La basilique Saint-Pierre (en et en ) ou la basilique papale Saint-Pierre au Vatican (), parfois appelée Saint-Pierre de Rome, est l'édifice religieux le plus important du catholicisme. Elle est située au Vatican, sur la rive droite du Tibre, et sa façade s'ouvre sur la place Saint-Pierre.
Elle a été construite là où, selon la volonté de l'empereur Constantin , les premiers pèlerins venaient vénérer saint Pierre, sur l'emplacement du cirque de Caligula et de Néron.
Inscrite à la liste du patrimoine mondial, établie par l'UNESCO, la basilique Saint-Pierre est considérée comme la plus grande conception architecturale de son temps et demeure l'un des monuments les plus visités au monde. Sa construction, à l'emplacement de l'antique basilique vaticane construite sous le règne de Constantin , commence le et est achevée en 1626. Ses architectes les plus importants sont Bramante, Michel-Ange, Maderno et Le Bernin.
La basilique Saint-Pierre est un important lieu de pèlerinage qui rassemble sur sa place au minimum catholiques chaque dimanche pour l'angélus pontifical. Ce n'est pas la cathédrale du diocèse de Rome, puisque l'évêque de la ville siège à Saint-Jean-de-Latran, mais c'est l'église du pape et de l'État pontifical. Elle est également l'une des deux églises paroissiales de la cité du Vatican (l'autre étant l'église Sainte-Anne-des-Palefreniers). Bien que le Nouveau Testament ne mentionne pas la présence à Rome de l'apôtre Pierre, premier chef de l'Église chrétienne, ni son martyre dans cette ville, la tradition catholique indique que la tombe de saint Pierre est située sous le maître-autel, au centre de l'église, sous le baldaquin baroque.
La basilique Saint-Pierre est la deuxième des quatre basiliques majeures de Rome, après Saint-Jean-de-Latran, avant Sainte-Marie-Majeure et Saint-Paul-hors-les-Murs.
Avec une superficie de et une capacité de plus de , elle est l'église catholique la plus grande au monde. Elle est aussi l'un des lieux les plus saints du christianisme, puisque la tradition situe en ce lieu la sépulture de Pierre, qui, selon la tradition catholique, fut le premier évêque de Rome, donc le premier pape.
Historique Site sous l'Empire romain vignette|alt=Plan superposé du cirque Vaticanus, de l'antique basilique et de la basilique Saint-Pierre|300px|droite|Situation du Circus Vaticanus, par rapport à la basilique constantinienne et la basilique actuelle. Au début de l'Empire romain, le site était occupé par quelques villas, bâties autour de jardins impériaux qui appartenaient à Agrippine l'Aînée. Son fils, Caligula (37-), y fit construire un cirque privé, le Circus Vaticanus ou cirque de Caligula et de Néron, dont l'actuel obélisque constitue l'un des rares vestiges.
C'est dans ce cirque, ainsi que dans les jardins adjacents, qu'eut lieu le martyre de nombreux chrétiens de Rome à l’époque de Néron (54-68). La tradition place le martyre de l'apôtre Pierre dans l'enceinte même du cirque — inter duas metas (« entre les deux bornes ») de la spina (mur central bas autour duquel tournaient les chars). Le centre était occupé par l'obélisque. Selon la tradition transmise par des ouvrages apocryphes (tels les Actes de Pierre, Ac Pierre 38), Pierre fut crucifié vers 65, la tête en bas par humilité, car il ne se jugeait pas digne de mourir comme le Christ. Selon une autre version, il peut s'agir d'une cruauté supplémentaire volontairement infligée par les Romains..
Sépulture de l'apôtre Pierre
L’emplacement traditionnel de la tombe de l'apôtre est indiqué par une pierre rouge, au sein d'une nécropole située au nord du cirque de Caligula et de Néron.
Dans la basilique constantinienne, un édicule, situé à la butée des nefs, signalait l'emplacement de la sépulture de Pierre. Placé sur une petite estrade de marbre, il prenait la forme d'un baldaquin supporté par des colonnes torses en bronze et prolongé par un portique à colonnes. Au centre, sous le baldaquin, se trouvait un édicule de marbre donnant accès, les jours de fête, à la sépulture. Ce dispositif est l'une des premières manifestations du culte des reliques des saints.
En 1939, lors de travaux d'excavation pour la construction de la tombe du pape Pie XI, une sépulture est découverte sous la crypte de la basilique, inaccessible depuis le . Il s'agit d'un modeste monument du élevé sur l'emplacement d'une tombe datée du et inséré dans les vestiges de la basilique de Constantin. Le cardinal Ludwig Kaas dirige de recherches archéologiques, couronnées par la déclaration de Pie XII, le sur Radio Vatican, annonçant la découverte du tombeau de l'apôtre. Divers éléments permettent de formuler une hypothèse d'identification, sans cependant imposer de conclusion Voir Margherita Carducci, "Le reliquie di Pietro sotto la Confessione della Basilica Vaticana : una messa a punto" dans "Rivista di Archeologia classica" 19, 1967, ..
Ces restes sont accessibles par l'escalier de marbre situé au niveau de l'autel papal. Ainsi, le pape Paul VI annonce, en 1968, après avoir pris connaissance des études archéologiques, qu'il doit s'agir selon toute probabilité des restes du corps de saint Pierre.
Ancienne basilique constantinienne
alt=Dessin de l'antique basilique vers l'an 1450|vignette|Vue d’ensemble de l'ancienne basilique par H. W. Brewer, 1891. vignette|Infographie des autels emboîtés : de la tombe de saint Pierre à l'autel construit par le pape Clément VIII dit « autel papal » dans la basilique Saint-Pierre (Vatican), vue en coupe
L'ancienne basilique était probablement due conjointement à l'empereur Constantin et au pape Sylvestre . Commencée en 326 Jocelyn Toynbee et John Ward Perkins : The Shrine of St Peter - 1956, elle nécessita la démolition du cirque de Caligula et de Néron ou Circus Vaticanus qui s'étendait sur la partie sud du chantier. Constantin décida de raser les sépultures de la nécropole païenne alignées le long d'un sentier, car la tradition y fixait la tombe de saint Pierre. L'empereur pensa ainsi construire l'autel de sa basilique paléochrétienne au-dessus de cette tombe, faisant de l'édifice une basilique cémétériale avec un pavement souvent ouvert pour pouvoir y descendre des sarcophages. La basilique fut consacrée le par le pape Sylvestre .
Mais des études plus récentes, centrées sur l'étude d'inscriptions, remettent en question la paternité de Constantin dans l'édification de la basilique. Les chercheurs y voyant peut-être l'œuvre d'un de ses fils Constant ou Constance II.
C'était une basilique de (soit ), comportant une nef à cinq vaisseaux, c'est-à-dire un vaisseau principal bordé par deux doubles bas-côtés, séparés par des colonnes de marbre coloré, puis un transept saillant et terminée par une abside semi-circulaire, construite autour de la tombe de saint Pierre. L'édifice était précédé d'un grand péristyle ou atrium, dit parfois quadriportique, cour à portique au centre de laquelle se trouvait une fontaine à ablutions décorée d'une pomme de pin et de paons en bronze. Celui-ci se situait sur la partie ouest de l'actuelle place Saint-Pierre.
De grandes dimensions, l'édifice était long d'environ . Il occupait la majeure partie de la superficie de l'édifice actuel. Il était relativement sombre et tout un apparat de luminaires venait compléter l'éclairageJean-Charles Picard, Le quadriportique de Saint-Pierre du Vatican, dans Mélanges de l'École française de Rome. Antiquité, 86-2, Rome, 1974, (en ligne, avec une bibliographie sur la basilique) ; repr. 1998 ..
La basilique était un des principaux lieux de pèlerinage au Moyen Âge. Le cœur de la basilique était l'autel de la « Confession de Saint-Pierre » dont une ouverture, la , permettait aux pèlerins de voir les reliques de l'apôtre.
En , lors du pillage de Rome, la basilique fut profanée par les Sarrasins. Le pape Léon IV fit alors édifier de 848 à 852 la cité léonine pour défendre la basilique contre les incursions musulmanes. Cela ne l'empêcha pas d'être pillée par les Normands en 1084.
Au début du , lors du départ des papes pour Avignon, la basilique menaçait de tomber en ruineSt-Pierre au Moyen Âge.
Reconstruction vignette|Jules II ordonnant les travaux du Vatican et de Saint Pierre à Bramante, Michel Ange et Raphaël,Horace Vernet, 1827,musée du LouvreTableau de Vernet, Louvre. Après le retour des papes avignonnais à Rome en 1378, le premier pape qui, au milieu du , semble avoir pensé sérieusement à une reconstruction de la basilique fut Nicolas V qui se fit exposer, à partir de 1451 par Bernardo Rossellino le projet d'un nouvel édifice ou d'une rénovation complète de l'ancienne basilique. Le projet n'aboutit pas en raison du décès du pontife en 1455 St Peter's in the Vatican : William Tronzo - Édition : Cambridge University Press - Année : 2005 - page 71 Version en ligne. Son successeur, Calixte III suspend tous les projets de construction afin de consacrer les ressources financières à la mobilisation contre l'Empire ottoman. Les travaux de rénovation de l'antique basilique reprennent sous Pie II sous la direction de Francesco del Borgo. Dès la fin du , il semble évident que l'édifice dévasté par les incendies, les pillages, les tempêtes et les tremblements de terre, ne peut pas durer : les murs de la nef penchent d'un mètre. En 1505, le pape Jules II décide dans un premier temps de faire construire un mausolée à proximité de la basilique. Celui-ci est destiné à accueillir le monument à son image, déjà commandé à Michel-Ange. Durant l'été, le pape se ravise et décide de démolir l'ancien édifice pour construire à la place un bâtiment plus vaste et plus moderne, plus à même de remplir les fonctions d'une basilique pontificale. Cela soulève de nombreuses critiques, aussi bien à Rome que dans une bonne partie de l'Europe, où on estime que la démolition d'un édifice chrétien aussi ancien n'a qu'un but profane et non pas religieuxBoselli, J. (1895). La Réforme en Allemagne et en France: d'apres l'analyse des meilleurs auteurs Allemands; avec une lettre autographe de Mgr. Janssen. Allemagne: A. Picard., p.91. Ce projet donne lieu à un concours d'architectes, auquel prennent part un grand nombre d'artistes qui se succèdent pendant environ . Les travaux se poursuivent depuis le pape Léon X au pape Innocent X.
Le pape Jules II, puis son successeur Léon X, ont recours aux indulgences pour financer la construction de la basilique Saint-Pierre, ce qui provoque la réaction de Martin Luther. Le moine allemand condamne le commerce des indulgences dans ses 95 thèses () comme une pratique abusive de l'Église catholique qu'il assimilait à une manipulation de la volonté de Dieu. Cette date symbolique correspond à la naissance du protestantismeLuther brave Charles Quint à la diète de Worms, . Ce sont essentiellement des troupes mutinées luthériennes (lansquenets allemands) qui perpétreront en 1527 le sac de Rome.
alt=Dessin de Bramante superposant la basilique et l'ancienne basilique|vignette|redresse|Feuille avec plusieurs phases du projet de Bramante. vignette|alt=Projet de Bramante|redresse|L'un des plans de Bramante. alt=Plan de la basilique selon Raphaël|vignette|redresse|Plan de Raphaël.
Projet de Bramante