Chorus est le nom d’un drone kamikaze (munition téléopérée dans le jargon militaire) français de grande taille conçu par le groupe d’aéronautique militaire Turgis et Gaillard Groupe, dont l’évaluation par la Direction générale de l'armement (DGA) a lieu en 2026.

Outre ses missions de combat, il doit pouvoir assurer des missions de reconnaissance. Le marché potentiel est évalué à un milliard d'euros sur dix ans« Renault Partners with Turgis Gaillard on Long-Range Drone », Jumpseat Aerospace News, 20 janvier 2026..

Conception

En juillet 2024, dans le contexte de la guerre d'Ukraine qui modifie la façon dont est envisagée une future guerre à grande échelle, le ministère de la Défense français lance le Pacte drones aériens de défense afin de créer une base industrielle nationale de fabrication de drones, avec des capacités de production importantesClément Charpentreau, « (https://www.aerotime.aero/articles/renault-chorus-drone-production-france Renault to build Chorus strike drones in France under €1 billion deal] «, Aerotime, 10 janvier 2026..

En janvier 2026, sous l'égide de la DGA, la société Turgis et Gaillard s'associe au groupe Renault pour être en mesure de produire jusqu'à 600 drones multi-usages à longue portée télépilotés (attaque ou surveillance) par mois « à un prix extrêmement compétitif ». Il doit faire dix mètres d'envergure et huit mètres de long. Son premier vol est prévu en septembre. Un contrat initial de 35 millions d'euros a été notifié aux producteurs fin décembre 2025 par la DGA. Le marché pourrait représenter un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros sur dix ans. La portée envisagée est de 3 000 kilomètres, le plafond opérationnel de 5 000 mètres d’altitude, la vitesse de croisière de 400 kilomètres/heure avec une charge de 500 kg. Le guidage doit être assuré par un téléopérateur, via les réseaux GPS ou Galileo. Ce drone est aussi conçu pour assurer des missions de renseignement. Un premier lot de dix exemplaires doit être livré à l’été 2026 à la DGA pour évaluation.

Production et essais

La société Turgis et Renault créent une coentreprise nommée Chorus pour la fabrication de ce dronePascal Podlaziewiez, « Renault Chorus », Raids Aviation, 20 janvier 2026..

La conception du drone prévoit une propulsion par le moteur diesel Renault 2 l, construit à l’usine Renault de Cléon. La militarisation de la production suscite quelques réticences dans une partie du personnelGuénolé Carré, Émilie Sfez, « "On n’a pas signé pour fabriquer des armes" : l’inquiétude de salariés Renault face à un projet de drones militaires », Reporterre, 21 février 2026.. Elle prévoit l’utilisation de techniques d’assemblage simples, comme le rivetage autoperçant, moins fiable que les techniques standards en aéronautique mais plus simples et moins couteuses. De même, pour accélérer le lancement de la production, il est prévu de se passer de certains essaisMathieu M., « Renault se lance dans la production de drones : le pari fou de l'armée française », Generation NT, 6 février 2026.. Le site d’assemblage prévu est l’usine Renault du Mans, l’usine de Cléon produisant les moteurs« Drones militaires : Renault entre dans la défense avec un drone tactique produit au Mans en 2026 », Drone actu, 21 janvier 2026. à une cadence de 600 par mois.

Cependant, selon le délégué général de la direction générale de l'Armement (DGA) Patrick Pailloux « Nous n’allons pas acquérir de grandes quantités de tels équipements, qui seront vite obsolètes. En revanche, ce travail permet de s’assurer que Renault, le jour venu, pourra produire en quantité ». D'autant plus que le « prix extrêmement compétitif » atteint tout de même 100 000 euros.

Notes et références

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