Les Vellaves, en latin Vellavi ou Vellavii, sont un peuple de Gaule, dont le territoire se situait au sud-est du Massif central, correspondant à la province du Velay , à laquelle ils ont donné leur nom, dans l'actuel département français de la Haute-Loire. Leur capitale est à l'époque romaine Ruessio (Saint-Paulien), puis Anicium (Le Puy) à partir du haut Moyen Âge.

En 52 avant notre ère, ils ont été parmi les premiers Gaulois à se rallier à l'Arverne Vercingétorix en vue d'un soulèvement général des Gaulois contre la conquête menée par Jules César, proconsul de Gaule narbonnaise, depuis 58 avant notre ère, soulèvement qui va aboutir à la défaite d'Alésia.

Traces laissées par les Vellaves On retrouve des traces de ce peuple : principalement dans l'ancienne province du Velay, notamment le nom même de cette province ; , dans l'Orléanais (oppidum de Vellaunodunum, ensuite appelé ); chez les Celto-Ligures des Alpes : Briançonnet (06), Saint-Vallier (06) et l'Esteron.. (VELAVNI). en Slovaquie.

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Hypothèses sur leur passé protohistorique

Les Vellaves n'ont laissé aucune trace écriteAlbert Boudon-Lashermes, Histoire du Velay, tome sur « Les vigueries carolingiennes dans le diocèse du Puy », Thouars, Imprimerie nouvelle, 1930., de sorte qu'il est difficile de connaître l'histoire de ce peuple. On ne peut qu'émettre des hypothèses sur leur lointain passé (par exemple, certains les rapprochent des Ligures) et ces hypothèses sont l'objet de controverses.

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Avant et pendant l'Antiquité, le terme vellave ou vellaune recouvre cependant une large zone géographique :

« Si nous remontons jusqu'à l'époque ligure, les Vellaunes sont alors une des peuplades primitives de la Gaule ; ils occupent encore, à l'époque du géographe grec Ptolémée, le territoire limité au nord par le Forez et le Lyonnais, à l'est par l'Helvie, au sud par le Languedoc et la région d'Auch, englobant ainsi les pagi des Cadurques, des Rutènes et des Gabales. À l'ouest, ils se confondent avec les Arvernes… Strabon parle des Vellaunes, qui à l'origine ne formait qu'un seul peuple avec les Arvernes : 'Velauni, qui olim Arvernis adscibebantur'. Entre le Lyonnais, qui faisait alors partie du peuple ségusiave, et l'Hélvie, qui suivait la fortune des Allobroges, les Vellaunes peuplaient encore la région d'Argental, le Valentinois, le Royans, le Vercors, l'Oisans, la Tarentaise. Une de ces peuplades des Alpes a également gardé le nom de Vellauni>. »

L'origine ligure des Vellaunes et leur extension territoriale sont encore attestées par « la persistance des noms ligures dans le pays : ‘la toponymie des noms de lieu, écrit Gimon, tend de plus en plus à prouver que la plupart de nos localités, sources, rivières et montagnes portent des noms à radicaux ligures… .' » « La région où les radicaux ligures sont particulièrement abondants s'étend des Alpes-Maritimes et du Var (pays des Vellaunes) jusqu'aux Hautes-Alpes, à la Drôme, au Velay, au Languedoc… »

Déchelette et Gimon insiste sur les différences culturelles de ces régions ligures par rapport à celles du reste de la Gaule : « le mode de sépulture n'est pas le même, l'industrie diffère totalement, l'art se rapproche de l'art italien ou sicilien et se différencie nettement de l'art celte. »

Les arverno-vellaunes seraient donc un groupe ligure différencié des sicules (siciliens et apuliens) et des elésyques (Provence et Languedoc), et eux-mêmes « subdivisés en arvernes, vellaves, rutènes, gabales, cadurques, valentinois ».

« Si les Arvernes, Rutènes, Gabales, Cadurques, Vellaves et Séguso-Vellaves, et les Vélaunes alpins firent partie à l'époque ligure du même peuple arverno-vellaunes, il y avait longtemps, lorsque César envahit la Gaule, que chacun de ces peuples formait un pagus bien distinct » quoique liés devant le danger en une « Confédération arverne ».

Histoire La conquête de la Narbonnaise par Rome et ses suites En -125, Rome intervient militairement dans la région en venant au secours de Marseille contre les Salyens, alliés des Allobroges, eux-mêmes alliés des Arvernes. Cette intervention provoque l'entrée en guerre des Arvernes. En 122, le consul Gnaeus Domitius Ahenobarbus prend la direction de la guerre, devient proconsul en 121, et assisté par le consul Quintus Fabius Maximus, réussit à vaincre le roi arverne Bituit et les Allobroges lors de la bataille du confluent (Fabius reçoit le titre d'« Allobrogicus », « vainqueur des Allobroges ».

Les Romains peuvent alors mettre en place, de fait puis de droit, une nouvelle province, la Narbonnaise, qui s'étend des Pyrénées (Cerbère) au lac Léman. La confédération des Arvernes est réduite aux Cadurques, Ruthènes, Gabales et Vellaves ».

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La guerre des Gaules de Jules César (58-52)

Au plus fort de l'hiver 52, César et ses troupes traversent les Cévennes depuis la vallée du Rhône, guidés par certains Helviens romanisés. On ne connaît pas, et on ne connaîtra sans doute jamais, son itinéraire avec précision, mais il est très probable qu'il soit passé par le pays des Vellaves, peut-être par le camp d'Antoune qui pourrait avoir joué un rôle stratégique de premier ordre. Quoi qu'il en soit, César a laissé dans ses Commentaires une description saisissante de cet épisode, qui constitue la première mention écrite du pays des Vellaves.

En 52 avant notre ère, ils Gaulois à se rallier à l'Arverne Vercingétorix en vue d'un soulèvement général des Gaulois contre la conquête menée par Jules César, proconsul de Gaule narbonnaise, depuis 58, soulèvement qui va aboutir à la défaite d'Alésia.

La cité des Vellaves dans l'empire romain La cité fait désormais partie de la province de Gaule, dont le chef-lieu est à partir de -43 Lyon (Lugdunum), ville fondée à cette date comme colonie de droit romain. La Narbonnaise, déjà assez romanisée, reste une province à part.

Sous le règne de l'empereur Auguste (-26/14), la Gaule est divisée en trois provinces : Lyonnaise (Lyon), Aquitaine (Saintes, puis Bordeaux), Belgique (Reims). Les Vellaves font partie de la province d'Aquitaine, mais sont à la limite de la Lyonnaise.

Il n'y a pas de magistrats romains dans la cité. Celle-ci est dirigée par les notables locaux, les décurions. « La population … [est] presque entièrement ligure ou gauloise, l'élément romain y étant resté insignifiant ».

Période du Bas-Empire

En 212, les hommes libres de l'empire deviennent citoyens romains (édit de Caracalla).

Vers 300, l'empereur Dioclétien procède à une grande réforme de l'empire, le système de la Tétrarchie. Les Vellaves font désormais partie de la province d'Aquitaine première, dans le diocèse (civil) de Vienne et la préfecture du prétoire des Gaules (chef-lieu : Trèves).

Installation du christianisme ; début de la succession des évêques à partir de 365 (saint Vosy) ; le siège épiscopal, comme dans toutes les cités, est au chef-lieu. Ruessio (Saint-Paulien) reste ville épiscopale jusqu'au transfert du siège à Anicium (Le Puy) au début du Moyen Âge.

Effets des invasions germaniques Les derniers siècles de l'empire sont marqués par des invasions, notamment germaniques. Mais elles touchent peu la cité des Vellaves : « Quant à l'apport barbare (des grandes invasions), francs, burgondes, alamans, on peut le considérer comme à peu près nul en Velay (Grégoire de Tours et Fustel, II, 455) ».

Les Vandales font une seconde irruption en Velay en 406, commandés par leur roi Crocus, et « renforcés de Suèves, d'Alains et de Burgondes. Une bande de ces derniers resta, semble-t-il, dans le pays. Elle a laissé son nom à Vergongeon, qui est nommé en 1220 villa de Burgondione et que nos paysans appellent encore en patois Bourgoundzu ; elle l'a laissé également à Vergonges, Vergongeac » et à quelques familles tel « Raymond Burgondion, sergent d'armes du Puy en 1373 (Monicat, les grandes compagnies en Velay, p132) ou Jean et Jacques Bourgonhon en 1562 (Terrier de Saint Didier) ».

Après la fin de l'empire d'Occident : l'époque des rois francs En 532, les fils de Clovis envahissent l'Auvergne et le Velay. Bien que « l'invasion franque, qui dans le Nord eut une influence plus profonde, n'en eut aucune dans nos régions, ainsi que le constate Jullian, citant Grégoire de Tours et ses contemporains », cependant « ils séjournèrent quelque temps en Velay et en Brivadois » et y laissent quelques prénoms francs qui « sont devenus, plus tard, noms de famille (Adalbert, Adalard et surtout Baldo). L'étude de l'origine des noms de lieu vellaves permet même de se demander si les francs saliens, en se fixant sur notre sol, n'amenèrent pas avec eux d'autres barbares. Nous trouvons en effet, près d'Yssingeaux, un bourg d'Amavis, dont le nom nous vient des Chamaves, peuple franc différent des saliens. »

En 613, Clotaire II reconstitue le royaume franc de Clovis que se partageaient son père et ses oncles. Puis il cède à l'un de ses fils cadets, Caribert II, l'Aquitaine, vite étendue pour recouvrir le Toulousain, l'Angoumois, le Périgord, le Quercy, le Rouergue, le Gévaudan, l'Auvergne et le Velay.

Eudes, petit-fils de Caribert II d'après la charte d'Alaon (un faux du ) et duc d'Aquitaine selon la branche aînée des mérovingiens mais roi d'Aquitaine pour son peuple, Hunold fils d'Eude, Waïfre fils d'Hunold, ne cessent, grâce à la fidélité des populations de leur province, de défendre l'Aquitaine contre la double poussée des Wisigoths puis des Sarrasins au Sud, et au Nord des mérovingiens, bientôt remplacée dans leur désir d'expansion par la nouvelle dynastie régnante, les carolingiens.Est-ce à la suite de l'alliance des Vascons et des Aquitains dans leur combat contre les Wisigoths et les carolingiens ? ou par les conquêtes de leur roi Yon ? ou par simple commerce que des Vascons s'établirent en Velay ? Toujours est-il qu'ils « laissèrent quelques noms de familles (Bayon et Touron, que l'on retrouve à la fois au Pays Basque et à Saint Didier-la-Séauve et Monistrol, Charre à Saint-Clément et Borrée, Charret à Saint-Pal-de-Chalencon) et de plus rares noms de terroir (Garay) Longnon, II, 331. Cité dans . ».

Le chef-lieu de la cité des Vellaves : Ruessio

Noms de formation comparable Un pays de Bretagne le Goëlo* (notamment la commune de Lanvollon) est le territoire (« Vellavensis pagus ») de la tribu des Vellavii, qui fait partie de la confédération des Osismiens.

Un Mercure gallo-romain, vénéré dans l'Isère, a pour nom Vellaunus.

Notes et références

Bibliographie

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Catégorie:Peuple gaulois Catégorie:Adversaire de la Rome antique