vignette|Les panneaux routiers israéliens sont aussi bien écrits en hébreu qu'en arabe.

Les Arabes israéliens, également appelés Palestiniens citoyens d'Israël ou Palestiniens d'Israël., sont des citoyens israéliens issus de la population arabe, majoritairement musulmane mais aussi chrétienne et druze, présente sur le territoire de la Palestine mandataire (-). Ces populations sont restées sur place après la création de l'État d'Israël (-) et l'exode massif des Palestiniens en 1948, la Nakba.

Ces Palestiniens obtiennent la citoyenneté israélienne dès la fondation de l’État israélien en 1948 mais sont immédiatement placés sous un régime spécial de loi martiale, distinct de celui des citoyens juifs. Ce régime, en vigueur jusqu’en 1966, limite considérablement leur liberté de mouvement, d’expression, d’association, ainsi que leur accès à l’emploi.. De nos jours, ces citoyens ont, en théorie, les mêmes droits fondamentaux que les autres Israéliens. Mais, dans les faits, de nombreuses discriminations légales ou paralégales subsistent..

La population arabe israélienne s'élève à en 2023, ce qui représente 21,1 % de la population totale qui est de .

Terminologie Avant la création d'Israël (1948), tous les habitants de la région palestinienne sous domination ottomane puis particulièrement de la Palestine sous autorité britannique - de quelque origine ou religion qu'ils soient - sont connus sous le nom de « Palestiniens ». À partir de 1920, les autorités britanniques désignent les deux principales communautés « Arabes » et « Juifs ». Entre 1948 et 1967 , il n'y a pas d'identification de la population en tant que « Palestiniens » et l'identité « israélo-arabe », est la préférée des autorités israéliennes et de l'opinion publique locale.

Depuis la Nakba de 1948 , les Palestiniens arabes restés à l'intérieur des frontières de l'armistice de 1949 sont familièrement appelés « Arabes de 48 » (arabe : عرب ٤٨ , ʿArab Thamāniya wa-ʾArbaʿīn). Après la guerre de 1967, la conscience nationale (nationalisme palestinien arabe) et son expression parmi les citoyens arabes d'Israël émergent et se répandent, et plus encore après la Première intifada (1987-1993) : une majorité s'identifie alors comme « palestinienne », préférant cette appellation à celle d'« Arabe israélien ». Certains utilisent l'expression « Arabes de l'intérieur ». Seule, une minorité d'individus parmi les citoyens arabes rejettent le terme « palestinien » (37 %) et inclut celui d'« israélien » pour s'auto-identifier. Selon un sondage de 2017, les Arabes d'Israël mettent l'accent sur l'identité palestinienne mais ne voient pas de contradiction entre l'identité nationale palestinienne-arabe et l'identité civique israélienne.. Le penseur palestinien Edward Saïd écrit que l'une des différences entre les Arabes israéliens et les autres Palestiniens est que les premiers considèrent Israël comme un vrai pays, plutôt que comme « entité sioniste »Said, Edward; Mohr, Jean (1986) (this edition 1999). After the Last Sky: Palestinian Lives. Columbia University Press. p. 51. .

De nos jours, la terminologie relative à ce sujet reflète en partie les préférences politiques des locuteurs. Le Conseil de sécurité nationale israélien (NSC) utilise l'expression « citoyens arabes d’Israël ». « Pratiquement tous les partis politiques, mouvements et organisations non gouvernementales de la communauté arabe utilisent le mot « palestinien » quelque part dans leur description – omettant parfois de faire référence à Israël » : « Palestiniens », « Palestiniens en Israël », « Palestiniens israéliens », « Palestiniens de 1948 », « Arabes palestiniens », « citoyens arabes palestiniens d'Israël » ou « citoyens palestiniens d'Israël », bien que pour certains se sentant pris entre deux mondes, il est difficile d'y apposer une définition consensuelle.

Pour ménager les susceptibilités, l'ONG internationale International Crisis Group (ICG) utilise à la fois le terme « Arabe israélien » et les autres expressions utilisées par la communauté arabe pour se décrire, telles que « citoyens palestiniens d’Israël » ou « citoyens arabes palestiniens d’Israël ».

Origine La majorité des Arabes israéliens actuels descendent des restés dans les frontières de l'État d’Israël au moment de l'armistice de 1949, qui incluent quelques territoires de l'État arabe et de la zone internationale prévus par le plan de partage, notamment Jérusalem-Ouest. De plus, l'accord d'armistice israélo-jordanien de 1949 cède à Israël la zone de Wadi Ara, située au nord d'Israël, entre Netanya et Haïfa, en échange d'un territoire situé au sud de Hébron en Cisjordanie.

Cette période est marquée, d'abord par une période de guerre civile consécutive à l'adoption par l'ONU du plan de partage de la Palestine (), par la proclamation de l'indépendance d'Israël par David Ben Gourion (), puis, à partir du , date du départ des derniers représentants du Royaume-Uni, par la première guerre israélo-arabe, achevée par une victoire d'Israël. Sur les Arabes du territoire attribué à l'État juif par le plan de partage ou conquis pendant la guerre, seulement un peu plus de restent : ils bénéficient de la citoyenneté israélienne. Ceux qui sont toujours présents, et leurs descendants, s’identifient comme « citoyens palestiniens d'Israël » ou « Arabes israéliens ». Les autres, quelle que soit la raison de leur départ (opposition au principe de l'État juif de Palestine ou crainte de la guerre), ne sont pour la plupart pas autorisés à rentrer et sont à l'origine de la création du statut des Réfugiés palestiniens par l'ONU. Les juifs issus du groupe des réfugiés des pays arabes des années 1950 et 1960 et installés en Israël ne sont pas comptés parmi les Arabes israéliens.

Les Arabes israéliens forment une communauté culturellement et ethniquement diversifiée. Les habitants arabes du territoire d'Israël de 1949 sont de différents types : habitants des villes (Jérusalem-Ouest, Jaffa (tout près de Tel Aviv qui l'intègre sur le plan municipal en 1950), Haïfa, etc.), notamment des membres de professions libérales ou intellectuelles ; agriculteurs et habitants des villages ; Bédouins du Néguev, ; Druzes de GaliléeLes Druzes se trouvent principalement au Liban, dans la « montagne des Druzes », le djebel el-Druze ou « djebel Druze ». (groupe d'origine chiite, pratiquant le druzisme, considéré comme séparé de l'islam).

Le reste du territoire de la Palestine mandataire est alors occupé soit par l'armée jordanienne (Cisjordanie et Jérusalem-Est), soit par l'armée égyptienne (bande de Gaza), de sorte qu'aucune forme d'État arabe n'est mise en place. Un certain nombre de Palestiniens de ces territoires (environ

Le nombre de Palestiniens vivant illégalement en Israël était estimé à environ personnes en 2004 , mais ils ne sont pas citoyens israéliens.

Démographie de la population arabe d'Israël

La population arabe israélienne s'élève à en 2023, ce qui représente 21,1 % de la population totale qui est de . Selon un rapport du Bureau central des statistiques israélien publié en , le pourcentage d'Arabes dans la population israélienne devrait rester constant aux alentours de 21 % jusqu'en 2065, puis commencer à diminuerSue Surkers, « Avec une population qui va doubler d'ici , comment Israël va se loger ? », timesofisrael.com, 5 juillet 2019..

Évolution démographique depuis 1948

Voir Démographie en Palestine mandataire (1920-1948)

Évolution comparée de la fécondité Le taux de fécondité est un indicateur démographique correspondant au nombre moyen d'enfants par femme en âge de procréer (statistiquement : entre 15 et 49 ans). Le taux de fécondité crucial est de 2,1 : en dessous, une population diminue à moyen terme s'il n'y a pas d'immigration.

+Taux de fécondité en Israël selon la religion (1955 et 2022), d'après différentes sources Selon le Bureau central des statistiques

d'IsraëlSelon la Banque mondialeSelon le Bureau du Recensement

des États-UnisSelon la CIA World FactbookProfil19552022 Différence20162020Femmes musulmanes8,02,9- 5,1ncncncFemmes juives3,63,0- 0,6ncncncPopulation féminine d'Israël4,02,9- 1,13,13,12,63 Sources...

+ Taux de fécondité selon la religion de 2019 à 2022.Population2019202020212022Juives3,093,003,133,03Musulmanes3,162,993,012,91Chrétiennes1,801,851,771,68Druzes2,021,942,001,85Autres1,451,351,391,26Total3,012,903,002,89

Le taux de fécondité des Israéliennes musulmanes était de 8 en 1955 contre 3,6 pour les juives. Ces tableaux montrent qu'ils se sont assez rapidement rapprochés : ils sont aujourd'hui au même niveau, autour de 3. Cela peut s'expliquer par une augmentation du niveau de vie et par la diminution de la mortalité infantile.

Ce taux de 3 est nettement plus élevé que celui qui prévaut dans les pays occidentaux (autour de 1,7 en France et aux États-Unis par exemple) et que celui des femmes des autres groupes religieux (autour de 1,8 pour les chrétiennes et les druzes).

Diversité religieuse D'un point de vue religieux, les Arabes israéliens sont à 85,6 % musulmans (incluant les Bédouins), 7,4 % druzes et 6,9 % chrétiens, d'après le Bureau des statistiques israélien (chiffres de 2022)2.3 Population, by Population Group, Religion, Sex and Age.

+ Part de chaque religion dans la population totale.AnnéeJuifsMusulmansChrétiensDruzesAutres195087,8 %8,5 %2,6 %1,1 %0,0 %196088,9 %7,7 %2,3 %1,1 %0,0 %197085,4 %10,9 %2,5 %1,2 %0,0 %198083,7 %12,7 %2,3 %1,3 %0,0 %199081,9 %14,1 %2,4 %1,7 %0,0 %200077,8 %15,2 %2,1 %1,6 %3,2 %201075,4 %17,2 %2,0 %1,7 %3,8 %202074,0 %18,0 %1,9 %1,6 %4,5 %

Arabes musulmans

Les Arabes musulmans non bédouins constituent environ 70 % de la population arabe israélienne. Ils vivent en majorité dans le nord du pays et à Jérusalem-Est, même s'ils sont aussi présents dans des villes du sud d'Israël. Ils ne sont pas obligés de servir au sein de l'armée mais peuvent se porter volontaires.

En 2004, un enfant sur 4 qui nait en Israël est musulman et cette population est très jeune (42 % ont moins de , à comparer au chiffre de 26 % dans la population juive). L'âge moyen des musulmans israéliens est de , contre pour les juifs israéliens. 3 % des musulmans ont plus de , contre 12 % pour les juifs israéliens.

Les projections estiment que la population musulmane représentera plus de de citoyens israéliens, soit 24-26 % dans les années. Elle représentera alors 85 % des Arabes israéliens vers 2020, soit de plus qu'en 2005 .

Cependant, depuis 2000, la démographie musulmane israélienne connaît un net fléchissement. L'indice de fécondité, stable à 4,7 pendant toutes les années 1990, est tombé à 4,3 en 2004, 4 en 2005 , ynetnews.com, 29 août 2006, 3,3 en 2015 puis 2,9 en 2022. Le même phénomène a touché Druzes et Arabes chrétiens dans les années 1990 et leur indice de fécondité est maintenant inférieur à celui des Juifs. Cela devrait conduire à réviser les projections démographiques. Le changement est essentiellement la conséquence du plus haut niveau d'éducation des jeunes femmes musulmanes, qui sont aussi de plus en plus nombreuses à travailler.

La croissance démographique de cette population musulmane pose des débats dans la vie politique israélienne. Wahid Abd Al-Magid, éditeur de Al-Ahram's estime que . . L'un de ces plans propose d'associer les populations arabes du Wadi-Ara (à l'ouest de la ligne verte) à un futur État arabe palestinien, en échange des principaux blocs d'implantation juive de Cisjordanie . Toutefois, certains critiquent ces propositions jugées insuffisantes car elles ne feraient diminuer que de 2 % environ le pourcentage d'Arabes israéliens dans la population totale.

En 2021, Youssef Courbage parle de « L'étonnant renversement des démographies israélienne et palestinienne 1948-2048 ».

vignette|Armes de la ville de Rahat

Bédouins