Prosper Armand Grébauval, né le à Amiens et mort le à Paris , est un journaliste, poète, écrivain et homme politique français.
Conseiller municipal du 19e arrondissement de Paris de 1890 à 1913https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/ark:/73873/pf0000268612/0036/v0001.simple.selectedTab=record, il est nommé président du Conseil municipal en 1900.
Biographie Débuts dans le journalisme Né en 1864 à Amiens, Armand Grébauval commence sa carrière à l'âge de 17 ans dans un journal parisien Le Républicain de la Banlieue puis fonde en 1884 La Petite Banlieue (renommé par la suite La Banlieue de Paris). Dans le même temps, il participe aux campagnes menées en faveur de la séparation du Conseil municipal de Paris et du Conseil général de la Seine, participe à la fondation de la Ligue suburbaine et devient le premier secrétaire du Syndicat de la Presse suburbaine de Paris. Aussi, il se met à rédiger des poèmes qu'il fait publier dans des journaux de tendances socialistes et anticléricales comme Le Libre-penseur.
Campagne boulangiste gauche|vignette|223x223px|Armand Grébauval en 1890. En 1887, il rentre à Amiens pour lancer un journal satirique intitulé Le Beffroi. La publication de ce journal intervient dans le contexte du boulangisme auquel Grébauval est au départ hostile et qu'il critique dans son journal. Il adhère également à la Ligue républicaine antiplébiscitaire par une lettre adressée à son président Raymond Daly en . Finalement, il change d'avis peu de temps après et publie un nouveau journal intitulé La Picardie dans lequel il se prononce favorable au boulangisme. Pour avoir participé à des manifestations en faveur du mouvement, il est exclu de la Ligue et décide de participer aux élections de 1889 en se présentant comme candidat révisionniste dans le canton Nord de Amiens mais échoue dès le premier tour du scrutin.
De retour à Paris l'année suivante, il collabore à des journaux comme Le Démocrate et se présente à nouveau sans succès comme socialiste-révisionniste lors des élections municipales dans le quartier de Combat.
Le Conseiller municipal de Paris gauche|vignette|370x370px|Armand Grébauval en 1908 caricaturé par le journal socialiste L'Humanité. Déterminé, il se présente à nouveau la même année et, grâce à l'argent du Marquis de Morès pour sa campagne, est élu au Conseil municipal le avec une majorité de 220 voix. Devenu le membre le plus jeune du Conseil et après l'explosion de son comité en deux puis en trois, Grébauval évite alors de trancher et pense alors bien plus à sa réélection. Décrit comme un « homme cynique, un arriviste sans scrupules et sans convictions » par l'historien Bertrand Joly, Grébauval traîne derrière lui une « réputation, certainement justifiée, d'être un homme peu fiable et financièrement douteux ».
Réélu le dans le même quartier, Grébauval est alors membre de l'extrême-gauche socialiste et, réputé pour « sa voix tonitruante », participe très activement aux travaux du Conseil en faisant accepter les conclusions de nombreux rapports notamment sur la nécessité d'un monopole national sur l'alcool. Comme membre de la commission du budget, il a aidé à remanier tout le service des inhumations et à réformer le système de taxes perçues dans les cimetières.
En dehors de ses activités au Conseil municipal, il participe aux réunions tenues par les blanquistes du Comité central socialiste révolutionnaire (CCSR) et aux conférences du minuscule Parti républicain socialiste français (PRSF) fondé en par Henri Rochefort et Alfred Gabriel.
Réélu en 1896, il l'emporte encore en 1900 après une campagne vaguement nationaliste et se fait élire président du Conseil municipal, nomination qui déçoit immédiatement la majorité nationaliste qui l'a élue. Candidat de la Ligue de la patrie française lors d'une partielle dans le Vars en , Grébauval est battu, sans doute en raison des nombreuses rumeurs courant sur son compte dont celle d'avoir reçu des pots de vin de plusieurs compagnies commerciales (vin, tramway, et d'autres). Aux élections législatives de 1902, il n'arrive que 4ème dans son propre arrondissement et par la suite, restant fidèle à son tempérament, vote pour les socialistes en 1903, négocie pour les élections suivantes avec les royalistes en 1904, et l'emporte à la surprise générale. Méprisé par les nationalistes et notamment par Jules Delahaye qui l'attaque durement dans L'Autorité, Grébauval ne s'en soucie plus et arrive à se faire réélire au premier tour en 1908 puis au second tour en 1912 (il siège alors avec les socialistes indépendants).
Il meurt en .
Publications Le gabelou, Flammarion, Paris, 1898 Au pays latin (des Alpes au Vésuve), voyages en tous pays, Société d'édition et de librairie, Paris, 1899 Le flot qui passe, étude de mœurs, Flammarion, Paris, 1901 La vocation de Max, roman, Flammarion 1902 Au pays bleu (Provence et Corse), voyages en tous pays, Combet, Paris, 1902 Voyages en tous pays. Au Pays alpin (d'Aix à Aix), Combet, Paris, 1903
Notes et références
Pour approfondir Bibliographie Dictionnaire biographique des hommes du Nord : Nord, Ardennes, Aisne, Somme, Pas-de-Calais & Oise, 1894, pp. 154-155. Dictionnaire national des contemporains, Volume 5, C E. Curinier, 1899, pp. 75-76. Bertrand Joly, Dictionnaire biographique et géographique du nationalisme français (1880-1900), Champion Classiques, 2005, pp.185-186.
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