L’Organisation internationale de la francophonie (OIF) est une organisation intergouvernementale composée de 90 États ou gouvernements, qui sont pour la plupart d'anciens territoires de l'Empire colonial français.

L'OIF émerge dans le contexte du processus de décolonisation au milieu du . Crée en 1970, elle a pour mission de promouvoir la langue française et la diversité culturelle et linguistique, de promouvoir la paix, la démocratie et les droits de l’homme, d'appuyer l'éducation et la recherche et de développer la coopération.

Les États membres n'ont aucune obligation les uns envers les autres et les pays non francophones peuvent également demander leur adhésion ou le statut d'observateur pour développer leur commerce avec la langue française.

Historique L’historique de l’Organisation internationale de la francophonie s’inscrit dans une structuration de la francophonie à l’échelle internationale. Celle-ci débute par une structuration sous un angle associatif avec la création en 1926 de l’Association des écrivains de langue française (Adelf), puis de l'Union internationale des journalistes et de la presse de langue française en 1950, et de la Communauté des radios publiques de langue française (CRPLF) en 1955. En 1961 est créée l'Association des universités partiellement ou entièrement de langue française (AUPELF).

Elle se poursuit dans les années 1960, dans le contexte de la décolonisation, après la disparition de l'Union française (1946-1958) et de la Communauté française (1958-1960), elles-mêmes issue de l'Empire colonial français.https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1002/9781405198431.wbeal0742https://www.researchgate.net/publication/316017827_Organisation_Internationale_de_la_Francophonie.. Les premiers signes de l'émergence d’une communauté politique internationale ont lieu également à cette période. Les premières initiatives notables sur le plan politique, sont des conférences de ministres francophones : d’abord de l’Éducation nationale en 1960 (CONFEMEN), puis de la Jeunesse et des Sports en 1969 (CONFEJES). Avec entre-temps, en 1967, la création de l'Association internationale des parlementaires de langue française (AIPLF).

De 1970 à 1997 : l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT) vignette|Élargissement de l'OIF depuis 1970. L’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), première organisation intergouvernementale de la francophonie, est créée à l'issue de la deuxième conférence intergouvernementale des États francophones, à Niamey, le . Cette conférence fait suite à une première conférence intergouvernementale également à Niamey, un an plus tôt, placée sous le patronage du ministre français des Affaires culturelles André Malraux qui avait abouti à la création d'un secrétariat provisoire.

La création de l'ACCT se matérialise par la signature d'une charte par 21 pays. L'enjeu de la rédaction de la charte était pour la France de trouver une formule susceptible à la fois de rallier les Africains, à l'origine de l'idée, en particulier les présidents Senghor du Sénégal, Diori du Niger et Bourguiba de Tunisie, et de permettre une participation éventuelle du Québec à la Francophonie.

Jusqu'en 1986, l'ACCT ne touche qu'aux domaines de coopération technique et culturelle. La francophonie politique prend forme avec l'organisation du premier Sommet de la francophonie, en 1986 à Versailles.

De 1998 à 2005 : l’Agence intergouvernementale de la francophonie Deux sommets de la francophonie (Cotonou en 1995 et Hanoï en 1997) conduisent une importante réforme institutionnelle, dans l’objectif de donner une visibilité accrue à la francophonie. Cette réforme se concrétise par la mise en place d'un secrétariat général de la francophonie, dont le premier titulaire est Boutros Boutros-Ghali, ancien secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU). La charte de l’ACCT est révisée et devient la charte de la francophonie, adoptée en 1997.

Dans la continuité, l’ACCT devient l'Agence intergouvernementale de la francophonie en 1998.

Depuis 2006, l’Organisation internationale de la francophonie Le , la conférence ministérielle réunie à Antananarivo adopte une nouvelle charte par laquelle l'Agence intergouvernementale de la francophonie est intégrée au sein de l'Organisation internationale de la francophonie le L'Organisation internationale de la francophonie sur le site de La Documentation française.

Le , le Niger et le Burkina Faso annoncent leur retrait de l’OIF. Le , le Mali annonce son retrait à son tour.

Missions L’OIF mène des actions en faveur de la langue française et de la coopération entre ses membres. Jusqu’en 1986, date des premiers Sommets de la Francophonie, elle gère des actions techniques et culturelles. Son champ de missions s’est élargi ensuite à des actions de coopération multilatérale, conformément aux quatre grandes missions fixées par les Sommets de la Francophonie : la promotion de la langue française et de la diversité culturelle et linguistique ; la promotion de la paix, de la démocratie et des droits de l’homme ; l'appui à l’éducation, la formation, l’enseignement supérieur et la recherche ; le développement de la coopération économique au service du développement durable.

L’évolution des missions de l’OIF est à mettre en parallèle avec le nombre et la diversité des États et gouvernements qui la composent, et en particulier le nombre d’États non francophones en son sein. Au sein des gouvernements membres, plusieurs voix se sont élevées parmi les défenseurs de la francophonie pour demander à l’OIF de se recentrer sur ses missions premières, en pointant du doigt le risque d’éparpillement des activités. Elles se sont plus particulièrement exprimées en marge du Sommet de la francophonie de 2018, à Ottawa, à l'occasion de l’élection du nouveau secrétaire général de la Francophonie.

En France, deux rapports complets font le bilan des actions et missions de l’OIF en 2017. Le Sénat produit un rapport d'information sur la francophonie dans lequel il préconise que la langue reste le cœur de métier de l'OIF. Le rapport d’évaluation du ministère des Affaires étrangères et du développement international conclut à un niveau justifié de la contribution de la France à l’OIF même si le cadre est perfectible.

Gouvernance Membres de l’Organisation internationale de la francophonie

L’Organisation internationale de la francophonie compte, en 2024, et gouvernements dont 56 membres, 5 associés et 32 observateurs, répartis en 7 régions du monde. Parlé par de locuteurs francophones dans le monde, le français a statut de langue officielle, seul ou avec d’autres langues, dans 32 États et gouvernements membres de l’OIF.

Instances politiques vignette|Organigramme de la francophonie après la CMF 2005 à Antananarivo. L'OIF est devenue l'opérateur principal de la francophonie en remplaçant l'AUF. L’OIF est placée sous l’autorité de trois instances politiques : Le Sommet des chefs d'État et de gouvernement, appelé Sommet de la Francophonie, la Conférence ministérielle de la francophonie (CMF) et le Conseil permanent de la francophonie (CPF).

Sommet des chefs d’État et de gouvernement

thumb|Drapeaux des membres de la francophonie Le Sommet de la Francophonie, conférence des chefs d’État et de gouvernement, est la plus haute instance de l'OIF. Il se réunit en principe tous les deux ans afin de définir les grandes orientations politiques de la francophonie.

Sommet Lieu Dates Versailles17- Québec2- Dakar24- Paris19- Grand Baie16- Cotonou2- Hanoï14- Moncton3- Beyrouth18- Ouagadougou26- Bucarest28- Québec17- Montreux22- Kinshasa12- Dakar28- Antananarivo26- Erevan11- Djerba19- Villers-Cotterêts Paris4-5 octobre 2024 Siem Reap15-16 novembre 2026

Conférence ministérielle de la francophonie La Conférence ministérielle de la francophonie (CMF) assure la continuité politique du Sommet de la francophonie.

Conseil permanent de la francophonie Le Conseil permanent de la francophonie (CPF) est chargé de la préparation et du suivi du Sommet de la francophonie, sous l’autorité de la Conférence ministérielle. Il exerce un rôle d’animation et de coordination. Présidé par le secrétaire général de la Francophonie, cette instance est composée des représentants personnels des chefs d'État ou de gouvernement.

Fonctionnement de l'OIF Secrétaire général

Le Secrétaire général est la clé de voûte du dispositif institutionnel de la Francophonie, dont il conduit l'action politique. Il dirige l’OIF. Nommée par le Sommet de la Francophonie de 2018, puis réélue à l'issue de celui de Djerba en 2022, Louise Mushikiwabo exerce la fonction depuis le . Elle a pris la suite de Michaëlle Jean, qui avait elle-même succédé à Abdou Diouf, en poste de 2003 à 2014.

Le secrétaire général nomme un administrateur chargé d’exécuter et de gérer la coopération, par délégation. Caroline St-Hilaire a été nommée à cette fonction le .

Organisation interne vignette|Siège de l'OIF, avenue Bosquet ( arrondissement de Paris). L’OIF compte plusieurs unités de programme qui œuvrent dans le cadre de ses principales missions : langue française et diversité culturelle, affaires politiques et gouvernance démocratique, éducation et formation, économie et numérique, développement durable, jeunesse sport et citoyenneté, égalité femmes-hommes ; ainsi que des unités d’appui.

Elle dispose de quatre représentations extérieures auprès d'organisations internationales : à Addis-Abeba auprès de l’Union africaine et de la Commission économique de l’Afrique de l’ONU, à Bruxelles auprès de l’Union européenne, à New York et à Genève auprès des Nations unies.

Neuf autres représentations extérieures ont vocation à relayer l'action de l'OIF au niveau régional : à Lomé (Togo) pour l’Afrique de l’Ouest, à Libreville (Gabon) pour l’Afrique centrale, à Tunis (Tunisie) pour l'Afrique du Nord, à Hanoï (Vietnam) pour la zone Asie-Pacifique, à Port-au-Prince (Haïti) pour la Caraïbe et l’Amérique latine, à Bucarest (Roumanie) pour l’Europe centrale et orientale, à Beyrouth (Liban) pour le Moyen-Orient, à Québec (Canada-Québec) pour les Amériques, ainsi qu'à Antananarivo (Madagascar) pour l’océan Indien.

L'OIF dispose également d'organes subsidiaires : l'Institut de la francophonie pour le développement durable (IFDD) à Québec et l'Institut de la Francophonie pour l'éducation et la formation (IFEF), basé à Dakar, ainsi que le Comité international des Jeux de la Francophonie (CIJF) à Paris.

Enfin, l'Observatoire de la langue française produit tous les quatre ans un rapport sur la langue française dans le monde. Le dernier en date, publié en 2022, estime à 321 millions le nombre de locuteurs du français dans le monde.

Environ 300 employés travaillent à l'OIF, au siège à Paris ou dans les représentations extérieures.

Budget En 2024, le budget de l'OIF s'élève à 67 millions d'euros.

La coopération francophone Les acteurs de la Charte de la francophonie Pour mettre en œuvre la coopération multilatérale francophone, l’OIF agit en synergie avec l’Assemblée parlementaire de la francophonie, qui est l’Assemblée consultative de la Francophonie, et les quatre opérateurs du Sommet : l'Agence universitaire de la Francophonie ; TV5 Monde ; l'Université Senghor d'Alexandrie ; l'Association internationale des maires francophones.

Dans ce dispositif institutionnel figurent également deux conférences ministérielles permanentes qui sont aussi les deux plus anciennes institutions francophones : la Conférence des ministres de l'Éducation des États et gouvernements de la Francophonie (CONFEMEN) et la Conférence des ministres de la Jeunesse et des Sports de la Francophonie (CONFEJES).

La société civile, représentée par la Conférence des OING de la Francophonie, ou encore les 16 réseaux institutionnels de la Francophonie jouent également un rôle dans cette coopération multilatérale.

Les grands événements Journée internationale de la Francophonie