La Maison du roi est l'administration d'Ancien Régime puis de la Restauration qui regroupe et prend en charge le personnel domestique du roi. Elle assure le gîte de la personne royale, sa nourriture, sa sécurité, sa représentation et ses dévotions, au quotidien comme dans les situations exceptionnelles (voyages, cérémonies).
Elle a été réglementée par en 1578 puis 1585, puis par Colbert. Elle est dirigée par le grand maître de France, l'un des premiers personnages du royaume. Aux , elle compte entre . Il est difficile de retracer son évolution exacte. Comme le dit Jean-François Solnon dans le Dictionnaire du grand siècle :
Elle comporte trois grandes divisions : la maison civile (décrite dans les chapitres suivants de cet article), la maison militaire et la maison ecclésiastique.
La Maison du roi a été l'héritière de l'Hôtel du roi réorganisé par . Sa gestion était placée sous le contrôle du Bureau de la Maison du roi comportant la Chambre aux deniers qui existait depuis le et était chargée des paiements des différents grands offices ainsi que de leur comptabilité.
La Maison du roi a été complètement réorganisée sous le règne de par plusieurs édits pris entre juillet 1779 et août 1780.
La Maison civile Elle est divisée en départements, de nombre variable au cours de l'époque moderne. Sous , elle en comptera vingt-deux. Ceux-ci étaient dirigés par les grands officiers de la Maison du roi, titre distinct (malgré quelques recoupements) de celui de grand officier de la couronne, membres de la haute noblesse ou du haut clergé. Voici les départements les plus importants :
La Bouche du roi C'est le plus important, en termes de personnel, des départements de la Maison du roi. Elle est dirigée par le premier maître d'hôtel du roi et se compose de sept offices employant plus de cinq cents personnes sous Louis XIV, tous touchant au ravitaillement et à la cuisine pour la table du Roi : le Gobelet ; la Cuisine-Bouche ; la Paneterie-Commun : grand panetier ; l'Échansonnerie-Commun ; la Cuisine-Commun ; la Fruiterie et la Fourrière ; le Petit Commun.
Servent à la bouche le maître d'hôtel ordinaire, les 12 maîtres d'hôtel servant par quartier, le grand panetier, le premier écuyer tranchant et le grand échanson (trois offices devenus purement honorifiques depuis le début de l'époque moderne), les 36 gentilshommes servants, .
La Chambre et le Cabinet du roi
Elle est dirigée par le grand chambellan et a la charge des appartements du roi et de l'escorte de la personne du roi. C'est, avec la bouche, l'un des services avec le plus de personnel : elle compte dans ses rangs les quatre premiers gentilshommes de la chambre, les gentilshommes de la chambre, les valets de chambre, les pages, les huissiers et les enfants d'honneur. La proximité des officiers de la chambre avec le roi rend les charges très estimées.
Ce personnel de la Chambre et du Cabinet du roi comprenait environ 500 personnes. Ce nombre varia sans cesse.
La Chambre du roi Elle se composait en 1712Alfred Franklin, Dict. histor. des arts, métiers et professions exercés dans Paris depuis le , Éds H. Welter, Paris, 1906, p. 134-136. de :
1 grand chambellan. 4 premiers gentilshommes. 24 pages. 4 gouverneurs des pages. 4 sous-gouverneurs. 1 maître de mathématiques. 1 maître en fait d'armes. 1 maître à danser.
L'antichambre 2 huissiers.
La chambre 4 premiers valets de chambre. 16 huissiers. 32 valets de chambre. 12 porte-manteaux. 12 porte-arquebuses. 1 porte-mail. 8 barbiers valets de chambre. 1 barbier ordinaire. 1 chirurgien, opérateur pour les dents. 8 tapissiers. 3 horlogers. 3 renoueurs. 6 garçons. 2 porte-chaise d'affaires. 1 porte-table. 1 frotteur. 9 porte-meubles. 1 porteur de meubles. 1 capitaine des mulets. ? peintres. ? sculpteurs. ? vitriers. 2 menuisiers. ? serruriers. ? coffretiers-malletiers.
1 capitaine des levrettes et lévriers. 4 valets et gardes des levrettes. 2 gardes des petits chiens. 1 pâtissier des chiens.
1 chef du vol pour les champs. 1 maître fauconnier. 1 piqueur. 1 acheteur d'oiseaux. 1 valet des épagneuls. 1 capitaine du vol pour pie. 1 maître fauconnier. 2 piqueurs. 1 oiseleur ou tendeur 1. 1 grand maître de la garde-robe. 2 maîtres de la garde-robe. 4 premiers valets. 17 valets. 1 porte malle. 4 garçons. 9 tailleurs. 1 empeseur. 1 remplisseuse de points. 2 brodeurs. 2 pelletiers. ? lingers. 8 cordonniers. ? chapeliers. 2 merciers. 6 chaussetiers. 2 lavandiers.
Le Cabinet du roi
2 huissiers du cabinet. 1 huissier de l'ordre du Saint-Esprit. 4 secrétaires du cabinet. 4 courriers du cabinet. 1 gardien des livres. 1 gardien des médailles. 2 lecteurs. 1 interprète pour les langues arabes et syriaques. 1 interprète pour la langue latine. 1 interprète pour la langue grecque.
Les Oiseaux du Cabinet du roi (ou Fauconnerie du Cabinet du roi) Capitaines généraux des fauconneries du cabinet du roi. Officiers de la maison royale, et tout à fait indépendants du Grand Fauconnier. Jérôme du Buisson fut chef du vol pour corneilleErnest Lennel de La Farelle, Une famille attachée à la maison de Louis XIII : Du Buisson de La Marsaudière et sa descendance, Éd. : E. Champion, Paris, 1913, p. 2-4.. « La fauconnerie du cabinet du Roy suit seule Sa Majesté dans ses voyages, même à l'armée, et le sieur Forget, qui la commande, prend tous les jours l'ordre du Roy en route ou à l'armée ». Les Oiseaux ou Fauconnerie du Cabinet du Roi sont installés à Montainville (Yvelines), dès 1680Jacques Tréton, Histoire de Montainville en Pincerais, 1998, ..
Le capitaine général avait sous ses ordres : les autres capitaines de vol des oiseaux du cabinet, savoir :
1 capitaine général.
1 capitaine du vol pour corneille. 1 lieutenant, aide. 1 maître fauconnier. 6 piqueurs. 1 garde-perches.
1 capitaine du vol pour pie. 1 lieutenant, aide. 1 maître fauconnier. 3 piqueurs. 1 garde-perches.
1 capitaine du vol pour les champs. 1 lieutenant, aide. 1 maître fauconnier. 2 piqueurs. 1 valet d'épagneuls. 1 garde-perches.
1 capitaine du vol pour émerillon. 1 lieutenant, aide. 1 maître fauconnier. 2 piqueurs. 1 garde-perches.
Le Garde-Meubles
1 intendant, contrôleur général. 1 garde général. 2 garde-meubles. 11 garçons.
La Musique de la Chambre
Les chanteurs et instrumentistes de la maison du roi se répartissent en trois départements : la Chapelle, la Chambre et l'Écurie. Mais certains musiciens appartiennent à deux, voire trois de ces ensembles. La Chambre est responsable des divertissements profanes du château de Versailles : opéras, ballets, soupers La musique de la Chapelle et celle de la Chambre du roi sont réunies en une seule durant le règne de parce qu’elles coûtent trop cher.
Durant le règne de Louis XIV, La Musique de la Chambre comprend : deux surintendants qui servent par semestre, secondés par des maîtres de musique, un compositeur cinq à sept chantres les instrumentistes : un clavecin, un petit luth, une viole, un théorbe
Ces musiciens sont titulaires à vie de charges soit achetées, soit reçues de la main du roi.
Il faut y ajouter les vingt-quatre violons et les musiciens « ordinaires » qui sont distingués par le roi mais ne sont pas titulaires d'un poste.
La Musique du Cabinet 21 violons. 2 bassons. 3 hautbois. 1 huissier des ballets. 1 garde des instruments. 4 trompettes ordinaires des plaisirs du roi. 1 timbalier. 4 tambours. 4 fifres.
La Faculté de la Chambre du Roi Le premier médecin du roi dirige la Faculté de la chambre du roi. Il a sous ses ordres 1 médecin ordinaire et 8 médecins servants par quartier, 1 médecin de l'infirmerie de la maison du roi. Le premier chirurgien du roi dirige les opérations ordonnés par le Premier médecin. Il a sous ses ordres 1 chirurgien ordinaire et 8 chirurgiens servants par quartier. Le premier apothicaire du roi élabore les médicaments nécessaires. il a sous ses ordres 4 apothicaires, 4 aides-apothicaires, 2 apothicaires-distillateurs, 1 opérateur ordinaire et 1 herboriste.
Les menus-plaisirs Son nom complet est « argenterie, menus-plaisirs et affaires de la chambre du roi ». C'est le service chargé des décors de théâtre, costumes et accessoires des pièces, ballets et spectacles organisés à la cour. Il est dirigé par un intendant.
Les cérémonies
Service créé en 1585 par , il est chargé du cérémonial public : baptêmes, mariages et enterrements royaux, sacre et couronnement, entrées royales, festins royaux, réceptions d'ambassadeurs, états généraux Il est dirigé par le grand maître des cérémonies, assisté par le maître et l'aide des cérémonies.
L'écurie
Elle est divisée depuis 1582 en deux services : la Grande Écurie, dirigée par le grand écuyer, dit « M. le Grand », qui s'occupe des haras du roi et du service des cérémonies (les hérauts et roi d'armes, les poursuivants d'armes, les porte-épées de parement, les pages et le corps des musiciens). la Petite Écurie, dirigée par le premier écuyer, dit « M. le Premier », comprend les écuyers, les pages, les petits valets de pied et tout ce qui est cocher, postillon, sellier ou palefrenier.
La vénerie La vénerie s'occupe des chasses du Roi. Elle est dirigée par le grand veneur et comprend, outre la vénerie (chasse à cheval), la louveterie (dirigée par le grand louvetier), et le vautrait (équipage pour la chasse au sanglier, dirigé par le capitaine des toiles).
La Fauconnerie était en partie directement dirigée par le grand fauconnierAlfred Franklin, Dict. histor. des arts, métiers et professions exercés dans Paris depuis le , Éds H. Welter, Paris, 1906, p. 124-126.. Il avait sous ses ordres : Capitaines du vol pour corneille : il y avait deux vols pour corneille. Le premier comprenait : 1 capitaine, 1 lieutenant, 1 maître fauconnier, 20 piqueurs. Le second : 1 capitaine, 1 lieutenant, 7 piqueurs, 1 porte-duc. Capitaines du vol pour héron. Ils avaient sous leurs ordres : 1 lieutenant, 2 maîtres fauconniers, 8 piqueurs. Capitaines du vol pour le lièvre. Ils avaient sous leurs ordres : 1 lieutenant, 4 piqueurs, 1 valet de lévriers. Capitaines du vol pour milan. Il y avait deux vols pour milan, et chacun d'eux comprenait : 1 capitaine, 1 lieutenant, 1 maître fauconnier, 5 piqueurs, 1 porte-duc.
La Maison militaire
La Maison militaire du roi de France comprend l'ensemble des troupes d'élite de l'armée royale. Elle existe depuis au moins le , mais n'est organisée que par en 1671. Elle est dirigée par le secrétaire d'État à la Maison du roi et le secrétaire d'État à la guerre.
Loin de n'être que des troupes de cérémonie, les régiments de la maison du Roi, à l'instar de la Garde impériale de , ont participé à toutes les campagnes, d'abord en tant que garde personnelle du Roi. Ainsi, en 1567, lors de la surprise de Meaux, la famille royale ne doit qu'aux Cent-Suisses d'échapper à la capture par les troupes protestantes du prince de Condé. Cette troupe d’élite joue un rôle décisif dans certaines batailles. Le , les gardes suisses se font massacrer pour protéger et sa famille. Sur le champ de bataille, rassemblée autour du porte-cornette blanche, elle sert de garde rapprochée au Roi.
En l'absence du roi, elle combat quand même : c'est la seule armée permanente du royaume, avec la cavalerie d'ordonnance, les six « Vieux » et les six « Petits-Vieux ».
La Maison militaire remplit plusieurs fonctionsLa cour du roi à Cersailles : La Maison militaire du roi. : garder la personne du Roi et assurer la sécurité de la Cour, troupe permanente, elle est une troupe d'élite, qui a servi au cours des guerres, assurer la formation des officiers.
Les troupes composant la Maison militaire Sous la direction de Lucien Bély, Dictionnaire de l'Ancien Régime, , Presses Universitaires de France, Paris, 2003, . se répartissent suivant la couleur dominante de leurs uniformes entre : la Maison bleue : les gardes du corps et grenadiers à cheval, la Maison rouge : gendarmes, chevaux-légers et mousquetaires.
Ces différentes troupes se sont constituées au cours de l'histoire de la monarchie.