Egisto Pavirani, né en 1879 à Cesena et mort en 1943 à Seveso, est un journaliste et homme politique socialiste italien.

Biographie

Technicien agricole et dirigeant socialiste Né en 1879 à Cesena, Egisto Pavirani, après avoir obtenu un lauréat en agronomie, devint technicien agronome et fit la promotion de la socialisation des terres. Engagé au sein du Parti socialiste italien (PSI), il en fut l'un des dirigeants dans la province de Forlì et collabora à plusieurs journaux dont La Lotta di classe. Il fut le président de la députation provinciale de Forlì. Dans un note de 1914, la police le décrit ainsi comme ayant un « éduqué, intelligent, cultivé » mais reste cependant fiché, jusqu’en 1923, comme socialiste révolutionnaire, « connu » comme communiste et même anarchiste.

Les années 1920 : collaboration avec les communistes Pavirani fit partie, en mai 1920, de la délégation dirigée par Nicola Bombacci en mission à Copenhague pour engager des pourparlers économiques avec les bolchéviques et la même année, en juin, représenta la Ligue des coopératives lors du deuxième congrès de l'Internationale communiste en tant que membre de la délégation composée de Menotti Serrati, Bombacci, Antonio Graziadei et Luigi Polano. En 1922, lors des offensives squadristes en Romagne, il fut victime d’une agression à Cesena. Conduit au siège des fascistes, il fut battu et menacé, forcé de signer une déclaration de démission de ses fonctions, d’abandonner la ville et de cesser toute propagande socialiste.

En 1924, il accompagna Oddino Morgari en Russie soviétique, mandaté par le Consorzio cooperativo italiano, pour étudier un projet de colonisation dans le sud du pays. Mussolini en personne s’exprima favorablement », même si initialement il craignait que Pavirani soit allé dans la zone d’Odessa pour diriger la coopérative communiste La Comune italiana, subventionnée par le commissaire soviétique au commerce extérieur Leonid Krassine, afin d’« obtenir des fonds pour la propagande subversive ».

En 1925, sur ordre du Commissariat à l’émigration, Pavirani se rendit en Iran « pour étudier la possibilité de diriger nos courants migratoires ». Muni d’un laissez-passer diplomatique, il fit la navette entre Moscou et Téhéran, portant une correspondance réservée.

Repentir : une « admiration sans limites » pour Mussolini Par ordonnance du Comité Provincial de Forlì (3 novembre 1926), Pavirani fut assigné au confino pour cinq ans. Une fois établi que depuis un certain temps il s’était « repenti » et s’était mis au service du régime, deux ans (7 février 1928) plus tard la mesure fut révoquée sur ordre de Mussolini. En effet, selon la police, Pavirani donna « preuve de repentir », abjura le socialisme et se montra « déférent » envers le Régime et les Autorités italiennes. Selon l’Ambassadeur d’Italie à Moscou, Pavirani reconnut au fascisme « d’immenses mérites » et manifesta une « admiration illimitée » pour le Duce, affirmant avoir avec lui une « intime amitié ».

Missions en Argentine et activités sous le régime En septembre 1931, Pavirani fut nommé, en remplacement de Filippo Bonoli, par Giuseppe De Michelis (Commissaire Général à l’Émigration et président de l’ICLE) à la tête de la Compagnia italo-argentina di colonizzazione (CIAC) visant à encourager l'installation d'italiens en Argentine. L’Ambassade italienne sur place n’eut aucune objection à formuler et, à la fin de son mandat, elle écrivit même qu’à Villa Regina, Pavirani s’était montré un « élément d’ordre avec des sympathies marquées pour le Régime Fasciste et pour le Duce ».

Son arrivée à la tête de la CIAC ne modifia cependant pas la situation de fond, affectée par la Grande dépression de 1929, et l'organisation fut contrainte d’hypothéquer ses biens, en donnant également en garantie les créances liées aux terrains vendus. Dans une lettre ouverte polémique adressée à son prédécesseur Bonoli, Pavirani qualifiait de « douloureuse et humiliante » la condition des colons écrasés par les dettes. Pourtant, la CIAC entendait malgré tout expulser les familles en retard dans leurs paiements et reprendre les terres qui leur avaient été attribuées. Pavirani resta à Villa Regina seulement deux ans et « agit avec fermeté » : « Avec des hommes de sa confiance, il fonda une nouvelle association pour mieux s’insérer dans le tissu social et imprima un tournant encore plus patronal et autoritaire par rapport à la politique de Bonoli qui, dans certains cas, avait semblé comprendre les raisons des colons ». En juin 1933 cependant, Pavirani jeta l’éponge et le 19 décembre repartit pour l’Italie à bord du paquebot Biancamano.

En mars 1936, Nicola Bombacci, récemment converti au fascisme, lui proposa de collaborer à sa nouvelle revue, La Verità, afin d'appeler « la véritable classe ouvrière et ses véritables amis à se rapprocher de l’État corporatif, afin qu’elle puisse servir et réaliser avec certitude un ordre nouveau ». Pavirani répondit par un refus catégorique, considérant Bombacci comme « un prêtre déchu d’un temple abandonné par ses fidèles depuis de nombreuses années ». Il préféra à la place rester auprès des ouvriers et partir pour l’Afrique orientale italienne.

En 1937, il dirigeait la Société de bonification de Torre di Zuino, impliquée dans des travaux de bonification et d’industrie.

Notes et références

Bibliographie

Carlo Longhini, Egisto Pavirani : dalla Romagna di Forlì-Cesena a Mantova nel Biennio Rosso 1919-1920, Sometti, Mantova, 2011. Pantaleone Sergi, Stivaloni, camicia nera e orbace. Italiani a Villa Regina (Patagonia), AltreItalie : Rivista internazionale di studi sulle migrazioni italiane nel mondo, 49, 2014. Steven Forti, El peso de la nación : Nicola Bombacci, Paul Marion y Óscar Pérez Solís en la Europa de entreguerras, Universidade de Santiago de Compostela, 2014, p.149.

Liens externes

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