L'oblast d'Omsk (en , ), est un sujet en Sibérie méridionale de la fédération de Russie, dont la capitale est la ville d'Omsk. Rosstat lui attribue le code 52, et son code d'immatriculation est 55. La seule langue officielle est le russe, mis à part dans le raïon national d'Azovo où l'allemand l'est aussi.

Situé dans la plaine de Sibérie occidentale, l'oblast est irrigué par l'Irtych, le plus grand affluent de l'Ob. Les premières traces de peuplement remontent à plus , et l'homme d'Oust-Ichim, d'il y a , est l'un des premiers hommes découverts de Sibérie. Plusieurs cultures préhistoriques se succèdent, laissant des kourganes à travers le territoire. Vers l'an 1000, différents peuples mongols s'installent sur le territoire, en particulier Empire mongol, la Horde d'or et le Khanat de Sibir'. La conquête de la Sibérie commence dans la région avec la fondation de Tara en 1594. Les Russes luttent contre l'influence des Dzoungars, et fortifient la région pour la garder. Omsk est fondée en 1716, et devient au siècle suivant un des principaux lieux d'exil de Sibérie, ainsi que le quartier général de l'armée cosaque de Sibérie. Le gouvernement d'Omsk de la période impériale est dissous en 1925, l'oblast d'Omsk apparaît en 1934, et gagne ses frontières modernes en 1944. La région est industrialisée sous la période soviétique.

Peuplé de en 2023, il est le sujet de Russie le plus peuplé. L'économie est principalement tournée vers les industries, en particulier l'agroalimentaire, vers l'agriculture, la pétrochimie et la construction entre autres. La steppe de Baraba en particulier, partagée avec l'oblast de Novossibirsk, est la plus grande zone agricole de Sibérie occidentale. Il possède par ailleurs près d'une trentaine d'aires protégées sur son territoire, dont le marais de Vassiougan.

Géographie

Situation L'oblast d'Omsk est un des sujets de la fédération de RussieNombre d'après les revendications russes. Il comprend l'annexion de la Crimée à la Russie à la suite du référendum de 2014, non reconnu par la majeure partie de la communauté internationale, ainsi que le rattachement à la Russie à la suite des référendums de 2022, eux aussi non reconnus par la majeure partie de la communauté internationale., situé en Sibérie, et dépendant ainsi du district fédéral sibérien. Son territoire s'étend du sud au nord sur près de et sur plus de d'ouest en est. La région occupe une superficie de . Son territoire est limitrophe, à l'ouest, de l'oblast de Tioumen; au nord, de l'oblast de Tomsk; à l'est, de l'oblast de Novossibirsk; et au sud, du Kazakhstan. La longueur totale des frontières est de plus de , dont environ qui constituent une partie de la frontière nationale avec le Kazakhstan.

L'oblast se situe dans le sud de la plaine de Sibérie occidentale, et est irrigué par l'Irtych, grand affluent de l'Ob. L'ensemble de l'oblast d'Omsk se trouve dans l'heure d'Omsk (MSK+3). Par rapport à l'heure de Moscou, le fuseau horaire présente un décalage constant de +3 heures. Le décalage par rapport au temps universel coordonné est de +06.00.

Hydrographie Le territoire de l'oblast d'Omsk appartient au bassin de l'Irtych (bassin de l'Ob), mis à part pour quelques bassin endoréiques dans certaines zones de l'oblast. L'oblast compte sur son territoire, dont seulement qui mesurent plus de 100 km de long. Les principaux cours d'eau sont l'Irtych, qui est le plus grand affluent de l'Ob, traversant le territoire du sud au nord, mais aussi la rivière Om et la rivière Tara, deux affluents de rive droite de l'Irtych. L'Irtych comprend entre autres affluents dans l'oblast l'Ouï, le Chich, l'Ichim et l'Ocha.

Géologie Au , l'oblast comptabilise en gisements : 152 de sapropèle, 77 de terreau à brique, 68 de tourbe, 51 de sable de construction, 4 gisements de pétrole, 2 de titane et zirconium, 1 de condensat de gaz, 1 de bentonites, 1 de sels minéraux, 1 de boue thérapeutique et 1 de marne entre autres. Au , date de la dernière estimation, il y avait d'hydrocarbures sous l'oblast.

Urbanisme

Voies de communication et transports vignette|Route fédérale R402 à Tchoumanovka. Fin 2022, selon Rosstat, la longueur totale des voies publiques dans l'oblast d'Omsk est de , dont de routes d'importance fédérales, de routes d'importance régionale et de routes d'importance locale. La longueur des routes à revêtement dur est de ( du total), tandis que la densité des voies publiques est de dans l'oblast.

Fin 2022, selon Rosstat, l'oblast d'Omsk compte de voies ferrées, et la densité du réseau ferré est de .

Répartition des terres La répartion des terres selon le rapport d'État du ministère des ressources naturelles et de l'environnement russe est, selon les catégories du code foncier russe, la suivante: +Répartition des terres selon les catégories du code foncier russe en 2022:Répartition2022 (km)2022 (%)Terres agricoles76 00553,9Terres des localités2 4601,7Terres d'industrie et autres fins spéciales5430,39Terres des territoires et des objets protégés180,01Terres du fonds forestier59 37142,1Terres du fonds aquatique1 4441,0Terres de réserve1 2990,9Total141 140100

Histoire

Préhistoire vignette|Fémur de l'homme d'Oust-Ichim. Les découvertes archéologiques indiquent que la plaine de Sibérie occidentale dans laquelle se trouve le territoire actuel de l'oblast est habitée depuis . Ces peuples venaient de l'Altaï, du Kazakhstan et d'Asie centrale. L'Homme de Ust-Ishim, daté de , est l'un des premiers Hommes modernes connus en Sibérie, retrouvé dans l'oblast. Le paléolithique est représenté dans la région par le site de Tchernoozerié, dans le raïon de Sargat, qui remonte à . Au mésolithique, les populations se sédentarisent, et de nouveaux outils apparaissent pour chasser les animaux rapides comme le cerf et le wapiti. Par ailleurs, une nouvelle vague de colonisation vient de l'Oural, du Kazakhstan et de l'Ouest de la plaine de Sibérie. Parmi les monuments de la période se trouve celui de Tchernoozerié VIa.

Sous la période néolithique, les peuples de Sibérie et de l'oblast avaient appris à fabriquer de la céramique, de la faïence, et la gamme alimentaire s'est considérablement élargie, avec la possibilité de faire bouillir les aliments. Grâce à l'apparition de ciseaux, il est devenu possible de faire des bateaux. Dans l'oblast, on retrouve les sites d'Ekaterininskaïa dans le raïon de Tara et le site de Taryn dans le raïon de Bolcherechié.

Pendant l'âge du Bronze, l'économie est marquée par l'essor de l'agriculture et de l'élevage, particulièrement bovin. Parmi les sites se trouvent le cimetière d'Okounevski sur la rive de la rivière Tara et celui de Rostovka, près de la ville d'Omsk. Lors de l'âge du fer, le rituel de l'inhumation dans des kourganes s'est répandu dans la région de l'Irtych. Ils se trouvent à Kokonovki ou à Bogdanovki. Bolchoï Log dans la ville est un site important de la culture de Koulaï de l'âge du fer.

Antiquité Aux , une partie des tribus pastorales de la Sibérie occidentale se sont avancées vers les steppes boisées du nord, particulièrement les protos-Khantys. Les anciens Khantys ont laissé leurs traces à Bolchoï Log (ville d'Omsk), à Okounevski dans le raïon de Mouromtsevo, à Mourlinskoïe avec leurs tumulus (raïon de Tara), etc. Ils pratiquaient la métallurgie et la fabrication d'armes.

Sous les jougs turco-mongols À la fin du et au début du , des tribus nomades parlant des langues turques ont pénétré dans les régions de steppe et de steppe boisée de la région du Moyen Irtych, où se trouve l'oblast d'Omsk. Ils ont laissé des sites comme les tumulus de Krasnooziork dans le raïon de Tara, avec des sépultures. Divers États turcs ont ainsi dominé la région tout au long de l'époque médiévale. Les plus notables d'entre eux étaient le Khaganat turc occidental, l'Empire mongol, la Horde d'or et le Khanat de Sibir.

Sous la Horde d'Or au , des villes fortifiées apparaissent sur la route commerciale longeant l'Irtych, le long de laquelle passaient des caravanes de l'Asie centrale à l'Oural et à la région de Volga. Après l'effondrement de la Horde, le Khanat de Sibir s'est formé sur le territoire, depuis l'Oural jusqu'à la steppe de Baraba du khanat de Sibir.

Conquête de la Sibérie L'histoire russe de l'oblast d'Omsk a commencé avec l'arrivée en 1584 d'une force cosaque sous le commandement de l'ataman Ermak Timofeïévitch, qui a vaincu les dirigeants locaux et établi le contrôle nominal russe de la région. Pour soutenir une nouvelle expansion, les tsars Fédor et Boris Godounov ont lancé la construction de colonies fortifiées et d'avant-postes militaires dans le sud de la Sibérie afin de défendre leurs sujets contre les raids des tribus nomades et d'exercer leur autorité sur les populations locales, en particulier sur les Tatars de Sibérie qui paient un tribut. La première colonie russe permanente dans la région, la ville de Tara, a été fondée en 1594 et a rapidement commencé à jouer un rôle important dans le commerce des fourrures qui reliait la Russie à l'Asie centrale et à la Chine. vignette|Restes de la forteresse de Pokrovka (1755). Le développement des régions méridionales de la Sibérie a commencé au , alors que la région était dominée par les Dzoungars, qui menaient des raids sur les forts russes. En 1716, une forteresse fut construite au confluent des rivières Om et Irtych sur ordre du sous-lieutenant Ivan Bougholtz. La forteresse constituerait le noyau du développement de la future ville d’Omsk. Elle comptait plus d'un millier d'habitants en 1742. Dans la seconde moitié du , la forteresse d'Omsk était le plus grand bâtiment de toute sorte dans la partie orientale de la Russie.

Au fur et à mesure que les colonies russes continuaient de s'étendre à travers les bassins versants de l'Ienisseï, du Tobol et de l'Irtych au cours du , le développement d'Omsk et de la région environnante s'est accentué. En 1764, lorsque les provinces sibériennes de la Russie furent organisées en deux gouvernorats avec des centres à Irkoutsk et Tobolsk, la ville de Tara et la forteresse d'Omsk furent attribuées au gouvernorat de Tobolosk. En 1780, sur ordre de Catherine la Grande, la forteresse fut transférée à l'oblast de Kolyvan. À cette époque, Omsk avait atteint la taille d'une petite ville, mais de 1797 à 1804, elle ne possédait pas son propre ouïezd.

Empire russe En 1804, les territoires entourant Omsk furent organisés en okroug d'Omsk. La ville a pris de l'importance lors de la réorganisation de la Sibérie en 1822. Omsk est devenue le centre administratif du gouvernorat général de la Sibérie orientale, s'élevant au-dessus de l'ancien centre de la Sibérie, TobolskKhanat de Sibir. Le nouveau gouvernorat était divisé en oblasts autour des villes d'Omsk, Petropavlovsk, Semipalatinsk et Oust-Kamenogrsk peuplées de colons russes et en okrugs peuplés de nomades kazakhs. Lors des réformes ultérieures, le nom de l'oblast a été changé à plusieurs reprises en oblast des Kirghizes de Sibérie (1854), oblast d'Akmolinsk (1868) et oblast d'Omsk (1917) avant de finalement revenir au gouvernorat d'Omsk en 1918. L'autorité de l'oblast a suivi une nouvelle expansion de l'empire vers l'Asie centrale et incluant des parties importantes du Kazakhstan actuel. Au , Omsk, grâce à son solide système de forteresses frontalières, est devenue connue comme une destination de choix pour les exilés politiques et les prisonniers de la partie européenne de l'Empire russe. Décembristes, rebelles polonais, prisonniers de guerre français et militants politiques de tous bords se sont rendus en Sibérie. Parmi eux se trouvait Fiodor Dostoïevski, qui passa quatre ans (1850-1854) à la prison d'Omsk. vignette|Une église à Ounarski au début du .