La maison Farnèse est une ancienne famille ducale souveraine d'Italie.

Elle a fourni plusieurs généraux à différents États italiens, ainsi qu'un pape, Paul III, et a longtemps régné sur Parme et Plaisance, notamment sous la forme du duché de Parme et Plaisance.

Histoire Présentation

La famille Farnèse est une ancienne famille romaine dont les possessions sont regroupées autour du lac de Bolsena. C'est une famille italienne de seigneurs puis de ducs, originaire du Latium dans les États pontificaux et de Toscane qui donne de nombreux militaires de l’armée pontificale et des armées de Florence, de Venise, de Naples et de Sienne, un vice-roi en Espagne, ainsi que des gouverneurs en Italie, aux Pays-Bas et en Espagne, des sénateurs, des évêques, des cardinaux, des religieuses et un pape dont descend la lignée la plus renommée qui règne sur les duchés de Parme et Plaisance et de Castro.

De nombreuses unions se nouent d'abord avec la petite noblesse italienne, puis avec les plus illustres familles de la péninsule, les Colonna, les Aldobrandini ; et ensuite avec d'autres maisons régnantes italiennes et non italiennes : Habsbourg, Aviz, Médicis, Sforza, Savoie, Este, Wittelsbach, Bourbons, Borromeo, Valois.

Les origines de la famille Bien qu'il n'y ait pas de preuves historiques, fort probablement les origines des Farnèse sont lombardes et leur terre d'origine serait l'antique terre de Farnetum. L'unique élément certain est qu'à partir du , quand l'usage du patronyme se diffuse en Italie, la famille adopte le nom d'une de leurs plus anciennes possessions.

Les Farnèse auraient certainement disparu au contact de leurs puissants voisins, préfets de Rome, comtes d'Anguillara, seigneurs de Bisenzio, s'ils s'étaient cantonnés à leur seules terres ; c'est pour cela qu'ils commencent à partager leur activité entre leurs propriétés et les villes qui sont les seuls centres de décision et donc de pouvoir. Au , ils sont qualifiés de domicelli Tuscanienses parce que leurs possessions sont situées dans le diocèse de Tuscania. Les archives d'Orvieto sont le témoignage de leur présence active dans cette ville et on les retrouve investis des charges de podestat, de consul ou d'évêque, mais leur principale activité est celle de condottiere, soit à la tête des milices municipales pour la défense de la ville, soit en prenant part aux discordes entre partis.

Les premiers Farnèse Les premières informations concernant les Farnese ou Farneto sont tardives (vers 1210) et font référence à l'existence de Sala, d'origine lombarde et au territoire des Farnèse faisant partie d'un fief placé sous la protection d'Orvieto. Dans cette ville, les membres de la famille étaient dénommés les seigneurs « de Farneto » et leur présence est largement documentée.

Le premier Farnèse dont nous avons des informations est un certain Pietro, consul d'Orvieto en 984.

En 1096, un autre Pietro est commandant de la cavalerie pontificale et, en 1110, il bat les armées gibelines de Toscane et il fonde très probablement le bourg de Orbetello. Il est vraisemblable que « Petrus de Farneto » qui combat les Normands dans les Pouilles en 1134 soit la même personne.

Son fils Prudenzio, consul d'Orvieto en 1154, accueille le pape Adrien IV fuyant Rome en raison de la révolte provoquée par Arnaud de Brescia. Quatre ans après, le même Prudenzio bat les exilés d'Orvieto soutenus par les gibelins siennois.

Un autre Pietro défend la ville d'Orvieto de l'empereur Henri VI.

Pepone de Pietro et Ranuce sont d'autres personnages importants de cette époque, présents au traité de paix de Venise en 1177 en qualité de représentants de la ville d'Orvieto.

En 1254, un Ranuce bat les troupes de Todi. Urbain IV le prend à son service contre Manfred de Sicile. Son fils Niccolò participe comme commandant de la cavalerie d'Orvieto, au sein des troupes de Charles de Sicile, à la bataille de Bénévent du pendant laquelle Manfred trouve la mort, mettant fin à la domination souabe d'Italie. Guido Farnese (it) est évêque de la ville d'Orvieto à partir de 1302 et il fait agrandir le duomo pour conserver le corporal taché du sang du miracle de Bolsena 1263.

Les Farnèse retournent en Tuscia en 1319. Cette année-là, ils prennent possession des territoires de Farnese et d'Ischia, du château de Sala et de celui de San Savino, à proximité de Tuscania. Un autre Pietro est commandant de l'armée pendant la guerre de 1320 – 1321 contre Corneto.

En 1340, les Farnèse jurent obéissance aux défenseurs du patrimoine de saint Pierre, ainsi en 1354, en signe de gratitude pour l'aide militaire fournie au pontife pour la récupération des terres et des châteaux perdus pendant la captivité avignonnaise, le cardinal Gil Álvarez Carrillo de Albornoz concède à Puccio, Pietro et Ranuce Farnèse le territoire de Valentano.

En 1360, ces guerriers marchent sous la bannière de Pandolfo d'Anguillara, chef de la faction guelfe contre les gibelins commandés par le préfet Giovanni di Vico. En 1362, Pietro Farnèse est capitaine général des Florentins lors de la guerre contre Pise pour le contrôle de Volterra. Il remporte la victoire et un monument équestre est érigé en son honneur à Santa Maria del Fiore. Après sa mort l'année suivante, il est inhumé dans un sarcophage dans la même église.

En 1368, après l'attaque du préfet Giovanni di Vico, Niccolò Farnèse met à l'abri le pontife Urbain V d'abord dans le château de Viterbe puis dans celui de Montefiascone. Ces preuves de fidélité permettent à la famille d’obtenir la confirmation des possessions mises sous leur autorité et d'obtenir une série de privilèges de la part de la chambre apostolique. Cette promotion sociale leur permet de s'apparenter avec les principales familles de l'époque (les Orsini, les Savelli, les Colonna, les Monaldeschi et les Sforza de Santa Fiora) et d'instaurer des rapports diplomatiques avec les seigneuries de villes importantes comme Sienne en se présentant comme la famille dominante du Alto Lazio.

L’ascension de la famille Au , on assiste à une montée en puissance de la famille si bien que le territoire placé sous leur influence s'étend jusqu'au bord occidental du lac de Bolsena, y compris les deux îles, Martana et Bisentina, et la bande de territoire comprise entre les collines Vulsini et la mer, jusqu'à Montalto. Le promoteur de cette nouvelle expansion est Ranuce Farnèse le Vieux, fils de Pietro et frère de Bartolomeo, souche de la branche de Latera. Ranuce, déjà en 1408, possède le vicariat de Latera. En 1416, Sienne le nomme capitaine général de l'armée contre le comte de Pitigliano, un Orsini. Avec la victoire de 1417, Ranuce est nommé sénateur de Rome. En raison de l'amitié avec la famille Colonna et en particulier avec Martin V, il reçoit le château de Piansano, puis grâce aux faveurs du pape Eugène IV, il accumule des richesses importantes prenant possession des terres de Valturano, de Latera, le château de Marta, de Montalto, une partie des territoires de Tessennano, Canino et Gradoli entre 1431 et 1436. En 1434, le même pape lui confère les insignes de la rose d'or et le gonfalon de l'Église. Ranuce épouse Agnese Monaldeschi et, parmi leurs nombreux enfants, on peut citer : Pier Luigi (Pierre-Louis), Gabriele Francesco (Gabriel-François) qui par la suite épouse Isabella Orsini, à l'origine de la branche qui continue l'action militaire de la famille, branche qui s'éteint à la troisième génération. Ranuce meurt le .

Après la mort de Ranuce le Vieux, la politique de rapprochement de la famille avec la cour papale se poursuit. Par le mariage de Pier Luigi Seniore, fils de Ranuce avec Giovanella Caetani, fille d'Onorato, seigneur de Sermoneta, les Farnèse sont apparentés avec une descendante du pape Boniface VIII et donc avec une grande partie de la noblesse romaine. De ce mariage naissent cinq enfants : Angelo, Alessandro, Girolama, Beatrice et Giulia « la belle ». C'est vraiment grâce à cette « grande dame » que leurs deux enfants Giulia et Alessandro se distinguent au sein de l'aristocratie romaine.

Alexandre naît le au château de Canino. Peu de temps après, les Farnèse quittent cette résidence pour s'installer à Valentano. De 1487 à 1489, Alexandre étudie auprès de l'humaniste Pomponio Leto à Rome puis à l'Académie de Laurent de Médicis à Florence où il brille par son intelligence. En 1491, il est secrétaire et notaire apostolique et, l'année suivante, trésorier apostolique. En 1493, le pape Alexandre VI Borgia lui confère le titre de cardinal. À Rome, il n'est question que des intrigues entre le pape et Giulia « la belle », sœur d'Alexandre. Le fameux Pasquino s'enflamme contre Alexandre et Hippolyte d'Este, les deux nouveaux cardinaux avec ce quatrain : Alexandre, tu dois à ta sœur/Giulia le fait d'être cardinal, que la jupe/leva, et toi, Hippolyte, à la mère/Adriana, qui un temps fut si belle. Malgré ces médisances sa carrière ne s'interrompt pas et en 1494 il est nommé légat du patrimoine de saint Pierre en Tuscia. Enfin, même s'il n'est pas encore prêtre, il est nommé évêque de Corneto et Montefiascone en 1499.

Alors qu'Alexandre suit son chemin à la cour du pape Borgia, Giulia se partage entre le fief de son mari Orsino Orsini et la chambre d'Alexandre VI. Girolama est mariée à un Pucci de Florence et Angelo, l'aîné des fils de Pier Luigi Seniore (mort en 1489), assume le poste de « chef de clan » depuis le château de Valentano. En 1488, à l'occasion du mariage avec Lella, fille de Nicola Orsini de Pitigliano, leur demeure s'enrichit d'une splendide cour avec des colonnes inférieures et une loggia supérieure. Sur les chapiteaux des colonnes, outre les armes des deux familles, sont sculptés les vœux de fertilité et de prospérité du couple avec la représentation allégorique des fleurs de lys farnésiens. Angelo Farnèse meurt en 1494 à Capodimonte et Lella Orsini, pour être fidèle au serment du mariage, devient sœur recluse dans le couvent des Murate (emmurés) de Florence.

Même si Alexandre est considéré comme une créature du pape Borgia, son successeur et adversaire le pape Jules II le garde à ses côtés en le nommant légat des Marches à Ancône en 1502. Au cours de cette période, il a une relation illicite avec Silvia Ruffini, veuve de Giovanni Battista Crispo avec laquelle il a quatre enfants : Pier Luigi (1503) et Paolo (1504) légitimé par Jules II, Ranuce et Costanza. En 1509, il est nommé évêque de Parme et le jour de noël de 1519, il célèbre la première messe après son ordination. Le , à l'âge de 66 ans, après un conclave qui dure deux jours, il monte sur le trône papal avec le nom de Paul III. Le nouveau pape encourage le développement de nouvelles congrégations religieuses : l'ordre des Théatins, les Barnabites et les Ursulines. Il soutient également, par la bulle papale Regimi militantis ecclesiæ du , la compagnie de Jésus et la congrégation de l'Inquisition romaine, créée pour lutter avec les pleins pouvoirs contre l'hérésie. Son pontificat est entaché de népotisme, immédiatement après son élection, il nomme cardinaux ses petits-fils Alexandre, fils de Pier Luigi, et Guidascanio Sforza, fils de Costanza. Mais sa créature préférée reste son fils aîné, Pier Luigi, marié à Gerolama Orsini de Pitigliano en 1519.