La Léchère est une commune française située dans le département de la Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Une fusion de communes a lieu le à la suite de laquelle les communes de Celliers, Doucy, Pussy, Notre-Dame-de-Briançon, Petit-Cœur et Nâves sont regroupées dans une seule et même entité. Le , Bonneval et Feissons-sur-Isère intègrent La Léchère qui devient une commune nouvelle.
Géographie
gauche|vignette|Vue du village de Pussy et de la vallée de la Tarentaise. La commune s'étire sur les deux versants de la vallée. Située en moyenne Tarentaise, le territoire (1755 hectares) atteint l'Isère en aval de Notre-Dame-de-Briançon et le ruisseau de Feissonnet et va jusqu’aux crêtes du grand pic de la Lauzière () et rejoint le col de la Madeleine à .
Par beau temps clair, outre le massif du Mont-Blanc, on peut apercevoir le Grand Combin en Suisse, le versant Italien du Cervin, ainsi que le mont Rose.
Les limites avec Rognaix ne suivent pas les crêtes et, en particulier de Feissonnet-aux-Îles, ne laissent que l'étroite bande de terre entre la rivière et l'escarpement dominant la vallée.
C'est une commune très boisée surtout dans sa partie inférieure. C'est particulièrement le cas de la vallée de la Glaize connue pour son peuplement en lynx, arrivant depuis la Maurienne, et de chamois se déplaçant facilement du Beaufortain à la Tarentaise par le col du Beaufortain au pied du Grand Mont.
La Léchère est l'une des premières localités de la Moyenne Tarentaise. Elle est située à six kilomètres de Moûtiers et à d'Albertville.
La commune contribue activement à la production du fromage AOC le beaufort, dont une grande partie du lait est transformé à la coopérative laitière de Moutiers.
À Notre-Dame-de-Briançon se trouve le verrou glaciaire le plus imposant de toute la vallée, dans l'ombre des ruines du château de Briançon bâti et administré par la famille du vicomte de Briançon pendant plusieurs siècles. C'était un endroit de passage obligé facilement contrôlable de par son étroitesse. Le château, réputé imprenable car érigé sur un impressionnant éperon rocheux, fut finalement vaincu par l'alliance de plusieurs nobles de la région, jaloux de son influence et des recettes découlant du péage imposé au voyageur. Un pont relie les deux rives de cet étroit talweg, les locaux l'appelle « Le Pont Du Diable »..
Cinq hameaux entourent le chef-lieu de Pussy en arc de cercle : le Crey, la Croix, la Cour, Nécuday et la Mouche.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Alpes du nord, caractérisée par une pluviométrie annuelle de à , irrégulièrement répartie en été.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Moûtiers à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , La Léchère est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Moûtiers, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Voies de communication et transports La commune est desservie : par la route nationale 90 ; par les trains TER Auvergne-Rhône-Alpes à la gare de Notre-Dame-de-Briançon ; par les autocars TER Auvergne-Rhône-Alpes aux gares d'Aigueblanche, Petit-Cœur-La Léchère-les-Bains et Notre-Dame-de-Briançon.
Toponymie La commune de Notre-Dame-de-Briançon devient La Léchère par arrêté préfectoral le , à la suite de la fusion avec les autres communes de Celliers, Doucy, Nâves, Petit-Cœur et Pussy..
La Léchère Le toponyme de La Léchère trouverait son origine dans la laîche ou lescheLaîche : définition et origine, mot d'origine germanique Liska, qui désigne une plante de la famille des Cyperaceae (roseau des marais), p.149... Le mot serait ensuite passé en latin et ses dérivés pour donner les formes liscaria, léchère et désignant un sol humide où l'on trouve des plantes endogènes.
En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit La Létsîre, selon la graphie de Conflans..
Celliers vignette|Vue du village de Celliers. Celliers tire son patronyme de la « » latine, désignant une habitation temporaire, une grange, un grenier ou encore un lieu de provisions, désignant également en Savoie la maisonnette se trouvant dans les vignes.
Doucy Doucy cherche son origine dans le nom d’un propriétaire romain, Ducius.
Nâves vignette|gauche|Village de Grand-Nâves (août 2016). Nava, mot très ancien désignant un plateau habité, ou encore de Nafa qui pourrait désigner un sorcier, forgerait l’étymologie de Nâves.
Notre-Dame-de-Briançon Notre-Dame-de-Briançon porte parfois le nom de « Pas de Briançon », dans les anciens documents.
Le bas latin , , désignant un lieu habité sur une hauteur, semble à l'origine du nom Briançon
Les TER desservent la commune à la gare de Notre-Dame-de-Briançon.
Petit-Cœur L'ancien français cort, cour, court, cuert désigne une ferme ou exploitation agricole.. Le toponyme semble dériver du latin médiéval, .
La paroisse s'est appelée Saint-Eusèbe et Saint-Eusèbe-de-Cœur. jusqu'à l'invasion des troupes révolutionnaires françaises, où le nom change en 1795 pour Petit-Cœur.
Pussy Le toponyme « Pussy » proviendrait d'un ancien domaine gallo-romain *Pusiacum, dérivant du nom *Pusius associé au suffixe -acum..
La première mention de Puisaco date de 1170, puis l'on trouve la forme plus courante de Pusiaco.
Histoire
Comme paroisse, Pussy existait au . Lors du partage de 1170, elle fut attribuée au chapitre régulier de Saint-Pierre-de-Moutiers. Après 1605, date d'union des deux chapitres, le nouveau chapitre métropolitain hérita de tous les droits, en particulier de la nomination du curé, « alternativement avec Rome et après concours ».
L'église, dédiée à saint Jean-Baptiste, avait en 1653 une seule nef avec transept et deux tribunes latérales en vis-à-vis. Plus tard, il en resta une seule au-dessus de la grande porte et c'est à proximité qu'on plaça les fonts baptismaux qui, autrefois, étaient près du chœur.
Quinze ans plus tard, l'église fut complètement rebâtie (prix fait ), selon un plan à trois nefs. Le retable et le tabernacle furent l’œuvre de Jacques Antoine Todesco et Jean Marie Molino (prix fait ). L'incendie d’août 1944 fit disparaître beaucoup de mobilier.
L'église de La Léchère a été bâtie sur un endroit bien plus ancien, certains historiens affirment c'était un lieu de culte païen important à son époque.
Le recensement de 1561 donne , et .
De part et d’autre de la voie romaine qui sillonne dès 45 le fond de vallée et enjambe le pont romain de Briançon, ces villages partagent leur quotidien entre agriculture, élevage et commerce. Depuis la fin du , La Léchère est réputée pour ses eaux thermales soignant particulièrement les jambes (phlébologie).
La tradition raconte qu'après un affaissement de terrain ayant laissé place à un petit lac, les paysans s'y baignaient après une dure journée de labeur aux champs.
Ils découvrirent que ces bains soulageaient leurs articulations ainsi que leurs jambes lourdes. Ainsi est née la légende. Plus tard des scientifiques se penchèrent sur la composition de ses eaux et lui trouvèrent des propriétés médicales. Ainsi était née la station thermale.
L'hôtel dominant la station est un exemple de l'architecture Art déco.
La vallée de La Léchère fut un haut-lieu de la Résistance lors de l'occupation allemande et ceci dès l'hiver 1940-1941. Dans la nuit du 10 au , Auguste Tornier, l'un des chefs de la résistance locale est tué lors d'une opération au monument aux morts d'AigueblancheMichel Étiévent, Il y a 70 ans, tombait le premier résistant en Savoie, Le Dauphiné libéré, .. À partir de mars 1943, de nombreux sabotages de voies ferrées et de pylônes ont pour but de freiner la production des usines mises au service de l'Allemagne : Pylône de la Stedda, conduite forcée de Petit Cœur ), conduite forcée de Notre-Dame-de-Briançon (8 mai), explosion de deux usines (30 novembre). Les Allemands multiplient les incarcérations et les déportations. Le , l'usine de Notre-Dame-de-Briançon est prise par la Résistance et une quarantaine d'Allemands sont faits prisonniers. De nos jours il n'est pas rare de croiser dans la forêt des plaques commémoratives en hommage à de jeunes résistants fusillés par les nazis. Certains n'étaient encore que de tout jeunes hommes âgés de 18-19 ans.
La commune de Notre-Dame-de-Briançon fusionne avec les communes de Celliers, Doucy, Nâves, Petit-Coeur et Pussy, donnant naissance à La Léchère le . Bonneval-en-Tarentaise devait intégrer la commune mais son conseil municipal vota contre ce rapprochement, créant ainsi une enclave dans la commune nouvellement créée.
La commune fusionne avec Bonneval et Feissons-sur-Isère au pour devenir une commune nouvelle qui garde le nom « La Léchère »Commune nouvelle : La Léchère, Bonneval-Tarentaise et Feissons-sur-Isère se disent « oui » , Le Dauphiné libéré, ..
Politique et administration Tendances politiques et résultats vignette|Ancien hôtel de ville de Pussy, actuelle mairie annexe de La Léchère et école de Pussy.
Communes déléguées
Liste des maires
Population et société Ses habitants sont appelés les Lécherains.
Démographie
Enseignement
Cultes Le territoire de la commune de La Léchère fait partie de la paroisse catholique Sainte-Marie-Madeleine d'Aigueblanche qui regroupe seize communautés locales : Aigueblanche, Bellecombe, Doucy, Le Bois, Les Avanchers-Valmorel, Saint-Oyen, Feissons-sur-Isère, Notre-Dame de Briançon, Pussy, Bonneval (Savoie), Celliers, Nâves-Fontaine, Grand-Nâves, Petit-Cœur, Grand-Cœur et Villargerel, dans la doyenné de Moûtiers du diocèse de Chambéry, Maurienne et Tarentaise..
Économie Agriculture
Industrie
vignette|gauche|Viaduc du Champ-du-Comte (à gauche) et en arrière-plan l'usine FERROPEM de Château-Feuillet, vue depuis le château de Briançon (été 2018).