José Bono Martínez (), né le à Salobre (province d'Albacete), est un homme d'État espagnol membre du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Il est président de Castille-La Manche entre et , ministre de la Défense de à et président du Congrès des députés entre et .

Bien qu'il soit fils d'un maire phalangiste, il s'engage à gauche à la fin des années 1960, d'abord comme syndicaliste étudiant, puis au sein du Parti socialiste populaire (PSP). L'échec de ce dernier le convainc de l'importance de l'unité du bloc socialiste, aussi rejoint-il le PSOE. Il est secrétaire du Congrès des députés entre et .

Il accède en à la présidence de la Junte des communautés de Castille-La Manche. Il l'occupe 21 ans et remporte chaque élection autonomique avec une majorité absolue aux Cortes. Sa longévité et son influence font de lui l'un des premiers « barons » du socialisme espagnol. Il s'illustre par son opposition au transfert d'eau Tage-Segura, par le vote de la toute première contre les violences faites aux femmes et par sa dénonciation des nationalismes périphériques.

À la suite de la défaite du Parti socialiste aux élections générales de 2000, il postule au secrétariat général du PSOE mais est battu de neuf voix par José Luis Rodríguez Zapatero lors du congrès socialiste. En , Zapatero le nomme ministre de la Défense, après avoir envisagé de le nommer ministre de l'Intérieur. José Bono démissionne en , pour marquer son opposition au nouveau statut d'autonomie de la Catalogne, et se retire de la politique.

Il y revient dès , comme président du Congrès des députés. Il est le premier élu au second tour à la majorité relative depuis la fin du franquisme. Il refuse la proposition d'Alfredo Pérez Rubalcaba de se représenter aux élections de 2011 et quitte définitivement la vie politique. Il reste néanmoins présent dans l'actualité en publiant entre 2012 et 2019 ses mémoires, basés sur le journal qu'il tient quotidiennement depuis 1992.

Famille Parents vignette|gauche|redresse|José Bono naît à Salobre, en Albacete, en 1950. José Bono Martínez naît le à Salobre, un village du sud-ouest de la province d'Albacete. Il est le fils de José Bono Pretel, un marchand de tissu qui sera maire phalangiste de la ville entre et , et d'Amelia Martínez Soria. Ils se sont mariés dix mois plus tôt, le ..

Sa mère meurt de manière totalement inattendue le durant une grossesse, alors qu'il n'a que seize ans...

Son père trouve la mort dans un accident de la circulation le à Salobre : après avoir percuté un de la Garde civile, la voiture termine sa course dans un précipice.. José Bono apprend quelques jours plus tard, en récupérant ses effets personnels, qu'il avait adhéré au Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et à l'Union générale des travailleurs (UGT) après la tentative de coup d'État du lieutenant-colonel Tejero sans l'en informer..

Épouse et enfants Il épouse le à Madrid Ana María Rodríguez Mosquera, sociologue de formation. Le couple a quatre enfants : Amelia, Ana, José et Sofia (adoptée en ). Ils annoncent leur divorce par consentement mutuel le , quatre ans après avoir vécu une grave crise qui avait amené José Bono à quitter le gouvernement espagnol..

Il revendique sa foi catholique. et réside à Olías del Rey, dans la province de Tolède..

Jeunesse Scolarité et profession vignette|Bono étudie le droit à l'université de Deusto. José Bono commence sa scolarité dans sa ville natale, puis intègre en le collège jésuite de l'Immaculée, à Alicante. Il y entre sur les conseils que son père a reçus du gouverneur civil d'Albacete. Sept ans plus tard, alors qu'il est sur le point d'effectuer un noviciat, il y renonce pour poursuivre des études de droit et sciences économiques à l'Institut catholique d'administration des entreprises (ICADE) de Madrid.

Il obtient sa licence en à l'université de Deusto. Il devient deux ans plus tard avocat en droit de la famille et du travail, et professeur de droit politique de l'université pontificale de Comillas jusqu'en . Il plaide à plusieurs reprises devant le tribunal de l'ordre public (TOP), la juridiction d'exception du régime franquiste chargée des .

Il représente en la famille de l'avocat communiste Luis Javier Benavides, assassiné durant le massacre d'Atocha de 1977, lors du procès devant la chambre pénale de l'Audience nationale, qui condamne les accusés à plusieurs centaines d'années de prison..

Débuts en politique Au Parti socialiste populaire Il débute en politique en adhérant en au Syndicat démocratique des étudiants universitaires madrilènes (SDEUM). Il est interpellé et brièvement arrêté alors qu'il transporte de la propagande clandestine dans le quartier ouvrier de Villaverde. Il rejoint en le Parti socialiste intérieur (PSI) d'Enrique Tierno Galván, qui se transforme ensuite en Parti socialiste populaire (PSP).

Ayant assisté en au congrès du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) à Toulouse qui consacre Felipe González au secrétariat général, il se réinstalle cinq ans plus tard à Albacete. Il forme alors une candidature de coalition avec un parti démocrate-chrétien pour les élections constituantes du 15 juin 1977 dans la circonscription d'Albacete, le Centre gauche d'Albacete (, CCIA). Tête de liste, il recueille 7 % des voix et aucun siège, loin derrière les résultats de l'Union du centre démocratique (UCD) et du PSOE.

Du PSOE au Congrès des députés vignette|redresse|José Bono est nommé quatrième secrétaire du Congrès moins d'un an après sa première élection. L'échec du PSP au cours du scrutin, qui totalise moins de 5 % des suffrages exprimés et seulement six députés sur 350, fait de José Bono l'un des plus fervents partisans de l'unité socialiste. Il obtient gain de cause lorsque le Parti socialiste populaire rallie le Parti socialiste ouvrier espagnol un an plus tard, en .

Le comité fédéral du PSOE, réuni le à Madrid, l'investit en tête de la liste socialiste dans la circonscription électorale d'Albacete pour les élections générales du suivant.. Huit mois plus tard, il devient le quatrième secrétaire du bureau du Congrès des députés.. Il succède à Leopoldo Torres, promu deuxième secrétaire en remplacement de María Izquierdo. Il est élu par favorables ; Torres recueillant tandis que 122 parlementaires votent blanc.. Initialement, le groupe socialiste avait envisagé de proposer directement le nom de José Bono pour le poste de deuxième secrétaire..

Lorsque se produit la tentative de coup d'État du lieutenant-colonel Tejero le , il est sur l'estrade du bureau du Congrès, où se tient le vote d'investiture de Leopoldo Calvo-Sotelo.. À l'occasion de la rénovation de l'hémicycle sous la , il acquiert pour le siège sur lequel il se trouvait à ce moment-là..

Pour les élections générales du 28 octobre 1982, il est confirmé en première position sur la liste du PSOE d'Albacete.. Après le scrutin, il quitte le bureau et prend la présidence de la commission du Statut des députés.. Selon le journal ABC, il fait partie des huit parlementaires ayant voté lors de l'élection de Gregorio Peces-Barba à la présidence du Congrès, afin de signifier son mécontentement d'avoir été exclu du bureau, ce qu'il nie vigoureusement..

Président de Castille-La Manche Engagé dans le processus d'autonomie

vignette|José Bono est le porte-parole socialiste à l'Assemblée des parlementaires de Castille-La Manche pendant le processus d'autonomie. Au sein de la Junte provisoire de Castille-La Manche, il exerce à partir de le rôle de porte-parole du groupe socialiste. Le , il organise le départ des élus du PSOE d'une réunion organisée à la députation provinciale de Guadalajara afin de protester contre le règlement proposé par le président Antonio Fernández-Galiano, de l'Union du centre démocratique (UCD) : alors que les socialistes souhaitent que seuls les membres du conseil exécutif puissent diriger un département administratif, les centristes veulent ouvrir cette possibilité à des personnalités extérieures. Le règlement est alors approuvé avec les seules voix de l'UCD.. Le , il indique que son groupe votera en faveur du centriste Gonzalo Payo pour prendre la succession de Fernández-Galiano à la présidence provisoire de la communauté autonome, saluant le travail réalisé par le sortant et son traitement équilibré des différentes forces politiques régionales..

Il annonce le que son parti votera en faveur d'un appel lancé par la Junte provisoire aux cinq députations provinciales et aux communes du territoire régional afin que celles-ci déclenchent le processus d'accession à l'autonomie de la Castille-La Manche. La requête est approuvée à l'unanimité des trois partis représentés au sein de l'institution.. Lors de l'adoption du statut d'autonomie par le Congrès des députés le , il exprime sa satisfaction et rejette en bloc les arguments développés par le communiste Jordi Solé Tura, qui critique de son côté un texte convenu entre l'UCD et le PSOE afin de se répartir la carte électorale..

Vingt ans de majorité absolue Contestation originelle Lors d'une réunion du comité régional du Parti socialiste de Castille-La Manche-PSOE (PSCM-PSOE) à Alcázar de San Juan le , le président de la Junte des communautés provisoire Jesús Fuentes Lázaro est investi chef de file aux élections régionales du 8 mai 1983 contre son conseiller à la Présidence José María Gómez, qui devait initialement être choisi comme candidat...

Pourtant le , la commission exécutive fédérale du PSOE désavoue sa fédération régionale et investit José Bono. Cette décision est critiquée par les socialistes de Cuenca, de Guadalajara et de Tolède mais soutenue par ceux d'Albacete et de Ciudad Real. Au cours de sa réunion du , le comité fédéral confirme l'investiture de José Bono, sans tenir compte des protestations émises par les délégués du PSCM-PSOE...

Six victoires électorales consécutives vignette|upright=0.8|Bono devient en 1983 président de Castille-La Manche. Le jour du scrutin, alors qu'il est lui-même élu député régional d'Albacete, il remporte 47 % des voix et sur 44 aux Cortes, soit l'exacte majorité absolue.. Le suivant, à l'âge de , José Bono est investi président de la Junte des communautés de Castille-La Manche, avec comme objectif prioritaire la mise en œuvre du statut d'autonomie.. Il démissionne aussitôt du Congrès.

Aux élections régionales du 10 juin 1987, il confirme sa majorité absolue avec 46,8 % des suffrages et sur 47.. Quatre ans plus tard, en obtenant 52,6 % des voix et , il obtient sa première majorité absolue en voix.. Il parvient à se maintenir au pouvoir, avec et 46,1 % des voix, lors des élections du 28 mai 1995, étant alors le seul socialiste à remporter la majorité absolue au niveau régional..

Il est une nouvelle fois reconduit à la tête de la Castille-La Manche lors des élections régionales du 13 juin 1999, obtenant 54,1 % des voix et sur 47.. Candidat pour un sixième mandat consécutif aux élections régionales du 25 mai 2003, il y remporte 58,6 % des voix et , son meilleur résultat depuis 1983, obtenant ainsi la majorité qualifiée des trois cinquièmes aux Cortes..

Avec le président de la Junte d'Andalousie Manuel Chaves, au pouvoir entre 1990 et 2009, et le président de la Junte d'Estrémadure Juan Carlos Rodríguez Ibarra, au pouvoir de 1983 à 2007, ils forment les trois () originels du Parti socialiste de Felipe González. Le terme, qui faisait référence à l'obtention d'un important pouvoir dans un fief régional, a depuis été repris pour désigner de façon générique un dirigeant territorial d'un des deux grands partis espagnols..

Opposition à un projet de champ de tir militaire vignette|Bono s'oppose avec succès à l'installation d'un champ de tir de l'armée de l'air à Cabañeros.