Antoine-Henri-Philippe-Léon Cartier d'Aure, était un écuyer (cavalier) français né à Toulouse, le (15 Prairial VII) et mort le à Saint-CloudArchives départementales des Hauts-de-Seine, commune de Saint-Cloud, année 1863, acte de décès , vue 11/43. Il promeut un style de dressage des chevaux qui sera, au cours du , opposé parfois avec virulence à la méthode de François Baucher.

Biographie

Antoine Henri Philippe Léon Cartier d'Aure est le fils d'un haut fonctionnaire de la Maison impériale. Il passe avec succès à 16 ans l'examen d'entrée à Saint-Cyr et entre en 1815 à l'École de Versailles. Il sera formé par le chevalier Jean-François d’Abzac, avant de devenir l'adjoint puis le successeur du vicomte Pierre-Marie d'Abzac, qu'il considérera comme son maître et dont il perpétuera, un temps, l'enseignement classique, ce dernier lui fera obtenir une charge d'écuyer ordinaire du manège en 1821. Il y montrera des qualités d'assiette et de dextérité ainsi qu'une audace à cheval, sous les yeux du roi et de duc d'Angoulême, qui feront dire à son maître : C'est pourtant d'Aure lui-même qui remplacera d'Abzac à sa mort en 1827 à la tête du manège de Versailles.

Aussi brillant homme du monde que brillant cavalier, il est la coqueluche de la cour de Louis XVIII puis de Charles X. Il publie de nombreuses brochures (sur la situation de l'élevage équin en France, sur les Haras, sur sa conception d'une école équestre modèle etc.). Il innovera au manège de Versailles en allant essayer voire en débourrant lui-même aux haras les jeunes chevaux destinés à la remonte. Imbu des principes classiques de l'école, il est enclin à les simplifier et à les adapter à l'équitation d'extérieur. À la fin du règne de Charles X, en 1830, l'école de Versailles est supprimée. D'Aure se retire à la campagne avant de revenir à Paris où il créera successivement trois manèges toujours avec un succès éclatant mais avec des résultats financiers plus ou moins heureux. Sa seconde entreprise, le manège de la rue Duphot, particulièrement luxueux fut un fiasco financier – – et il se retrouvera en faillite. Grâce à l'aide de Lord Seymour, il se remettra à flot et ouvrira son troisième manège, rue de la chaussée d'Antin.

De cette époque date la fameuse querelle avec François Baucher lorsqu'il répondit à la Méthode d'équitation de ce dernier par ses Réflexions sur une nouvelle méthode d'équitation (1842) commençant par une citation de La Fontaine sur la montagne qui accouche d'une souris… D'Aure publie son Traité d'équitation en 1834, œuvre majeure qui connaîtra neuf rééditions.

Il intrigua longtemps pour devenir Écuyer en chef à Saumur, mais se heurta au maréchal Jean-de-Dieu Soult, ministre de la Guerre, et ce ne fut qu'en 1847, au départ à la retraite de ce dernier qu'il obtint ce poste grâce au soutien du duc de Nemours, d'Auriste fervent (et antibauchériste non moins convaincu).

Nommé à Saumur, il développe l'équitation d'extérieur – – mais subjugue les écuyers par sa maîtrise et sa connaissance du cheval, même si le fait d'être civil lui amène quelques frictions avec les militaires, notamment avec le colonel Maxime Jacquemin, commandant en second l'École. Parmi ses élèves, se trouve d'ailleurs un jeune lieutenant, Alexis L'Hotte : . En 1848, à l'exil de Louis-Philippe , il présente sa démission par fidélité aux Orléans mais reviendra sur sa décision quelques mois plus tard et restera à Saumur jusqu'en 1855, fatigué et malade après avoir publié en 1853 son Cours d'équitation, ouvrage considéré comme supérieur à son traité de 1834.

En 1849, il est promu officier de la Légion d'honneur.

Nommé successivement à la direction des Écuries de Napoléon III en 1856, écuyer de l'Empereur et inspecteur général des haras en 1861, il meurt le .

Il promut une équitation de campagne qui est à l'origine de l'équitation sportive actuelle. Ce fut un cavalier d'une énergie, d'un courage et même d'un sentiment extraordinaires qui avait à la fois le talent et l'intuition, mais aussi des bases fabuleuses acquises au manège de Versailles. Ces qualités étaient malheureusement difficilement transmissibles, aucun de ses admirateurs ou élèves n'atteignit le renom.

Lien de parenté Il était le beau-père par alliance de la journaliste et essayiste Thérèse Bentzon.

Publications Traité d'équitation (1834) Réflexions sur une nouvelle méthode d'équitation (1842) Cours d'équitation (1853) Cours d'équitation, Paris, Mazeto Square, coll. « Le pied à l'étrier », 2016, 192 p.

Citations

Références

Bibliographie

Catégorie:Écuyer Catégorie:Vicomte français du XIXe siècle Catégorie:Équitation de tradition française Catégorie:Cavalier français de dressage Catégorie:Naissance à Toulouse Catégorie:Naissance en juin 1799 Catégorie:Décès en août 1863 Catégorie:Décès à Saint-Cloud Catégorie:Décès en Seine-et-Oise Catégorie:Décès à 64 ans Catégorie:Historien du cheval Catégorie:Élève de l'École spéciale militaire de Fontainebleau Catégorie:Officier de la Légion d'honneur promu en 1849 Catégorie:Écuyer du Cadre noir