Jean Broc né le à Montignac (Dordogne) et mort en 1850 à Lopatyn (un lieu dans la région historique de Galicie, appartenant alors à l'empire d'Autriche et aujourd'hui en Ukraine) est un peintre français.
Artiste de l'école néoclassique, il est un des membres du groupe des Barbus.
Biographie
Jean Broc est né le à Montignac, son enfance et sa jeunesse sont entourées de mystère. Les premières informations certaines sur sa vie concernent son service militaire dans l'armée républicaine pendant la guerre de Vendée. Après sa libération du service militaire, il devient élève de Jacques-Louis David dès fin 1797, dans l'atelier duquel il fait partie du groupe des « Barbus » ou « Penseurs », ou « Primitifs ».
On raconte que Broc était très fier de son talent et il semble que David, agacé par l'attitude du jeune homme, l'ait réprimandé en ces termes :
Toute cette confiance en soi n'épargnait pas au peintre un mode de vie marqué par de fréquentes incertitudes financières, et c'est probablement pour cette raison qu'il partageait occasionnellement avec les frères Joseph-Boniface et Jean-Pierre Franque le petit appartement du palais du Louvre que les jumeaux louaient à David. Broc, l'un des plus anciens élèves de David, tente d'établir des contacts utiles avec les personnes fortunées et les critiques amis du maître de l'époque, et se bat pour obtenir une certaine reconnaissance.
Il quitte l'atelier de David avant 1801 et loge à cette date rue de l'Observance, renonçant à suivre la plupart des autres Primitifs qui, après avoir été invités par le maître à quitter son atelier, s'étaient installés dans le monastère en ruine de la Visitation de Sainte-Marie, à Chaillot, pour rechercher la pureté primitive de l'esprit par la méditation intérieure et le culte de l'Orient et de la Bible. Cette tentative est plutôt infructueuse puisqu'il reçoit à deux reprises un prix d'encouragement après avoir participé au Salon en 1800 et 1801. Il expose au Salon jusqu'en 1833.
Il présente au Salon de 1800 L'École d'Apelle (Paris, musée du Louvre). , œuvre qui devient le manifeste du groupe des Barbus. Au Salon de l'année suivante, il expose La Mort d'Hyacinthe (Poitiers, musée Sainte-Croix), autre manifeste esthétique des Primitifs. Il reçoit par la suite quelques commandes officielles, dont un Portrait du maréchal Soult en 1805 pour le salon des Maréchaux du palais des Tuileries, notice de la copie de l'œuvre par Louis Henri de Rudder en 1881, conservée au château de Versailles..
En 1806, il épouse à Paris Marie Sophie Havard.
En 1814, il donne des cours de dessin et compte parmi ses élèves Guillaume Bodinier (1795-1872). Entre 1820 et 1823, il réalise des dessins sur le thème de Paul et Virginie pour des papiers peints gravés par Mader et imprimés par Dufour, appelés tableaux-tentures.
Sa fille Aline épouse, en 1836 à Paris, le général polonais Józef DwernickiArchives reconstituées de Paris, acte de mariage de l'année 1836, (vue 19/46)..
Le succès de Jean Broc diminuera à l'approche de sa mort, qui survient vers 1850 en Galicie, où sa fille s'était installée.
Son œuvre Jean Broc représente l'officialisation de la rébellion à travers sa tentative d'introduire les idées des Barbus dans les cercles artistiques officiels, mal accueillie et non comprise par les critiques mais toujours sous l'attention de l'élite intellectuelle de l'époque.
La manière de peindre de Broc illustre la recherche esthétique de l'ensemble du groupe Barbus auquel il appartenait : une peinture linéaire, dépourvue d'ombres, caractérisée par l'utilisation d'une palette claire et tonale. À travers ces deux tableaux exposés au Salon de 1801, Broc offre au spectateur une vision introspective de l'état d'esprit chagrin des protagonistes de ses toiles en évoquant au pinceau leurs humeurs larmoyantes.
L'intention première dans les thèmes de ses œuvres était de se distinguer d'un monde désormais divisé entre une culture d'instruction morale et une production banale et quotidienne d'images. Broc a dû se distinguer en poursuivant la doctrine de la supériorité de l'art dit primitif, à la recherche d'une pureté dont l'essence réside dans l'admiration pour Homère, Ossian et la Bible.
Son art subit l'influences de la peinture de vase grecque et de la peinture primitive italienne, dont la redécouverte s'était déjà répandue au lors de la naissance du néoclassicisme. Il est également influencé par la Renaissance italienne, notamment par Botticelli et le Pérugin, et par son contemporain Pierre-Paul Prud’hon.
Salons 1800 : L'École d'Apelle, huile sur toile, (Paris, musée du LouvreDon en 1872, de , fille de l'artiste.). L'œuvre devient le manifeste du groupe des Barbus. Le tableau rappelle L'École d'Athènes de Raphaël, de la disposition spatiale du tableau à l’architecture, en passant par les attitudes et les caractéristiques des visages des personnages. Les critiques du Salon estimèrent que l'œuvre plagiait Raphaël, la décrivirent comme superficielle et dépourvue d'attrait émotionnel. 1801 : Le Naufrage de Virginie ; La Mort d'Hyacinthe (Poitiers, musée Sainte-Croix). 1806 : Mort du général Desaix. , château de Versailles. 1810 : Renaud et Armide. 1814 : La Mort d'Hyacinthe ; Renaud et Armide. 1817 : Portrait d'un garde national à cheval. 1819 : La Mort de Virginie ; La Magicienne consultée (Bayeux, musée Baron-Gérard). Une réplique ou une copie de cette œuvre est conservée au musée des Beaux-Arts de Béziers et une autre au musée Garinet de Châlons-en-Champagne. 1833 : Les Envoyés de Dieu (Yvré-l'Évêque, église Saint-Germain).
Liste d'œuvres
Tableau Titre Date Dimensions Notes Lieu de conservation L'École d'Apelle 1800 Paris, musée du Louvre Ulysse chez les Phéaciens, ou Le Lancement du disque (ancien titre) entre 1800 et 1805 612 x 750 cm Attribution. Dijon, musée Magnin Mort du général Desaix. 1806 Versailles, musée national du château La Magicienne consultée ou La bonne aventure 1819 Musée des Beaux-Arts de BéziersRépliques au Musée des Beaux-Arts et d'Archéologie de Châlons-en-Champagne et au Musée Baron-Gérard La France triomphante 1831 localisation inconnue La Révolution de 1830 1835 localisation inconnue. La Paix et la Justice vers 1837 Valence, musée d'Art et d'Archéologie. La Justice entourée d'enfants et d'animaux symboliques 1850-1851 Inachevé à la mort du peintre, sa fille a demandé à le terminer. localisation inconnue
Œuvres décoratives Les Monuments de Paris, 1814, papier peint panoramique en 30 lés, dessiné pour la manufacture Dufour. Paul et Virginie, 1823, papier peint panoramique en 23 lés, camaïeu de gris, dessiné pour la manufacture Dufour.
Réception critique
Au départ, l'œuvre de Broc n'a pas été comprise et appréciée par le public et la critique :
Malgré une mention honorable officielle, La Mort d'Hyacinthe est qualifié de . Les visiteurs sont dérangés par le primitivisme de Broc et le critique du Moniteur universel remarque que le tableau est .
Les Envoyés de Dieu connaît en revanche un grand succès au Salon de 1833. Selon une coutume habituelle des salonniers, Auguste Jal fait parler des visiteurs imaginaires commentant les œuvres exposées, nous avons ici un ultra Romain, un homme aux lunettes, un petit vieillard, une marquise. Après avoir discuté d’un tableau de GuichardJoseph Guichard ?, ce groupe se dirige vers Les Envoyés de Dieu de Jean Broc :
Élèves
Guillaume Bodinier (1795-1872)
Notes et références
Annexes
Bibliographie Michel Soubeyran, « Sur le peintre Jean Broc », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, tome 102, 1975, ( lire en ligne). Sylvain Laveissière, Le tableau du mois, , À la mémoire de Robert Rosenblum (1927-2006), notice éditée par le musée du Louvre à l'occasion de la présentation de L'École d'Appelle au « Tableau du mois » du au . . Anne Benéteau, Cécile Le Bourdonnec et Daniel Clauzier, Jean Broc, La mort d'Hyacinthe (1801), éd. Musées de la Ville de Poitiers, 2013.
Liens externes
« Jean Broc » dans la base Joconde. « Jean Broc » dans Artcyclopedia. Saskia Hanselaar, « Jean Broc, L'École d'Apelle », sur histoire-image.org.
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