Sami al-Sidawi (en arabe : سامي الصيداوي), de son vrai nom Sami Bishara Sassi (سامي بشارة صاصي), né en 1913 à Saïda et mort en 1994, est un compositeur, parolier, chanteur et musicien libanais.

Actif à partir des années 1930, il appartient à une première génération d'artistes ayant participé au développement de la chanson libanaise moderne, avant l'émergence dans les années 1950 des frères Rahbani, de Zaki Nassif, Tawfiq al-Basha et Tawfiq Sukkar. Il écrit lui-même une grande partie de ses textes, les met en musique et en interprète certains.

Il est notamment connu pour Ya Jarihat Qalbi (يا جارحة قلبي) et Mayyel Ya Ghzayyel (ميّل يا غزيّل), interprétées par Najah Salam, ainsi que pour ses monologues satiriques consacrés à la société libanaise. L'historienne de la musique Diana Abbani le situe parmi les pionniers de la chanson libanaise et souligne la dimension critique de ses monologues sociaux.

Biographie

Jeunesse et formation

Sami al-Sidawi naît à Saïda, dans le sud du Liban, sous le nom de Sami Bishara Sassi. Les sources d'An-Nahar retiennent l'année 1913 pour sa naissance. Son nom de scène, « al-Sidawi », fait référence à sa ville natale.

Il grandit dans un milieu modeste et s'intéresse très tôt à la poésie et au chant. Il chante durant son enfance à Saïda et reçoit une première formation musicale dans le cadre religieux local. Sa formation reste cependant largement autodidacte.

Après la mort de son père, il se rend à Beyrouth, où il se rapproche progressivement du milieu artistique libanais et rencontre plusieurs poètes et musiciens de son époque.

Débuts à la radio

Sami al-Sidawi commence sa carrière radiophonique au début des années 1930 à Radio Palestine. Il travaille ensuite pour Radio Proche-Orient (Sharq al-Adna), puis pour Radio al-Mashriq et la Radio libanaise.

Il compose principalement à l'oreille et possède une formation musicale essentiellement empirique. Cette caractéristique est notamment évoquée dans le récit de la création de Ya Jarihat Qalbi.

L'un de ses premiers succès est Ya Jarihat Qalbi, dont il écrit les paroles et compose la mélodie. Le morceau est interprété par Najah Salam et contribue à la notoriété de la chanteuse. Al Jazeera le cite parmi les premiers succès de sa carrière.

Compositeur et parolier

À partir des années 1940 et 1950, Sami al-Sidawi écrit et compose pour de nombreux interprètes libanais et arabes. Parmi eux figurent Najah Salam, Sabah, Wadih Al-Safi, Mohammad Marei, Elia Baida, Widad, Samira Tawfiq, Faïza Ahmed, Nour el Houda, Souad Mohammed et Ferial Karim.

Avec Najah Salam, il connaît notamment le succès avec Ya Jarihat Qalbi puis Mayyel Ya Ghzayyel. Cette dernière devient l'une des chansons les plus connues du répertoire de la chanteuse.

Plusieurs de ses compositions sont arrangées par le compositeur et chef d'orchestre Tawfiq al-Basha.

Parmi les chansons qui lui sont attribuées figurent notamment :

Ya Jarihat Qalbi (يا جارحة قلبي), interprétée par Najah Salam ; Mayyel Ya Ghzayyel (ميّل يا غزيّل), interprétée par Najah Salam ; Betendam (بتندم), interprétée par Widad ; Weinak Ya Layla (وينك يا ليلى), interprétée par Mohammad Marei ; Ya Tale'een al-Qamar (يا طالعين عالقمر), interprétée par Wadih Al-Safi ; Ya Na'em (يا ناعم) ; La Qalbi wala Ba'rifak (لا قلبي ولا بعرفك).

Ya Tale'een al-Qamar s'inspire de l'actualité liée à la conquête de la Lune à la fin des années 1960. Selon Al-Khaleej, Tawfiq al-Basha encourage Wadih Al-Safi à interpréter cette composition.

Chanson satirique et critique sociale

Une part importante de l'œuvre de Sami al-Sidawi relève du monologue chanté et de la satire sociale. Il y aborde les comportements quotidiens, les rapports sociaux, la santé, la mode et les relations entre hommes et femmes.

Diana Abbani le cite parmi les artistes ayant utilisé les monologues satiriques comme moyen de commenter et de critiquer les transformations de la société libanaise.

Parmi les titres satiriques qui lui sont attribués figurent notamment :

Ya Hakim Ya Hakim (يا حكيم يا حكيم) ; Mesh Mahdoum Ya Barhoum (مش مهضوم يا برهوم) ; Tasawwar w-Ba'atli Soura (تصوّر وبعتلي صورة) ; Libs al-Qasir (لبس القصير) ; Bi-Idu Sigara w-Btemmo Sigara (بإيدو سيجارة وبتمو سيجارة) ; Law Kell Min Bi'rif Nafso (لو كل مين بيعرف نفسه) ; Ala Daffet Nahr al-Awali (على ضفة نهر الأولي).

Dans les années 1960, il collabore également avec la comédienne Ferial Karim et écrit plusieurs textes destinés à ses interprétations.

Style et place dans la musique libanaise

Sami al-Sidawi appartient à une génération d'artistes qui précède le renouvellement de la chanson libanaise généralement associé aux années 1950. An-Nahar le place aux côtés de Nicolas al-Manni, Omar al-Zanni et Mitri al-Murr parmi les premiers artisans de cette évolution, avant la génération des frères Rahbani, de Zaki Nassif, Tawfiq al-Basha et Tawfiq Sukkar.

Il cumule fréquemment les fonctions de parolier et de compositeur et interprète lui-même certains de ses monologues. Son répertoire associe mélodies orientales, langue arabe dialectale libanaise et thèmes issus de la vie quotidienne.

Dernières années et mort

Le déclenchement de la guerre du Liban en 1975 marque un tournant dans sa carrière. Selon les récits biographiques consacrés au compositeur, il s'éloigne progressivement de la vie artistique et cesse une grande partie de ses activités musicales.

Il vit retiré durant ses dernières années et meurt en 1994.

Postérité

L'œuvre de Sami al-Sidawi connaît un regain d'intérêt au XXIe siècle.

À Beyrouth, plusieurs initiatives artistiques remettent en valeur son répertoire et celui d'autres musiciens libanais du XXe siècle.

En 2024, l'Orchestre national libanais de musique arabe-orientale, dirigé par André El Hajj, lui rend hommage lors d'un concert organisé au Musée national de Beyrouth. Le programme reprend plusieurs de ses compositions.

Son œuvre fait également l'objet d'études consacrées à l'histoire de la musique urbaine et de la satire musicale au Liban.

Chansons notables

Ya Jarihat Qalbi (يا جارحة قلبي) Mayyel Ya Ghzayyel (ميّل يا غزيّل) Betendam (بتندم) Weinak Ya Layla (وينك يا ليلى) Ya Tale'een al-Qamar (يا طالعين عالقمر) Ya Hakim Ya Hakim (يا حكيم يا حكيم) Mesh Mahdoum Ya Barhoum (مش مهضوم يا برهوم) Bi-Idu Sigara w-Btemmo Sigara (بإيدو سيجارة وبتمو سيجارة) Libs al-Qasir (لبس القصير)

Références

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