Cité-centre est un terme administratif désignant le centre-ville de Genève (Suisse).

Géographie vignette|gauche|La place du Molard en 1843. Partie du secteur administratif de Genève-Cité, le quartier de Cité-centre se divise en quatre parties principales : la ville haute ou Cité : située sur la colline surplombant Genève et dominée par la silhouette de la cathédrale Saint-Pierre la ville basse : le quartier des Rues basses et de Rive qui regroupent les principales artères commerçantes (rue de la Confédération, rue du Marché, rue de la Croix-d'Or, rue de Rive, rue du Rhône, etc.) ainsi que certaines des plus anciennes places de la ville (Molard, Fusterie et Longemalle) les quartiers des Tranchées et de Saint-Léger situés à l'emplacement des anciennes fortifications orientales de Genève le quartier bancaire de Hollande et celui environnant le parc des Bastions

La vieille-ville de Genève, qui constituait la ville médiévale fortifiée, est constituée de Cité-centre et du quartier de Saint-Gervais. Cité-centre occupe la rive gauche du Rhône, et Saint-Gervais la rive droiteGenève, Cité : morphologie et fortification (Inventaire des monuments d'art et d'histoire)..

Histoire

Cette élévation de terrain abrite d'abord l'oppidum de Genava, peuplé par les Allobroges. Ce nom est quasiment l'homonyme de celui de Genua (actuelle Gênes) en Italie, la particule « gen- » signifiant « embouchure ». Devenue ville romaine puis ville médiévale fortifiée, elle est ceinte de remparts jusqu'au .

Institutions vignette|gauche|Rampe de l'Hôtel-de-Ville. Hôtel-de-Ville Situé dans la rue qui porte son nom, en face de l'ancien arsenal qui abrite les Archives d'État, l'Hôtel-de-Ville, est le siège de la vie politique cantonale et municipale de Genève.

L'édifice s'est développé à partir de la salle des Pas-Perdus et de la Tour Baudet construite en 1455 et qui abrite la salle du Conseil d'État depuis 1488 sans interruption. C'est au milieu du qu'est construite, par Pernet de Fosses et Nicolas Bogueret, la rampe d'accès; puis, plus tard, au tout début du la salle du Conseil des Deux-Cents, ancêtre de l'actuel Grand Conseil. L'aile nord du bâtiment donnant sur la rue de l'hôtel de ville ainsi que la partie couverte de la cour intérieure, garnie de colonnes est l’œuvre de Faul Petitot au milieu du . Jusqu'au , le bâtiment regroupe les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire du canton de Genève. Il abrite également la Chancellerie d'État qui assure le bon fonctionnement du Conseil d'État.

C'est dans la salle de l'Alabama, située au rez-de-chaussée du bâtiment, qu'est signée la première convention de Genève en 1864.

Palais de justice

Culture Religion vignette|Cathédrale Saint-Pierre, vue de la tour sud. Cathédrale Saint-Pierre

La cathédrale Saint-Pierre, située sur la cour de Saint-Pierre, constitue le principal édifice religieux de la ville. La présence d'une cathédrale et d'un ensemble religieux sur le site de Saint-Pierre est attestée depuis le .

C'est durant le Bas-Empire qu'est construite une avec un baptistère (groupe cathédral). Jusqu'au , la structure évolue jusqu'à la création d'un bâtiment unique mais c'est au que le premier prince-évêque de Genève, Arducius de Faucigny, entame la construction de l'actuelle cathédrale romano-gothique — combinant le style roman (remarquables chapiteaux historiés) dans les parties anciennes et le style gothique dans les parties les plus récentes — étape qui s'étend de 1150 à 1250. Construite pour le rite catholique, l'avènement de la Réforme protestante, au milieu du , avec sa philosophie d'austérité bouleverse l'intérieur de l'édifice, le vidant de tout ornement et recouvrant les décors polychromes du Moyen Âge. Seuls les vitraux sont épargnés. Les grands travaux reprennent au avec la réalisation — sur les plans de l'architecte Benedetto Alfieri — du portique gréco-romain entre 1752 et 1756, notamment en raison de la menace d'écroulement de la partie occidentale du bâtiment.

Un site archéologique est installé dans le sous-sol du sanctuaire à la suite du chantier de fouilles, ouvert en 1976 par l'archéologue cantonal Charles Bonnet, qui a marqué le début des recherches de grande ampleur menées sous la cathédrale et ses abords.

Église Saint-Germain

L'église de style gothique tardif date du . Elle est construite sur une basilique chrétienne primitive datant du , dans un quartier au tracé urbain resté pratiquement inchangé depuis le Moyen Âge.

Église russe vignette|L'Église russe de Genève.

Arts vignette|Grand Théâtre. Grand Théâtre

Le Grand Théâtre est l'opéra de Genève construit grâce au legs du duc de Brunswick. Inauguré en 1879 avec la représentation de Guillaume Tell de Rossini, il s'inspire de l'Opéra Garnier de Paris.

Dominant la place, il est ravagé par un important incendie le lors d'une répétition de La Walkyrie. La salle et le toit de l'opéra sont complètement détruits et seules les façades tiennent encore debout à la fin de la journée. Reconstruit, il a rouvert en 1962 avec la version française de Don Carlos.

Le Grand Théâtre présente des ballets, des opéras et des concerts de musique classique.

Conservatoire de musique

Le Conservatoire de musique, fondé en 1835 par le financier et mécène François Bartholoni, est historiquement le premier grand conservatoire de musique suisse. Il regroupe l'École de musique destinée aux non professionnels et la Haute école de musique destinée aux élèves musiciens souhaitant faire carrière. Fondation de droit privé, elle est toutefois subventionnée par le département de l'instruction publique du canton de Genève ainsi que par la ville de Genève.

vignette|Toits du Musée international de la Réforme.

Musées

Le Musée d'art et d'histoire, inauguré en 1910, abrite des collections d'archéologie, de peinture et de sculpture ainsi qu'une partie des arts appliqués. Propriété de la ville de Genève, il est devenu le centre d'un réseau muséographique regroupant notamment : le Cabinet des estampes le Musée Rath est le premier musée de Suisse à avoir été ouvert au public. Consacré aux beaux-arts, il propose des expositions temporaires d'art suisse et international ainsi que d'archéologie. la Maison Tavel, située au numéro 6 de la rue du Puits-Saint-Pierre, constitue la plus vieille maison genevoise encore existante et un exemple d'architecture civile médiévale en Suisse. Elle abrite depuis 1986 un musée de l'histoire urbaine et de la vie quotidienne genevoises. la Bibliothèque d'art et d'archéologie.

La vieille-ville abrite également le musée archéologique de la Cathédrale Saint-Pierre, le Musée international de la Réforme de même que l'Espace Rousseau.

vignette|Aile ouest du collège Calvin.

Collège Calvin

Le collège Calvin est un établissement d'enseignement secondaire situé au numéro 2 de la rue Théodore-de-Bèze. Fondé en 1559 par Jean Calvin, le programme d'enseignement y demeure pratiquement inchangé jusqu'au . C'est alors que l'enseignement des langues étrangères est introduit et que l'on met fin à la pratique des châtiments corporels. Avec l'introduction de la mixité en 1969, il prend son nom actuel.

Espaces verts gauche|vignette|Allée centrale du parc des Bastions. Parc des Bastions

Le parc des Bastions couvre une superficie de et est très populaire. Il est fréquemment visité par les touristes puisque c'est dans son enceinte que se trouve le Mur des Réformateurs.

Il devient le premier jardin botanique de Genève en 1817 et regroupe aujourd'hui encore de nombreuses variétés d'arbres qui sont étiquetées. En bordure du parc se trouvent le bâtiment le plus ancien de l'université (1873) et le Palais Eynard — construit en 1817 pour un banquier suisse par un architecte florentin — qui accueille le siège du Conseil administratif.

Dans ce parc ont lieu la Fête de la musique en juin et la fête nationale du (autour d'un feu de joie). C'est aussi le lieu de départ et d'arrivée de la Course de l'Escalade. Toute l'année on peut y jouer avec des échiquiers et un jeu du moulin géants, ou encore au ping-pong. Des installations sont destinées aux enfants (balançoire, cordes à nœuds).

Un kiosque à musique a été construit en 1882 en tant que « Kiosque pour concerts et pavillon d’été, avec salle de rafraîchissements ». En 1897 l’exécutif genevois envisage sans suite de le transformer en serre, ou en orangerie. Un cinématographe s'y trouve de début 1900 jusqu’aux travaux de rénovation de 1924. Une nouvelle rénovation est réalisée en 1985. En 2008 la buvette est transformée en restaurant avec la possibilité de fermer le kiosque avec une verrière amovible. Il a toujours été possible de se restaurer dans ce bâtiment, qui n'a jamais cessé de recevoir occasionnellement des musiciens.

vignette|Fontaine des Quatre-Saisons.

Jardin anglais

Le Jardin anglais est un jardin public situé au bord du lac Léman sur une parcelle gagnée sur le lac dès 1854 en lieu et place des anciennes fortifications. Il est le premier parc genevois aménagé sur le modèle des jardins à l'anglaise. Profitant de la construction du pont du Mont-Blanc en 1862, le Jardin anglais est remodelé et agrandi pour prendre son aspect définitif. En 1870-1871, le Jardin est à nouveau étendu à l'occasion du prolongement du quai des Eaux-Vives (futur quai Gustave-Ador).

En 1857, une fontaine achetée à Paris est installé dans le jardin mais, jugée trop petite, elle est remplacée par l'actuelle fontaine monumentale des Quatre-Saisons en bronze datant de 1862.

À la périphérie occidentale du jardin se trouvent le Monument national inauguré le 1869 et la célèbre horloge fleurie, symbole de l'importance de Genève dans l'horlogerie suisse. On y trouve également un bâtiment classé à l'inventaire et abritant aujourd'hui un restaurant ainsi qu'un square à musique accueillant de nombreux concerts en été.

Promenades vignette|Promenade Saint-Antoine. Treille et Saint-Antoine La promenade de la Treille est une étroite promenade arborisée coincée entre les hôtels particuliers de la rue des Granges, l'Hôtel-de-Ville et les remparts dominant le parc des Bastions. Elle est notamment connue pour son banc long de . et ses marronniers dont l'un sert au sautier pour déterminer le début officiel du printemps. C'est ici que l'on tire au canon, le au matin, en souvenir de la Restauration de la république en 1813 à la suite de l'occupation française. Une statue y rappelle le souvenir de Charles Pictet de Rochemont, chef de la délégation genevoise au Congrès de Vienne de 1815.

La promenade Saint-Antoine, quant à elle, est située sur le terre-plein d'un ancien bastion dominant la partie orientale de la cité.

Pin et Observatoire

Places vignette|Place du Molard. Molard

L'espace de l'actuelle place du Molard a longtemps été occupé par un port ouvert sur le lac Léman. La tour qui domine la place sur son côté septentrional est un ancien ouvrage militaire intégré à l'enceinte qui fermait la ville et protégeait le port au . Reconstruite sous sa forme actuelle en 1591, elle est par la suite ornée de frises peintes, d'armoiries des principaux acteurs de l'histoire du Moyen Âge et de la Réforme protestante ainsi que d'une plaque sculptée à la gloire de « Genève, cité de refuge ». Le lac allait jusqu'à son pied et une douve permettait de faire décharger des marchandises. Les Halles du Molard attenantes, édifiées en 1690, servent alors de plate-forme aux échanges de Genève avec le reste du bassin lémanique.