directement observé, les preuves se résumaient à des traces, des griffures et des témoignages d’habitants de ces régionsKoehler, G.M. (1991). Survey of the remaining population of South China tigers. Unpubl. report, WWF International, Gland, Switzerland..

En 2001, des études ont été menées sur le terrain dans huit zones protégées s’étendant sur un territoire total de , dans cinq provinces de la Chine centrale et méridionale à l’aide de pièges photographiques, de GPS et d’études étendues de signes de leur présence. Mais aucune trace de tigre n’a été trouvée. Aucune des fumées découvertes sur le terrain n’a pu être prouvée comme appartenant à des tigres. Des espèces pouvant servir de proies aux tigres ont été trouvées dans cinq lieux.

Des habitants de la région ayant rapporté avoir vu des traces dans la Qizimei Mountains Nature Reserve, dans la province du Hubei et dans le comté de Yihuang de la province de Jiangxi, certains individus pourraient toujours subsister à l’état sauvage. En , le gouvernement de Chine a indiqué à la CITES qu’il ne pouvait pas confirmer sa présence, et a déclaré vouloir réintroduire le tigre de Chine méridionale dans la NatureGlobal Tiger Forum. (2007). Tiger Update by Global Tiger Forum (GTF) – May 2007. CITES COP14 Inf. 19..

Écologie et comportement Les tigres sont exclusivement carnivores. Ils préfèrent chasser les grands ongulés, se nourrissant fréquemment de sangliers et occasionnellement de cerfs cochons, de muntjacs et de langurs. Les petites proies telles que les porcs-épics, les lièvres et les paons constituent une toute petite part de leur régime alimentaire. À cause de l’empiètement de l’Homme sur leur territoire, ils se nourrissent également de bétail.

Le territoire initial des tigres de Chine méridionale comprenait des muntjacs, des sangliers, des saros, des cerfs huppés et des sambars.

La plupart du temps, les tigres s’approchent au maximum de leur victime par le côté ou par derrière et l’attrape par la gorge pour la tuer. Ils trainent ensuite la carcasse à l’abri, parfois sur plusieurs centaines de mètres, et s’en nourrissent. Leur façon de chasser et la disponibilité des proies font qu’ils passent souvent d’une abondance de viande à la famine : ils consomment donc entre 18 et 40 kg de viande à la fois.

Conservation En 1973, les tigres de Chine méridionale étaient classifiés comme protégés par une chasse contrôlée. En 1977, ils étaient classifiés comme protégés et il était interdit de les chasser.

Les tigres sont inscrits sur l’Annexe I de la CITES, qui interdit le commerce international. Les pays et États sur lesquels s’étend le territoire des tigres et dans lesquels il existe un marché de consommation ont également banni le marché domestiqueNowell, K. (2007) Asian big cat conservation and trade control in selected range States: evaluating implementation and effectiveness of CITES Recommendations . TRAFFIC International, Cambridge, UK..

L’organisation non gouvernementale Save China’s Tigers, avec le soutien de l’Administration forestière chinoise, a mis au point un plan pour réintroduire les tigres de Chine méridionale nés en captivité dans de grands enclos au sud de la Chine. Le principal obstacle à leur réintroduction concerne la disponibilité d’un habitat approprié et de proies adéquates, ainsi que la forme physique de la population en captivité. Il sera nécessaire de protéger leur habitat naturel et d’augmenter le nombre des populations d’herbivores dont ils se nourrissent. L’objectif final envisagé est de constituer au moins trois populations, chacune d’entre elles étant constituée d’au moins 15 à 20 tigres vivant sur un territoire naturel de . Des études sur le terrain et des séminaires ont été menés de façon coopérative afin d’identifier des sites de réintroduction appropriésBreitenmoser, U., Tilson, R., Nyhus, P. (2006). Reintroduction of the Chinese Tiger. Cat News 44: 15..

Lors de la des parties à la CITES en 2007, l’arrêt de l’élevage en captivité des tigres et du commerce de leurs produits dérivés en Chine ont été demandésNowell, K., Bauer, H., Breitenmoser, U. (2007). Cats at CITES COP14. Cat News 47: 33–34..

En captivité vignette|Tigre de Chine méridionale en captivité À partir du mois de , 17 zoos chinois gardaient 40 tigres de Chine méridionale pure race dans leurs collections, dont 23 mâles et 14 femelles qui étaient nés à l’état sauvage. Tous étaient des descendants de la troisième ou quatrième génération d’une femelle sauvage de Fujian et de cinq tigres de Guizhou. Des problèmes notables venaient du manque d’équilibre entre le nombre de mâles et de femelles et des couples qui étaient mal accordésBangjie, T. (1987). Status and Problems of Captive Tigers in China. in: Tilson, R. L., Seal, U. S. (eds.) Tigers of the world: the biology, biopolitics, management and conservation of an endangered species. Noyes Publications, Park Ridge, N.J..

En 2005, la population captive de tigres de Chine méridionale était constituée de 57 individus montrant des signes de consanguinité, dont une diversité génétique réduite et un faible taux de reproduction réussie. En 2007, la population captive totale était constituée de 72 individus ; quelques tigres se trouvant hors de Chine. Peu d’entre eux semblent être des tigres de Chine méridionale pure race étant donné que l’on peut trouver des preuves génétiques de croisement avec d’autres sous-espèces.

Un tigron est né dans une réserve d’Afrique du Sud en , il était le premier à être né en dehors de la Chine. Depuis, plusieurs tigrons ont vu le jour.

Les tigres de Chine méridionale en captivité en Chine sont désormais tous consignés dans un studbook central. Avant la création d’un studbook, on pensait que cette population captive ne comptait pas assez d’individus et manquait de diversité génétique pour qu’un programme de repeuplement puisse être un succès, mais depuis le début de l’enregistrement central, de plus en plus de tigres de Chine méridionale ont été identifiés dans les zoos de Chine.

Réintroduction

Projet de réintroduction en Afrique du Sud vignette|Un tigre mâle de Chine méridionale du projet Save China's Tigers marquant son territoire