Newcleo Ltd est une entreprise start-up italienne fondée en , spécialisée dans le développement d'un petit réacteur nucléaire modulaire (dit PRM ou SMR en anglais) dénommé LFR-AS-200. Il s'agit plus précisément d'un petit réacteur nucléaire avancé (AMR pour Advanced Modular Reactor) d'une puissance électrique nette de . Il appartient à la filière nucléaire des réacteurs à neutrons rapides (RNR) refroidis au plomb, dit RNR-pb. Un réacteur de plus faible puissance est également développé pour des applications mobiles (propulsion navale) le TL-40.

Le 30 septembre 2024, pour faciliter le financement par les investisseurs européens, Newcleo Ltd transfère son siège social de Londres à Paris. Il faut comprendre que Newcleo Ltd n'ayant pas obtenu les autorisations nécessaires au Royaume-Uni, courtisé lors de la conférence Choose France en 2023, a été séduite par la décision de lancer un plan de relance à long terme pour le secteur de l'énergie nucléaire, doté de 48 milliards d'€uros, prévoyant la construction de six nouveaux réacteurs d'ici 2045.

En 2025, le LFR-AS-200 est en cours de conception, avec des projets de construction de démonstrateurs en Italie puis en France (LFR-AS-30), suivis d'un premier modèle au Royaume-Uni et d'un à quatre en Slovaquie.

Historique En septembre 2021, trois scientifiques italiens fondent la société Newcleo Ltd : Stefano Buono (CEO) - Physicien nucléaire et entrepreneur à succès, il a commencé sa carrière en travaillant pendant 10 ans au CERN et au CSR4 avec le prix Nobel Carlo Rubbia dans le domaine des systèmes d'amplification d'énergie et de la transmutation des déchets nucléaires. En 2002, il fonde Advanced Accelerator Applications, société cotée au NASDAQ jusqu'à sa vente au groupe Novartis pour 3,9 milliards US$ en janvier 2018. Auteur de nombreuses publications scientifiques, il est titulaire d'un master en physique de l'Université de Turin. Luciano Cinotti (Directeur Scientifique) - Ingénieur nucléaire, il a travaillé chez Ansaldo Nucleare pendant 30 ans. Expert reconnu des technologies des réacteurs à neutrons rapides, il est représentant d'Euratom et président du comité de pilotage des réacteurs à neutrons rapides de tête (LFR) du Forum international de la quatrième génération, de sa création jusqu'en 2010, il est également l'auteur de la plupart des brevets internationaux relatifs aux LFR. Elisabeth Rizzotti (Directrice d'exploitation et des activités de recherche italiennes) - Physicienne, après un bref passage au CERN, elle quitte la physique pour s'intéresser à la finance. Elle travaille d'abord pour de grands cabinets de conseil internationaux, puis pour plusieurs banques commerciales italiennes, où elle a développé de solides compétences managériales pendant plus de 30 ans.

Lors de sa création, le , la start-up italienne Newcleo Ltd annonce le rachat de la société américaine Hydromine Nuclear Energy, entreprise créée en 2013, spécialisée dans les énergies renouvelables, implantée à New York et Yaoundé qui participe à la conçeption des réacteurs LFR-AS-200 et LFR-TL-30. Le siège social de la société est implanté à Londres mais ses équipes opérationnelles de recherche et de production sont installées en Italie, à Turin où plus de 100 spécialistes de l'énergie travaillent sous la supervision d'un comité scientifique possédant une vaste expérience dans le domaine de l'énergie nucléaire. Le premier développement majeur de Newcleo est le projet LFR « Re-Act », un microréacteur modulaire à plomb liquide présentant d'importantes applications commerciales, notamment dans le secteur maritime. Ce prototype concrétise un concept connu de l'Agence Internationale de l'Énergie Atomique (AIEA) sous le nom de projet LFR-TL-X. En , elle signe un partenariat avec l’ENEA - Agenzia Nazionale per le nuove tecnologie, l'Energia e lo sviluppo economico sostenibile (Agence Nationale italienne pour les nouvelles technologies, l'énergie et le développement économique durable) et prévoit de finaliser, dans les 5 ans, la conception et la réalisation d'un prototype industriel non nucléaire à grande échelle. ENEA détient l'un des brevets de Newcleo.

La société Newcleo Ltd devient rapidement opérationnelle avec l'intégration de la société d'ingénierie multidisciplinaire italienne SRS S.p.A. implantée à Rome depuis 1976. En 2023, elle rachète la société Fucina Italia Srl de Piombino dans la province de Livourne, entreprise italienne fondée en 1990 spécialisée dans les équipements de levage spéciaux pour l'industrie et les systèmes de confinement des déchets radioactifs.

La société développe des implantations en Italie, au Royaume-Uni, en Suisse, en Belgique et en Slovaquie. Elle s'est donné pour mission de produire une énergie bas-carbone en fermant le cycle du combustible nucléaire via le recyclage multiple du combustible MOX, censé réduire également la quantité de déchets radioactifs. L’entreprise s’appuie sur des recherches internationales pour concevoir des réacteurs sûrs, durables et compétitifs, notamment avec la société de recherche pétrolière Saipem.

En 2023, Newcleo Ltd signe des accords avec ENEL (l'EDF italien), Fincantieri et RINA. Elle reçoit également du programme France 2030. En effet, son projet de petit réacteur modulaire (Small Modular Reactor (SMR) figure parmi les lauréats de l’appel à projets « Réacteurs nucléaires innovants » du plan d’investissements France 2030 consacré à l’émergence de concepts de réacteurs nucléaires de petite taille, en rupture, proposant une meilleure gestion des déchets radioactifs. En mai 2023, Newcleo annonce vouloir investir en France jusqu’à 3 milliards d’€uros sur la période 2023-2030 pour réaliser un réacteur de démonstration et une unité pilote de fabrication du combustible.

L'entreprise développe son projet de RNR-pb par étapes successives avec la construction de différents prototypes, dans plusieurs pays européens : la R&D ainsi que la fabrication d'un premier précurseur non-nucléaire de sur le site nucléaire ENEA de Brasimone en Italie à l'horizon 2026, afin d'approfondir les connaissances sur les réacteurs refroidis au plomb liquide, tester différents matériaux ainsi que les options technologies retenues, un premier prototype nucléaire de faible puissance () en France à l'horizon 2031, baptisé LFR-AS-30 (pour Lead Fast Reactor - Amphora-Shaped), un premier réacteur standard de , nommé LFR-AS-200 au Royaume-Uni à l'horizon 2033, un réacteur de faible puissance nommé TL-40 pour des applications mobiles (propulsion nucléaire de navires marchands).

En 2024, Newcleo Ltd finalise la phase préparatoire d’autorisation avec l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) française, rejoint l’Alliance industrielle européenne sur les petits réacteurs modulaires (SMR) et signe un partenariat avec le groupe italien Saipem pour des applications en mer. En , le siège social est transféré de Londres à Paris.

Dans une démarche de production d'acier bas-carbone, Newcleo signe en un protocole de collaboration avec l'aciériste italien Danieli pour l'utilisation future d'un réacteur LFR-AS-200 afin de fournir ses aciéries en chaleur à haute température, ainsi qu'en électricité bas-carbone (en remplacement de l'utilisation de gaz fossile et de charbon).

En , Newcleo Ltd et Nextchem S.p.A. (filiale de la société italienne d'ingénierie Maire S.p.A.) lancent la coentreprise NextCleo détenue à 60% par Maire S.p.A., chargée de développer l'îlot conventionnel (la partie non nucléaire du réacteur comprenant le groupe turbo-alternateur qui produit l'électricité) du réacteur LFR-AS-200. L'accord prévoit également une participation de Nextchem au capital de Newcleo.

Organisation En fin d'année 2024, Newcleo Ltd employait environ 900 salariés, essentiellement des ingénieurs, sous la direction de Stefano Buono (PDG) et Elisabeth Rizzotti (directrice des opérations). La société dispose de bureaux situés à Turin, Paris, Londres, Lyon et Bratislava. L’entreprise collabore avec des partenaires comme l’agence nationale italienne ENEA et française CEA.

Financement Depuis son lancement, Newcleo Ltd a réalisé plusieurs levées de fonds : à sa fondation en , en , issus du programme France 2030 en , en portant son financement total à ; et sur cinq tours de financement, avec des investisseurs tels que Exor, Inarcassa, Club degli Investitori et Bpifrance. Sa valorisation atteint en . En juin 2026, lors de son entrée à la bourse de Wall Street, la société a été valorisée à 2,4 milliards de US$.

En 2025, le gouvernement italien a exprimé son intérêt stratégique pour investir dans l’entreprise. Le , La Tribune révèle que la continuité de l’exploitation de la société était menacée. Newcleo Ltd a enregistré 103 millions d’€uros de pertes en 2024, soit plus du double qu'en 2023 (45 millions d’€uros). « Les alertes comme celles-ci sont tout à fait normales pour des entreprises comme la nôtre, qui investissent beaucoup dans l’innovation », a déclaré Stefano Buono, directeur général de Newcleo, à La Tribune. Elle a fermé son bureau britannique durant l'été 2025, du fait de l'absence de soutien des autorités britanniques à sa technologie de réacteur refroidi au plomb et de l'impossibilité d'accéder au stock de plutonium des centrales locales, alors qu'en France, où Newcleo a relocalisé son siège social en 2024, auparavant installé à Londres, discute avec l'État, EDF et Orano pour l'utilisation de matières issues de combustible usé dans son projet d'usine de MOX, près de Nogent-sur-Seine.

Le , la Commission nationale du débat public (CNDP) ouvre un débat public sur les projets de Newcleo : le LFR-AS-30, réacteur à neutrons rapides refroidi au plomb qui serait construit en Indre-et-Loire, et une usine de fabrication de combustible MOX-LFR, du MOX pour réacteur refroidi au plomb, installée dans l’AubeRéacteur LFR-AS-30 et usine de Mox : lancement du débat public Newcleo, SFEN, 13 avril 2026.

Le 27 mai 2026, Newcleo Ltd annonce son entrée au NASDAQ par fusion-incorporation avec un « SPAC » et une augmentation de capital de 220 millions US$ supplémentaires auprès d'investisseurs, nord-américains pour la plupart. Les deux opérations valorisent l'entreprise environ 2,4 milliards d'€uros. Newcleo Ltd a déjà levé un milliard de dollars depuis 2021Amélie Laurin, « Il y a 100 fois plus de capitaux disponibles qu'en Europe » : la start-up du nucléaire Newcleo entre en Bourse aux États-Unis, Les Échos, 27 mai 2026.

Caractéristiques techniques du réacteur LFR-AS-200 vignette|Schéma générique de fonctionnement d'un réacteur à caloporteur plomb Cœur du réacteur Le réacteur LFR-AS-200 appartient à la génération IV. C'est un réacteur à neutrons rapides, modéré et refroidi au plomb, ce qui en fait un réacteur à neutron rapide à caloporteur plomb. Sa puissance thermique est de pour une puissance électrique nette (disponible pour le réseau électrique) de , soit un rendement de 41,7%. Sa durée de vie à la conception est de .

Le cœur du réacteur est composé d'une cuve de type piscine, d'environ de hauteur dans laquelle se trouve le combustible nucléaire et le plomb liquide. Six pompes assurent la circulation du plomb liquide qui entre dans la cuve à et en ressort à , pour être dirigé vers six générateurs de vapeur à tubes spiralés. Ces derniers produisent de la vapeur d'eau à et par l'intermédiaire d'un circuit secondaire à eau légère. La vapeur est ensuite détendue dans un turbine entrainant un alternateur produisant l'électricité.

12 barres de contrôle et assurent le pilotage de la réaction nucléaire à l'intérieur du cœur.

Combustible nucléaire Le combustible nucléaire envisagé est retraité (acronyme MOX en anglais), produit à partir de combustible nucléaire usagé issu des réacteurs à eau pressurisée (REP) français actuellement en exploitation. Le cœur du réacteur LFR-AS-200 est chargé de 133 assemblages combustibles, chacun fait de de de diamètre et de long.