Les réserves de pétrole au Venezuela sont parmi les plus importantes du monde, mais le type de pétrole qu'on y trouve est plus cher à extraire que celui d'Arabie Saoudite..

Histoire L'exploitation du pétrole au Venezuela commence après la découverte en 1922 d'un important gisement dans le bassin de Maracaibo par une compagnie anglo-néerlandaise, la Royal Dutch Shell. Dès les années 1930, le pays est devenu le premier exportateur mondial de brut et le deuxième producteur, derrière les États-Unis. La production pétrolière est contrôlée à plus de 80 % par la Royal Dutch Shell et les compagnies américaines Standard Oil of New Jersey [future ExxonMobil] et Gulf Oil [future Chevron]. Le reste est aux mains de petites entreprises étrangères. Le dictateur Juan Vicente Gomez [1908-1935] se montre très accommodant : toutes bénéficient de conditions très avantageuses, les concessions sont de longue durée et les redevances inférieurs à 7 %.

Dans les années 1940 le gouvernement vénézuélien tente progressivement de renforcer le contrôle national sur le pétrole. Un nouveau cadre juridique impose à partir de 1943 aux opérateurs pétroliers de partager leurs bénéfices à parts égales avec l’État. Dans le même temps, un terme est fixé aux concessions, avec l'année 1983 comme date butoir. Les compagnies américaines ont tenté de faire obstacle à ces réformes mais le président Franklin Roosevelt, qui en pleine Seconde Guerre mondiale souhaitait conserver de bons rapports avec Caracas, leur impose de les accepter.

En 1975, deux ans après le premier choc pétrolier, le président social-démocrate Carlos Andres Perez (1974-1979) nationalise le pétrole vénézuélien, qui passe sous le contrôle de Petroleos de Venezuela (PDVSA), la compagnie nationale crée à cette occasion. Les compagnies étrangères bénéficient d'une indemnisation généreuse et peuvent continuer à raffiner et commercialiser le brut vénézuélien.

Les années 1990 voient la libéralisation du secteur pétrolier. Cette politique d’« ouverture pétrolière » vise à enrayer la baisse de la production après des années de chute des prix du pétrole. Le Venezuela n’a pas la technologie nécessaire pour exploiter les pétroles extralourds de la ceinture de l’Orénoque, dans l’est du pays. Afin d’attirer les compagnies étrangères pour ces projets qui exigent de gros investissements pour des marges réduites, le gouvernement propose alors des royalties à 1 % seulement. Parallèlement, PDVSA sous-traite avec des compagnies privées l’exploitation de certains gisements.

Dans les années 2000 le président socialiste Hugo Chávez souhaite replacer le pétrole sous le giron de l’État pour financer sa politique de redistribution des richesses. Un conflit avec PDVSA, qui a suivi la tentative de coup d’État d’avril 2002, conduit à une grève de plusieurs mois qui fait entrer l'économie vénézuélienne dans une forte récession et menace de faite chuter le gouvernement. Ce dernier licencie 18 000 membres du personnel, soit près de la moitié des effectifs, affaiblissant durablement les capacités opérationnelles de la compagnie.

En 2006, les multinationales étrangères sont sommées de renégocier leurs contrats et d’intégrer des coentreprises contrôlées par PDVSA. ConocoPhillips et ExxonMobil refusent ces nouvelles règles et quittent le Venezuela, engageant des procédures d’arbitrage international pour obtenir une indemnisation de la saisie de leurs actifs. D’autres choisissent de rester, comme l’américaine Chevron, l’espagnole Repsol ou encore la française Total.

PDVSA est placée sous sanctions américaine à partir de 2019, ce qui provoque l'effondrement de l'entreprise. La production de pétrole chute à 700 000 barils par jour contre 2,3 millions en 2015. Le Venezuela évalue les pertes de l’industrie pétrolière à 232 milliards de dollars entre 2015 et 2024.. Depuis 2025, les pays achetant du pétrole vénézuélien subissent la mise en place de droits de douane supplémentaires de 25 % sur leurs échanges commerciaux avec les États-Unis.

Les États-Unis mettent en avant la question pétrolière pour justifier leur attaque sur le Venezuela de janvier 2026, affirmant avoir été spoliés lors des mesures de nationalisation de 1975 et 2006. Le président américain Donald Trump y voit « l’un des plus grands vols de propriété américaine », justifiant d’aller « récupérer » ces ressources au bénéfice des Etats-Unis. Le pétrole vénézuélien est placé sous contrôle américain après cette attaque.

Les États-Unis annoncent en août 2026 un « accord » avec le Venezuela : un quart des réserves pétrolières vénézuéliennes passeront sous contrôle américain, soit plus de 65 milliards de barils selon Washington. Cette annonce génère une indignation généralisée au Venezuela. L'ensemble des mouvances politiques, du Parti communiste aux opposants de droite en passant par le chavisme, dénonce un pillage des ressources du pays.

La ceinture de l'Orénoque vignette|Bassin de pétrole lourd de l'Orénoque.

La ceinture de l'Orénoque correspond à une zone géographique en forme de bande est-ouest, située dans le nord du bassin de l'Orénoque vénézuélien. Sa surface est de . Elle s'étend sur le territoire des États d'Anzoátegui, de Monagas et de Guárico. Elle recèlerait pas moins de de barils de pétrole liquide lourd et extra lourd, dont au moins 17 % économiquement exploitables ( de barils) Aporrea - Venezuela avanza hacia el primer lugar en el planeta de reservas probadas de petróleo (Le Venezuela vers la première place des réserves prouvées de pétrole dans le monde)..

Géologie Le pétrole s'est formé à partir de roches-mères datées du Crétacé et peut-être même avantVoir sur usgs.gov., à partir de sédiments de marge passive. Les réservoirs se trouvent dans des pièges tectoniques liés à de la convergence (plis, failles inverses).

Réserves réelles du Venezuela

À l'opposé du montant des réserves vénézuéliennes publiés par l'EIA ( de barils en janvier 2005), correspondant aux données publiés par l'OPEP (), le Venezuela déclare des réserves colossales de de barils, dont 235 situés dans la ceinture de l'Orénoque, soit au total près de de tonnes, ou plus ou moins 20 % des réserves mondiales.

Fin 2009, des estimations américaines faisaient état de de barils de pétrole contenus dans le sous-sol du pays, dont 514 milliards techniquement exploitables (un peu plus de ), soit plus du tiers des réserves de pétrole de la planète.

Ces différences entre chiffres de l'EIA et l'estimation vénézuélienne tiennent notamment à la question d'inclure ou non le pétrole lourd vénézuélien dans les chiffres publiés. Selon les dernières estimations de l'OPEP (fin 2010), les réserves prouvées en pétrole du pays atteindraient 296,50 milliards de barils ce qui le place à la première place mondiale devant l'Arabie saoudite..

Certification

Le gouvernement vénézuélien a lancé un programme de certification de ses réserves de pétrole de la ceinture de l'Orénoque : le programme Orinoco Magna Reserva (en français : « Grande réserve de l'Orénoque »). Il s'agit d'un processus de quantification et de certification exécuté actuellement depuis 2005 par diverses compagnies privées Où en est la certification en août 2006 Cent milliards de barils certifiés dans la ceinture de l'Orénoque (octobre 2007.

En date du , 152 milliards de barils avaient été certifiés (Arabie Saoudite 252 milliards - Iran 138,4 milliards - États-Unis 29 milliards de barils prouvés) soit plus de 21 milliards de tonnes, près de la moitié des réserves estimées Venezuela es el segundo lugar con las mayores reservas de crudo (Le Venezuela est le second pays du monde aux plus hautes réserves de brut).

De 2006 à , 73,243 milliards de barils de nouvelles réserves prouvées de pétrole ont ainsi été incorporées, ce qui représente 31,1 % du total à incorporer (235,6 milliards de barils) Venezuela aumenta sus reservas certificadas de petróleo a más de 152 mil millones de bariles (Le Venezuela augmente ses réserves certifiées à plus de 152 milliards de barils). Lorsque le processus de certification sera terminé, le Venezuela pourra se targuer de posséder les plus importantes réserves de brut de la planète.

Le , le ministre de l'Énergie Rafael Ramírez annonçait que le Venezuela avait élevé ses réserves de brut de 40,64 % au cours de l'année 2010, à 297 milliards de barils, soit 19 milliards de moins que le but vénézuélien du total des certifications, but annoncé en Aporrea : Venezuela elevó a 41 % sus reservas de petróleo (Le Venezuela a élevé de 41 % ses réserves de pétrole). En 2010 on a ainsi certifié quelque 86,4 milliards de barils de brut. En outre, toujours fin 2010, le pays avait accru ses réserves prouvées de gaz naturel de 5 %, à 195 billions de pieds cubes (TCF)Un pied = 0,3048 mètre, soit plus ou moins l'équivalent de 30 milliards de barils de pétrole brut. Le ministre ajoutait que le gouvernement souhaite que les réserves prouvées dépassent le niveau des 300 milliards de barils de pétrole brut dans les prochaines années.

Convaincre l'OPEP

Le Venezuela veut convaincre ses pairs de l'OPEP d'augmenter sa part de production dans les quotas décidés en commun, ceci dès le sommet de . Il y a expliqué qu'il est en train de faire certifier les 235 milliards de barils de la ceinture de l'Orénoque, et qu'il doit avoir droit à un quota plus élevé, dès que les travaux de certification seront terminés et qu'il apparaitra qu'il est le premier pays pétrolier du monde du point de vue de ses réserves.

En , le bulletin statistique annuel de l'OPEP mentionnait que les réserves prouvées du Venezuela atteignaient 211,173 milliards de barils, fin 2009 Aporrea : La OPEP certificó aumento histórico de reservas petroleras de Venezuela (L'OPEP a certifié une augmentation historique des réserves pétrolières du Venezuela ) - Vienne 9 juillet 2010.

Prévisions de production de la Ceinture de l'Orénoque

Le , le ministre vénézuélien de l'Énergie et du Pétrole, Rafael Ramírez, annonçait que le « Plan Tricolor » prévoit que la production de la seule Ceinture pétrolifère de l'Orénoque sera portée à quatre millions de barils de pétrole par jour dès l'année 2014 (soit 200 millions de tonnes par an) et devrait monter jusqu'à pas moins de six millions de barils par jour en 2019 Aporrea : Faja del Orinoco producirá 4 millones de barriles de petróleo por día en 2014 (''la ceinture de l'Orénoque produira 4 millions de barils de pétrole par jour en 2014) (300 millions de tonnes par an). Le Venezuela deviendrait ainsi le troisième producteur mondial de pétrole à l'horizon 2020, après l'Arabie Saoudite et la Russie.

Les réserves de gaz naturel

En date du , le président Hugo Chávez a déclaré que les réserves probables totales de gaz naturel du pays atteignaient dorénavant de pieds cubes (soit plus ou moins 9 milliards de Tep), ce qui situe le pays à la quatrième place dans le monde (après la Russie, l'Iran et le Qatar, et avant l'Arabie Saoudite) Rebelión - Gobierno estima que reserva de gas en Venezuela ascienda a 443 billones de pies cúbicos (Le gouvernement estime que la réserve de gaz du Venezuela se monte à de pieds cubes).

Notes et références

Annexes Articles connexes Pétrole non conventionnel Pétrole brut de synthèse Régions pétrolières en Amérique du Sud, Amérique centrale et Antilles Énergie au Venezuela Classification des hydrocarbures liquides

Lien externe Bloque Junín de la Faja del Orinoco posee más crudo que Norteamérica (Le bloc Junín de la ceinture de l'Orénoque contient plus de brut que l'Amérique du nord) .

Catégorie:Gisement d'hydrocarbures au Venezuela Catégorie:Industrie pétrolière au Venezuela Venezuela