Âsa Johannesson, née en 1979 est une photographe et chercheuse suédoise, qui explore les significations et la méthodologie de la photographie queer. Son ouvrage le plus renommé est qui propose une pratique et une théorie de la photographie rejetant l'universalisme en faveur de postures ambivalentes et multiples, considérées comme éminemment queers.

Biographie Âsa Johannesson naît en 1979 et fait ses études au et soutient sa thèse de doctorat sur les utilisations d'une logique non binaire dans la théorie photographique. Elle arrive à Londres en 1999. À cette époque, les seules photographies gays était prises par des personnes en dehors des communautés LGBT et en général dans les clubs en soirées. Les photos documentaient une « culture de la flamboyance » avec exhibition de lanières de cuir et sequins, ce qui lui donne envie de documenter d'autres expériences queers de l'intérieur, qui n'étaient pas forcément représentées jusque là.

Méthodologie queer Elle commence à vouloir appliquer une méthodologie queer à la pratique de la photographie, expliquant que . Ainsi dans sa série , elle réalise des œuvres à l'aide d'émulsions polaroïdes, qui ne sont ni des photos ni des sculptures, mais des objets d'art situés entre les deux formes. Ce procédé philosophique transpose une « queerness attitude » de la représentation du sujet queer (dont il ne s'éloigne pas) au processus de création artistique lui-même. Dans ses recherches académiques, elle questionne les limites d'un système d'imposition du genre binaire et expose l'histoire de l'utilisation de la photographie pour classer et appliquer une typologie à ce qui est considéré comme « autre ».

Johannesson s'appuie sur un corpus méthodologique et philosophique qu'elle appelle « théories de l'intérieur» et qui rejette les apports imposés par des modèles d'analyse théoriques extérieurs sur la représentation visuelle de sujets queers. Elle explique que le fait de s'appuyer et promouvoir une grande visibilité des sujets LGBT peut conduire à invisibiliser tout un pan non hégémonique des communautés LGBTIQ+, et en livrer une image appauvrie et dénuée de ses multiples facettes. Elle est influencée par les théories de Walter Benjamin sur la reproduction mécanique, Michel Foucault et son analyse du savoir-pouvoir, le Manifeste Cyborg de Donna Haraway et Karen Barad et son concept d'intra-actions post-humaniste. Le livre constitue un rejet de l'universalisme en faveur de postures ambivalentes et multiples.

Dans sa série de photos intitulée de 2011, elle interroge ce que signifie l'appartenance à un lieu, en photographiant un homme trans, nommé River, de dos campé face à l'orée d'une forêt, exprimant à la fois le fait que River est distinct de la forêt, mais en constitue une partie dans la photo, brouillant les limites et mettant en évidence une relation entre les éléments photographiés dans le même environnement.

Âsa Johannesson est maîtresse de conférence à l’université de Brighton.

En 2024 elle publie , qui explore la méthodologie de la photographie queer. Dans ce livre elle dévoile des procédés pour créer, écrire et penser la photographie queer, en mêlant pratique et approche théorique. Le livre présente 27 photos d'artistes différents, et explore les thèmes de la représentation, du formalisme et de l'affranchissement de la pratique d'un medium spécifique. Le livre aborde aussi la question de la réduction philosophique de la pensée engendrée par un système de catégorisation binaire.

Ses œuvres sont exposées au à Stockholm, au musée de Londres, à Landskrona et au FutureLab de Shanghai.

En 2026 elle expose une série de photos intitulées au , à Édinbourg. L'exposition est constituée de 5 travaux différents et présente des portraits en noir et blanc, des études de statues romaines et des sculptures réalisées avec des Polaroïds.

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Bibliographie

Références

Liens externes.

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