Le château d'Hadleigh est une fortification en ruines située dans le comté anglais d'Essex, dominant l'estuaire de la Tamise au sud de la ville d'Hadleigh. Construit après 1215, sous le règne d'Henri III, par Hubert de Burgh, le château est entouré d'un parc et jouait un rôle économique et défensif important. Il est considérablement agrandi et remanié par Édouard III, qui en fait une demeure plus grandiose, conçue pour se défendre contre une éventuelle attaque française et pour offrir au roi une résidence privée confortable à proximité de Londres. Bâti sur une colline d'argile londonienne, le château a souvent subi des affaissements de terrain ; ce phénomène, combiné à la vente de ses pierres au siècle, conduit à son état de ruine actuel. Les vestiges sont aujourd'hui préservés par English Heritage et protégés par la loi britannique en tant que bâtiment classé Grade I et monument historique.
Histoire vignette|gauche|Château d'Hadleigh par Henry Bright, Galerie d'art Beecroft siècle Le château d'Hadleigh est initialement construit par Hubert de Burgh, 1er comte de Kent, un partisan important du roi JeanAlexander and Westlake, p.9.. En 1215, Jean lui octroie l'honneur de Rayleigh en récompense de ses services, mais il choisit de ne pas développer la capitale existante du château de Rayleigh et préfère construire une nouvelle fortification au sud de la ville d'Hadleigh. La date exacte de la construction est incertaine, mais on pense aujourd'hui que les travaux sont entrepris au début du règne de de Burgh sur le site, l'autorisation ayant été officiellement confirmée a posteriori par une licence de crénelage en 1230 sous Henri III.
Le site est choisi au sommet de la crête sud de l'Essex, dominant l'estuaire de la Tamise, et formé de dépôts d'argile londonienne généralement tendresAlexander and Westlake, p.3.. Au siècle, des marais s'étendent au sud du château, la marée atteignant parfois le pied de la colline, et la région est alors plus boisée qu'aujourd'hui. Dès 1235, le parc d'Hadleigh est aménagé autour du château, comprenant des bois, un étang, des écuries et un pavillon de chasse. Le château est également associé à un domaine plus vaste comprenant les parcs de Rayleigh, Thundersley et EastwoodCreighton, p.191; Alexander and Westlake, p.29..
Le premier château construit sur le site est probablement de plan octogonal, s'étendant sur la crête et protégé par des tours murales carrées et semi-circulaires, avec une barbacane gardant l'entrée orientaleAlexander and Westlake, p.9; Pounds, p.149.. Il ressemblait probablement au château blanc dans le Monmouthshire, remanié par de Burgh à la même époque, ou aux châteaux de Bolingbroke dans le Lincolnshire et de Beeston dans le Cheshire, tous deux construits dans les années 1220Alexander and Westlake, p.11; Pounds, p.150.. Le château est construit en pierre de Kent et cimenté par un mortier contenant une forte proportion de coquillages, notamment des coquilles de coques provenant des bancs de coques de l'île voisine de Canvey. Un précieux moulin à marée est construit dès 1249, indispensable à la fabrication du pain pour le château ; des fouilles archéologiques récentes suggèrent qu'il était situé sur un quai s'avançant dans l'estuaire, juste au sud-est du château. Des jardins en terrasses sont aménagés le long du côté sud du château, surplombant l'estuaire, et comprenaient probablement des vignesAlexander and Westlake, pp.56–7..
De Burgh finit par tomber en disgrâce auprès d'Henri III ; il est emprisonné puis finalement dépossédé du château d'Hadleigh en 1239. Pour le reste du siècle, Hadleigh demeure un château royal, au sein d'un domaine de 142 acres comprenant des terres agricoles, un parc et le moulin du château. Vers 1250, le château est à l'abandon et, malgré quelques investissements après son don à la reine Aliénor en 1273, il demeure en assez mauvais état. Seul le moulin, essentiel au fonctionnement du domaine, semble avoir été bien entretenu. Une nouvelle salle de 17 mètres de large sur 9 mètres de long et un solarium adjacent sont construits au château vers 1290, mais s'effondrent peu après en raison d'un affaissement de terrain. En 1299, le château est donné à la reine Marguerite, qui se plaint de la qualité du bâtiment et insiste pour que des réparations soient effectuées. Son époux, Édouard , visite le château à deux reprises, l'utilisant comme base de chasse dans la région.
siècle gauche|vignette|250x250px|Plan du château d'Hadleigh à la fin du siècle, d'après les fouilles de 1862 : A – entrée de la barbacane ; B – appartements royaux ; C – poterne Édouard II porte un intérêt beaucoup plus marqué à Hadleigh, ce qui entraîne une période de rénovation et de reconstruction durant son règne et celui de son fils, Édouard IIIAlexander and Westlake, p.13.. Édouard II y séjourne pour la première fois en 1311, et des travaux de rénovation sont entrepris au château avant son arrivée, notamment la construction de nouveaux appartements royaux et la réparation de certaines parties des murs qui avaient subi des affaissements de terrain. Parmi les bâtiments connus du château à cette époque figurent la salle du château, le garde-manger, la cuisine, la cave, une maison longue, la prison, une « vieille chambre » et l'armurerie ; ils sont gardés par une garnison de 24 soldats en cas de crise. Édouard y séjourne fréquemment durant son règne jusqu'en 1324, se rendant parfois au château d'Hadleigh depuis Londres sur sa barge royale, qui accoste à un quai au sud du château.
Édouard III acquiert le château d'Hadleigh en 1330, lorsqu'il le récupère de sa mère, Isabelle de France, qui l'a pris à Édouard lorsqu'elle le dépose en 1326Alexander and Westlake, p.14.. Édouard ne prête que peu d'intérêt au château au début, mais dans les années 1360, il décide d'en faire un bien meilleur usage, ordonnant que de grandes parties soient reconstruites pour un coût de plus de 2200 £. Entre 1361 et 1363, les bâtiments intérieurs sont rénovés et de nouveaux logements royaux construits le long des murs sud. Ensuite, le côté est du château est entièrement reconstruit, avec l'installation de deux grandes tours circulaires dans une nouvelle section de courtine, achevée en 1365Alexander and Westlake, pp.14–5.. Le côté nord du château est reconstruit pour inclure une entrée principale avec une herse et un pont-levis, protégée par une barbacane et une grande tour circulaire appelée la « Haute Tour », qui est achevée en 1370Alexander and Westlake, p.15; Kenyon, pp.75, 82, 92.. Les travaux sont probablement supervisés par William de WykehamAlexander and Westlake, p.15..
À l'origine, les historiens pensent que la décision d'Édouard de reconstruire une grande partie du château est une réponse aux tensions croissantes avec la France ; selon cette version, Hadleigh aurait constitué une importante fortification côtière le long de l'estuaire de la Tamise, la protégeant des raids françaisAlexander and Westlake, p.16.. L'opinion historique actuelle relativise cette motivation, soulignant qu'à l'époque des travaux à Hadleigh, les relations avec la France sont exceptionnellement bonnes. On soupçonne plutôt qu'Édouard, vieillissant, concevait Hadleigh davantage comme un refuge personnel près de Londres, où il pourrait séjourner en toute intimité et dans un confort considérable. Si l'entrée côté terre reste relativement rudimentaire, les travaux de construction donnent une impression plus grandiose depuis l'estuaire : tout visiteur de Londres, anglais ou français, passe devant le château de Queenborough sur la rive sud et Hadleigh sur la rive nord, cette combinaison véhiculant une forte impression de puissance royaleAlexander and Westlake, p.17; Kenyon, p.82..
- siècles vignette|Les tours, les appartements royaux et les remparts restants vus du sud, d'après une gravure de 1783, d'après Francis Grose Richard II, petit-fils d'Édouard III, utilise peu Hadleigh, et l'usage du château est confié à Aubrey de Vere jusqu'à sa mort en 1400Alexander and Westlake, p.18.. Le château passe entre les mains de plusieurs propriétaires de haut rang au cours du siècle, mais est peu utilisé par la Couronne. Edmond de Langley et son fils Édouard d'York, ducs d'York, l'occupent dans les premières années, avant de le transmettre à Humphrey de Lancastre, duc de Gloucester. Richard, duc d'York, l'occupe ensuite, avant qu'il ne revienne à Edmond Tudor au milieu du siècle. La tradition faisant du château une propriété de la reine est alors rétablie et il est octroyé à Élisabeth Woodville, épouse d'Édouard IV. Henri VIII n'a jamais utilisé le château lui-même, mais il fait partie de la dot de trois de ses épouses – Catherine d'Aragon, Anne de Clèves et Catherine Parr – et les parcs du château servent de sources de bois pour sa marineAlexander and Westlake, p.19..
Après 1544, le domaine commence à être morcelé ; les parcs sont d’abord vendus, puis le château lui-même, acheté par Richard Rich à Édouard VI pour 700 £ en 1551. Rich démantèle le château pour la valeur de ses pierres, principalement entre 1551 et 1575, et le château, désormais complètement ruiné, passe entre les mains des descendants de RichAlexander and Westlake, p.20.. gauche|vignette|Château d'Hadleigh, embouchure de la Tamise - Le lendemain d'une nuit d'orage, par John Constable, 1829 Le peintre anglais John Constable visite Hadleigh en 1814 et réalise un dessin du château, préparatoire à dix esquisses à l'huile et à une toile. Le tableau intitulé « Hadleigh Castle » est peint en 1829 et exposé à la Royal Academy la même année. L'une des esquisses est actuellement visible à la Tate Gallery de Londres, tandis que le tableau se trouve au Centre d'art britannique de Yale de New Haven, aux États-UnisConstable's Sketch for Hadleigh Castle: A Technical Examination, Duff, Natasha, accessed 26 September 2012.. Considérée comme « l'une de ses œuvres les plus monumentales » par les historiennes de l'art Tammis Groft et Mary Mackay, la toile de Constable représente le château d'Hadleigh, dans son état du début du siècle, comme une structure humaine en ruine, succombant à la force des élémentsGroft and Mackay, p.86..
En 1891, William Booth acquiert le château d'Hadleigh et ses environs pour l'Armée du salut, qui y établit une ferme destinée à former les Anglais pauvres avant leur départ pour les colonies britanniques. Entre 1898 et 1923, d'importants affaissements et glissements de terrain se produisent sur la crête, entraînant l'effondrement du mur-rideau sudAlexander and Westlake, p.52..
Aujourd'hui L'Armée du Salut cède le château au ministère des Travaux publics en 1948. Il appartient aujourd'hui à English Heritage et est classé monument historique de Grade I. Des affaissements et des glissements de terrain se sont poursuivis ; la tour nord-est s'est en grande partie effondrée dans les années 1950, et d'importants glissements de terrain ont lieu en 1969, 1970 et 2002Alexander and Westlake, pp.6, 52.. L'une des tours de trois étages, côté est, est presque intacte, avec d'étroites fenêtres rectangulaires aux niveaux supérieurs. La seconde tour ne conserve qu'environ un tiers de sa forme originale. Quelques sections de la courtine subsistent, ainsi que les fondations de la grande salle, des solariums et de la cuisineBettley and Pevsner, p.438..
Le château est toujours entouré par la ferme de l'Armée du Salut datant du siècle, et au-delà par le parc régional d'Hadleigh, propriété du Conseil du comté d'Essex et géré par celui-ci. Ce parc est classé site d'intérêt scientifique particulier, notamment pour ses invertébrésWelcome to Hadleigh Country Park, Hadleigh Country Park, accessed 27 April 2011.. En 2008, la ferme d'Hadleigh, située à proximité du château, est choisie pour accueillir les épreuves de VTT des Jeux olympiques d'été de 2012Essex venue to host 2012 biking BBC Sport, accessed 27 April 2011..
Références
Bibliographie