Luca Signorelli, né Luca d'Egidio di Ventura appelé parfois Luca da Cortona, né à Cortone vers 1450 et mort dans cette même ville le , est un peintre italien de l'école florentine.
Biographie Luca Signorelli est né à Cortone vers 1450. Il est le fils unique de Gilio (ou Egidio) di Luca di Angelo di maestro Ventura et de Bartolomea di Domenico di Schiffo.
Son père et ses ancêtres sont des peintres qui ont été actifs à Cortone pendant plusieurs générations..
Il a épousé Gallizia di Piero Carnesecchi, avec qui il a eu quatre enfants : Antonio, Felicia, Tommaso et Gabriella.
Au cours de sa vie, il a été actif au service de l'administration de Cortone, exerçant entre 1480 et 1523, la fonction de prieur à douze reprises.
Il a également été élu dix fois au Conseil des Dix-Huit et douze fois au Conseil général.
Les Années de Formation vignette|La Madone Cini, aujourd’hui attribué à l’école de Piero della Francesca qui fut peut-être de la main de Luca Signorelli. Vers 1470-1475. Détrempe et huile sur bois - 63 x 55 cm. Venise, Fondation Giorgio-Cini|gauche|200x200px Luca Signorelli semble avoir étudié à Arezzo dans l’atelier du peintre et mathématicien toscan Piero della Francesca, comme en témoignent Luca Pacioli (en 1494) et Giorgio Vasari après lui (en 1568).
Ce serait donc au contact du maître de Borgo San Sepolcro qu'il tirerait sa maîtrise de la perspective.
Pourtant ses débuts d’artiste sous le signe de Piero della Francesca demeurent encore incertains, en raison de l’insuffisance de sources fiables et des difficultés d'attribution des œuvres dont aucune ne présente réellement les caractères de sa production de pleine maturité.
Bernard Berenson essaya de lui attribuer trois tableaux, les Vierges à l’Enfant de l’école de Piero della Francesca, aujourd’hui au Museum of Fine Arts de Boston, à l’Ashmolean Museum d’Oxford et à la Fondation Giorgio Cini de VeniseTom Henry La vita e l'arte di Luca Signorelli (2014), capitolo I (apprendistato e prima indipendenza), ..
Après son probable séjour dans la Ville d’Arezzo, il part pour Florence où il devient le disciple d'Andrea del Verrocchio et des .
Vers 1470, il épouse Gallizia di Piero Carnesecchide, fille issue d’une très ancienne famille patricienne florentine, et de laquelle il a quatre enfants : Antonio, Felicia, Tommaso et Gabriella.
Les descriptions vasariennes des premières œuvres peintes autour de 1472 semblent cependant confirmer l’ascendance des dernières œuvres de Piero della Francesca, comme le Polyptyque de Saint-Augustin : en exemple, on cite un Saint Michel , décrit comme admirable .
Le premier travail documenté, bien que la source soit seulement locale et ne se recoupe avec aucune autre source, serait une Madone avec Saints peinte à fresque dans la ville de Città di Castello en 1474, dont il ne reste que quelques fragments détachés parmi lesquels une représentation de saint Paul aujourd’hui conservée dans la Pinacothèque communale de Città di Castello.
Bien qu’ils soient difficiles à évaluer, les traits du visage du saint ont récemment conduit le savant Tom Henry à confirmer la thèse de Bernard Berenson et à renforcer l’attribution à Luca.
La Sainte Maison de Lorette C’est à Lorette, dans les Marches italiennes, que Luca Signorelli a l’occasion de réaliser son premier chef-d’œuvre à l’endroit même où son maître, Piero della Francesca, a œuvré :
Piero travailla en effet entre 1447 et 1452 dans la Sacristie della Cura de la Basilique de la Sainte Maison de Lorette assisté, comme l'atteste Giorgio Vasari, de Domenico Veneziano et dont le travail pictural fut interrompu par une épidémie de peste. Entre 1477 et 1480, Luca Signorelli est alors chargé d’entreprendre l’ensemble des fresques de la Chapelle octogonale avec l’assistance du peintre Don Pietro Dei.
La voûte à huit segments sera décorée d'une série de huit anges musiciens, suivis par l'alternance des quatre Évangélistes et des Docteurs de l’Église, et sur les murs apparaitront les scènes de la Conversion de saint Paul sur la route de Damas et de lIncrédulité de saint Thomas, ainsi que cinq paires dApôtres.
L’historien d’art, Pietro Scarpellini note que l'agencement des figures apostoliques monumentales autour du spectateur lui donne l'impression de les voir se faire face depuis l'avant-scène en créant une sorte de « scène tournante » non sans évoquer de manière anachronique quelque chose du zootrope.
.. Voir article : Sacristie della Cura (Lorette).
La Chapelle Sixtine Le trentenaire Luca Signorelli ne figure pas parmi les noms des propriétaires de l’entreprise florentine qui fut chargée par Sixte IV, sur le conseil de Laurent le Magnifique, de peindre à fresque la Chapelle.
Il a dû inscrire son intervention à la suite du Pérugin qui était probablement le surintendant général de l’œuvre, aux côtés des maîtres Botticelli, Ghirlandaio et Cosimo Rosselli qui sont les signataires du contrat officiel, daté du .
Luca Signorelli, avec Bartolomeo della Gatta, peut-être d'après le dessin de Perugino y réalise la fresque du Testament et Mort de Moïse, fresque () réalisée vers 1482 et faisant partie de la décoration du registre médian de la Chapelle Sixtine au Vatican.
Dans la fresque subsistent quelques doutes d'attribution : si la présence de Luca Signorelli est indéniable dans certains personnages à l'énergique rendu anatomique et au pathétisme calibré des expressions, la subtilité lumineuse renvoie à un autre élève de Piero della Francesca, le Toscan Bartolomeo della Gatta à qui on peut rapporter la plus grande partie de la rédaction picturale à l’exception, au moins, du nu au centre, des deux hommes de dos et de l’homme au bâton appuyé sur le trône de Moïse.
Pleine maturité vignette|Détail du Retable de Sant’Onofrio.|gauche|275x275px Après son expérience romaine, en contact avec les dernières nouveautés florentines et ombriennes, et après son séjour dans les Marches où il avait assimilé les avant-gardes de la Renaissance à Urbino, Signorelli se trouve au fait des dernières tendances de l’art italien à la fin du dernier quart du siècle.
Les expériences accumulées sont mises à profit dans des œuvres comme le Retable de Sant’Onofrio pour le Duomo de Pérouse (1484), qui apparaît comme un catalogue de citations stylistiques : Ercole de’ Roberti et les Ferrarais dans la configuration générale, Donatello et Filippo Lippi dans la physionomie de son saint Laurent, Le Pérugin dans le geste pathétique du saint Jean, Botticelli dans l’ange, Hugo van der Goes et les Flamands dans la nature morte représentée par le vase de fleurs au premier plan.
Il ne manque pas non plus un vif souvenir de Piero della Francesca, dans la grandeur de la Vierge et dans le type de saint Augustin, qui rappelle de près une table du maître aujourd’hui à Lisbonne.
Très proche stylistiquement est la tablette avec la Nativité du Baptiste du Louvre, avec des effets lumineux qui rappellent Fra Filippo Lippi et une intonation domestique reprise de la prédelle du Retable de Pérouse de Piero.
Des subtilités lumineuses de haute qualité se retrouvent encore dans la Sainte Famille Rospigliosi, tandis que la Circoncision (1490/1491), peinte pour Volterra, montre une installation théâtrale qui semble une citation de la perspective telle que structurée dans le retable de Brera.
À Florence
Vers 1490, Signorelli se trouve à Florence, où il entre en contact avec le cercle de l’Académie néoplatonicienne. vignette|La Circoncision de Signorelli (1490-1491), Londres, The National Gallery.|300x300px Son fameux tableau de L'Éducation de Pan, conservé au Kaiser-Friedrich-Museum à Berlin avant d’être détruit pendant les raids aériens de 1945, fut peréalisé pour le cousin de Laurent le Magnifique, Lorenzo di Pierfrancesco comme il ressort des inventaires du palais à Villa di Castello compilés après sa mort et non pas comme le rapporte erronément Giorgio Vasari à « Lorenzo il Vecchio », c’est-à-dire son cousin.
Un autre tableau de cette époque est la Vierge à l’Enfant nu, aujourd’hui au musée des Offices, avec la Madone assise sur une pelouse dominée sur le fond par des figures athlétiques, inspirées par les Adamites dans la lunette de la Mort d’Adam de Piero à Arezzo, représentant les vertus ascétiques probables.
Selon Vasari, le tableau appartenait au très cultivé Lorenzo de Pierfrancesco de' Medici, le commanditaire aussi du Printemps et peut-être de La Naissance de Vénus de Botticelli.
En 1491, Signorelli devait se trouver dans la Villa Medicea de Volterra, où il laissa une Annonciation, œuvre signée et datée qui rappelle celle de Filippino Lippi, la Vierge sur le trône et des saints, d’une moindre efficacité expressive, mais qui témoigne encore de l’assimilation de divers styles, comme l’art vénitien et celui du Ghirlandaio.
Hors de Florence vignette|Annonciation de Camerino (Marches) entre 1491 et 1494 au cadre évoquant la Sainte Maison de Lorette.|gauche Avec la mort de Laurent Magnifique, l’année-même de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb (1492), et l’expulsion de Pierre de Médicis (1494), Signorelli, fortement lié aux commanditaires du parti des Médicis, quitte la ville.
Il se consacre alors et sans interruption à de nombreuses commissions en province : en Ombrie (surtout à Città di Castello), dans les Marches (où il travailla de nouveau à Lorette dans un cycle de Prophètes dans la nef centrale largement repeinte) et dans le district siennois.
C’est à cette époque que Signorelli devint également entrepreneur, mettant en place un atelier efficace qui, en Italie, devint le deuxième après celui du Pérugin.
À partir des années 1490, Signorelli obtient, presque chaque année, d’importantes commissions dans diverses localités.
Les œuvres de cette période montrent cependant un virage brusque vers des tons plus pathétiques et populaires.
Urbino et Città di Castello À Urbino, en 1494, il peint un gonfalon pour la confrérie de l’Esprit Saint, encore une œuvre cultivée et raffinée adaptée au milieu artistique local.
Mais c’est à Città di Castello que le peintre, devenu citoyen honoraire en 1488, opère et réside durablement dans les dernières années du . Pour le centre altotiberino, il réalise des œuvres comme L’Adoration des Mages, aujourd’hui au Louvre et L’Adoration des bergers, conservé à la National Gallery de Londres, où domine une approche plus expéditive, en partie exécuté par l’atelier, mais rendu captivant par des citations désinvoltes du Pérugin, des Flamands, des frères Antonio et Piero Pollaiuolo.
De grande inspiration et d’épaisseur apparaît en revanche le Martyre de saint Sébastien (1498), sujet analogue par rapport au Martyre de saint Sébastien de Piero Pollaiuolo : accentuée est l’énergie jaillie par les muscles, aux ombres denses, aux expressions sombres des bourreaux et à l’exaltation des armes; remarquable est le paysage avec des ruines et une route d’un bourg représentée minutieusement.
Dans la ville ombrienne, Signorelli peint aussi une série de portraits des Vitelli, seigneurs locaux qui permettent au peintre la plus libre manœuvre, jusqu’au passage de consignes en faveur du jeune Raffaello, à la fin du siècle.
Tondi et Madones vignette|250x250px|Vierge à l’Enfant entre saint Jérôme et Bernard de Clairvaux, galerie Corsini, Florence. Un des sujets les plus fréquents de ces années 1500 sont les Tondi et les ou Familles Sacrées.
Réalisés avec une participation plus ou moins consistante de l’atelier, les meilleurs sont la Vierge à l’Enfant entre les saints Jérôme et Bernard de la Galerie Corsini de Florence (qui a une réplique autographe au Musée Bandini de Fiesole), la Vierge à l’Enfant de la Alte Pinakothek de Munich (où se trouve une citation archéologique du Spinario), la Sainte Famille avec une sainte de la Galerie Palatine à Florence et la Sainte Famille de la Partie Guelfe des Offices.