Olivier Stirn, né le à Boulogne-Billancourt (Seine) et mort le dans le , est un homme politique français, plusieurs fois secrétaire d'État et ministre délégué, qui a appartenu à plusieurs partis de droite et de gauche. Il fut maire de Vire puis président de la communauté urbaine de Cherbourg et député du Calvados puis de la Manche.

Biographie

Jeunesse et études Olivier Stirn est l'arrière-petit neveu d'Alfred Dreyfus.. Il est l'ainé d'une famille de six frères., dont François-Henri, Gérard, Bernard, Pierre-Jérôme, tous fils d'Alexandre Stirn, ancien préfet et magistrat à la Cour des comptes (1911-2000).

Élève au lycée Janson-de-Sailly, il y obtient son baccalauréat. Il est diplômé d'études supérieures de droit public et de sciences politiques, ainsi que diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (section Service public, promotion 1958)..

À la fin de sa carrière politique, Olivier Stirn est particulièrement actif dans l'affaire d'héritage qui l'oppose à sa jeune belle-mère, Kenza, épousée par son père en 1996. Il gagne un procès..

Il est divorcé de Marine Saunier avec laquelle il a deux enfants, Renaud Stirn et Guillaume Stirn.. Il s’est ensuite marié à Évelyne Stirn, candidate provisoirement investie par Les Républicains pour la du Calvados. aux élections législatives de 2017. De ce second mariage sont nés deux autres enfants, Anna et Emmanuel.

Début de carrière Tout comme son père, il choisit l'administration préfectorale, devenant chef de cabinet du préfet de la Meuse en 1961.

Il occupe des postes de chargé de mission et puis de chef de cabinet de Louis Jacquinot, ministre d'État chargé des DOM-TOM (1964), et de chef de cabinet de Jean Charbonnel, secrétaire d'État aux Affaires étrangères chargé de la Coopération (1966-1967), et de Jacques Chirac, secrétaire d'État aux Affaires sociales, chargé des problèmes de l'emploi (1967-1968).

Il s'implante à Vire, dans le Calvados, à partir de 1968. Il en est député UDR (1968-1973), conseiller général (1970-1988) et maire (1971-1989). Bon orateur et parlementaire actif, il est nommé secrétaire d'État auprès du ministre chargé des Relations avec le Parlement (1973-1974), secrétaire d’État aux Départements et territoires d’outre-mer (1974-1978), puis aux Affaires étrangères (1978-1981). À partir du , outre les attributions qu'il exerce en qualité de secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères, il est mis à la disposition du ministre de la Défense, ministre de la Coopération pour toutes les missions que celui-ci lui confie.

Comme secrétaire d'État aux DOM-TOM pendant presque quatre ans, il négocie l'indépendance des Comores en 1975 et de Djibouti en 1977. Il désire départementaliser l'outre-mer, ce qu'il fait pour Saint-Pierre-et-Miquelon mais doit accorder l'autonomie à la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie en 1976 et 1977 face aux pressions indépendantistesDictionnaire des ministres.

Dans l'opposition libérale

Le , lorsque Jacques Chirac annonce sa candidature à la Mairie de Paris, entrant ainsi en conflit ouvert avec Valéry Giscard d'Estaing, il quitte le RPR, et le crée le Mouvement des sociaux-libéraux (MSL). avec le soutien de René Lenoir et Lionel Stoléru et le concours de Didier Schuller, Christian Gerondeau, François Thual et Gérard Pince. Le , avec René Lenoir et Lionel Stoléru, il crée le Carrefour social-démocrate.. Le , le MSL fusionne dans le Parti radical valoisien, future partie constitutive de l'UDF, et Olivier Stirn devient vice-président du Parti radical..

En , il brigue la présidence du Parti radical. Il obtient 33,57 % des suffrages exprimés et est battu par André Rossinot.. En , Olivier Stirn quitte le Parti radical pour créer l'Union centriste et radicale (UCR). Aux élections européennes de 1984, il est tête de liste de l’Entente radicale écologiste pour les États-Unis d'Europe (ERE), unissant l'UCR, le MRG et des écologistes, dont Brice Lalonde, et obtient 3,32 % des voix.

Retour sous François Mitterrand

Aux élections législatives de 1986, l'UCR, rebaptisée depuis Union centriste républicaine, participe à des listes d'alliance avec le PS puis fusionne avec ce dernier.

À l'époque, Le Canard enchaîné le surnomme « l'Andouille de Vire » puis « l'Andouille de Vire à gauche ». Il change alors de département d'élection en devenant, malgré des réticences locales, la tête de la liste socialiste dans la Manche pour en 1986. Il obtient un score qui permet à la gauche manchoise d'avoir deux élus à l'Assemblée pour la première fois de son histoire (ces élections sont au scrutin proportionnel départemental à un seul tour)Lors des élections législatives françaises de 2012, deux députés socialistes sont de nouveau élus dans le département : Stéphane Travert et Bernard Cazeneuve. Lors des législatives de 1988, avec le retour au scrutin uninominal majoritaire à deux tours par circonscription, il succède à Louis Darinot dans la cinquième circonscription de la Manche (Cherbourg).

Il quitte son mandat parlementaire lorsqu'il devient ministre délégué du Tourisme dans le premier gouvernement Michel Rocard (1988-1990).

Fin de carrière politique

Olivier Stirn doit renoncer à ses fonctions ministérielles le en raison d'un scandale : des auditeurs payés avaient été recrutés afin de faire nombre dans un colloque organisé par son association Dialogues 2000 sur l'avenir de la gauche. (les recrutés avaient tous quitté la salle à , heure de fin de leur contrat, pendant un discours d'orateur, laissant la salle quasiment vide hormis les personnalités du PS). Sous la pression de la majorité socialiste, il démissionne alors du conseil municipal de Cherbourg et de la présidence de la communauté urbaine de Cherbourg.

L'année suivante, il est nommé par l'exécutif ambassadeur de France auprès du Conseil de l'Europe, publié au JORF du .. Il démissionne en pour se présenter aux élections législatives., année de la déroute de la gauche. Après avoir échoué à redevenir député de Vire face à René Garrec (UDF) aux législatives de 1993, il rejoint en 1994 le MDR de Jean-Pierre Soisson, comme lui ancien ministre d'ouverture du gouvernement Rocard, puis annonce son soutien à Jacques Chirac à l'élection présidentielle de 1995. Aux élections régionales de 1998, il présente avec Corinne Lepage une liste dissidente à celle du président RPR sortant René Garrec, sans obtenir de siège. Il intègre ensuite l'UMP où il est conseiller du président.

En 2004, il publie Mes Présidents, illustrant par ce titre un record, celui d'avoir appartenu à tous les partis des six présidents de la . Dans ce livre, il se qualifie de « gaulliste de gauche » et exprime son soutien à Nicolas Sarkozy.

En 2009, il devient conseiller de la présidence de la République pour l’Union pour la Méditerranée puis, l'année suivante, secrétaire national de l'UMP chargé de la diversité.. C'est en tant que secrétaire national à la diversité qu'il annonce, le , la création de « l'Union des Français musulmans ».. L'UMP annonce que « les musulmans de France favorables à (...) la majorité présidentielle décident de créer l'UFM ». L'initiative n'aura cependant pas de succès : le communiqué de presse est retiré du site de l'UMP le jour même..

En , Mediapart révèle que sa femme Évelyne Stirn est mise en examen pour recel d'abus de bien sociaux dans le cadre d'une large affaire de corruption autour du dirigeant d'une entreprise de fourrière, Chafic Alywan. Olivier Stirn est lui aussi soupçonné d'être impliqué et d'avoir bénéficié de diverses faveurs du chef d'entreprise sans que son état de santé permette de l'auditionner.

thumb|La tombe d'Olivier Stirn au cimetière du Montparnasse (division 29). Olivier Stirn meurt le dans le .. Sa mort est annoncée dans la rubrique nécrologique du Figaro paru le en indiquant que les obsèques ont été célébrées dans l'intimité familialeLe Figaro n° 25196, 29 août 2025.

Affiliations

Olivier Stirn est président d'honneur de l'Union pour la diversité républicaine (affilié à l'UMP) ainsi que du club Nouveau Siècle de la Manche.

D'après le Dictionnaire historique des Francs-Maçons du « frère » Jean-André Faucher, paru en 1988, il serait initié au sein de la Grande Loge nationale française.

Académie

Olivier Stirn est élu membre libre de l'Académie des sciences d'outre-mer le ..

Mandats électifs

Député du Calvados (, Vire) - : Union des démocrates pour la République - : Union des démocrates pour la République - : Union pour la démocratie française - : Union pour la démocratie française, puis à partir de 1984, non inscrit

Député de la Manche - : Parti socialiste

Député de la Manche (, Cherbourg) - : apparenté socialiste

Conseiller général du Calvados 1970-1988 et 1994-2001

Maire de Vire

Président de la communauté urbaine de Cherbourg 1989 - 1990

Fonctions gouvernementales

Secrétaire d'État auprès du ministre chargé des Relations avec le Parlement

Secrétaire d'État aux DOM-TOM (autonome)

Secrétaire d'État aux DOM-TOM (auprès du ministre de l'Intérieur)

Secrétaire d'État aux Affaires étrangères

Ministre délégué aux DOM-TOM (auprès du Premier ministre)

Ministre délégué au Tourisme (auprès du ministre de l'Industrie et de l'Aménagement du territoire)

Hommages

Décorations (1993), publié au JORF du . sans_cadre|50x50px Médaille d'honneur de l'engagement ultramarin, échelon or (2022) au titre d' « ancien secrétaire d'État aux DOM-TOM ». Commandeur de l'ordre national du de la république de Djibouti (2019).

Distinction Maire honoraire de Vire Normandie (2023).

Publications Préface Collectif, Gotha noir de France, 2012-2013 : démentir les préjugés par l'exemple, éditions Efficience, 2012.

Livres 1973 : Le Piège : Comment lire le Programme commun, avec Jean-Pierre Soisson et Bernard Stasi, France-Empire, 171 p. 1985 : Une certaine idée du centre, Albin Michel, 186 p. , réédition 2017 2004 : Mes présidents : 50 ans au service de la , le Félin, coll. « Histoire et sociétés », 266 p. 2019 : L'Éveil décisif de l'Afrique : il n'y a pas d'autre choix que l'espérance, avec Évelyne Stirn, L’Harmattan

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Liens externes

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