vignette|Le catalogue de la bibliothèque universitaire de Graz en Autriche. La carte présentée renvoie à un texte de Schleimer qui a défini les règles de ce catalogue.
Une métadonnée est une donnée relative à une autre donnée. Elle permet de donner davantage de contexte aux données ou fournir des directives précises sur leur traitement. Le nom français métadonnées est formé à partir du préfixe grec meta- qui signifie « au-delà » ou « à propos de ».
Par exemple, les coordonnées géographiques du lieu et le moment où est prise une photographie sont deux métadonnées de cette photo.
Les métadonnées jouent du , où elles sont souvent structurées selon le modèle Resource Description Framework (RDF).
Historique Les institutions chargées de la gestion de l'information, telles que les bibliothèques, les archives et les musées, ont une longue tradition de description des contenus ou documents qu'elles traitent. Avant l'ère de l'informatique, cette tâche s'appuyait sur des fiches cartonnées, dont la structure a été normalisée en 1954 sous le nom d'ISBD (International standard bibliographic description).
Avec l'avènement de l'informatique, ces descriptions ont été transformées en notices bibliographiques numériques, elles-mêmes standardisées. Un exemple notable est le format MARC, introduit en 1964, basé sur la norme ISO 2709, dont la conception remonte à 1960. Ces outils permettent non seulement une meilleure gestion interne des ressources documentaires, mais aussi une recherche et une localisation optimisée pour les utilisateurs.
Les bibliothèques numériques ont adopté des outils similaires pour gérer et localiser des documents électroniques. L'échange de données issues de ces avis a rapidement été standardisé dans les applications distribuées. En 1988, la Bibliothèque du Congrès aux États-Unis a introduit un protocole destiné à la recherche d'informations, le Z39.50, qui a été révisé en 1992.
Le terme métadonnée (en anglais : metadata) est apparu dans le cadre de la description de ressources sur Internet dans les années 1990 et s'est ensuite généralisé.
Généralisation vignette|gauche|Le Web sémantique. Les langages de balisage de type GML, puis SGML et HTML, ont introduit une rupture dans la nature des métadonnées. Auparavant, la distinction entre les fiches, les notices d'une part et les contenus d'autre part, était quasiment absolue. Cette nouvelle structuration de l'information permit d'introduire des métadonnées dans les documents eux-mêmes. Les Communautés européennes adoptèrent le langage SGML dès 1984.
La notion de métadonnées exploitables par les ordinateurs a été introduite dès 1994 par Tim Berners-Lee, le créateur du Web, lors de la conférence WWW94 qui marquait également l'annonce de la création du W3C. Les métadonnées occupent une place centrale dans l'architecture Web..
En 1995, un atelier consacré aux métadonnées s'est tenu à Dublin, dans l'Ohio, pour explorer les méthodes de recherche d'information. Parallèlement, la Bibliothèque du Congrès propose une troisième version du protocole Z39.50.
En 1999, le W3C définit le cadre permettant de créer un réseau de métadonnées acceptant le langage XML : Resource Description Framework (RDF).
Le tronc commun de métadonnées Dublin Core a été adopté par l'Union européenne en 2002.
Une notion qui concerne tous les organismes Description Les notices contiennent des informations sur la source d'un document (titre, auteur, date, sujet, éditeur, etc.), la nature du document (monographie, périodique, etc.), son contenu informationnel (descripteurs, mots-clés, résumé) et sa localisation physique (la cote).
Pour un document numérique, ces notices s'appellent des métadonnées et sont contenues dans le document lui-même. Les métadonnées sont aussi utilisées pour d'autres types de ressources informatiques contenant des images ou du son (CD-ROM, DVD-ROM).
Les métadonnées sont, dans le cadre du Web sémantique, des données signifiantes qui facilitent l'accès au contenu informationnel d'une ressource informatique, une notice de contenu intégrée en quelque sorte (dans l'en-tête des documents HTML côté code source ou en tant que fichier XML autonome par exemple).
Au moins quinze éléments, répartis autour de trois domaines, permettent d'identifier et de décrire les ressources documentaires. Le domaine du contenu regroupe des informations telles que le titre, le sujet, la description, la source, la langue, la relation et la couverture. Le domaine de la propriété intellectuelle inclut le créateur, l'éditeur, le contributeur, et les droits (droits d'auteur, etc.). Enfin, le domaine de la matérialisation concerne la date, le type, le format,et l'identifiant.
Les métadonnées constituent un élément fondamental de l'architecture du Web. Cependant, il serait réducteur de les associer uniquement aux ressources numériques telles que les documents, les sons ou les images. Dans les bases de données relationnelles, par exemple, les métadonnées englobent des informations comme le nom des tables et le type de chaque colonne qu'elles contiennent.
Une notion essentielle à l'interopérabilité
Les métadonnées correspondent à des marqueurs que l'on introduit dans les fichiers ou dans des langages de programmation appropriés, les langages de marquage XML.
Les marqueurs ont pour effet d'améliorer l'efficacité des recherches d'information par rapport aux recherches plein texte.
RDF (Resource Description Framework) crée les conditions d'interopérabilité, avec des réseaux de métadonnées, et l'utilisation du langage XML.
Les ressources numériques balisées transportent avec elles leurs propres métadonnées lorsqu'elles sont téléchargées, copiées, répliquées ou transmises par des messageries électroniques. Ceci s'applique à tous les types de ressources numériques (texte, son, image, multimédia).
Les métadonnées sont ainsi l'un des principaux éléments de l'étiquetage avec les , surtout dans le Web 2.0.
Le potentiel des métadonnées est beaucoup plus important, car elles peuvent faire interopérer les ressources informatiques, dans la mesure où elles ont été paramétrées et structurées dans des dictionnaires de données (ou registres de métadonnées). On peut alors faire communiquer les bases de données classiques, utilisées dans les progiciels de gestion intégrés) et les données non structurées (documents ou images manipulés en gestion des connaissances…).
Un impact économique dans tous les secteurs Pour un ensemble de raisons, tant historiques que juridiques, on n'a pas encore pris conscience, en Europe, de la sensibilité de la gestion des métadonnées pour les processus de décision dans les entreprises. Même aux États-Unis, cette prise de conscience a été difficile, la technicité du sujet cachant son caractère stratégiqueRobert S. Seiner, Selecting the “Ring” Meta Data to Manage.. L'expert américain Robert Steele a bien compris l'importance des métadonnées dans les sources ouvertes.
Les métadonnées concernent tous les secteurs de l'économie à travers la gestion de contenu, car tous les organismes gèrent des ressources documentaires sous forme électronique, qu'il s'agisse des administrations centrales et territoriales, des entreprises, des universités et grandes écoles, des centres d'études et de recherches ou encore des médiathèques.
Dans l'économie du savoir, il est important de protéger le patrimoine informationnel constitué par les ressources documentaires, car les documents électroniques contiennent souvent des données confidentielles.
La circulation de documents sous forme électronique entre différents types d'organismes rend la protection du patrimoine informationnel complexe.
Différence de perception entre l'Amérique du Nord et l'Europe Selon Robert Steele, expert américain en sources ouvertes, qui intervient à Bruxelles, les métadonnées sont appelées à jouer un rôle de plus en plus important pour la représentation avancée de contexte dans les modèles de contrôle d'accès et les langages de ressources Web activesCommunication de Robert Steele sur le rôle des métadonnées..
En Amérique du Nord Aux États-Unis d'Amérique Un certain nombre d'équipes impliquées dans la sémantique sur le Web ont organisé un atelier à Dublin (Ohio) en 1995 sur les métadonnées, en définissant le standard Dublin Core.
Différents départements du gouvernement fédéral (DoD…) se sont dotés de registres de métadonnées, qui permettent de définir un champ commun de partage de connaissances entre des organisations travaillant sur des sujets de souveraineté : défense, justice, environnement…Le responsable du chantier DRM () du projet FEA du gouvernement fédéral, Michael Daconta, est l'ancien responsable du centre d'excellence sur les métadonnées du département de la Sécurité intérieure. La Bibliothèque du Congrès, située à Washington, joue un rôle moteur dans la définition des métadonnées aux États-Unis.
Les standards de métadonnées sont l'un des trois éléments clés de la stratégie données en réseau centré (Net-Centric Data Strategy) du département de la Défense des États-Unis, avec les communautés d'intérêt et les services d'entreprise GIG. Au Canada Le gouvernement canadien doit se conformer au Dublin Core depuis Norme des métadonnées du Gouvernement canadien en direct. Le gouvernement canadien a édicté des lignes directrices pour décrire les métadonnées utilisées dans les ressources WebMétadonnées pour décrire les métadonnées du gouvernement du Canada.
En Europe Au Royaume-Uni Au Royaume-Uni, UKOLN( United Kingdom Office for Library and Information Networking ) est l'organisme de référence en matière de gestion de l'information numérique, notamment dans les domaines des métadonnées et d'interopérabilité. Il mène des projets de recherche et de développement financés par l'Union européenne et influence divers aspects, tels que la réglementation, la sensibilisation, les technologies Web et l'innovation. Le gouvernement britannique a également défini une norme de métadonnées pour le e-gouvernement, appelée e-GMS. En France En France, en revanche, l'intégration des métadonnées dans les contenus numériques publiés reste relativement limitée, en raison d'un manque d'information ou de formation sur ce sujet. Cette situation s'explique en partie par l'absence de valeur juridique normative des métadonnées au niveau européen et national, notamment en France, où aucune obligation légale n'existe. Cependant, certaines normes émergent, comme le projet d'identifiant européen de la législation (ELI), adopté par le Conseil de l'Union européenneun nouvel identificateur pour la législation européenne le . Les webmestres ajoutent ainsi des métaéléments (meta tags, balises méta) de manière ponctuelle dans les pages Web. Organismes européens Des organismes comme le Commissariat à l'énergie atomique et le CNES (membres de l'association ARISTOTE) emploient des métadonnées pour l'archivage à long terme, en utilisant les recommandations de l'OAIS.
Le projet CORES (Information Society Technologies Programme, European Union) a adopté en 2002 les identifiants uniformes de ressource (Uniform Resource Identifiers, URI) pour l'accès aux ressources Web, en s'appuyant sur des standards de métadonnées.
Ce groupe de projet a travaillé pour la Commission européenne. Il est composé de personnes appartenant à : GILS : Government Information Locater Service (États-Unis). MARC21 : standards de la bibliothèque du Congrès américain (États-Unis). IEEE/LOM : Learning Object Metadata (États-Unis). DCMI : Dublin Core Metadata Initiative (États-Unis). DOI Foundation : Digital Object Identifier. ONIX : ONIX for books, diffusion de livres. CERIF : Common European Research Informade0031.htm Metadata/Taxonomy. la NASA : NASA taxonomy - Metadata..
Les classifications étant structurées, il est plus aisé de gérer la traçabilité, d'agréger les données, et de protéger le patrimoine informationnel.