Georges-Francis Servoz-Gavin, plus connu sous le nom de Johnny Servoz-Gavin, né le à Grenoble (France) et mort le dans la même ville, est un ancien pilote automobile français.
Biographie Débuts en rallye Bercé par les exploits de René Trautmann et de Robert Neyret, Johnny Servoz-Gavin s'intéresse tout d'abord aux rallyes après avoir usé dangereusement de sa Simca Océane puis de sa Dauphine Gordini à essayer de les imiter sur les routes autour de Grenoble.. En 1964, il participe au Critérium Neige et Glace comme coéquipier de Michel Karaly avec une Alfa Romeo puis au Rallye Lyon-Charbonnières avec une Volvo 122SFrançois Hurel, "Johnny Servoz-Gavin, Sex, Whisky & Racing", in Échappement classic, n°97, janvier-février 2020, pages 47 à 54. ainsi qu'à des rallyes en Bourgogne, dans les Ardennes, à Bordeaux. Lors de ce dernier rallye, l'ancien pilote de Formule 1 André Simon remarque ses talents de pistard au cours d'une épreuve en circuit. René Cotton, directeur de l'écurie Citroën de rallye, l'engage comme copilote de Jean-François Piot pour la Coupe des Alpes qui se termine par un accident avec un usager.
En , il participe au rallye Monte-Carlo. Parti de Minsk comme copilote de Jean-Claude Ogier, ils traversent l'Europe à bord d'une Citroën DS 19, essuient une terrible tempête de neige du côté de Chambéry mais parviennent à passer, contrairement à bon nombre de concurrents. Ils terminent douzième sur 35 classés pour 237 engagésMaurice Louche ; Le rallye Monte-Carlo au , 2001.
Il participe à nouveau au rallye Monte-Carlo en 1967 avec Claude Le Guezec sur une Matra Djet sans pouvoir terminer.
Attrait des circuits Johnny Servoz-Gavin a suivi une demi-année de cours à l'école de pilotage de Magny-Cours en 1963. En 1964, engagé par l'Automobile-Club Dauphiné-Savoie dans le cadre de l'Opération Ford-jeunesse, il dispute plusieurs courses au volant d'une Lotus Seven, se classant cinquième à Montlhéry, sixième à Magny-Cours, quatrième à Chamrousse et Urcy, autant d'expériences qui lui donnent le goût du circuit.
Avec l'aide d'une amie, il s'inscrit au Volant Shell organisé par l'école Winfield sur le circuit de Zolder en Belgique. Victime de ratés de moteur au cours de la finale, il ne stoppe pas comme il en a le droit et termine deuxième derrière le belge Dominique Lledo et ne remporte pas la monoplace Alpine de Formule 3 offerte comme premier prix pour la saison 1965.
Sa déception est immense mais l'attrait de la compétition est le plus fort et il fait l'acquisition d’une Brabham BT 15 qu'il entretient lui-même avec l'aide de Tico Martini, s'installant dans une caravane sur le circuit de Magny-Cours tout près des ateliers de ce dernier.
Il dispute les épreuves de Formule 3 de fin de saison 1965 et se révèle brillant (deuxième derrière la Matra de Jean-Pierre Beltoise à Cognacwww.Formula2.net notamment) au point de se voir proposer un contrat de pilote d’usine en Formule 3 chez Matra pour l'année suivante.
Pilote Matra Formule 3, puis Formule 2 Intégré à la filière Matra Sports qui, à partir du milieu des années 1960, redonne des couleurs au sport automobile français, Johnny Servoz-Gavin se révèle en devenant champion de France de Formule 3 en 1966. L'année suivante, passé en Formule 2, il participe sur une Matra F2 à son premier Grand Prix de Formule 1, à Monaco.
Formule 1 Sa carrière prend une dimension nouvelle à l'occasion du Grand Prix automobile de Monaco 1968. Appelé par l'écurie Matra International-Tyrrell pour remplacer Jackie Stewart blessé au poignet, Servoz-Gavin se qualifie en première ligne et prend les commandes de la course dès le départ. Mais une suspension cassée, conséquence d'un appui trop prononcé sur un rail de sécurité, l'oblige à renoncer, Servoz-Gavin restant persuadé qu’il n’a pas touché le rail.
Plus tard dans la saison, au Grand Prix de France, il pilote une Cooper et, sous la pluie, il sort de la route sans mal après un tête-à-queue, puis une nouvelle fois en fin d'année au volant de la deuxième Matra-Ford de l'écurie Tyrrell. En terminant deuxième du Grand Prix d'Italie, il signe le meilleur résultat de sa carrière en Grand Prix.
En 1969, Tyrrell aligne deux Matra-Ford pour toute la saison, mais Beltoise est préféré à Servoz-Gavin. Ce dernier se contente d'un rôle de pilote-essayeur et du développement de la Matra MS84, une Formule 1 à quatre roues motrices qu'il pilote en Grand Prix en fin d'année. Au Grand Prix du Canada disputé sur le tracé de Mosport, il termine sixième, ce qui fait de lui le seul pilote de l'histoire de la Formule 1 à avoir marqué un point au volant d'une Formule 1 à transmission intégrale, la MS84 restant par ailleurs un échec technique.
Champion d’Europe de Formule 2 Servoz-Gavin remporte en 1969 le championnat d'Europe de Formule 2, grâce notamment à ses victoires à Enna-Pergusa en Sicile et sur le circuit de Vallelunga en Italie, et à sa course d'Albi où il termine second derrière Graham Hill et devant Jochen Rindt, des maîtres de la discipline.
Il participe sur le Nürburgring au Grand Prix d'Allemagne avec sa Matra MS 7 de Formule 2. Meilleur temps des Formule 2 aux essais, il est plus rapide que quatre Formules 1 et signe le record du tour en F2 mais abandonne moteur cassé.
Pièce maîtresse lors des débuts de Matra en Prototypes Parallèlement à ses activités en monoplace, Matra l’intègre dans son écurie d’Endurance. Il fait débuter la Matra MS 620 à moteur BRM en compétition aux 1000 km de Monza avec Jean-Pierre Jaussaud. Avec Jean-Pierre Beltoise, il participe aux 24 Heures du Mans en 1966 et 1967, mais la Matra abandonne à chaque fois vers la mi-course.
En 1968, il est chargé de la mise au point de la Matra MS 630 à moteur Ford . Il surclasse ses adversaires dans de nombreuses courses « promotionnelles » organisées en France, tout en assurant le spectacle.
Lors des 24 Heures du Mans, il prend le départ avec la Matra MS 630 à moteur V12 Matra Sports sous une pluie fine et s’arrête au premier tour à la suite d'une panne d'essuie-glace. Reparti cinquante-quatrième et dernier, il rend la voiture deux heures plus tard à son coéquipier Henri Pescarolo en neuvième position. Vers minuit et demie, la Matra occupe la deuxième place mais la pluie revient vers 1h30 en s’intensifiant. L’essuie-glace ne fonctionne toujours pas et la Matra est toujours deuxième lorsque Servoz s’arrête au bout d’1 heure 15 de relais, peu après 5 heures du matin, indiquant qu’il est trop dangereux de continuer ainsi. Pescarolo accepte le risque et après un triple relais, permet à la Matra, retombée à la troisième place, de se rapprocher de l’Alfa Roméo de Giunti-Nanni Galli. Les italiens sont dépossédés de la deuxième place devant les tribunes des stands lorsque Servoz-Gavin les dépasse vers 10 heures 30. La Matra abandonne finalement à la suite d’une crevaison. Des débris sur la piste consécutifs à un accident ont entraîné cette crevaison et de gros dégâts sur la voiture. vignette|24 heures du Mans 1969. L'édition de 1969 voit à nouveau un abandon à mi-course de la Matra 630/650 V12, sur ennuis mécaniques (équipier Herbert Müller). Servoz-Gavin participe en juillet aux 6 Heures de Watkins Glen avec Pedro Rodriguez () et même, le lendemain, à une course CanAm.
En 1970, il retrouve son coéquipier Henri Pescarolo sur la Matra 650 aux 12 heures de Sebring et aux de Monza, terminant respectivement troisième et deuxième en catégorie Prototypes.
Brusque fin de carrière En 1970, Servoz-Gavin est titularisé chez Tyrrell qui n'a pas poursuivi sa collaboration avec Matra et aligne désormais des March. Alors que sa carrière en Formule 1 semble enfin lancée, Johnny annonce à la surprise générale son retrait de la compétition à l'issue des qualifications du Grand Prix de Monaco. On a beaucoup parlé d'une blessure à l'œil survenue lors d'un rallye en 4x4 durant l'hiver et qui aurait privé le jeune pilote français d'une partie de son acuité visuelle, l'incitant à renoncer par mesure de sécurité.
Il s'est également dit que Servoz-Gavin, pilote au caractère bohème pour qui la course était synonyme de plaisir, s'accommodait de moins en moins de la transformation du monde des Grands Prix et notamment de la hausse des enjeux économiques. Le pilote a déclaré en 1970 qu'il ne se sentait plus à l'aise sur les circuits depuis la fin de la saison précédente, et qu'il devait se faire violence pour accomplir un tour rapide. Il a également reconnu que la simple reconnaissance pédestre du circuit de Monaco l'avait effrayé et que poursuivre la compétition dans ces conditions était une prise de risque trop importante.
En 1982, il est victime d'un grave accident à bord de son bateau, quand une bonbonne de gaz qu'il était en train de changer explose, le laissant sérieusement brûlé. Il s'en remet après plusieurs attaques cardiaques. Mort Servoz-Gavin meurt le d'une embolie pulmonaire, à 64 ansÉtat civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970.
Palmarès Champion de France de Formule 3 en 1966 Champion d'Europe de Formule 2 en 1969 Vice-champion de France F1/F2 en 1969 du GP d'Italie 1968
Résultats en Championnat du monde de Formule 1 + Tableau synthétique des résultats de Johnny Servoz-Gavin en Championnat du monde de Formule 1 Saison Écurie Châssis Moteur Pneus GP disputés Points inscrits Classement 1967 Matra Sports MS7 Cosworth L4 Dunlop 1 0 1968 Matra InternationalCooper Car Company MS10T86B Cosworth V8BRM V12 DunlopGoodyear 5 6 1969 Matra International MS84 Cosworth V8 Dunlop 4 1 1970 Tyrrell Racing Organisation March 701 Cosworth V8 Dunlop 3 2
Détail par Grand Prix Saison1234567891011121967MONAbd.1968MONAbd.BELNEDFRAAbd.*GBRALLITA2CANAbd.USAMEXAbd.1969GERAbd.ITACAN6USA7MEX81970 AFSAbd.ESP5MONNQ
* Sur Cooper T86B BRM
Résultats en Sport Prototypes
Date Épreuve Coéquipier Auto Positionavr.-661 000 kilomètres de Monza Jean-Pierre Jaussaud Matra MS 620 BRM Abd.mai-661 000 kilomètres de Spa Alan Rees Matra MS 620 BRM Abd.juin-6624 Heures du Mans Jean-Pierre Beltoise Matra MS 620 BRM Abd.oct.-661 000 kilomètres de Paris Jean-Pierre Beltoise Matra MS 620 BRM Abd.juin-6724 Heures du Mans Jean-Pierre Beltoise Matra MS 630 BRM Abd.oct.-671 000 kilomètres de Paris Jean-Pierre Jaussaud Matra MS 620 BRM 9sept.-6824 Heures du Mans Henri Pescarolo Matra MS 630 V12 Abd.oct.-68 de Paris Jean-Pierre Beltoise Matra MS 630 V12 Abd.fev.-6924 Heures de Daytona Henri Pescarolo Matra MS 630 M V12 Np.avr.-69 de Monza Jean Guichet Matra MS 630/650 V12 Np.juin-6924 Heures du Mans Herbert Müller Matra MS 630/650 V12 Abd.juil.-696 Heures de Watkins Glen Pedro Rodriguez Matra MS 650 V12 juil.-69Watkins Glen CanAm Matra MS 650 V12 août-69Grand Prix d’Autriche Pedro Rodriguez Matra MS 650 V12 Abd.mars-7012 Heures de Sebring Henri Pescarolo Matra MS 650 V12 avr-70 de Brands Hatch Henri Pescarolo Matra MS 650 V12 Abd.avr-70 de MonzaHenri Pescarolo Matra MS 650 V12
Résultats en Formule 3