ou Haute Fidélité au Québec est une comédie romantique britanno-américaine de Stephen Frears sortie en 2000.
C'est une adaptation au cinéma du roman Haute Fidélité (), de l'auteur anglais Nick Hornby.
Bien que le film soit loin d'avoir autant de force que les œuvres précédentes de Frears, comme , ou (Les Arnaqueurs), dans (selon le site , qui place le film au rang des 25 meilleures comédies romantiques) .
La revue donne à la place dans son classement des 500 Plus Grands Films de Tous les Tempscf « www.empireonline.com/500/11.asp «.
Synopsis
Rob Gordon (John Cusack), 28 ans, gros fumeur, beau garçon dilettante et velléitaire (genre adolescent attardé), flemmard passionné de musique popen somme, Rob est le Gib du film The sure Thing (Garçon choc pour nana chic de Rob Reiner (1985), qui, 15 ans plus tard, aurait grandi, mais sans mûrir. a abandonné ses études et tient une boutique de disques à Chicago : Championship Vinyl. Sa clientèle est composée surtout de geeks, fétichistes en recherche obsessionnelle d'éditions rares de vinyles pop. Rob est aidé par ses deux jumeaux débiles, ses vendeurs Dick (Todd Louiso) et Barry (Jack Black), incollables en musique, unis par la passion de la pop et de la R&B, mais fort différents : Dick est maigre, pâle et timide, alors que Barry est obèse, extraverti, et même arrogant avec les clients ignorants.
Au domicile de Rob, Laura (Iben Hjejle), avocate, sa compagne depuis plusieurs années, est en pleurs. Elle s'approche de Rob alors qu'il est absorbé par l'écoute de musique au casque, elle arrache la prise des écouteurs, et lui annonce qu'elle part, étant donné qu'ils viennent de rompre. Quand il arrive à surmonter son désarroi, elle est dans la rue, montant dans sa décapotable Saab ; il ouvre la fenêtre, pousse la musique à fond, et lui crie adieu. Resté seul, Rob se demande (brisant le quatrième mur, un procédé qui sera utilisé tout au long du film) pourquoi toutes ses aventures amoureuses se concluent par un échec. Selon son habitude d'établir des listes des Top 5 dans tous les domaines, il dresse la liste des cinq jeunes femmes qu'il a connues intimement depuis le lycée et décide de les contacter afin de savoir quelle fut la raison commune de ces échecs. Il se pose aussi la question du rôle de la musique, et de son thème récurrent qu'est l'amour déçu dans cet état de fait : ().
La mère de Rob éclate en sanglots quand elle apprend que Laura a quitté son fils (« C'était la meilleure chose qui te soit arrivé depuis longtemps ! »). Et la mère de Laura décide de ne pas apprendre à son mari que le couple s'est défait : ils appréciaient fort Rob, et comme son mari souffre d'une grave angine de poitrine, elle ne veut pas l'alarmer.
thumb|Charlie, une des anciennes flames de Rob est jouée par Catherine Zeta-Jones. Rob cherche à revoir les quatre autres femmes qui ont compté dans son passé pour avoir une explication (et cette démarche qui pourrait être quelque peu sordide est l'occasion pour Frears de dresser de beaux portraits de femmes). La première fille, celle du temps de la Junior High School, est mariée, et vit en Australie (selon sa mère, dans un dialogue au téléphone surréaliste avec Rob). La suivante, celle du temps du College, lui crie avec véhémence qu'elle l'aimait, et que c'est lui, Rob, qui l'avait quittée car elle ne voulait pas coucher, du moins pas si vite, et qu'après avoir été abandonnée elle s'était donnée à un quidam, par dépit, et avait ensuite longtemps souffert de frigidité. La troisième, celle du temps de la High School (Catherine Zeta-Jones), le revoit avec plaisir et lui avoue qu'elle l'avait trompé sans motif particulier, si ce n'est parce qu'elle est volage. La quatrième, une grande dépressive connue alors qu'ils étaient tous deux solitaires, en manque de partenaire après rupture, est à nouveau seule à la suite du départ de son dernier ami, et prend un fort traitement neuroleptique, aussi Rob prend-il précipitamment congé d'elle. Et après chaque entrevue, Rob esquisse un petit pas de danse allègre : il déduit de son enquête que ces ruptures n'étaient pas de son fait, qu'il n'est pas maudit par le sort et que en somme ces séparations, passé le pénible sentiment de rejet, n'étaient pas des événements si malheureux.
thumb|left| Tim Robbins joue Ian Raymond. Cependant il exulte moins quand le souvenir de Laura le fait souffrir, d'autant qu'elle revient souvent chez lui pour « chercher ses affaires ». Rob apprend alors qu'elle vit avec le voisin du dessus, un nommé Ian Raymond, (Tim Robbins, hilarant et inquiétant en Don Juan New Age) dont ils riaient ensemble, quand ce gros macho à catogan et à bonnes fortunes faisait grincer spasmodiquement son sommier de lit, juste dans la chambre au-dessus de la leur. Rob se mêt alors à harceler le couple : coups de téléphone à répétition, veille devant l'appartement, stations sous la pluie sous les fenêtres de Ian. Ian vient alors le menacer doucereusement au magasin (et les trois réactions possibles de Rob et de ses acolytes sont filmées à la suite, démontrant bien sa disposition psychologique de velléitaire). Rob pleure la nuit seul dans son lit en imaginant Laura couchée avec Ian dans la chambre au-dessus de lui. Il comprend enfin qu'il s'est mal conduit envers Laura : il a accepté qu'elle lui « prête » $ (tout en sachant parfaitement qu'il ne pourrait pas les rembourser), il lui a avoué qu'il avait commis une infidélité « accidentelle » alors qu'elle débutait une grossesse qu’il ignorait, il l'a incitée ensuite à avorter par son attitude infantile. À cela s'ajoute un refus de s'engager qui l'a déterminée à fuir.
Pendant cette période de détresse Rob entreprend un classement « autobiographique » de sa multitude de disques, et se laisse aller à une aventure passagère et intercurrente avec une belle chanteuse, Marie DeSalle (Lisa Bonet), qui lui dit au matin qu'elle n'a fait que céder au désir charnel : elle aime un autre homme, qui l'a quitté. Rob éprouve aussi une attirance pour une jolie critique musicale, et lui prépare une compile qui devrait la faire fondre. Et pour compliquer le tout, Liz (Joan Cusack, sœur de John Cusack), une confidente et amie commune quelque peu envahissante, « cherche à aider le couple à se ressouder ».
thumb|John Cusack en 2006. Finalement, il apparaît à Rob que Laura est la femme de sa vie. Elle a la même révélation de son côté. D'ailleurs, lors d'un de ses passages chez Rob, elle trouve sur la table la liste des Top 5 désirs existentiels de son ex-concubin, et en est toute attendrie. Le père de Laura meurt sur ces entrefaites et les jeunes gens se revoient lors de l’enterrement. Il s'en va sous la pluie battante, elle le suit en voiture, le fait monter à ses côtés, lui demande de lui faire l'amour dans la voiture, et – en se félicitant de porter une jupe large – se met sur lui. Puis elle reprend les rênes du couple en main : elle organise une fête à l'occasion de la sortie du premier disque de jazz produit par la toute nouvelle maison d'édition de Rob (de sa propre initiative, elle a dessiné et fait coller les affiches.). Lors de cette fête, Barry « fait un tabac » en se révélant excellent chanteur, et le film semble se terminer par un happy ending.
Fiche technique
Titre Québécois : Haute Fidélité Musique : Howard Shore Photographie : Seamus McGarvey Montage : Mick Audsley Production : Tim Bevan et Rudd Simmons Société de distribution : Touchstone Pictures Budget : $ Format : Couleur Langue : anglais Genre : Comédie romantique Dates de sortie : , , ,
Distribution John Cusack : Rob Gordon Drake Bell : Rob Gordon jeune Iben Hjejle : Laura Todd Louiso : Dick Jack Black : Barry Lisa Bonet : Marie DeSalle Catherine Zeta-Jones : Charlie Nicholson Joan Cusack : Liz Tim Robbins : Ian « Ray » Raymond Lili Taylor : Sarah Kendrew Natasha Gregson Wagner : Caroline Sara Gilbert : Annaugh Moss Alex Désert : Louis Bruce Springsteen : lui-même
Bande originale
13th Floor Elevators, You're Gonna Miss Me The Kinks, Everybody's Gonna Be Happy John Wesley Harding, I'm Wrong About Everything The Velvet Underground, Oh! Sweet Nuthin''' Love, Always See Your Face Bob Dylan, Most of the Time Sheila Nicholls, Fallen for You The Beta Band, Dry the Rain Elvis Costello & The Attractions, Shipbuilding (Smog), Cold Blooded Old Times Barry Jive & The Uptown Five, Let's Get It On Stereolab, Lo Boob Oscillator Royal Trux, Inside Game The Velvet Underground, Who Loves the Sun Stevie Wonder, I Believe (When I Fall In Love It Will Be Forever) Autres musiques dans le film
Artiste Titre Bow Wow Wow I Want Candy Elton John Crocodile Rock Joan Jett & The Blackhearts Crimson and Clover Belle and Sebastian Seymour Stein Écrite par Rush, interprétée par Jack Black Jacob's Ladder Katrina and the Waves Walking on Sunshine Liz Phair Baby Got Going Brother JT3 Little Did I Know Ann Peebles I Can't Stand the Rain Bruce Springsteen The River Écrite par Peter Frampton, interprétée par Lisa Bonet Baby, I Love Your Way The Vaselines Jesus wants me for a sunbeam Edith Frost On Hold Goldie Hyena 1 Barry White I'm Gonna Love You Just a Little More, Babe Liam Hayes (alias Plush) Soaring & Boring The Chemical Brothers Leave Home John Etkin-Bell Four to the Floor Tony Bricheno & Jan Cryka Loopfest Illinois Jacquet Robbin's Nest Aretha Franklin Rock Steady Stiff Little Fingers Suspect Device Queen We Are the Champions Al Green I'm Glad You're Mine Love Your Friend & Mine Bob Dylan Tonight I'll Be Staying Here With You Bob Dylan Most of the Time Grand Funk Railroad Get It Together Harbhajhn Singh & Navinder Pal SinghThis India This India De La Soul Tread Water Harry Nilsson The Moonbeam Song Eric B. & Rakim Juice (Know the Ledge) Apartment 26 Doing It Anyway Eric B. & Rakim What's On Your Mind Sy Smith Good & Strong Sir Douglas Quintet Mendocino Paper Lace The Night Chicago Died Dick Walter Chapel of Rest Jackie Wilson I Get the Sweetest Feeling The Roots The Anti-Circle High Llamas Homespin Rerun Rupert Gregson-Williams Hit the Street Love My Little Red Book
Autour du film Le livre de Nick Hornby fut acheté par la compagnie « Disney's Touchstone Pictures » en 1995, et resta en gestation pendant 3 ansselon l'article de Jamie Malanowsky « Keeping Faith with High Fidelity (« En restant fidèle à High Fidelity »), dans le New York Times du 2 avril 2000. Puis les gestionnaires de la compagnie pensèrent pour le rôle principal à John Cusack, qui venait d'obtenir un franc succès avec son personnage de sicaire dilettante, désabusé et dépressif dans le film Grosse Pointe Blank (Tueurs à gages). L'un des adaptateurs du livre de Hornby, D.V. DeVicentis, est d'ailleurs lui aussi un obsédé de disques : il possède disques vinyle et des milliers de DVD et de bandesselon l'article de Susan Wloszczyna : « Cusack, in tune with his movies (« Cusack, à l'unisson avec ses films »), paru dans USA Today du 31 mars 2000. Les adaptateurs décidèrent de choisir Chicago au lieu de Londres car ils connaissaient mieux Chicago, qui d'ailleurs est un haut-lieu de la musique alternativeselon Lewis Beale, article du Daily News du 2 avril 2000 : Staying faithful to High Fidelity (On reste fidèle à Haute Fidélité).
John Cusack dit lui-mêmecf « www.iofilm.co.uk/feats/interviews/j/john_cusack.shtml »: « En lisant le livre, j'ai tout de suite pensé à des endroits précis de Chicago. J'ai vu l'école de Rob, et la fac qu'il a abandonnée, et les magasins où il allait écouter des disques. Quand j'étais jeune, je connaissais deux ou trois boutiques où travaillaient des personnages tout à fait identiques à Rob, Dick et Barry. ».
thumb|left|Le célèbre métro aérien sur l'Union Loop à Chicago.