Alfredo Pérez Rubalcaba est un homme d'État espagnol membre du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), né le à Solares en Cantabrie et mort le à Majadahonda.

Il adhère au PSOE dans les années 1970 et se spécialise alors dans le domaine de l'enseignement. Haut fonctionnaire du ministère de l'Éducation dans les années 1980, il en prend la tête en 1992, puis est nommé, un an plus tard, ministre de la Présidence et porte-parole du dernier gouvernement de Felipe González.

À la suite du passage des socialistes dans l'opposition, en 1996, il monte progressivement dans l'appareil et devient le représentant du parti dans le domaine de la lutte contre le terrorisme basque, aux côtés des secrétaires généraux Joaquín Almunia et José Luis Rodríguez Zapatero. Une fois le PSOE revenu au pouvoir, en 2004, il est porté à la tête du groupe parlementaire, avant de revenir au gouvernement, en 2006, comme ministre de l'Intérieur.

Lors du remaniement de 2010, il est promu premier vice-président du gouvernement et porte-parole, ce qui fait de lui le numéro deux de l'exécutif. En 2011, il est investi candidat socialiste à la présidence du gouvernement pour les élections législatives suivantes et annonce son départ du gouvernement.

Défait par le Parti populaire (PP), il est élu en 2012 secrétaire général du PSOE. Il démissionne de cette fonction après l'échec socialiste aux élections européennes de 2014 et se retire de la vie politique. Il meurt cinq ans plus tard des suites d'un accident vasculaire cérébral. Sa mort suscite une vive émotion au sein de la classe politique et de la population.

Famille et formation Alfredo Pérez Rubalcaba naît le à Solares, en Cantabrie.. Il est le fils d'un soldat ayant combattu parmi les nationalistes pendant la guerre civile espagnole tandis que son grand-père maternel était républicain, ce qu'il n'apprendra qu'au début des années 1980..

Il suit son enseignement primaire et secondaire au Colegio Nuestra Señora del Pilar, à Madrid. Il a ensuite étudié les sciences chimiques à l'université Complutense de Madrid, se spécialisant en chimie organique et biochimie.

Il soutient sa thèse de doctorat en 1978 et obtient le prix extraordinaire. Trois ans avant, lors des championnats nationaux universitaires, il était parvenu à courir le 100 mètres en 10,9 secondes, sous les couleurs de la section d'athlétisme du Celta de Vigo.

Vie professionnelle Universitaire Professeur titulaire de chimie organique au département du même nom à l'université Complutense de Madrid, il a également travaillé à l'université de Constance, en Allemagne, et de Montpellier, en France. Son travail de recherche sur la chimie organique s'est surtout concentré sur des mécanismes de réaction qui l'ont conduit à publier une trentaine d'articles scientifiques.

Haut fonctionnaire Il entre dans la haute fonction publique en , lorsqu'il devient directeur du cabinet technique du secrétaire d'État chargé de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Il occupe ce poste jusqu'à sa nomination comme directeur général des Enseignements universitaires, en .

Politique Débuts Il adhère au Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) en 1974, et commence à travailler avec la Fédération socialiste madrilène (FSM), puis au sein des commissions de l'Enseignement et de la Recherche, aussi bien dans le parti que son groupe parlementaire. Le , il entame sa carrière politique en tant que secrétaire général de l'Éducation du ministère de l'Éducation et de la Science. Il est promu secrétaire d'État le .

Entrée au gouvernement À l'occasion du remaniement ministériel causé par la démission de Francisco Fernández Ordóñez, Alfredo Pérez Rubalcaba est nommé ministre de l'Éducation et de la Science le . Élu député de la province de Tolède aux élections générales anticipées du , il est choisi le suivant comme ministre de la Présidence et porte-parole du gouvernement. À ce poste, il a toujours nié une quelconque relation entre l'exécutif socialiste et les groupes antiterroristes de libération (GAL).

Pilier du PSOE contre le terrorisme basque Lors des élections générales anticipées du , il est élu député pour la Communauté de Madrid, tandis que le PSOE est renvoyé dans l'opposition après quatorze ans au pouvoir. Il devient alors porte-parole du groupe socialiste à la commission parlementaire de la Science et de la Technologie. En , il entre à la commission exécutive fédérale du parti, sur proposition de son nouveau secrétaire général, Joaquín Almunia.

Il se voit confier les responsabilités de secrétaire à la Communication et sera l'un des principaux responsables du maintien des discussions avec le gouvernement conservateur concernant l’Euskadi ta Askatasuna (ETA) après la trêve de 1999. Avec l'arrivée de José Luis Rodríguez Zapatero à la tête des socialistes en 2000, il devient membre du comité fédéral puis le chef de la délégation socialiste qui négocie et signe, en , l'accord pour les libertés et contre le terrorisme avec le Parti populaire (PP) au pouvoir.

Retour au gouvernement Victoire électorale de 2004 Il est choisi en 2004 comme responsable de la stratégie électorale du PSOE pour les élections générales du 14 mars, étant considéré comme l'un des principaux artisans de la victoire du parti. Le , soit deux jours après les attentats de Madrid, il critique ouvertement le gouvernement de José María Aznar pour avoir attribué ce crime à l'ETA, déclarant en conférence de presse que « Les Espagnols méritent un gouvernement qui ne leur ment pas » « Toda la oposición acusa al Gobierno de manipular y ocultar información », El País, le .. Le lendemain, les socialistes obtiennent 42,6 % des voix et 164 députés sur 350, soit seize de plus que le PP désormais dirigé par Mariano Rajoy. Il devient par la suite porte-parole du groupe parlementaire du PSOE au Congrès des députés « Bono acepta el Ministerio de Seguridad y Rubalcaba será el portavoz parlamentario », El País, le ..

Ministre de l'Intérieur puis numéro deux Le , Alfredo Pérez Rubalcaba revient au gouvernement, au poste de ministre de l'Intérieur. Il est alors chargé de gérer un nouveau cessez-le-feu proclamé par les terroristes basque, qui se termine tragiquement huit mois plus tard, lors d'un attentat à l'aéroport Adolfo Suárez, de Madrid-Barajas. Réélu député, en Cantabrie, lors des élections générales du , il est reconduit à son poste gouvernemental le suivant.

Dans le second grand remaniement ministériel du second gouvernement Zapatero, le , il en est propulsé numéro deux en récupérant les fonctions de premier vice-président et porte-parole. Il s'affirme l'année suivante, avec la ministre de la Défense, Carme Chacón, comme un favori dans la course à la succession de José Luis Rodríguez Zapatero, qui annonce au début du mois d' qu'il ne sera pas candidat aux prochaines élections générales. Le , il annonce officiellement sa candidature à la primaire socialiste devant le comité fédéral du PSOE « Alfredo Pérez Rubalcaba se presentará a las primarias del PSOE », Público, le ..

Au cours de l'année 2011, il est régulièrement mis en cause par le Parti populaire (PP) dans l'affaire Faisán, notamment lors des séances de questions au gouvernement au Congrès des députés « El PP pide que Rubalcaba aclare al Congreso el caso Faisán y las actas de ETA », La Vanguardia, le . « El PP vuelve a preguntar directamente a Rubalcaba por el 'caso Faisán' en el Congreso », La Voz Libre, le ., le vice-secrétaire général du parti, Esteban González Pons, allant jusqu'à la comparer avec l'affaire Gürtel « El PP exige a Rubalcaba que actúe como Camps », Aragon 2, le ..

Secrétaire général du PSOE Candidat à la présidence du gouvernement Aucun autre prétendant n'ayant rempli les conditions pour se présenter « Los precandidatos a las primarias no consiguen los avales suficientes », El País, le ., il est proclamé candidat à la présidence du gouvernement le , son investiture officielle étant programmée le « Rubalcaba, candidato socialista definitivo a las generales », El País, le .. La veille de cette investiture, il profite de la conférence de presse postérieure à la réunion hebdomadaire du conseil des ministres pour annoncer sa démission du gouvernement, à la surprise des journalistes présents « Rubalcaba: "Les anuncio que abandono el Gobierno" », El País, le ..

Lors de son discours d'investiture comme candidat, il propose d'axer sa campagne sur quatre thèmes, principalement liés aux effets de la crise économique mondiale et du mouvement des Indignés, à savoir la création d'emplois par une taxe sur les bénéfices bancaires, la relance de l'économie par la redistribution des produits d'un nouvel impôt sur le patrimoine tout en luttant contre l'endettement public, la défense de l'État providence, et notamment la gratuité de la santé, et la rénovation du système politique, en accentuant le combat contre la corruption et réformant la loi électorale, pour assurer à la fois proximité et proportionnalité « Cuatro ejes: empleo, economía, Estado de bienestar y calidad democrática », El País, le ..

Défaite aux législatives Lors du scrutin, le PSOE ne remporte que 28,7 % des voix et 110 députés, soit un recul de 59 sièges, alors que le PP, avec 44,6 % des suffrages, parvient à franchir la majorité absolue au Congrès des députés, en obtenant 186 députés. Peu après cette lourde défaite, Rubalcaba demande la convocation d'un congrès socialiste le plus vite possible, sans toutefois faire connaître ses intentions quant à la direction du parti « Rubalcaba pide un congreso pero no desvela su futuro », ABC, le .. Alors qu'une candidature de la ministre de la Défense, Carme Chacón, qui s'était retirée avant la tenue de la primaire en , semble envisageable « El futuro de Chacón, en el aire », La Vanguardia, le ., il reçoit, deux ou trois jours après les élections, le soutien d'importantes personnalités socialistes, comme José Antonio Griñán, Patxi López, Marcelino Iglesias, Guillermo Fernández Vara et Manuel Chaves, pour sa candidature au poste de secrétaire général « Griñán, López, Iglesias y Vara defienden la valía de Rubalcaba pero no le nominan », El País, le . « Chaves: “Me gustaría que Rubalcaba fuera candidato” », El País, le .. Dès le , José Luis Rodríguez Zapatero confirme la tenue d'un congrès ordinaire en , cinq mois avant le terme du délai statutaire « Zapatero convoca un congreso ordinario en la primera semana de febrero », El País, le ..

Élection au congrès de Séville Le , Alfredo Pérez Rubalcaba annonce qu'il sera candidat au poste de secrétaire général du Parti socialiste lors du XXXVIII congrès fédéral, à Séville. Il affirme que le parti doit redevenir le défenseur des classes populaires, tout en soutenant les classes moyennes, et porter un message unique sur tout le territoire et non en fonction de chaque communauté autonome. Il appelle également à une plus grande ouverture du PSOE vers la société, notamment par la tenue d'élections primaires ouvertes pour désigner le candidat à la présidence du gouvernement, point commun avec son adversaire, Carme Chacón « Rubalcaba defiende "un PSOE unido que diga lo mismo en todas partes" », El País, le .. Il présente sa candidature au siège de l'Union générale des travailleurs (UGT) entouré de jeunes députés, dont Juan Moscoso del Prado et María González Veracruz, nommés porte-paroles de sa campagne « Rubalcaba se rodea de caras nuevas en su presentación como candidato », El País, le .. Le , il est élu secrétaire général du parti« Alfredo Perez Rubalcaba élu de justesse à la tête du Parti socialiste », RFI, le ., obtenant 487 voix, soit 51,16 % des exprimés, contre 465 à Chacón, sa concurrente.

Retrait de la vie politique