est un groupe de musique électronique britannique reconnu comme un pionnier du genre ambient house. Fondé en 1988 par Alex Paterson et Jimmy Cauty, de KLF, le duo commence comme DJ ambient et dub à Londres. Les premières prestations de sont inspirées de compositeurs et de groupes de musique ambient et électronique des années 1970 et 1980, notamment Brian Eno et Kraftwerk. En raison de ses sonorités psychédéliques, fait l'objet d'un véritable culte auprès des clubbers qui « descendent » de leur « high » d’amphétamines.. En dépit de nombreux changements de personnel (Kris Weston, Andy Falconer, Simon Phillips, Nick Burton et Andy Hughes ont tous fait partie du groupe à un moment ou à un autre), a toujours conservé ces sonorités et des thèmes rappelant la science-fiction. Paterson est le seul membre permanent et il continue à travailler sous le nom « » avec le producteur allemand d’origine suisse Thomas Fehlmann, et plus tard, avec Martin « Youth » Glover de et Tim Bran de .
Paterson se flatte de la façon dont il manipule des échantillons peu connus sur les albums de et durant ses concerts, mais l’utilisation non autorisée d’échantillons d’œuvres de certains artistes conduit à des différends, notamment avec Rickie Lee Jones. Durant ses concerts dans les années 1990, se produit en utilisant des bandes audionumériques optimisées pour le mixage et l’échantillonnage en direct, avant de passer aux ordinateurs portables et aux médias numériques. Malgré ces changements dans sa façon de faire, maintient la tradition d’offrir des spectacles très colorés et accompagnés d'images psychédéliques qui conduisent les critiques à les comparer à .
Le succès de au Royaume-Uni atteint un sommet, autant sur le plan commercial qu’auprès de la critique, au début des années 1990 avec les albums et U.F.Orb, qui lui se classe numéro 1 du en 1992. C'est d'ailleurs ce succès qui conduit le groupe à la célèbre apparition à la fameuse émission , où le groupe présente son style original en jouant aux échecs (un passe-temps auquel s’adonne Paterson depuis qu’il est tout jeune), pendant que joue en fond sonore.
La critique britannique accueille tièdement les albums de du milieu des années 1990, qui reçoivent toutefois des éloges de la part de la presse américaine, entre autres du magazine . Le groupe expérimente ensuite les voix sur ses deux albums suivants, que les critiques décrivent généralement comme fades et sans inspiration, avant d’adopter un style techno minimale dirigé par Thomas Fehlmann chez la maison de disques Kompakt.
Histoire 1988 à 1990 : Paterson et Cauty Paterson commence sa carrière musicale au début des années 1980 comme machiniste itinérant pour le groupe de post-punk , dans lequel son ami d'enfance Martin « Youth » Glover joue de la basse. Après avoir quitté en 1986, Paterson rencontre Jimmy Cauty, futur membre de The KLF, et ensemble, ils commencent à faire du « DJing » et à produire de la musique sous le nom de .
Paterson et Cauty sortent leur premier single en 1988, , un véritable « hymne » dans le genre acid house et qui fait partie de la compilation allemande . L'année suivante, avec la nouvelle maison de disques de Paterson et de Martin Glover, WAU! Mr. Modo Records, qu’ils ont créé pour demeurer indépendants financièrement des grandes maisons de disques, sort , un maxi de quatre morceaux sur lequel des échantillons sonores provenant de la station de radio new-yorkaise du réseau Kiss FM sont utilisés. Après un week-end à produire ce que Paterson qualifie de « lamentables bruits de batterie », le duo décide d'abandonner la lourdeur des percussions pour se concentrer sur une musique pour les after-hours.
Paterson et Cauty commencent comme DJs en acceptant le contrat de jouer sous le nom de dans la salle chill-out du , une discothèque techno à Londres. L'événement , organisé par Paul Oakenfold, DJ attitré de la boîte, amène à se faire étiqueter comme un duo ambient. Si les prestations de les lundis soir n’attirent au début qu’une poignée d’adeptes passionnés, sa présence dans la salle chill-out est de plus en plus populaire au cours des six mois suivants, au point où la petite salle se trouve souvent envahie par une centaine de personnes. Les prestations de sont devenues populaires surtout auprès des DJ et des clubbers qui cherchent à faire une pause de la musique forte et endiablée de la piste de danse.. construit des mélodies à l’aide d’un système d’enregistrement multipiste connecté à plusieurs platines et une table de mixage, et incorpore dans ses prestations de nombreux extraits de CD, de cassettes et d’effets sonores du , souvent accompagnés d’échantillons de morceaux de musique de danse, comme , très populaire en 1989. Le groupe utilise une variété de samples tout en évitant les rythmes lourds et la batterie, de sorte que l’ambiance chill-out recherchée ne soit jamais troublée. La plupart du temps, le groupe joue du dub reggae et de la musique chill-out, qu’il appelle « ambient house pour la génération E »..
En 1989, , avec l'aide de Martin Glover, développe un style de musique incorporant l’ambient et un large éventail d'échantillons et d'enregistrements, que la presse britannique nomme plus tard l'ambient house. Le travail du groupe atteint son point culminant vers la fin de cette année lors de l’enregistrement d’une émission radiophonique de John Peel sur la (les ). Le morceau, alors connu sous le nom , est en grande partie une improvisation musicale qui se distingue par la richesse de ses effets sonores et de ses échantillons de sons tirés de séries de science-fiction diffusées sur la station, de la nature et de la chanson de Minnie Riperton. Pour la sortie du single sous l'étiquette , choisi d’intituler le morceau . Dès sa sortie, l’agent de Minnie Riperton force à retirer tout sample utilisé dans le morceau sans permission, assurant ainsi que seuls les singles qui sont sortis dans la première semaine contiennent la voix originale de Minnie Riperton. Sur les disques pressés par la suite, utilise une voix semblable à celle de Minnie Riperton pour imiter l’original. Malgré sa durée de 22 minutes, le single se hisse à la du UK Singles Chart. Peu de temps après, Dave Stewart demande à de remixer son titre à succès , ce que le groupe accepte de faire, de même qu'une série de demandes de remixage de chansons de plusieurs artistes, dont Erasure et System 7.
En 1990, Paterson et Cauty enregistrent beaucoup de musique au Trancentral, le studio de Cauty. Toutefois, lorsque la maison de disques leur offre un contrat de disque, se trouve à la croisée des chemins ; Cauty préfèrerait que mette sa musique sur le marché sous l’étiquette KLF Communications, alors que Paterson tient à ce que le groupe demeure indépendant et que sa musique ne devienne pas une œuvre annexe de The KLF. En raison de ce différend, Paterson et Cauty se séparent en , Paterson conservant le nom de . Cauty retire alors de l’enregistrement en cours les contributions de Paterson et lance l’album chez KLF Communications. De ces séances d’enregistrement, The KLF sort également l’album , auquel Paterson a contribué, sans qu'on n’y fasse aucune mention. La même année, Cauty lance , qui se trouve à être la fusion des meilleures séances d’enregistrement de Paterson et lui-même.
Après cette rupture, Paterson, toujkours sous le nom , commence à travailler sur le morceau avec Martin Glover. On y entend des échantillons d’ de Steve Reich et des extraits d’une entrevue avec Rickie Lee Jones, durant laquelle la chanteuse évoque son enfance de façon pittoresque. Si Steve Reich s’est vu flatté que utilise des extraits de sa musique, il en est autrement pour Jones, qui engage une action en justice. choisit de régler le litige à l’amiable en versant la somme de pour l'utilisation de la voix de la chanteuse sur le morceau.. se hisse en place du , et Glover, en raison de ses autres obligations et parce qu’il rejoint , ne reste pas dans comme membre permanent. Selon une interview dans l’émission , Steve Reich a demandé 25 % des droits d’auteur sur toutes les recettes générées par les ventes de pour l’utilisation d’ (sur laquelle joue le guitariste Pat Metheny).
1991 à 1994 : Paterson et Weston En 1991, Paterson invite Andy Falconer, un technicien de studio indépendant, et l’énergique Kris « Thrash » Weston, un autre technicien de studio, à se joindre à .. Steve Hillage, guitariste que Paterson a connu lorsqu’il était DJ à Londres, se joint aussi au groupe en tant que collaborateur, et avec le producteur Thomas Fehlmann, compose et enregistre plusieurs morceaux pour son tout premier album, . En tout, six studios et vingt musiciens collaborateurs sont nécessaires à l’enregistrement de cet album, qui dure trois semaines. Conjuguée aux talents de Hillage, l'habileté technique de Falconer et de Weston contribue à faire de l'album un véritable kaléidoscope sonore évoquant la conquête de l’espace, en particulier le lancement d’Apollo 11. se vend bien au Royaume-Uni et reçoit des éloges pour son équilibre entre la musique ambient, la house et l’échantillonnage. On le considère d’ailleurs maintenant comme un album qui a changé la façon dont les musiciens voient l’échantillonnage et comme un album phare pour les genres ambient et dance.
L'achèvement de s’accompagne toutefois du départ de Falconer, dont la dernière participation au groupe a lieu lors d'une « » de . Pour promouvoir la sortie d'une version éditée du single destinée au marché américain sous l'étiquette , entreprend sa première tournée aux États-Unis, qui commence à Phoenix (Arizona), en .
À la fin de 1991 et au début de 1992, Paterson et Weston composent leur single suivant, , avec le bassiste Jah Wobble, la claviériste Miquette Giraudy et le guitariste Steve Hillage. Malgré le fait que dure 40 minutes, le single fait son entrée dans les charts britanniques au numéro 12 et culmine au numéro 8, ce qui en fait le plus long morceau à avoir figuré dans ces classements. fait la promotion de d'une façon tout à fait avant-gardiste à l'émission , où Paterson et Weston jouent aux échecs vêtus d’une combinaison spatiale pendant que des images de dauphins défilent en arrière-plan et que tourne une version éditée du single.
En , l'album U.F.Orb, sur lequel figure , est mis en vente, ainsi que la version américaine de l'album, qui comprend aussi , le single suivant du groupe. Le savoir-faire technique et créatif de Weston s'y associe parfaitement avec le style d'ambiance à la Brian Eno dont s'inspire Paterson, en combinant rythmes drum and bass et synthétiseurs veloutés et onduleux. L'album atteint la première 1 des charts britanniques, à la grande surprise des critiques qui voient les amateurs embrasser un style de musique que les journalistes considèrent comme du rock progressif. Malgré le succès de , Paterson et Weston préfèrent éviter la popularité égocentrique pour que leur musique soit le centre d'attention, et en raison de cet anonymat partiel, et aussi parce que de nombreux membres se sont succédé, est reconnu comme un collectif musical plutôt que comme un groupe.
Au cours de l'année et demie suivante, Paterson et Weston continuent à produire de nouveaux enregistrements. Mais lorsque Paterson commence à sentir que cherche à dicter l'orientation de la musique de , les parutions se raréfient. Après de profonds désaccords avec , décide de quitter la maison de disques pour signer un contrat avec .
L'album Live 93, enregistré en concert et rassemblant les points saillants des prestations de données en Europe et en Asie, est le premier album du groupe à sortir sous la nouvelle étiquette. en concert est alors formé de Paterson, de Weston, des producteurs Nick Burton et Simon Phillips ainsi que de l'ingénieur du son Andy Hughes, qui a joint la formation peu avant que Weston décide d'abandonner la tournée.