Koné (en haeke : KoohnêToponymes de la commune de Koohnê, Province Nord. Direction de la Culture) est une commune de Nouvelle-Calédonie, sur la côte Ouest de la Grande Terre, sur la RT1, à au nord-ouest de Nouméa, à au nord de Pouembout et à au sud de Voh.
La côte est (Touho et Poindimié) est à une centaine de kilomètres, par les vallées de la Koné et de la Tiwaka, qui permettent le franchissement de la chaîne centrale.
La ville, chef-lieu de la province Nord, abrite l'hôtel de Province ainsi que les services principaux du Commissaire délégué de la République (CDR), et relaye les services du Haut-commissaire délégué du gouvernement en Nouvelle-Calédonie pour la Province Nord.
La dénomination VKPP (Voh - Koné - Pouembout - Poya (partie nord)) indique la volonté de mutation de la région.
La commune fait partie de l'aire coutumière Paici-Camuki.
Géographie
Localisation
thumb|left|La rivière Koné
Avec , Koné est l'une des plus petites communes de l'archipel (la ).
Géologie et relief Elle est constituée d'une plaine littorale herbeuse et de savane (avec mangrove en zone côtière) couvrant le tiers sud-ouest de son territoire, dominée au nord-est par la Chaîne centrale (dont la ligne de crête constitue sa limite avec les communes de Touho et Poindimié), culminant à d'altitude au mont Pouitchaté près de la tribu d'Atéou (la plus élevée de Nouvelle-Calédonie).
Entre la plaine et la Chaîne, l'altitude monte progressivement dans une succession de collines et de plateaux. Au nord se détache le massif de Koniambo, culminant à , constitué de roches ultramafiques, séparé de la Chaîne centrale par la vallée encaissée de la Kamendoua à l'est, et descendant en pentes douces vers la presqu'île de Pindjen et la mer à l'ouest. Ce massif s'étend également sur la commune de Voh.
La moitié méridionale constitue le bassin versant de la rivière Koné et de ses nombreux affluents, prenant sa source dans la Chaîne centrale près de la tribu de Netchaot et coulant selon un axe est-ouest jusqu'à son embouchure en delta, recouvert de mangroves, donnant sur la baie de Koné (encadrée par les presqu'îles de Pindjen au nord et de Foué au sud). Le fleuve traverse les tribus de Netchaot, Poindah et Baco, dans sa haute et moyenne vallée, ainsi que la plaine et le village-centre dans sa partie aval.
Koné est située sur la côte Ouest (sous le vent) de la Grande Terre, l'île principale de la Nouvelle-Calédonie, en Province Nord (dont elle est le chef-lieu depuis sa création en 1989). Elle se trouve à de Nouméa, à laquelle elle est reliée par la Route territoriale 1 (RT1), voie généralement rapide ( pour l'essentiel de son tracé hors agglomération, soit un temps de trajet d'environ depuis le chef-lieu néo-calédonien) qui constitue également la rue principale du village-centre de Koné.
Hydrographie
Climat Koné possède un climat tropical de savane (Köppen: Aw); qui se caractérise par une saison relativement sèche entre juillet et novembre et une saison humide entre décembre et juin. À cause de cette position dans les tropiques, il n'y a pas beaucoup de variation saisonnière dans les températures moyennes: de en août et en février. Grâce à sa position sous le vent de la Chaîne centrale, la ville est soumise à une petite ombre pluviométrique. Par conséquent, les précipitations annuelles ne sont que modérées: et il y a en moyenne 78.0 jours pluvieux.
Paysages
Milieux naturels et biodiversité
Urbanisme En termes d'infrastructures publiques Koné est restée longtemps loin derrière Poindimié, sur la côte Est, où se trouve un hôpital (alors qu'il n'y a qu'un dispensaire à Koné) et un lycée d'enseignement général et technologique. Pour réduire ce décalage, et accompagner le développement urbain de la commune, le projet de construire d'ici à la fin de l'année 2017 un hôpital de 60 lits à Koné est lancé en 2012..
Typologie
Occupation des sols
Morphologie urbaine
Lieux-dits, hameaux et écart
Logement
Planification de l'aménagement
Projets d'aménagement À la suite des accords de Matignon de 1988, l'une des politiques majeures entreprises alors fut celle du rééquilibrage entre les Provinces, et notamment entre le Nord et le Sud. C'est dans le cadre de ce rééquilibrage que fut pensée l'idée de créer un pôle urbain dans le nord, entre les communes de Voh - Koné - Pouembout (VKP), à laquelle s'est rajoutée Poya (partie nord) pour devenir « VKPP ». La première étape a été l'inauguration officielle de la Koné-Tiwaka le , après 10 ans de travaux, qui a fait véritablement de Koné un carrefour stratégique en Province Nord en reliant la commune sur la côte Ouest à Poindimié et à Hienghène sur la côte Est en 1h15 de route. Ensuite, fut lancé le projet de construction d'une usine de traitement de nickel d'une capacité souhaitée de par un partenariat de la Société minière du Sud Pacifique (SMSP), vendue après les accords par le dirigeant anti-indépendantiste Jacques Lafleur à la Province Nord pour procéder au rééquilibrage minier en faveur du Nord, et du groupe canadien Falconbridge (remplacé par le suisse Xstrata en 2004). Malgré le retard considérable pris par ce projet, les premières coulées ont lieu en 2013. La commune dispose aussi d'un aéroport pour les vols intérieurs essentiellement en provenance ou à destination de Nouméa, et d'un petit port sur la presqu'île de Foué.
De plus, le collège d'enseignement secondaire (CES) public de Koné, existant depuis 1976 avec alors l'ouverture d'une classe de , et disposant d'une classe de chaque niveau (, , et ) depuis 1979, ne comportait à l'origine que 10 salles préfabriquées. L'établissement sous sa forme actuelle a été totalement reconstruit à partir de 1995. Il dispose désormais de 8 bâtiments, qui ont reçu chacun une lettre de A à H. Les effectifs étaient à la rentrée 2008 de 642 élèves (parmi lesquels 31 en Section d'enseignement général et professionnel adapté SEGPA et 54 en Groupes d'observation diversifiée GOD) répartis en 9 sixièmes (dont 1 SEGPA et 2 GOD), 8 cinquièmes (dont 1 SEGPA et 2 GOD), 10 quatrièmes (dont 1 SEGPA et 3 de découvertes professionnelles) et 10 troisièmes (dont 1 SEGPA et 3 de découvertes professionnelles), soit en tout 37 classes. À cela s'ajoute l'Antenne du Lycée professionnel (ALP) de Touho et ses 130 élèves. Dans la commune voisine de Pouembout se trouve le lycée à la fois agricole et général Michel-Rocard (ainsi inauguré en ), qui était auparavant un lycée d'enseignement général et des techniques agricoles (LEGTA), créé seulement comme un lycée agricole en 1995, puis a été ouverte une section d'enseignement général (pour un tiers des effectifs totaux) par une convention passée avec le vice-rectorat de Nouvelle-Calédonie en 2005 avant d'adopter définitivement sa double fonctionnalité en 2016. En effet, dans le cadre du transfert de la compétence de l'enseignement secondaire public de l'État à la Nouvelle-Calédonie, une réforme de la loi organique relative à la Nouvelle-Calédonie a été opérée le pour préciser les modalités financières de ce transfert (article 55-1) : parmi celles-ci, l'État s'est engagé à financer jusqu'à son terme la transformation du lycée agricole de Pouembout en lycée polyvalent, général, technique et professionnel.
Voies de communication et transports
Transports en commun La commune est desservie par le réseau interurbain de Nouvelle-Calédonie (Raï).
Routes principales La Route territoriale 1 (RT1) relie toutes les communes de la côte Ouest, depuis Nouméa au sud-est en passant par Dumbéa, Païta, Boulouparis, La Foa, Moindou, Bourail, Poya et Pouembout, jusqu'à Koumac au nord-ouest en passant par Voh et Kaala-Gomen.
La Route provinciale Nord 2 (RPN 2), plus connue sous le nom de Koné-Tiwaka, est une transversale reliant les deux côtes de la Grande Terre en passant par la Chaîne centrale entre Koné à l'ouest et les communes de Poindimié et Touho à l'est. Longue de et inaugurée en 2000, il s'agit de l'un des principaux axes structurant en Province Nord.
Aérodrome L'aérodrome de Koné, appartenant à l'État, permet de relier Nouméa (aéroport de Magenta) en par deux vols aller et deux retour opérés par Air Calédonie les lundi, mercredi et vendredi.
Énergie
Risques naturels et technologiques
Risques naturels
Risque particulier
Qualité de l'environnement
Toponymie
Histoire
Époque précoloniale
Tradition de Koné Les plus anciennes traces de peuplement de la Nouvelle-Calédonie retrouvées à ce jour remonteraient à la fin du millénaire avant l'ère actuelle, soit il y a environ 3 200 à 3 300 ans, avec une présence attestée dans la région de Koné. Il s'agirait de populations de langues austronésiennes dont l'autre caractéristique était de maîtriser l'art de la céramique. En 1917, le géologue Maurice Piroutet découvre des fragments de poteries sur la plage de Foué près de Koné, dans une localité appelée Lapita. Ce nom a été par la suite retenu par les archéologues pour désigner l'ensemble de ces poteries et le complexe culturel qui y est associé non seulement pour la Nouvelle-Calédonie mais également l'ensemble du Pacifique. En effet durant tout le divers chantiers de fouilles révèlent d'autres exemplaires de ces poteries. Pour la Nouvelle-Calédonie, la première grande campagne de fouilles est menée en 1952 par E. W. Gifford et D. Shutler. Depuis cette date et jusqu'à nos jours, les archéologues se succèdent sur le terrain, faisant d'autant progresser la connaissance du passé pré européen de la Nouvelle-Calédonie. Citons, Golson en 1962, Smart en 1969, Frimigacci (ORSTOM) dans les années 1970 et 1980, et plus récemment Galipaud (IRD) ou encore Christophe Sand (Université de la Nouvelle-Calédonie).
Le nom de tradition de Koné est donné par les archéologues et historiens à la période allant de 1 300 à 200 av. J.-C., parfois également appelée simplement Lapita en référence à ces poteries représentatives de cette période, retrouvées dans une grande partie du Pacifique insulaire et sur des sites essentiellement littoraux, dénotant peut-être une utilisation commerciale, voire rituelleJ.C. Galipaud, "Un ou plusieurs peuples potiers en Nouvelle-Calédonie ? : analyse physico-chimique des poteries préhistoriques de Nouvelle-Calédonie" in "Journal de la Société des Océanistes", 1992. Cette dernière hypothèse semble confirmée par le fait qu'elles sont de facture soignée, avec des "formes complexes, fabriquées avec soin, et richement décorées de motifs stylisés si caractéristiques qu’ils évoluent peu dans l’espace et dans le temps."Galipaud Jean-Christophe, « Les conditions naturelles du peuplement de la Nouvelle-Calédonie » in Milieux, sociétés et archéologues, Paris, Karthala, 1995, . (Hommes et Sociétés)..
Ce type de poterie disparaît assez brutalement au cours du . Se développe également en parallèle un autre type de poterie, dite de Podtanéan (du nom du site de Koné où ce style a été identifié pour la première fois) ou au battoir, qui semble au contraire avoir eu une utilité plus pratique comme en témoigne le fait qu'elles "sont de forme simple et décorées d’impressions que l’on a plus souvent attribuées à la technique de fabrication qu’a l’intention artistique", mais aussi parce qu'elles ont eu une diffusion plus large sur la Grande Terre, ne se limitant pas aux sites littoraux. De plus, contrairement aux Lapita, les Podtanéan ne disparaissent pas véritablement mais vont évoluer avec notamment l'apparition de décors incisés en forme de chevron.
Il s'agit des poteries dont la datation au carbone 14 fait remonter les plus anciennes traces aux alentours de 1 200 ou 1 300 Celles-ci sont de deux types :