Le d'infanterie () est une unité d'infanterie de l'Armée de terre française créée sous la Révolution à partir du régiment Colonel-Général, un régiment français d'Ancien Régime. C'est le plus vieux régiment combattant d'Europe encore en activité et sans cessationLe plus vieux régiment de la chrétienté, Général Andolenko, Revue historique des Armées, Année 1969.. En effet, le d'infanterie existe sous d'autres régimes et dénominations depuis 1479, date à laquelle il voit le jour sous le nom de Bandes de Picardie.
Création et différentes dénominations
1780 : Prend le nom de régiment Colonel-Général : à la Révolution, tous les régiments prennent un nom composé du nom de leur arme avec un numéro d'ordre donné selon leur ancienneté. Le régiment Colonel-Général devient le d'infanterie de ligne (ci-devant Colonel-Général) ; : amalgamé il prend le nom de de première formation ; : reformé en tant que de deuxième formation 1803 : renommé d'infanterie de ligne 1814 : renommé régiment du Roi ; 1815 : il reprend son nom de d'infanterie de ligne ; : comme l'ensemble de l'armée napoléonienne, il est licencié à la Seconde Restauration, à Montrésor (Indre-et-Loire) ; : création de la légion de l'Ain ; 23 octobre 1820 : renommée d'infanterie de ligne ; 1887 : devient le d'infanterie ; 1914 : à la mobilisation, il donne naissance au d'infanterie ; : le régiment est détruit : formation du régiment départemental du Cher : renommé d’infanterie 1942 : en novembre le régiment entre dans la Résistance ; 1944 : les compagnies du régiment sont reconstituées entre juin et août ; 1945 : le régiment est régularisé ; 1947 : d'infanterie ; 1949 : régiment d'infanterie ; 1952 : d'infanterie motorisée ( RIM) ; 1968 : régiment d'infanterie ; 1985 : régiment d'infanterie - régiment de combat aéromobile () ; 1999 : régiment d'infanterie.
Chefs de corps
(*) Ces officiers sont devenus par la suite généraux de brigade. (**) Ces officiers sont devenus par la suite généraux de division. (***) ces officiers sont devenus par la suite généraux de corps d'armée.
Historique des garnisons, combats et bataille du Ancien Régime
régiment d'infanterie de ligne ci-devant Colonel-Général (1791-1794) Guerres de la Révolution L'ordonnance du fait disparaître les diverses dénominations, et les corps d'infanterie ne sont désormais plus désignés que par le numéro du rang qu'ils occupaient entre eux. Ainsi, sont renommés et le régiment Colonel-Général devient le d'infanterie de ligne. Les régiments sont toutefois largement désignés avec le terme ci-devant, comme d'infanterie ci-devant Colonel-Général. Chaque régiment n'eut plus qu'un drapeau aux couleurs rouge, blanc et bleu, ayant d'un côté cette inscription : Obéissance à la Loi et de l'autre le numéro du régiment et les noms des actions éclatantes où il s'était trouvé.
Le , presque tous les officiers, sollicités par l'émigration dont Louis Henri de Bourbon prince de Condé était le chef, abandonnèrent leurs soldats en emportant les drapeaux et se rendirent à FurnesHistoire de l'infanterie en France par Belhomme T3 . Ce grave événement n'eut aucune influence sur la bonne conduite du corps. La garde nationale de Dunkerque lui donna un de ses drapeaux pour remplacer ceux qui lui avaient été soustraits.
A l'ouverture des hostilités en , le fait partie du camp de Maulde. Quelques compagnies détachées pour la garde des postes de « La Chaussiette », « Le Coq » et « Macou », situés sur les abords de Vieux-Condé, y furent attaquées par des forces supérieures, et, après une belle défense, se retirèrent sous le canon de Condé-sur-l'Escaut qui arrêta l'élan des Autrichiens.
Le ci-devant Colonel-Général participa également au Combat de Quiévrain et aux batailles de Valmy et de Jemappes.
Peu de temps après, le régiment fut partagé : le resta à Condé, à l'armée du Nord ; le rattaché à l'armée du Centre, rejoignit le l'armée de la Moselle avec laquelle il participa à l'expédition de Trèves.
Au mois de , quand le général Dumouriez envahit la Belgique, le servit sous ses ordres. Le ci-devant Colonel-Général se fit particulièrement remarquer dans un combat d'avant-poste livré le près de Valenciennes. Le général Kilmaine, dans son rapport, en fait l'éloge par ces simples parole : Après avoir combattu à Wissembourg il se montre avec éclat à la bataille de Fleurus le , puis se rendit à l'armée de Rhin-et-Moselle et se trouve le de la même année à la prise de Kayserslautern.
Peu de temps après et par ordre du , le entre, à Arlon, dans la composition de la de première formation, en étant amalgamé avec : le de volontaires de Paris également appelé Bataillon de la Butte-des-Moulins ; le de volontaires du Loiret.
Le fait la campagne de 1794, sous le commandement du général Jourdan, à l'armée de Sambre-et-Meuse.
Au commencement de 1795, le contribue a former le noyau de la de première formation formée avec le de volontaires de la Somme ; le de volontaires de Paris.
Ainsi disparaît pour toujours le d'infanterie ci-devant Colonel-Général, partageant le sort de tous ces vieux régiments qui depuis deux siècles avaient défendu si intrépidement la patrie contre toutes les coalitions.
de première formation (1794-1796) Guerres de la Révolution
Formée en pluviôse an II () à Arlon, la , fait la campagne avec la armée de la Moselle qui se bat surtout dans le Palatinat et sur le Rhin se distinguant particulièrement durant la bataille de Fleurus.
En l'an III (1795) elle passe à l'armée de Sambre-et-Meuse avant d'intégrer l'Armée du Rhin en l'an IV (1796).
de deuxième formation (1796-1803) vignette|De gauche à droite : caporal-fusilier, porte-drapeau et grenadier de la en Alsace en 1800 (dessin de Léo Schnug). La de deuxième formation est formée le 24 pluviôse an IV () par l'amalgame des : de première formation ( du d'infanterie (ci-devant Vivarais), de volontaires de Paris également appelé bataillon Sainte-Marguerite et de volontaires des réserves) auxiliaire de la SommeAvantages d'une bonne discipline, et moyens de l'entretenir dans les corps Par Jean-Baptiste Avril
Guerres de la Révolution La , fait les campagnes de l'an VI (1798) à l'Armée du Nord et de Batavie, celle de l'an VII (1799) aux armées de Batavie, de Mayence et du Danube et celles de l'an VIII (1800) avec laquelle elle participe à la bataille de Stockach et aux Première et deuxième bataille de Zurich.
En l'an IX (1801) elle est aux armées du Rhin et d'Italie, en l'an X (1800) à l'armée d'Allemagne où elle s'illustre aux batailles de Moesskirch et de Biberach.
d'infanterie de ligne (1803-1815)
Guerres de l'Empire Par décret du an XII (), le Premier Consul prescrit une nouvelle réorganisation de l'armée française. Il est essentiel de faire remarquer, pour faire comprendre comment, souvent le même régiment avait en même temps des bataillons en Allemagne, en Espagne et en Portugal, ou dans d'autres pays de l'Europe, que, depuis 1808, quelques régiments comptaient jusqu'à 6 bataillons disséminés, par un ou par deux, dans des garnisons lointaines et dans les diverses armées mises sur pied depuis cette date jusqu'en 1815.
Ainsi, le régiment d'infanterie de ligne est formé à 3 bataillons avec la , et de la de deuxième formation.
Le d'infanterie de ligne fait les campagnes de l'an XII (1803), de l'an XIII (1804), de l'an XIV (1805) et de 1806 à l'armée d'Italie ou il combat à Caldiero, Civita-del-Tronto et Galiano.
En 1807 il est affecté à l'armée de Naples, puis à celles de 1808, 1809 et 1810 il est aux armées de Naples et d'Italie et combat à Sacile mais aussi à Wagram ou il se distingue particulièrement.
Affecté au corps d'observation de Réserve puis à l'armée d'Espagne, il participe durant la guerre d'indépendance espagnole à la bataille de Miranda-Castegna, Bataille des Arapiles (Salamanca).
En 1813 affecté à l'armée de Portugal il se trouve au Siège de Saint-Sébastien avant de rejoindre la Grande Armée, ou dans le cadre de la campagne d'Allemagne il participe aux batailles de Lützen, de Bautzen, de Dresde et de Leipzig.
En 1814 il est aux armées des Pyrénées et d'Italie et se trouve engagé durant la campagne de France dans les batailles de Saint-Julien-en-Genevois, de Brienne, de Sézanne, campagne des Six-Jours, de Montmirail, 14 février 1814 à Vauchamps puis Laon et Paris
Après l'exil de à l'île d'Elbe, , prend le , une ordonnance royale qui réorganise les corps de l'armée française. Ainsi le régiment du Roi est formé à Paris, avec le d'infanterie de ligne et le du d'infanterie de ligne.
À son retour de l'île d'Elbe, le , prend, le , un décret qui rend aux anciens régiments d'infanterie de ligne les numéros qu'ils avaient perdus. Le régiment reprend donc son nom : d'infanterie de ligne.
En 1815 il est au de la Grande Armée et combat à Quatre Bras et Waterloo
Colonels tués ou blessés commandant le d'infanterie Colonel Saint-Martin : blessé le
Officiers tués ou blessés en servant au d'infanterie de ligne sous l'Empire (1804-1815) : Officiers tués : 20 Officiers morts à la suite de leurs blessures : 11 Officiers blessés : 127
Légion de l'Ain (1815-1820) Par ordonnance du , Louis XVIII crée les légions départementales. La Légion de l'Ain, qui deviendra le 1er régiment d'infanterie de ligne en 1820, est créée. Bien que la légion de l'Ain n'ait rien à voir avec le d'infanterie de ligne napoléonien, ses éléments sont issus du d'infanterie de ligne, formé en 1803 avec la de ligne, formée en 1794 à partir de la de bataille, unité qui a incorporé en 1793 le du d'infanterie de la monarchie.
En 1820 une ordonnance royale de Louis XVIII réorganise les corps de l'armée française en transformant les légions départementales en régiments d'infanterie de ligne. Ainsi, le d'infanterie de ligne est formé, à Strasbourg, avec les 3 bataillons de la légion de l'Ain.
(1820-1882) 1820 à 1852 Le d'infanterie de ligne fait la campagne de 1823 au de l'armée d'Espagne et se distingue, le , au combat de Campillo de Arenas puis à l'affaire de Jaën le suivant.
Durant les campagnes de 1824, 1825 et 1826, il fait partie du corps d'occupation d'Espagne.
Une ordonnance du créé le et porte le régiment, complet, à Histoire de l'infanterie en France de Victor Louis Jean François Belhomme Vol 5 page 151.
En 1831, il participe à la campagne des Dix-Jours en Belgique.
En , il participe à la répression de l'insurrection républicaine à Paris
Le régiment participe aux campagnes de 1837 à 1842 à l'armée d'Afrique et se distingue aux combats de Mizerghin (), de Tem-Salmet (), de l'Oued-el-Haehem (), du camp de Bridia (), à l'enlèvement des matamores de Bou-Chouicha (8-), aux combats sous les murs de Mostaganem (nuit du 4 au ) aux combats contre les Beni-Menacer (6 et ), à la prise de Miliana () et aux affaires des et .
En 1850, le régiment est en garnison à Brest.
Second Empire Par décret du , le d'infanterie fournit 1 compagnie pour former le régiment d'infanterie de ligne.
Guerre de 1870-1871 En 1870, le régiment est en garnison à Sedan et son dépôt est à Châlons-sur-Marne.
Campagne de 1870 il fait partie du d'armée, sous le commandement du général Ladmirault, participe aux batailles sous Metz, de Borny le , de Rezonville le et de Gravelotte le , encerclé dans Metz il est emmené en captivité en Allemagne après la capitulation de Bazaine.
Le 24 novembre 1870, durant la guerre franco-allemande, les des et du régiment d'infanterie de ligne qui composaient le régiment de marche furent engagés dans les combats de Chilleurs, Ladon, Boiscommun, Neuville-aux-Bois et Maizières dans le Loiret
De 1871 à 1914 À partir de , le régiment est caserné à Cambrai.
Lors de la réorganisation des corps d'infanterie de 1887, le d'infanterie de ligne est renommé d'infanterie tandis que son forme le 145e régiment d'infanterie.
Première Guerre mondiale À la veille de la guerre le régiment est toujours caserné à Cambrai.
Affectation d'infanterie d' à
1914 21 au : avance sur Charleroi