Bourbon-Lancy est une commune française située dans le département de Saône-et-Loire en région Bourgogne-Franche-Comté.
Elle est connue, notamment, pour sa station thermale, qui est la dernière encore en activité en Bourgogne avec celle de Saint-Honoré-les-BainsMichel Pauty, Du siècle à aujourd'hui, les destins contrastés de nos stations thermales, revue « Pays de Bourgogne » n° 232, avril 2012, pp. 21-31..
Géographie Localisation Bourbon-Lancy est une petite cité médiévale dans le sud-ouest de la Bourgogne. Elle est située à l’extrémité ouest du département de Saône-et-Loire, à la limite avec l’Allier et la Nièvre. Bourbon-Lancy est à de Digoin, à de Moulins et à de Montceau-les-Mines.
Voies de communication et transports La commune est accessible par autocar depuis Moulins (Réseau départemental trans’allier.).
Géologie et relief Deux unités géologiques existent : le socle primaire du Morvan à l'est et la Limagne tertiaire à l'ouest ; elles sont séparées par une grande dislocation (rupture de couches terrestres) qu'empruntent les sources thermales pour venir au jour..
Hydrographie On compte un ruisselet, dit le BorneFascicule Guide de Bourbon-Lancy, 1955, .. La Loire se trouve à trois kilomètres.
Les thermes Les bains de Bourbon-Lancy sont réputés pour soigner les rhumatismes. On compte plusieurs sources chaudes : la Limbe () et Saint-Léger, Valois, La Reine et Descures (au-dessus de )Fascicule Guide de Bourbon-Lancy, 1955, ..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Centre et contreforts nord du Massif Central, caractérisée par un air sec en été et un bon ensoleillement.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Vitry-sur-Loire à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Bourbon-Lancy est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Isolée, elle constitue une unité urbaineUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. monocommunale.. Par ailleurs, elle est le centre d'une aire d'attractionLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (71 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (72,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (49,2 %), forêts (17,4 %), zones agricoles hétérogènes (12,8 %), terres arables (8,9 %), zones urbanisées (7,8 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (1,7 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (1,2 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,8 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Aquae Nisinei au ; Aquae Borvionis seu Borvonis au ; Aquae Borvionis seu Borvonis au ; Aquae Bormonis au . ; Borvonia au ; « Capitalium seu castellum de Thermis prope Ligerim » (913) ; In pago Burbunensi (fin ) ; «In pago Augustudunense, in vicinio castri Borboni » (1030-1040) ; Ansedeus Borbon al. Borbonensis, de Burbon, de Bourbon () ; Apud Borbonem () ; Apud Borbonium (1262/63) ; Feodum de Borbon Lanseys…, Versus Borbonium Lenseis (1279) ; Borbon Lenseiz (1293/94) ; Borbon Lanseis (1302/03) ; Dominus de Borbonis Lanxeis (1367) ; Bourbon Lanceiz (1473/74) ; Bourbon Lanceis (1503) ; Bourbon Lancie (1557) ; Bourbon Lancy (1551) ; Bourbon Lenceix (1552) ; Bourbon-Lancy (1666) ; Bellevue-les-Bains (1793) ; Bourbon-Lancy (1814)..
La bourgade celtique est placée sous la protection de Borvo, autrement BormoVenceslas Kruta, Les Celtes, Histoire et Dictionnaire, p. 483. ; Borvo / Bormo est la divinité gauloise des sources thermales. Plus tard, la romanisation engendre une désignation des stations thermales sous le nom d’Aquis « (des) Eaux » (> . Ablatif locatif pluriel. Rendu par Aquae dans les textes) en ajoutant le nom de la divinité à laquelle les eaux étaient consacrées.
Histoire Antiquité vignette|Dédicace à Borvo et Damona, les divinités tutélaires du sanctuaire de source antique de Bourbon-Lancy (Autun, musée Rolin). Bourbon-Lancy est surtout connue depuis l’Antiquité pour ses eaux thermales qui, des Romains aux curistes du , soignent les rhumatismes.
L'agglomération d'époque romaine, située sur le territoire du peuple des Éduens, semble s'être développée sous les règnes des empereurs Auguste et Tibère en périphérie d'un important sanctuaire des eaux dont les divinités tutélaires, Borvo / Apollon et Damona, sont connues par plusieurs inscriptions antiques trouvées dans la communeCIL XIII, 2805, 2806, 2807, 2808, 2809.. Ce lieu de culte devait se trouver à proximité des thermes actuels, qui recouvrent les captages de source et les thermes romains, encore visibles au XVIIe siècleComier, "Lettre touchant les eaux minérales de Bourbon-Lancy", Mercure Galant, juillet 1681, p. 175-198.. Un important réseau de galeries antiques liées à l'évacuation des eaux est encore conservé sous le parc thermalBarriquand L., "Le collecteur d'eau gallo-romain des thermes de Bourbon-Lancy", in Notet J.-C. (dir.), 20 ans d'Archéologie en Saône-et-Loire, Montceau-les-Mines, CDRA 71, 2019, p. 15-22.. Le lieu de culte, ses sources d'eaux chaudes et son bois sacré sont décrits de manière allusive par un orateur éduen dans un discours d'invitation à l'empereur Constantin en 310Panégyriques latins, VII, 22..
Dans sa plus grande extension, l'agglomération d'époque romaine s'étendait des thermes aux environs de l'église Saint-Nazaire et au plan d'eau du Breuil. La ville figure sur la table de Peutinger. sous le nom dAcquis Bormonis. Outre les activités liées au sanctuaire, l'agglomération abritait des activités artisanales dont des ateliers de production de statuettes en terre cuite à l'emplacement du plan d'eau du Breuil..
Moyen Âge et Renaissance L'agglomération du haut Moyen Âge est documentée par la découverte de sarcophages à l'emplacement de l'ancienne église Saint-MartinCommunication de MM. A. Héron de Villefosse et M. Boirot, séance du 6. 11. 1912, Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France, 1912, p. 395-405 et de monnaies des empereurs byzantins Zénon et JustinienBoirot M., Histoire de Bourbon-Lancy. Manuscrit dactylographié, sans date. Conservé à la Mairie de Bourbon-Lancy, p. 170.. Elle abrite alors un atelier monétaire qui frappe des monnaies à la légende BORBON CAS(TRUM)Prou M., Catalogue des monnaies françaises de la Bibliothèque Nationale. Catalogue des monnaies mérovingiennes. Paris, 1892, n° 146-147, pl. III, n° 12..
Sur l'éperon surplombant les thermes, on bâtit durant le Moyen Âge un château fort orné de sept tours. La ville compte comme patrimoine médiéval un beffroi (qui auparavant était garni d'un pont-levis et d'une grilleFascicule Guide de Bourbon-Lancy, 1955, .), le vieux quartier et un rempart, ainsi qu'une église (église Saint-Nazaire, datant du et remaniée au ) du roman primitif, qui lui vaut d'être membre des sites clunisiens. Elle a été le Fascicule Guide de Bourbon-Lancy, 1955, ..
Bourbon-Lancy constituait une baronnie. Au , les seigneuries de Bourbon-Lancy et d'Uchon étaient aux Semur de Luzy puis aux Châteauvillain. Mais bien auparavant, depuis le au moins, une famille de Bourbon dominait la région de l'Arroux en Autunois, comme l'a montré l'historien Jean Richard.., dont les membres se nommaient notamment Ancéis (Ansei, Anséide, Ansedeus), et Bourbon l'Ancéis s'est transformé en Bourbon-Lancy. Cette famille a donné de nombreux rameaux à la généalogie compliquée : les Montperroux, les Clessy (cf. la postérité naturelle du duc Louis) etc. Il est plausible que par des mariages Bourbon-Lancy soit passé aux Semur.. puis aux Châteauvillain.
Jean de Châteauvillain († 1313 ; fils de Simon de Broyes-Châteauvillain) possédait Luzy, ainsi que Thil-sur-Arroux, Uchon, Bourbon-Lancy et Semur (terres qu'il engage un moment au duc Robert en 1282).. Son fils cadet Guy/Guyot de Châteauvillain-Luzy († 1288), transmet Luzy et Semur à son fils Jean († 1339), alors qu'Uchon et Bourbon passent à sa fille Marie († ap. 1335), qui épouse en 1311 Guillaume II de Mello (né vers 1280/1285-† v. 1326), seigneur d'Époisses et de Givry. Les Mello. vont tenir Uchon et Bourbon jusqu'à la fin du : Guillaume II de Mello d'Epoisses (il était le fils de Guillaume de Mello d'Epoisses - † vers 1283/1285 ; arrière-petit-fils du connétable Dreu IV et petit-neveu de Dreu V de Mello - et d'Agnès de Saint-Vérain) et sa femme Marie de Châteauvillain-Luzy les transmettent à leur dernier fils Guy de Mello († v. 1370) puis à une fille de ce dernier, Marie de Mello, femme de Guillaume de La Trémoïlle († v. 1397 ; maréchal de Bourgogne, oncle de Georges).