L'Autorité nationale palestinienne (en arabe , ), plus connue sous le nom d'Autorité palestinienne, est le nom de l'entité gouvernementale qui administre les Palestiniens de la Cisjordanie et de la bande de Gaza dans les et B de l'État de Palestine définies par les accords d' de 1995.

Ces deux zones A et B correspondent à un tiers de la Cisjordanie, soit 8 % de Palestine historique, sans aucune continuité territoriale. Environ 2,8 millions de Palestiniens résident dans une série d’enclaves, encerclées par l’armée israélienne et parfois surplombées par des colonies.

Elle a un président et une assemblée élue au suffrage universel, une police (mais pas d'armée) et des représentants dans plusieurs pays. Depuis , l'Autorité nationale palestinienne représente l'État de Palestine.

Fonctionnement L'Autorité nationale palestinienne est divisée en deux paliers. Le premier prend la forme d'un conseil législatif constitué de . La moitié de ceux-ci sont élus dans les circonscriptions tandis que les sont élus par suffrage universel. Le premier ministre fait partie de ce conseil et est nommé par le président. Par convention, c'est le chef du parti au pouvoir qui est nommé.

Le président est le second niveau de gouvernement. Il est élu lors d'élections distinctes.

Histoire politique Création

L’Autorité nationale palestinienne voit le jour à la suite des accords d'Oslo , signés le entre l'État d’Israël, qui occupe les Territoires palestiniens depuis la guerre des Six Jours en 1967, et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). La Déclaration de principes sur les arrangements intérimaires « d’autogouvernement » prévoit notamment le retrait progressif des troupes israéliennes de la bande de Gaza et de Cisjordanie ainsi que l’établissement d’une autorité et d’une autonomie palestiniennes limitées. Une période de six ans (jusqu'en 1999) est définie pour mener à leur terme les négociations relatives au statut des Territoires palestiniens. Les prérogatives respectives de l'Autorité nationale palestinienne et de l'État d’Israël quant à l’administration de ces territoires sont également déterminées par les accords d'Oslo I, puis revues à l’occasion des accords d'Oslo II (1995).

Présidence de Yasser Arafat (1996-2004) thumb|Yasser Arafat en mai 1999. En 1996, Yasser Arafat est élu président de l'Autorité palestinienne, qu'il dirige jusqu'à sa mort, le . Le , le président Yasser Arafat nomme Mahmoud Abbas Premier ministre de l'Autorité palestinienne sous les pressions américaines et européennes. Ces derniers refusaient de dialoguer avec Yasser Arafat. Après la démission de Mahmoud Abbas, le président nomme Ahmed Qoreï pour lui succéder le .

Cependant, l'envenimement du conflit israélo-palestinien a rendu le statut de l'autorité palestinienne problématique selon les points de vue : son premier président, Yasser Arafat, est accusé par les gouvernants israéliens de soutenir le terrorisme, directement, par négligence ou par son inaction même s'il a condamné certains attentats contre les civils israéliens.. ; il est fréquemment accusé par la population qu'il administrait de corruption et de ne pas déléguer ou partager le pouvoir. Dans son autobiographie, Bill Clinton parle de Yasser Arafat comme de quelqu'un qui n'a pas réussi à dépasser la mentalité de « chef de guerre » pour enfin devenir le « chef d'État » dont il avait les fonctions et c'est à cela qu'il attribue l'échec des négociations du sommet de Camp David II ;

À la mort de Yasser Arafat, Rawhi Fattuh, président du conseil législatif palestinien (le parlement palestinien), conformément à la loi fondamentale palestinienne, assure la présidence par intérim pour soixante jours.

Présidence de Mahmoud Abbas (depuis 2005) thumb|upright|Mahmoud Abbas.

Mahmoud Abbas est élu, le , président de l'autorité palestinienne. Son mandat a échu en 2009. Sous sa présidence et dans le prolongement de celle de Yasser Arafat, l'Autorité palestinienne lutte pour la création d'un État palestinien, aux côtés d'Israël et distinct de celui-ci.

Le , le procureur Ahmed Moghani publie une enquête sur des détournements de 700 millions de dollars, disparus des coffres de l'Autorité palestinienne. Au total, ces détournements portent sur une cinquantaine de cas de corruption financière et administrative. Dix mandats d'arrêt internationaux ont été délivrés. Selon Mohammed Rashid, conseiller financier de l'Autorité palestinienne, Abbas aurait détourné 100 millions de dollars Adrian Humphreys,« Palestinian Authority wants Ottawa's help seizing former Arafat advisor's Canadian assets », National Post, .. Le , Mahmoud Abbas est mis en cause au Congrès des États-Unis, ainsi que ses deux fils par des accusations de corruption Chronic Kleptocracy: Corruption Within the Palestinian Political Establishment, Council on Foreign Relations. Natasha Mozgovaya, « U.S. lawmakers slam Mahmoud Abbas for alleged corruption », Haaretz, ..

Prise de pouvoir du Hamas Les élections municipales palestiniennes de 2005 sont marquées par la participation du Hamas dans la vie politique de l'autorité palestinienne et par la popularité du mouvement parmi la population, notamment dans la bande de Gaza.

Aux élections législatives palestiniennes du , le Hamas obtient contre 45 pour le Fatah. Le président Mahmoud Abbas appelle à la formation d'un gouvernement Hamas par Ismaël Haniyeh.

Le , il annonce la tenue d'un référendum en ce sens.

La question posée aux Palestiniens serait : acceptez-vous, ou non, le document élaboré au début du mois par des dirigeants palestiniens détenus en IsraëlLa Paix Maintenant - Des dirigeants du Fatah et du Hamas emprisonnés en Israël s’accordent sur une solution à deux États - Arnon Regular ? Ce document appelle à un État palestinien en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et à Jérusalem Est, territoires occupés par Israël à l’occasion de la guerre de 1967. Le document a été négocié pendant quatre semaines par d’importants prisonniers appartenant au Hamas et au Fatah dans la prison israélienne de Hadarim, où se trouve actuellement en détention le dirigeant du Fatah Marouane Barghouti, et plus récemment celui du Hamas Abdel Aziz Doweik.

Abbas a déclaré lors d’une réunion de dirigeants palestiniens qu'il existe un consensus national sur les frontières du futur État palestinien : .

Il a précisé que si dix jours de dialogue entre le Hamas et le Fatah ne débouchaient pas sur un programme commun, il organiserait un référendum dans les quarante jours qui suivraient.

Interrogé sur le soutien dont auraient besoin les Palestiniens pour créer leur État indépendant, Abbas a dit : La Paix Maintenant - Abbas veut un référendum sur un Etat palestinien dans les frontières de 1967 - Arnon Regular..

À la suite d'une guerre de factions entre le Fatah de Mahmoud Abbas et le Hamas de Ismaël Aniyeh, le Hamas contrôle la totalité de la bande de Gaza le .

Affrontements entre factions rivales vignette|Le ministre des affaires étrangères, Riyad Al-Maliki, prête serment face au président Mahmoud Abbas, lors de l’intronisation du gouvernement d'union nationale, au quartier général de Al-Muqata'a, Ramallah, 2014.

La rivalité entre le Fatah et le Hamas amène leurs militants à des affrontements armés, principalement dans la bande de Gaza. Les discussions entre factions échouent plusieurs fois autour de la question de la formation d'un gouvernement d'union. Un Accord sur un gouvernement d'union nationale palestinien est trouvé le à La Mecque, pour composer un nouveau cabinet de coalition au Premier ministre Ismaïl Haniyeh.

Le , à la suite d'affrontements entre le Fatah et le Hamas qui ont fait 113 morts, le Hamas contrôle la totalité de la bande de Gaza. Mahmoud Abbas dissout en représailles le gouvernement et appelle à des élections anticipées. La faction pro Fatah des martyrs d'al Aqsa affirme chercher en représailles des membres du Hamas en Cisjordanie.

Reconnaissance de la Palestine comme État observateur non membre de l'ONU À la suite du gel du processus de paix, le président Mahmoud Abbas opte pour l'offensive diplomatique. Le , il demande officiellement à la tribune des Nations unies l'adhésion de l'État palestinien à l'ONU. La demande est votée par l'Assemblée générale et passe favorablement devant le Conseil de sécurité mais les États-Unis apposent leur véto.

Le , l'UNESCO admet la Palestine en tant qu'État membre. Comme elle n'est pas encore un État membre des Nations unies, son admission a dû se faire par la recommandation du Conseil exécutif qui s'est suivie d'un vote favorable à la majorité des deux tiers des États membres de l’ONU présents et votants à la Conférence générale. Le vote a été obtenu avec pour, quatorze voix contre, et .

vignette|Carte des votes par pays à l'Assemblée générale des Nations-Unies, sur l'acceptation de la Palestine en tant que pays observateur non-membre de l'ONU, novembre 2012.

Le , date anniversaire du vote du plan de partage de la Palestine, la reconnaissance de la Palestine en tant qu’État observateur non-membre de l'ONU est portée au vote de l'Assemblée générale. L'Assemblée générale des Nations unies accepte la Palestine en tant qu’État observateur non membre par pour (dont la France), neuf contre (dont les États-Unis, le Canada et Israël) et (dont l'Allemagne et le Royaume-Uni), officialisant la reconnaissance d'un État palestinien au niveau international.

Le , le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas signe un décret présidentiel imposant aux administrations l'usage du logo « État de Palestine » à la place de celui « Autorité nationale palestinienne » utilisé jusqu'à présent. Toutefois, en , Mahmoud Abbas déclare encore : ..

vignette|Logo de la police palestinienne sur une de leurs voitures à Bethlehem (Cisjordanie).

Forces de sécurité Depuis 1996 il existe une police palestinienne, qui fait partie des Forces de sécurité palestiniennes.

Économie

Finances Les finances de l’Autorité palestinienne sont grandement dépendantes de l’aide étrangère. Elles se répartissent comme suit :

Budget 2005 de l'Autorité palestinienne Total : de dollars américains ( d’euros).

Aide étrangère Total : de dollars américains ( d’euros), dont un tiers pour les salaires gouvernementaux et frais de fonctionnement, le reste pour les infrastructures et projets de reconstruction.

Principaux bailleurs de fonds Union européenne : de dollars américains ( d’euros), principalement en aide au développement Contributions individuelles des pays de l’UE : ( d’euros), les deux principaux pays donateurs étant l’Allemagne à de dollars américains ( d’euros) et le Royaume-Uni à de dollars américains ( d’euros) États-Unis : de dollars ( d’euros), principalement pour des projets de développement Pays arabes : de dollars américains ( d’euros) Norvège : de dollars américains ( d’euros) Japon : de dollars américains ( d’euros)

Revenus des impôts 2005 : de dollars américains ( d’euros).

Autres revenus Droits de douane et taxe sur la valeur ajoutée collectés par Israël pour l'Autorité palestinienne chaque mois : de dollars américains ( d’euros).

L'Union européenne (UE) a versé d'euros de subvention directe. L'UE a décidé de continuer à verser son aide financière à l’Autorité palestinienne tant que le nouveau gouvernement n’a pas prêté serment, annonce Le Soir. Elle a toutefois conditionné à terme le maintien de son aide à la reconnaissance, par le Hamas, de l’État d’Israël et des accords précédemment signés par l'autorité palestinienne avec Israël et à la renonciation à la violence par le mouvement islamiste.

vignette|Stand de soutien pro-palestinien à Lausanne (Suisse), 2006.

Comités de soutien