Le Bureau central T4, créé en 1939, est un comité créé et orchestré par Adolf Hitler dont le but est d'exterminer tous les handicapés d'Allemagne et d'Autriche. Ces bases idéologiques se trouvent dans l'ouvrage Mein Kampf rédigé par Adolf Hitler lors de ses neuf mois d'emprisonnement à la prison de Landsberg à la suite du putsch de la Brasserie. Dans celui-ci, l'objectif d'hygiène radicale a également été décliné dans le sens de ne préserver que les « enfants bien portants et en bonne santé »..

Le centre administratif de l’opération se trouvait au 4 , dans le quartier berlinois de Tiergarten. Ce bureau central avait pour mission de recenser les établissements psychiatriques, de collecter les dossiers médicaux, de sélectionner les victimes, de coordonner les transferts, de gérer les aspects administratif du programme et de dissimuler les causes véritables des décès. Le bureau envoyait des questionnaires aux hôpitaux afin de sélectionner les personnes handicapées à éradiquer. Les questionnaires envoyés aux hôpitaux étaient examinés par des médecins désignés par le régime. Souvent, les décisions étaient prises uniquement à partir de documents administratifs, sans examen direct des patients.

Débuts des assassinats (1939-1940) Le programme entra progressivement en action à partir de la fin de l’année 1939. Les victimes de l'Aktion T4 étaient principalement des patients d'hôpitaux psychiatriques, des personnes souffrant de handicaps intellectuels, des personnes atteintes de maladies neurologiques graves et des malades considérés comme incurables. L’Allemagne et l’Autriche annexée constituaient les principaux territoires concernés. Les familles dont le proche a été désigné par le régime recevaient souvent de fausses informations concernant les transferts de leurs proches.

Les victimes sont transportés jusqu'à des centres de mises à mort. Durant cette Aktion T4 de nombreux camps de mises à morts sont mis en œuvre dont six principaux :

Centre d'extermination nazi de Grafeneck

Château de Hartheim Centre d'extermination nazi de Pirna-Sonnenstein Centre de mise à mort de Bernbourg Centre de mise à mort de Hadamar

Ces différents camps de mises à mort sont avant tout des bâtiments déjà existants et certain datant même depuis plusieurs siècles. Ces établissements furent spécialement aménagés pour l’exécution des victimes et la destruction des corps.

Réaction de la population Malgré le secret de cette opération, des rumeurs se répandirent très rapidement. À cause des familles qui remarquèrent des décès soudains, des certificats de décès incohérents, des urnes funéraires suspectes et des transferts inexpliqués. Certaines figures religieuses dénoncèrent publiquement ces crimes. Parmi les plus célèbres se trouve Clemens August Graf von Galen, évêque de Münster, qui prononça plusieurs sermons en 1941 condamnant les assassinats de patients handicapés.

Suspension officielle en 1941 Le 24 août 1941, Hitler ordonna officiellement l’arrêt de l’Action T4. Cette décision brutale d'arrêt fut motivée par plusieurs facteurs, notamment les protestations religieuses notamment de l'évêque Clemens August Graf von Galen, le mécontentement d'une partie de la population mais surtout la crainte d'un scandale intérieur.

Toutefois, cette suspension fut essentiellement administrative.

Poursuite clandestine du programme (1941-1945) Après août 1941, les assassinats se poursuivirent sous des formes moins centralisées. Cette phase ne fut désormais plus nommée Aktion T4 mais « euthanasie sauvage » . Des patients continuèrent à mourir dans différents établissements psychiatriques. Ces meurtres ne sont plus des assassinats directs mais liés à d'autres facteurs, tels que la privation alimentaire, une négligence délibérée, une surmédication et d'autres formes de mauvais traitements.

Le programme se poursuivit jusqu'à la fin du régime nazi en 1945. On estime qu'environ furent assassinées entre 1939 et 1941. Et si l'on inclut les victimes des opérations ultérieures menées jusqu'en 1945, les estimations varient généralement entre et . Les victimes provenaient principalement d'Allemagne et d'Autriche, mais aussi des territoires annexés par le Reich.

Héritage historique L’Aktion T4 représente un épisode majeur de l’histoire des crimes nazis. Les techniques administratives, logistiques et organisationnelles développées dans ce programme furent ensuite réutilisées dans d’autres politiques criminelles du régime.

Après la guerre, plusieurs responsables furent jugés lors de différents procès en Allemagne et dans les zones occupées par les Alliés.

Aujourd’hui, le site de la Tiergartenstraße 4 à Berlin est marqué par un mémorial consacré aux victimes de l’Aktion T4, rappelant le destin des dizaines et centaines de milliers de personnes handicapées et malades assassinées au nom de l’idéologie raciale nazie.

Notes et références

Catégorie:Répression politique et extermination sous le Troisième Reich