Cet article présente les appareils photographiques historiques qui ont marqué l'histoire. Les appareils photographiques y sont présentés dans l'ordre chronologique.

Les appareils présentés dans cet article ont eu une influence sur l'histoire de la photographie, représentent une évolution marquante de la pratique photographique, ont eu un succès commercial marquant ou des perfectionnements techniques majeurs. Certains appareils qui furent des échecs commerciaux, sont également présentés ici, car ils sont des icônes recherchées par les collectionneurs et figurent dans la plupart des ouvrages consacrés aux appareils anciens.

Le critère retenu pour sélectionner ces appareils est la présence d'une description dans au moins trois ouvrages de référence consacrés à l'histoire de la photographie et écrits par des auteurs différents. Quelques exceptions à ce critère ont été faites, pour des appareils plus récents (après les années 1950), et sont justifiées sur la page de discussion de l'article.

Chambre de Nicéphore Niepce vignette|Chambre photographique de Nicéphore Niepce La première photographie connue, le Point de vue du Gras a été prise par Nicéphore Niepce en 1827 à l'aide de cette chambre en bois conservée au musée Nicéphore Niepce de Chalon-sur-Saône. Il s'agit d'une « chambre à tiroir » où la mise au point s'effectue grâce à une boite ouverte vers l'avant coulissant dans la boite principale qui, elle, est ouverte vers l'arrière. Ce mode de fonctionnement sera utilisé jusqu'à ce que l'utilisation de soufflets se généralise. L'objectif a été égaré .

Chambre daguerréotypique vignette|Chambre pour daguerréotypie de 1839 conservée à l'Académie royale des sciences et des arts de Barcelone À partir de 1829, Nicéphore Niepce, qui obtient des images photographiques depuis 1816, et Louis Daguerre travaillent ensemble à la naissance du Daguerréotype. Daguerre profitant de mort de son associé parvient à gommer presque toute trace de lui et le nouveau procédé ne sera associé qu'à son nom. L’État français accorde néanmoins, outre une rente annuelle de à Daguerre une rente de à Isidore, le fils de Niepce en paiement de l'achat par la France du procédé qui est placé dans le domaine public et librement utilisable. La maison Giroud (le beau-frère de Daguerre) de Paris sera chargée de la production en série de chambres à tiroir en bois.

Chambre à miroir de Wolcott vignette|Principe de l'appareil d'Alexander S. Wolcott. En 1839, les daguerréotypes faisaient fureur en Europe. Mais l'optique peu développée et les produits chimiques à moindre effet rendaient les temps de poses très longs (une vingtaine de minutes). C'est pourquoi chacun s'évertuait à améliorer ses propres appareils. C'est ainsi qu'en 1840, confectionna lui-même son appareil, très évolué pour l'époque et qui remplaçait les lentilles de l'objectif par un grand miroir concave qui donnait une image très lumineuse Alexander S. Wolcott - Historic Camera's History Librarium..

Le schéma ci-contre illustre le fonctionnement de l'appareil : l'image du sujet est visible sur la plaque (A), par l'interstice (B) pratiqué à même la chambre, grâce au miroir concave (C), poli, qui concentre les rayons. Une fois l'image correctement cadrée, l'opérateur remplace l'écran par une plaque sensible à la lumière, exposée pendant environ 90 secondes. Au terme de ce délai, la photo était prise.

Le principe du miroir remplaçant les lentilles a été réutilisé pour les objectifs catadioptriques.

Chambre en laiton de Voigtländer thumb|Chambre en laiton Voigtlander avec objectif Petzval, réplique produite en 1940 - Musée Nicéphore-Niépce. En 1841, la maison Voigtländer de Vienne produit en série cette chambre en laiton donnant une image circulaire de de diamètre. Elle utilise un objectif calculé par Joseph Petzval de de longueur focale et ouvert à f/3.7 ce qui en faisait l'objectif le plus lumineux jamais produit. Cette luminosité permettait des poses de seulement 90 à 120 secondes au lieu des vingt à trente minutes auparavant nécessaires. Il produisait des images daguerréotypes de 80 mm de diamètre. Malgré un prix de 120 Florins (soit le prix d'un cheval), il en sera produit six cents exemplaires. Une série de répliques sera produite en 1940 pour le centième anniversaire de cet appareil.

Appareils de Talbot thumb| Appareils utilisés par William Henry Fox Talbot Le daguerréotype étant un procédé compliqué à mettre en œuvre et ne donnant qu'un unique exemplaire de chaque image, William Henry Fox Talbot s'employa à atténuer ces inconvénients. Il comprit qu'en utilisant une chambre noire trop grande, la lumière se dissipait. Il eut donc l'idée d'utiliser une chambre noire réduite ; ainsi, la lumière était concentrée en un point. De plus, en utilisant des objectifs de courte focale, la luminosité était conservée. Ces petits appareils sont connus sous le nom de « souricières ». Il est surtout connu comme l'inventeur du système négatif/positif qui permet de multiplier les tirages d'une même photographie.

Eugène Disdéri et le portrait carte-de-visite thumb|Cartes de visite de Disderi représentant monsieur Merlen Au milieu du , grâce à la photographie, se faire devenait plus abordable. Cependant, les plus modestes ne pouvaient toujours pas se le permettre. Eugène Disdéri inventa un nouvel appareil photographique pouvant prendre jusqu'à douze photographies sur une seule plaque de verre, réduisant ainsi leur prix. Ce genre d'appareil possédait un bouton de mise au point par objectif et certains utilisaient des focales différentes, variant ainsi la prise de vue. Ces petites images, collées sur un support cartonné, sont connues sous le nom de .

En 1859, Napoléon III s'arrêta dans la boutique de Disdéri pour s'y faire . Il n'est pas certain que la venue de l'empereur en soit la cause mais les portraits carte-de-visite connurent alors une vogue soudaine. L'engouement fut tel que nombre de studios ouvrirent et se mirent à pratiquer cette technique. Disdéri fut reconnu photographe officiel de la Cour et devint riche. Il dilapida sa fortune et mourut ruiné le .

Appareil Dubroni vignette|Le Dubroni "de poche" avec une partie des accessoires Le procédé au collodion humide permettait des prises de vues avec des temps de pose brefs mais avait l'inconvénient de devoir être préparé au dernier moment pour être utilisé encore humide. Cette contingence imposait au photographe de se déplacer avec une chambre noire portative dans laquelle il préparait son émulsion et l'étalait sur sa plaque. En 1864, Jules Bourdin invente des appareils/laboratoires où la plaque destinée à recevoir l'image venait fermer une cuve en céramique ou en verre teinté intégrée à une chambre en bois. Les différents produits, de l'émulsion au vernis de protection, étaient introduits successivement par un entonnoir et étalés sur la plaque par balancement de la chambre. Ensuite, le superflu était retiré grâce à une pipette. L'appareil et l'ensemble des accessoires et produits étaient livrés dans un coffret en bois, .

Dubroni est l’anagramme de Bourdin car le père de l'inventeur trouvait que la photographie était un sujet trop futile pour autoriser son fils à y associer son nom.

Chambres de voyage thumb|Chambre photographique de voyage Dans les dernières décennies du , la chambre dite a été déclinée par de nombreux fabricants. Le bloc portant le dépoli ou la plaque sensible vient se plaquer contre le support de l'obturateur et de l'objectif en enfermant le soufflet dans le logement ainsi formé. La coulisse inférieure se rabat et se verrouille en formant un bloc compact.

Kodak Camera vignette|You press the button, we do the rest (Kodak)

En 1888 le Kodak Camera, premier box commercialisé par Eastman, permettait de faire 100 vues rondes de 65 mm de diamètre sur un négatif papier. La rusticité de l'appareil avait bien une influence néfaste sur la qualité des images mais la simplicité d'emploi compensait ces problèmes (pas de mise au point, objectif trop peu lumineux pour obtenir un résultat correct autrement qu'en plein soleil). Un carnet était fourni pour noter les informations au sujet des prises de vues. L'appareil était renvoyé à Eastman qui développait le négatif, tirait les images et rechargeait l'appareil pour dix dollars, d'où le slogan . C'est aussi pour cet appareil qu'Eastman crée la marque Kodak, nom inventé, facile à retenir et à prononcer dans toutes les langues .

Photosphère de Conti vignette|Version stéréoscopique du Photosphère Napoléon Conti dépose le brevet de son appareil le . Il sera construit par la Compagnie Française de Photographie en quatre formats : 8 x 8, 9 x 12, 9 x 18 et 13 x 18 cm. Son obturateur semi-sphérique donne cinq vitesses et la pose. Il démasque la surface sensible à l'armement et il faut boucher l'objectif avant d'armer. Il utilise soit un châssis-magasin pour plusieurs plaques soit des châssis pour deux plaques recto-verso. Fabriqué initialement en laiton argenté et noirci, il est décliné en quelques exemplaires faits d'aluminium. Il a existé en version stéréoscopique. .

Escopette de Darier vignette|Escopette En 1888, l'Escopette de Darier est l'un des premiers appareils à utiliser le film souple Kodak.

Kodak Folding Pocket n°1 vignette|Appareils photo Kodak Folding Pocket N°1 En 1897, Kodak lance une famille d'appareils pliants utilisant des films en bobine qui connaitra un grand succès. La première version est du type « pliant à tendeurs » avec le support d'objectif maintenu en place par quatre compas. Il évoluera en 1905 avec le Pocket automatic qui, bien que conservant les quatre compas, sera muni d'un abattant relié au porte objectif par deux biellettes qui permettent le déploiement automatique du soufflet lors de l'ouverture de l'abattant .

Japy Le Pascal vignette|Appareil photo Japy le Pascal Alors que la pellicule en est à ses balbutiements, Sylvestre Pascal a l'idée d'un appareil motorisé dans lequel un moteur à ressort fait avancer le film et arme l'obturateur. Après avoir déposé un brevet suisse le , il le fait fabriquer par la maison Japy de Beaucourt. La finition médiocre avec, en particulier un gainage en papier de piètre qualité, la difficulté de se procurer le film spécial et un réseau de distribution peu efficace (les horlogers bijoutiers qui connaissaient Japy mais rien à la photographie) ne permettront pas au modèle de s'imposer face à la concurrence des box Kodak certes plus chers et moins perfectionnés mais soutenus par un réseau déjà important de revendeurs aptes à assister les clients.

Kodak Brownie vignette|upright=0.8|Brownie No 2. Brownie est le nom d'une longue série d'appareils photo populaires produits par Eastman Kodak. Le Brownie popularise le concept de la photographie bon marché et de la prise de vue instantanée. Le premier Brownie sort en février 1900 The GEH Brownie Collection - George Eastman House. : c'est un modèle très simple avec un simple ménisque comme objectif, au format . Il est vendu au prix de .

Le Mammouth vignette|Le Mammouth conçu par George Raymond Lawrence en 1901. Le Mammouth (en anglais : The Mammoth), plus gros appareil photographique jamais construit. Il pèse et sa plaque de verre , pour environ de surfaceLe Mammouth - L'appareil photographique.... Soit un poids total de .

Construit à Chicago pour une société ferroviaire, il mesure quatre mètres de long et il faut jusqu'à quinze personnes pour le charger dans son fourgon « Lomography, George Lawrence's Mammoth Camera from 1900 (photos) ». Simon Baker, THE MAMMOTH CAMERA OF GEORGE R. LAWRENCE à partir de The History of Photography, vol. 1, , 1991.. Il reçoit le Grand Prix mondial en 1900 lors de l'Exposition universelle de Paris.

Jumelle Sigriste