La religion au Canada inclut une très grande diversité de groupes religieux et de croyances.. La majorité de la population canadienne est chrétienne, représentant des Canadiens. L'Église catholique romaine est la confession la plus importante parmi les chrétiens du Canada. En pourcentage de la population, le christianisme est suivi par les gens sans religion qui représentent de la population. Les autres religions, les principales étant l'islam, l'hindouisme, le sikhisme, le bouddhisme et le judaïsme, englobent 12,1 % de la population. Les taux d'affiliation à une religion sont en baisse constante.

Le préambule de la Charte canadienne des droits et libertés fait référence à « Dieu » et le monarque canadien porte le titre de Défenseur de la Foi. Cependant, le Canada n'a aucune religion d'État et l'appui au pluralisme religieux et à la liberté religieuse est un élément important de la .

Avant la colonisation européenne, les étaient surtout animistes incluant une vénération intense des esprits et de la nature. La colonisation française commençant au apporta l'établissement d'une population francophone catholique romaine en Acadie et en Nouvelle-France qui devint plus tard le Bas-Canada qui sont aujourd'hui respectivement la Nouvelle-Écosse et le Québec. Elle a été suivie par une colonisation britannique qui apporta des anglicans et d'autres protestants au Haut-Canada qui est maintenant l'Ontario.

Avec le déclin du christianisme après avoir été un élément central et intégral de la culture et de la vie quotidienne canadiennes, le Canada est entré dans une ère avec un État laïc. La pratique de la religion est maintenant considérée comme étant une question d'ordre privé au sein de la société et de l'État. De plus, une majorité de Canadiens considère la religion comme étant sans importance tout en continuant de croire en Dieu.

Gouvernement et religion vignette|gauche|redresse|La Basilique-cathédrale Notre-Dame d'Ottawa..

De nos jours, le Canada n'a pas de religion officielle et le gouvernement est officiellement attaché au pluralisme religieux et à la liberté de religion.

Le Canada est un royaume du Commonwealth au sein duquel le chef d'État est partagé avec quinze autres pays. Ainsi, il suit les règles de succession du Royaume-Uni pour son monarque qui interdisent aux catholiques romains d'accéder au trône.

Bien que les liens officiels entre le gouvernement et la religion, spécifiquement le christianisme, sont peu nombreux, celui-ci reconnait plus ouvertement l'existence de Dieu et même la suprématie de Dieu. Le préambule de la Charte canadienne des droits et libertés et l'hymne national en anglais font spécifiquement référence à Dieu. De plus, la version française contient le vers « et il sait porter la croix », une référence ouvertement chrétienne. Néanmoins, la Révolution tranquille, suivie de la croissance de l' et de l'influx d'immigrants non chrétiens ont amené une plus grande séparation entre le gouvernement et la religion. Par exemple, le congé pour la fête de Noël est appelé « congé hivernal » dans les écoles publiques. Les fêtes de Noël et de Pâques sont des congés à l'échelle nationale et, bien que les musulmans, les Juifs et d'autres groupes religieux aient le droit de prendre congé lors de leurs fêtes religieuses, ces dernières ne jouissent pas de la même reconnaissance officielle. Dans certaines régions du pays, l'ouverture des magasins le dimanche - qui est le « jour du Seigneur » dans le christianisme - demeure interdite, mais ce phénomène est de plus en plus rare.

vignette|redresse|droite|L'édifice du Centre du Parlement canadien arborant des décorations hivernales. vignette|redresse|Des élèves-officiers sikhs du Collège militaire royal du Canada.

À la fin du , il y a eu une bataille portant sur l'acceptation des habits religieux par la société canadienne concernant surtout les turbans sikhs. À l'issue de ce débat, la Gendarmerie royale du Canada, les Forces armées canadiennes et d'autres agences du gouvernement fédéral ont accepté que leurs membres portent des turbans. De plus, plus d'une décision en justice opposant les commissions scolaires aux Sikhs ont donné raison à ces derniers pour le droit de porter le kirpan, une dague cérémonielle, dans les établissements scolairesMultani v. Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, 1 S.C.R. 256, 2006 SCC 6, lire en lignePandori c. Peel Bd. of Education (1990), 12 C.H.R.R. D/364, conf. par (1991), 3 O.R. (3d) 531 (sub nom. Peel Board of Education c. Ontario Human Rights Commission.

Les mariages polygames qui sont pratiqués par certains groupes religieux minoritaires sont illégaux et même criminels au Canada. Cependant, dans la pratique, les autorités ne mettent pas souvent ces lois en application comme c'est le cas à Bountiful en Colombie-Britannique où résident deux groupes mormons fondamentalistes polygames. Dans un cas judiciaire, la Cour suprême du Canada a reconnu la légitimité de la limitation de la liberté religieuse dans un cas où un bébé a été mis sous la tutelle de l'État afin de lui prodiguer des soins médicaux d'urgences, plus précisément une transfusion sanguine, qui était refusés par des parents témoins de JéhovahB. (R.) v. Children’s Aid Society of Met. Toronto, 1 S.C.R. 315..

Statistiques

Selon l'Enquête nationale sur les ménages de 2011 (le Recensement du Canada de 2011 ne posait pas de question sur l'affiliation religieuse, mais l'enquête envoyée à une partie de la population le faisait), 67 % de la population canadienne s'identifie comme chrétienne, une baisse notable comparativement à une décennie auparavant puisque, lors du Recensement du Canada de 2001, 77 % de la population indiquait appartenir à une religion chrétienne. Représentant plus d'un Canadien sur trois, l'Église catholique romaine est de loin la plus grande confession religieuse du pays. Ceux ayant indiqué n'appartenir à aucune religion représentent 24 % du total des répondants.

Au cours des dernières années, il y a une croissance substantielle des religions non chrétiennes au Canada. Plus de la moitié des lieux de culte chrétiens du Québec ont été fermés, dans la première décennie du

De 1991 à 2011, l'islam a augmenté de 316 %, l'hindouisme de 217 %, le sikhisme de 209 % et le bouddhisme de 124 %. La croissance de la population canadienne non chrétienne exprimée en pourcentage de la population totale du pays a augmenté de 4 % en 1991 à 8 % en 2011. Le ratio de non chrétiens par chrétiens a augmenté de 1 pour 21 en 1991 à 1 pour 8 en 2011, une croissance de 135 % en vingt ans.

+ Principales confessions religieuses au Canada199120012011Note A2021 Nombre % Nombre % Nombre % Nombre % Population totale Christianisme 83,0 77,0 67,3 53,3Catholique 45,2 43,2 39,0 29,9Protestantisme (total) 34,9 Église unie du Canada 11,5 9,6 6,1 3,3Église anglicane du Canada 8,1 6,9 5,0 3,1Baptisme 2,5 2,5 2,0 1,2Luthéranisme 2,4 2,0 1,5 0,9Presbytérianisme 2,4 1,4 1,4 0,8Protestants non inclus ailleursNote B 2,3 1,9 Église orthodoxe 1,4 1,7 1,7 1,7Chrétiens non inclus ailleursNote C 1,3 2,6 9,2 7,6Aucune appartenance religieuse 12,6 16,5 23,9 34,6Autres religions 4,1 6,4 8,1Islam 0,9 2,0 3,2 4,9Hindouisme 0,6 1,0 1,5 2,4Sikhisme 0,5 0,9 1,4 2,1Bouddhisme 0,6 1,0 1,1 1,0Judaïsme 1,2 1,1 1,0 0,9Spiritualité autochtone traditionnelle 0,2 0,2Autres religions non incluses ailleurs 0,4 0,6Note A Les données de 2011 sont tirées de l'Enquête nationale sur les ménages et sont donc moins précises que celles des années précédentes qui sont tirées des recensements.Note B y compris les personnes qui ont indiqué seulement « Protestant ».Note C y compris les personnes qui ont indiqué seulement « Chrétien » ainsi que ceux qui ont indiqué « Apostolique », « Chrétien regénéré » (Born-Again Christian) et « Évangélique ».

Histoire Avant les années 1700 Avant l'arrivée des Européens, les Premières Nations adhéraient à une très grande variété de religions, principalement animistes, variant d'une nation à l'autre. La colonisation française commence au début du et apporte une population catholique dans les colonies de l'Acadie et de la Nouvelle-France, incluant un grand nombre de jésuites dans le but de convertir les autochtones.

Mythologies amérindiennes Divinités nord-amérindiennes Acadie (Nouvelle-France) (1604-1713) Missions jésuites en Nouvelle-France (1634-1760) Missionnaires français en Amérique du Nord Martyrs canadiens (1649) Kateri Tekakwitha (1656-1680)

1710-1880 vignette|gauche|redresse|Église Saint-Paul d'Halifax en Nouvelle-Écosse, la plus vieille église anglicane du Canada toujours debout, bâtie en 1750.

Au début du , l'Acadie est conquise par les Britanniques. Le gouvernement britannique a l'intention de coloniser l'endroit afin de réduire le poids démographique des catholiques acadiens. Ne réussissant pas à convaincre suffisamment d'immigrants britanniques à se rendre dans la colonie, il décide d'importer des protestants en provenance de l'Allemagne et de la Suisse afin de peupler la région. Ce groupe fut connu sous le nom de « » () qui étaient majoritairement de confession luthérienne.

En 1758, la première assemblée populaire en Nouvelle-Écosse est élue. « Il fut décidé que les lois pénales et électorales alors en vigueur en Grande-Bretagne s’appliqueraient. Ainsi, les catholiques et les Juifs n’avaient pas le droit de voter et ne pouvaient briguer les suffrages, et les députés étaient tenus de prêter les trois serments d’État : le serment d’allégeance au roi d’Angleterre, le serment de suprématie dénonçant le catholicisme et l’autorité papale, et le serment d’abjuration, qui répudiait tous les droits de Jacques II et de ses descendants au trône d’Angleterre »John Garner,The Franchise and Politics in British North America: 1755-1757, (Toronto : University of Toronto Press, 1969), p. 131–2..

Dans la seconde moitié du , c'est l'ensemble de la Nouvelle-France qui est conquise par les Britanniques. L'intention initiale du gouvernement britannique était de convertir les catholiques au protestantisme. Cependant, ce plan fut abandonné dans la foulée de la révolution américaine. En effet, l'Acte de Québec de 1774 reconnut les droits de l'Église catholique à travers la province de Québec dans le but de garder la loyauté des Canadiens français envers la couronne britannique. D'un autre côté, la révolution américaine déclencha une importante ruée de protestants vers le Canada alors que les loyalistes fuyaient les États-Unis rebelles. Ces derniers s'établirent en grand nombre dans le Haut-Canada et dans les provinces maritimes. Ils étaient protestants, à majorité anglicane, mais comprenaient également beaucoup de presbytériens et de méthodistes.

Au début du , dans les provinces maritimes et le Haut-Canada, l'Église anglicane avait la même position officielle qu'elle avait en Grande-Bretagne. Ceci causait des tensions au sein de la population des colonies puisqu'une grande partie de celle-ci n'était pas de confession anglicane. En effet, une immigration accrue en provenance d'Écosse créa une importante communauté presbytérienne qui exigea l'égalité des droits aux côtés d'autres groupes. Ceci fut d'ailleurs une cause importante de la rébellion du Haut-Canada en 1837. Avec l'arrivée du gouvernement responsable, le monopole anglican fut terminé.

Au Bas-Canada, l'Église catholique était officiellement prééminente et occupait un rôle central dans la culture et la politique de la colonie. Contrairement aux colonies anglophones, le nationalisme canadien-français devint intimement lié avec le catholicisme. Durant cette période, l'Église catholique dans la région devint l'une des plus réactionnaires au monde. Sous ce mouvement ultramontain, l'Église catholique adopta des positions condamnant toutes formes de libéralisme,