En agriculture, les semences sont des graines (traitées et sélectionnées), ou par extension d’autres organes de reproduction (bulbes, tubercules qui devraient plutôt être appelés "plants" puisqu'ils se plantent et ne se sèment pas), sélectionnées pour être semées. Premier intrant de la culture, la semence fait partie des produits consommables de l'agrofourniture. thumb|Semences de différentes espèces cultivées.

Définition Semence vient, au travers du latin, du grec sperma = semence, germe. Ce terme a également donné le terme sperme. Par analogie il a pris en agriculture le sens de graine que l’on sème en vue d’une récolte.

Histoire de la semence Depuis les débuts de l’agriculture (il y a plus de ), les premiers agriculteurs mettaient à part les graines des plants répondant au mieux à certains critères agronomiques (grosseurs, facilité à se débarrasser de l’enveloppe, résistance…), ou sociaux (beauté, appétence, identité). Ils ne consommaient pas les graines ainsi sélectionnées et les replantaient la campagne suivante.

La migration des populations agricoles, la colonisation de nouveaux espaces, le morcellement des établissements, ont induit une sélection différenciée d'une région à l’autre. Les peuples agriculteurs ont en effet acclimaté les espèces à l’environnement local. Cette acclimatation a conduit à l’apparition de variétés locales qui constituent la biodiversité domestique.

Types de semences On distingue deux grands types biologiques de semences selon la teneur en eau des espèces : les semences dites « orthodoxes » qui sont les plus nombreuses. Ce sont les semences de la grande majorité des espèces cultivées qu'elles soient vivaces, annuelles ou bisannuelles. Elles ont subi une phase de déshydratation au cours de leur développement. Leur teneur en matière sèche est comprise entre . Elles survivent dans cet état mais leur métabolisme est réduit et exige un apport d'eau pour germer. les semences dites « récalcitrantes » (à la dessication). Leur teneur en eau varie de . Leur germination doit avoir lieu dès qu'elles tombent sur le sol sinon elles meurent. Il s'agit principalement d'espèces d'arbres cultivés des pays tempérés (noyer, chataignier, marronnier, ...) et d'espèces de pays chauds (avocatier, citrus, litchi, manguier, hévéa, longanier,...).

Pour les semences orthodoxes des espèces cultivées, on distingue Semences : définitions, lois et marché mondial sur Inf'OGM?orgLa production et le commerce des semences et plants sont règlementés sur semae.fr: Les semences certifiées En Europe, pour les grandes cultures elles représentent la majorité des semences utilisées. Leur production est principalement assurée par des agriculteurs multiplicateurs qui passent des contrats avec des entreprises semencières spécialisées dans la sélection, la production et la commercialisation de semences. Une fois multipliées les semences sont livrées aux entreprises semencières pour être triées, calibrées, traitées et conditionnées dans leurs stations de semences. Après contrôles, elles sont commercialisées sous forme de semences certifiées.

Dans la plupart des pays, la mise en marché des semences est réglementée pour éviter les fraudes et pour éviter la commercialisation de semences présentant des défauts majeurs.

Dans le cas d’espèces autres que celles de grandes cultures. La certification est facultative. C’est-à-dire que les contrôles n’ont lieu que de manière aléatoire, postérieurement à la mise en marché, car leur qualité est sous la responsabilité de l'entreprise semencière qui les commercialise. Les semences ne sont pas certifiées mais sont dites "standards"Connaître les différents types de semences sur semae.fr.

Les semences de base Les semences de base ou de pré-base sont les semences mères produites généralement à partir de semences d'origine par les sélectionneurs ou les mainteneurs grâce à la sélection conservatrice. Elles sont utilisées par les agriculteurs multiplicateurs pour produire les semences certifiées.

Les semences de ferme En France, on parle de semence fermière ou de semence de ferme lorsqu'un agriculteur ressème une partie de sa récolte issue de semences pouvant être certifiées c'est-à-dire achetées à un semencier, après avoir trié et calibré sa récolte (à l'aide d'un trieur mobile). Les semences paysannes En France, le terme semences paysannes est utilisé depuis quelques années notamment par un mouvement regroupant des organisations paysannes, biologiques, biodynamiques ou conventionnelles, des organisations de protection de l'environnement, pour désigner des semences sélectionnées par les paysans et produites sur la ferme. Les semences biologiques Il s'agit de l'ensemble des différents types de semences produites selon le cahier des charges de l'agriculture biologiqueLe site officiel de gestion des variétés disponibles en semences issues de l'agriculture biologique.

Économie en France En France la filière semence représente en 2023Les chiffres clés du secteur semences sur le site officiel de Semae : près de 70 entreprises de sélection ; plus de 250 entreprises de production ; 11 000 emplois dans les entreprises de sélection et de production ; environ multiplicateurs ; plus de (coopératives, négoces agricoles, jardineries) qui vendent à près de et à près de de jardiniers amateurs.

Les surfaces en multiplication de semences et plants occupent en France près de pour une production totale de plus de . Les surfaces en multiplication de semences biologiques représentent cultivées par multiplicateurs.

Les entreprises de sélection et de production de semences (ou semenciers) sont de tailles très variables, depuis des associations, en passant par des PME, jusqu’à des grands groupes internationaux. Le premier groupe semencier d'origine française est Vilmorin-Limagrainsite du groupe Limagrain qui contrôle entre autres les entreprises: Clause, Tézier, LG-seeds, Verneuil, AgReliant Il possède des filiales dans de nombreux pays.

La France est le premier pays producteur de semence en Europe et le premier exportateur mondial, devant les Pays-Bas et les États-Unis.

Le chiffre d'affaires du secteur semences de la France est évalué au stade de gros à 3,9 milliards d’euros pour la campagne 2022-2023. Les exportations représentent plus de 2 milliards d'euros soit plus de 50 % du chiffres d'affaires et sont particulièrement importantes dans le secteur du maïs et des espèces potagères.

La valeur mondiale totale du secteur semencier est difficile à évaluer. Elle est estimée à plus de 58 milliards de dollars américains, dont 47 milliards de dollars pour les semences commercialisées.

Règlementation en France Origine Dès la fin du , en France, Émile Schribaux en fut l'initiateur.

Au cours du vingtième siècle, une réglementation sur les semences a été mise en place progressivement en France et dans la plupart des pays européens. Le décret du (J.O. du , ) met en place un « registre des plantes sélectionnées » et un Comité de contrôle des semences chargé, notamment, de l’établissement d’un « catalogue synonymique ». Une variété inscrite est protégée pendant douze ans par l’usage exclusif d’une dénomination officielleBonneuil C; Thomas F; Gènes, pouvoirs et profits. Recherche publique et régimes de production des savoirs de Mendel aux OGM, Paris, Ed. Quae.

Le décret du , (J.O. du , 3189-3191) institue un registre des plantes sélectionnées, intitulé « Répression des fraudes dans le commerce des semences de blé ». La notion de répression des fraudes consacre implicitement la semence comme un produit stable et clairement identifiable.

Le décret du (abrogé) (J.O. du , 12006-12067) institue un « catalogue des espèces et variétés de plantes cultivées et d'un registre des plantes sélectionnées de grande culture ». Ce décret évoque pour la première fois la protection des obtentions. Il note : « Art.12- la mention « espèce ou variété » inscrite au registre des plantes sélectionnées est la propriété exclusive de l'obtenteur de la nouveauté. Il ne pourra en faire état qu'après l'inscription définitive. Le commerce des semences, tubercules, bulbes, greffons ou boutures d'une plante inscrite est subordonné à l'autorisation expresse de l'obtenteur.»

Le est créé le Groupement national interprofessionnel des semences (GNIS), devenu Groupement national interprofessionnel des semences et plants, par la loi , complétée par la loi du , puis sous sa forme actuelle, par décret du gouvernement français, le .

1961 voit la création par les semenciers professionnels de l'Union pour la protection des obtentions végétales (UPOV).

Le décret 81-605 du , (J.O. du ) dispose que : « Le ministre de l’agriculture tient un catalogue comportant la liste limitative des variétés ou types variétaux dont les semences et plants peuvent être mis sur le marché sur le territoire national. L’inscription sur le catalogue est subordonnée à la triple condition que la variété soit distincte, stable et suffisamment homogène. » Ce décret est « pris pour l'application de la loi du sur les fraudes et falsifications en matière de produits et services, en ce qui concerne le commerce des semences et des plants », et constitue également un décret d'application de la Loi 2011-1843 sur les certificats d'obtention végétales du (articles concernant les laboratoires d'analyse de la pureté variétale).

Évolution pour les jardiniers amateurs La loi n° 2020-699 du (article 10) qui a complété l’article 661-8 du code rural et de la pêche maritime rend possible d’échanger ou de céder à titre gratuit ou onéreux directement des semences et autres matériels de reproduction de variétés du domaine public aux amateurs (utilisateurs finaux non professionnels ne faisant pas un usage professionnel de la variété), par dérogation à la réglementation générale sur les semences. Dans ce cas, l’inscription sur une liste du Catalogue officiel des espèces et variétés cultivées n’est plus obligatoire, en revanche, les normes sanitaires continuent de s’appliquer sur la sélection et la production; mais l’identité variétale ne sera pas garantie.

Commercialisation en Europe En Europe, pour pouvoir être commercialisées, les semences de la plupart des espèces cultivées doivent être contrôlées et certifiées. Par ailleurs, pour la grande majorité des espèces agricoles et potagères la variété d'une semence doit pour être commercialisée être inscrite soit au catalogue officiel des espèces et variétés végétales national, soit au catalogue communautaire (qui est la somme des catalogues des différents pays de l'Union européenne et qui comprenait en 2012 plus de 30 000 variétés autorisées dans l'Union européenne). L'inscription au catalogue nécessite une homologation, payante.

La réglementation européenne repose sur un ensemble directives : Directive du Conseil 66/401/CEE du (sur la commercialisation des semences de plantes fourragères) ; Directive du Conseil 66/402/CEE du (sur la commercialisation des semences de céréales) ; Directive du Conseil 68/193/CEE du (sur la commercialisation des matériels de multiplication végétative de la vigne) ; Directive du Conseil 98/56/CE du (sur la commercialisation des matériels de multiplication des plantes ornementales) ; Directive du Conseil 1999/105/CE du (sur la commercialisation des matériels forestiers de reproduction) ; Directive du Conseil 2002/53/CE du (sur le catalogue commun des variétés des espèces de plantes agricoles) ; Directive du Conseil 2002/54/CE du (sur la commercialisation des semences de betteraves) ; Directive du Conseil 2002/55/CE du (sur la commercialisation des semences de légumes) ; Directive du Conseil 2002/56/CE du (sur la commercialisation des plants de pommes de terre) ; Directive du Conseil 2002/57/CE du (sur la commercialisation des semences de plantes oléagineuses et à fibres) ; Directive du Conseil 2008/72/CE du (sur la commercialisation des plants de légumes et des matériels de multiplication de légumes autres que les semences) ;