La ville de Maroua est le chef-lieu de la région de l'Extrême-Nord du Cameroun et du département du Diamaré. La Communauté urbaine de Maroua instaurée en 2008 est constituée de trois communes d'arrondissementDécret du 17 janvier 2008 portant création de la communauté urbaine de Maroua, in Cameroon Tribune, du vendredi 18 janvier 2008, p. 5 avec une population urbaine estimée à plus de en 2022. Certaines sources contestent ce chiffre et estiment plutôt que sa population atteindrait le million (). Capitale régionale, centre commercial et artisanal, ville universitaire, elle se place comme l'une des plus peuplées et des plus importantes du Cameroun. Maroua est historiquement une ville touristique. Elle dispose de nombreux hôtels.
Géographie vignette|gauche|upright|Le pic de Mindif à Maroua. La ville est située sur la route nationale 1 (axe N'gaoundéré-Kousseri) à au nord de la capitale Yaoundé au confluent des cours d'eau Mayo Kaliao et Mayo Tsanaga dans le bassin versant du Lac Tchad.
Climat La ville est quadrillée par de grandes avenues bordées d'arbres qui apportent un peu de fraîcheur. Malgré ça, Maroua est soumis à un climat semi-aride tropical (Köppen: BSh, Trewartha: BSha) avec une longue saison sèche de octobre à mai et une courte saison humide de juin à septembre.
Histoire La ville a été occupée par les Guiziga au et les Mofu au .. Les Peuls s'y installeront plus tard.
thumb|centre|Le lamido de Maroua en 1918.
La ville tire son nom de celui de la communauté Marwa (prononcé Marva en guiziga), première commune installée sur la localité à l'arrivée des colons allemands. La prononciation est francisée en Maroua au départ des Allemands et à l'arrivée des colons français. thumb|Case du grand Nord.
Population Les populations de Maroua est très mosaïque. En plus des ethnies autochtones (Guiziga, Mofu et les Foulbé (peuls) du Diamaré), on y retrouve quasiment toutes les ethnies du Nord-Cameroun : Toupouri, Massa, Mafa, Mousgoum, Kotoko, Arabes-Choa, Moundang, Mousgum, Mandara (Kanuri, Zoulgo, Podoko, Mada, etc.), Laka, Guidar, Dii, Gbaya, Fali, Kapsiki, etc. La langue peule est la plus parlée dans le Nord-Cameroun et dans la ville de Maroua en particulier. L'évolution démographique est relevée par l'OrstomOrstom Yaoundé, Atlas du Cameroun, Villes et leurs fonctions, Orstom Abidjan, 1973 puis par les recensements de la populationRecensements de la population du Cameroun en 1976, 1987, 2005. La population urbaine connait un accroissement annuel de 2,67 % sur la période 1987-2005. Sa population a énormément augmenté depuis la création de l'université. La ville subit l'influence importante de l'exode rural. A cela, il faut ajouter une population estudiantine d'origine tchadienne.
Quartiers
Maoundiwo Hardé Domayo Douggoï Doursoungo Kongola Doualare Founangue Diguirwo Djarengol Baoliwol Koutbawo Palar Zileng Ouro tchede Zokok Kakatare Barmare Lopere Pitoaré Ponré Louguewo Patchiguinari Congoré Djoudandou Mayel-ibbé Bamaré
Administration La ville de Maroua est divisée en trois communes d'arrondissement, la commune d'arrondissement de Maroua , avec à sa tête Hamadou Hamidou, celle de Maroua qui est dirigée par Abdoulaye Sinele depuis les élections municipales en et la commune de Maroua , dirigée par Sadou.
La communauté urbaine de Maroua a été créée le et est dirigée (en 2017) par Robert Bakari« Extrême-Nord: une bouffée d’oxygène pour les communes », Cameroon Tribune, 26 avril 2017 connu sous le nom de Bakary Yaware.
Communesd'arrondissement Superficie(km2) Populationtotale (2005) Populationurbaine (2005) Populationrurale (2005) Chef-lieuMaroua I DomayoMaroua II DoualaréMaroua III Douggoi Maroua
Maroua ISource : Mapanet
Maroua IISource : Mapanet
Maroua IIISource : Mapanet
Éducation vignette|gauche|Rectorat de l'université de Maroua.
Liste des Lycées d'enseignement général : Lycée classique et moderne, Lycée bilingue, Lycée bilingue de Maroua Domayo, Lycée de Kakataré, Lycée de Doualaré, Lycée de Kongola, Lycée de Hardé, Lycée de Meskine, Lycée de Ouro Tchédé, Lycée de Gayack, Lycée de Makabaye et Lycée de Ngassa.
Liste des lycées d'enseignement technique : Lycée technique de Maroua, Lycée technique de Doualaré et Lycée technique de Salak.
Il faut également citer le CES (Collège d'Enseignement secondaire) de Palar, un des plus grands quartiers de la ville.
La ville de Maroua connaît de nombreux établissements secondaires privés et laïcs : Le CTM-CETI (établissement baptiste d'enseignement technique jusqu'au Bac), Collège Bilingue Jacques de Bernon (Catholique), Collège islamique SABIL, Collège adventiste, Collège privé Siddi Djaoro, Collège protestant, etc. Maroua I compte 7 collèges et 5 lycées« Arrondissement de Maroua I », Schoolmap Cameroon . Maroua II compte 2 collèges et 3 lycées« Arrondissement de Maroua II », Schoolmap Cameroon . Maroua III compte 2 collèges et 5 lycées« Arrondissement de Maroua III », Schoolmap Cameroon .
L'université de Maroua a été créée le « 09 août 2008 : création de l’université de Maroua », Daily Retro . Elle comprend différentes Facultés (Faculté des Arts, Lettres et Sciences humaines, Faculté des Sciences économiques et de Gestion, Faculté des Sciences juridiques et politiques et Faculté des Mines et des industries pétrolières basée sur le site de Kaélé), l'École normale supérieure et l'École nationale supérieure polytechnique. Une branche de cette université existe dans la ville de Kousséri. Le CRA (Collège régional d'agriculture) de Maroua est une branche de la Faculté de sciences agronomique de Dschang dans la région de l'Ouest du pays.
Économie thumb|redresse|Vente de médicaments traditionnels à Maroua. Maroua est connue pour son dynamisme économique. Ses différents marchés grouillent de monde. Attirant de nombreux touristes, elle est très célèbre pour son activité artisanale et son marché où s'attroupent quotidiennement tanneurs, potiers, tailleurs, tisserands et forgerons Maroua, britannica.com, USA, consulté le 8 septembre 2019.
Le centre artisanal, situé à l'entrée du marché central, regroupe une cinquantaine d'artisans qui proposent sur leurs étalages des nappes de tables brodées ou tissées à la main, des tapis de cuir, des babouches, des sacs à main en peau de crocodile ou de serpent, etc. Un autre centre artisanal, plus moderne, se situe à l'entrée de la ville, côté carrefour Para.
Maroua est connue notamment pour ses imposants champs de gingembre et pour la fabrication de liqueur de gingembre.
Lieux de culte Parmi les lieux de culte, il y a principalement des mosquées musulmanes. Il s'y trouve aussi des églises et des temples chrétiens : Diocèse de Maroua-Mokolo (Église catholique), Église évangélique du Cameroun (Communion mondiale d'Églises réformées), Église presbytérienne camerounaise (Communion mondiale d'Églises réformées), Union des églises baptistes du Cameroun (Alliance baptiste mondiale), Union des Eglises Evangéliques au Cameroun (UEEC), Eglise Fraternelle Luthérienne du Cameroun, Eglise Evangélique Luthérienne du Cameroun, Mission du plein évangile Cameroun (Assemblées de Dieu) J. Gordon Melton, Martin Baumann, ‘‘Religions of the World: A Comprehensive Encyclopedia of Beliefs and Practices’’, ABC-CLIO, USA, 2010, p. 484-486.
Transports thumb|Transport de marchandises à Maroua (2009). La ville est reliée par transport aérien grâce à l’Aéroport international de Maroua Salak.
En tant que capitale régionale, elle est reliée à Garoua, Kousseri, Ndjamena et Maiduguri par la route nationale n°1. Cette route est en mauvais état ce qui double les temps de trajet. La voirie urbaine, en plein chantier, est en très mauvais état dans toute la ville.
Maroua chef lieu de la région de l'extrême Nord Cameroun est relié au Tchad par le pont sur le Logone qui sépare la ville de Yagoua à la ville tchadienne Bongor, représentant la 2e infrastructure de ce type à relier le Tchad au Cameroun.
Le principal moyen de transport urbain est le moto-taxi.
Sport Les activités sportives courantes sont : le football, la lutte traditionnelle. Le Kohi Club de Maroua, aujourd'hui moins en vue, est son équipe de football historique.
Personnalités liées à la ville Nées à Maroua Sylvie Nantcha (1974), femme politicienne afro-allemande. Garga Haman Adji (1944), homme politique Hamadou Moustapha (1945), homme politique René Sadi (1948), homme politique Djaïli Amadou Amal (1975), femme de lettres et militante féministe Estelle Johnson (1988), footballeuse Jean Bapidi (1989), footballeur Aminou Bouba (1991), footballeur Tilo Frey (1923 - 2008), femme politique suisse Yaya Mbilé Bitang (), actrice de cinéma et Metteuse en scène de théâtre.
Ayant vécu à Maroua Aissa Doumara Ngatansou, militante contre les violences faites aux femmes Dr. DALIL BONABE, Médecin Ophtalmologiste, Chirurgien des yeux.
En littérature Une partie du roman Au commencement du septième jour, de Luc Lang, 2016, est supposée s'y dérouler. Le roman Cœur du Sahel, de Djaïli Amadou Amal, paru en 2022, se déroule principalement à Maroua.
Notes et références
Annexes
Bibliographie Émilie Guitard, « Le grand chef doit être comme le grand tas d'ordures » : gestion des déchets et relations de pouvoir dans les villes de Garoua et Maroua (Cameroun), Université Paris Ouest Nanterre La Défense, 2014, 600 p. (thèse), Reinhard Kapfer, Die Frauen von Maroua : Liebe, Sexualität und Heirat in Nordkamerun, Hammer, Wuppertal, 2005, 188 p. Anne Lebel (et Emmanuelle Pontié), « Maroua », in Le Cameroun aujourd'hui, Éditions du Jaguar, Paris, 2011, Mahamat Paba Salé, Maroua : aspects de la croissance d'une ville du nord Cameroun : des années 50 à nos jours, Université Bordeaux 3, 1980, 304 p. et 14 photographies en 7 planches hors texte (thèse de ) Christian Seignobos et Olivier Lyébi-Mandjek (dir.), « Maroua. Évolution historique », in Atlas historique de la province Extrême-Nord, Cameroun, planche 30, IRD Éditions, MINREST/INC, Paris, 2000 , Henry Tourneux et Olivier Lyébi-Mandjek, L'École dans une petite ville africaine, Maroua, Cameroun : l'enseignement en milieu urbain multilingue, Karthala, Paris, 1994, 330 p. P. Tjeega et H. Elingui, Dictionnaire des villages du Diamaré, DGRST, ISH, Yaoundé, 1981, 214 p.
Articles connexes Université de Maroua Aéroport de Maroua Salak Parc national de Waza Prison centrale de Maroua Histoire pré-coloniale du Cameroun Mayo-Tsanaga (cours d'eau)
Liens externes La ville de Maroua.
Climat : Maroua Maroua I, sur le site Communes et villes unies du Cameroun (CVUC) Maroua II, sur le site CVUC Plan communal de développement de la commune d'arrondissement de Maroua IIe, , 275 p. Maroua III, sur le site CVUC Plan communal de développement de la commune de Maroua IIIe, , 287 p.