L'insurrection de l'État islamique aux Philippines désigne l'action de groupes djihadistes ayant prêté allégeance à l'État islamique (EI), principalement à Mindanao, menant des attaques armées et attentats contre les autorités depuis le milieu des années 2010.

L'EI maintient sa présence aux Philippines par l'intermédiaire de groupes djihadistes locaux — le groupe Maute, Abou Sayyaf, les combattants islamiques pour la liberté du Bangsamoro (BIFF) et Ansar Khalifa Philippines. Ces organisations s'inspirent du courant religieux associé à Mohammed ben Abdelwahhab, couramment désigné sous le nom de wahhabismeA. F. A. H. (2016).Ward, T. (2018).. Elles prêtent allégeance à l’État islamique en 2014 ou dans les années qui suivent.

L'État islamique est associé à une recrudescence d'attentats-suicides commis par des ressortissants philippins en 2018 et 2019, une méthode jusque-là rarement utilisée dans le pays, les rares attentats précédents ayant été perpétrés par des étrangers. Le groupe est soupçonné d’être impliqué dans l' en 2018, ainsi que dans les attaques contre la cathédrale de Jolo et à en 2019.

Soutien de l'EI En , des manuels d’entraînement, des bandanas portant des inscriptions de l’État islamique et divers documents destinés aux combattants affiliés à l’organisation sont saisis après la prise d’un camp du groupe Maute par l’armée. Ces éléments suggèrent que le groupe cherche alors à renforcer ses liens avec l’État islamique.

Le , l’EI publie une vidéo intitulée « The Solid Structure » dans laquelle il reconnaît le chef d’Abou Sayyaf, Isnilon Hapilon, comme le moudjahid autorisé à diriger les djihadistes aux Philippines et le désigne comme émir pour l’Asie du Sud-Est. La vidéo incite également les aspirants combattants incapables de se rendre au Moyen-Orient à rejoindre le combat pour l’État islamique aux Philippines.

En , une nouvelle vidéo diffusée par l’EI appelle les aspirants combattants à se rendre aux Philippines, en particulier dans la ville de Marawi, où des militants sont alors assiégés par les forces gouvernementales.

Membres philippins de l'EI La participation de citoyens philippins à l’État islamique est signalée dès 2014. Selon le Daily Mail, citant des sources kurdes non divulguées, un ressortissant philippin ferait partie des membres de l’organisation apparaissant dans une vidéo montrant l’exécution de l’humanitaire américain Peter Kassig et de dix-huit soldats syriens, publiée sur YouTube. L’armée philippine indique toutefois ne pas pouvoir vérifier cette information et affirme qu’aucun recrutement de l’État islamique n’est alors identifié dans le pays. Au même moment, le ministère philippin des Affaires étrangères commence à recevoir des rapports non confirmés selon lesquels des Philippins se rendraient en Syrie pour suivre un entraînement en vue de combattre au sein de l’État islamique.

En , Daesh diffuse une vidéo dans laquelle trois de ses membres — un Philippin, un Indonésien et un Malaisien — appellent les aspirants combattants qui ne peuvent se rendre au Moyen-Orient à rejoindre plutôt le combat de l’organisation aux Philippines. En , le média Rappler rapporte que le membre philippin a été identifié comme Mohammad Reza Kiram, âgé de 21 ans, considéré comme le premier ressortissant philippin avéré à avoir combattu pour l’État islamique en Syrie.

Opposants non étatiques de l'EI aux Philippines Outre le gouvernement philippin, l’État islamique et ses groupes affiliés aux Philippines font face à l’opposition armée d’autres organisations locales :

Front Moro de libération nationale Front Moro islamique de libération

Opinion publique sur l'EI Selon un sondage réalisé entre le et le par le Pew Research Center, 70 % des personnes interrogées aux Philippines considèrent l’État islamique comme une menace majeure pour le pays, devant le changement climatique mondial (65 %) et les cyberattaques (64 %).

Pertes Le tableau ci-dessous présente le nombre de victimes depuis que les groupes djihadistes concernés ont prêté allégeance à l’État islamique. AnnéeForces gouvernementalesCivilsAbou SayyafGroupe MauteBIFF2014 21 morts (25 juillet) 11 morts (attentat à la bombe contre un bus à Bukidnon en décembre 2014)27 morts, durant toute l'année201544 morts (affrontements de Mamasapano) Au moins 7 morts (24 décembre)133 morts (rien qu'à Sulu) au cours de l'année 18 morts (affrontements de Mamasapano en janvier) 139 morts (25 février – 22 mars) 12 morts (23 - 30 mars)2016 Au moins 18 morts (bataille de Sitio Bayoko en avril) 15 morts (fin août) 15 morts (attentat à la bombe de Davao en 2016) 31 morts (bataille de Sitio Bayoko en avril) 157 morts (juillet – 21 décembre) 55 morts (affrontements de Butig en février 2016) 22 morts (26 – 28 mai) 63 morts (affrontement de Butig en novembre 2016) 24 morts (fin février) 8 morts (16 juillet)20178 morts (10 janvier) 7 morts (30 juillet) 9 morts (21 août) 149 morts ? (avant le 17 mai) 94 morts ? (au cours du premier semestre) 15 morts (26 janvier) 36 morts (21 – 24 avril)Bataille de Marawi168 morts87 morts978 mortsTotalAu moins 240 mortsAu moins 165 morts1 681 à +1 740 morts Note : Certains décès liés à des conflits de petite ampleur ou à des actes terroristes ne sont pas comptabilisés.

Notes et références

Catégorie:Rébellion du XXIe siècle Catégorie:Guerre contre le terrorisme Catégorie:Conflit militaire aux Philippines