L’oblast de Moscou (également appelé le Podmoskovié pour éviter la confusion avec le sujet autonome de la ville de Moscou) est un sujet de la fédération de Russie. Sa superficie, de , est relativement faible par rapport aux autres sujets fédéraux, mais c'est l'une des régions les plus densément peuplées du pays et, avec une population de (en 2019), le deuxième sujet de la fédération le plus peuplé. Le centre administratif de facto de l'oblast est la ville de Moscou, bien que Krasnogorsk possède les institutions les plus importantes, même si cette dernière n'en est pas de jure la capitale.

L'oblast a été créé en 1929 à l'époque de l'Union soviétique. Il est limité par l’oblast de Tver au nord-ouest, l’oblast de Iaroslavl au nord, l’oblast de Vladimir au nord-est et à l'est, l’oblast de Riazan au sud-est, l’oblast de Toula au sud, l’oblast de Kalouga au sud-ouest et l’oblast de Smolensk à l'ouest. La capitale fédérale, Moscou, qui est sujet autonome, donc distincte de l'oblast, autrefois enclavée dans l'oblast, se trouve à la fois au centre géométrique et le sud-ouest, avec quelques enclaves. L’oblast est très industrialisé, ses principales spécialités étant la métallurgie, le raffinage, les constructions mécaniques, l’agroalimentaire, l’énergie et les industries chimiques.

Histoire

L’oblast de Moscou est officiellement créé le .

La ville de Moscou est au centre de l’oblast de Moscou mais elle n'en fait pas partie car la ville de Moscou jouit d’un statut territorial particulier, celui de ville fédérale, et constitue donc une entité fédérée à part entière, au même titre que Saint-Pétersbourg. La ville de Moscou se trouve par conséquent enclavée dans l’oblast de Moscou.

Le territoire de l'actuel oblast de Moscou serait habité par l'Homme depuis plus de . Les premières traces de présence humaine remontent à l'âge du fer, soit vers . De nombreux tumulus et des villages de l’âge du fer y ont été mis au jour.

Des peuples finno-ougriens occupèrent la région. Puis, vers le , des Slaves vinrent s'y installer.

Jusqu'aux ix-, le bassin de la Moskova et les territoires voisins étaient peuplés de Finno-ougriens. Les Slaves ne colonisèrent le pays qu'à partir du . Vers le milieu du , il fut annexé à la principauté de Vladimir-Souzdal. Plusieurs grandes villes ont vu le jour à cette époque, dont Volokolamsk (1135), Moscou (1147), Zvenigorod (1152) et Dmitrov (1154). Dans la première moitié du , toute la principauté de Vladimir-Souzdal, dont la région de Moscou, fut conquise par les MongolsHistoire de Volokolamsk. moskvaobl.ru (en russe).

Au , la région de Moscou constitua la grande-principauté de Moscou, qui devint par la suite le centre de l’unification russe, en particulier dans la lutte contre les razzias mongoles. En 1380, le prince Dimitri Donskoï, parti de Kolomna, défit les Mongols à la bataille de Koulikovo. Le sud de la Moscovie était alors une partie de la principauté de Riazan, et ne sera rattachée à Moscou que dans les années 1520History of Moscow Oblast moskvaobl.ru (in Russian).

En 1708, Pierre le Grand institua par décret le gouvernement de Moscou, dont les limites sont approximativement celles de l'oblast actuel. Un siècle plus tard, le destin de la Russie a été décidé à la sanglante bataille de Borodino (1812), près de Mojaïsk.

L'industrie ne commence à se développer dans la région qu'à la fin du . Elle s'est d'abord concentrée à Bogorodsk, Pavlovski Possad et Orekhovo-Zouïevo et consistait pour l'essentiel en filatures. La première ligne de chemin de fer, reliant Moscou à Saint-Pétersbourg, et à laquelle ont travaillé des ingénieurs aussi illustres que Lamé, Clapeyron et Jouravski, a été inaugurée en 1851, et la ligne de Nijni Novgorod date de 1862.

Le , le Comité exécutif du Congrès Panrusse décide la création de l’« oblast Industriel central », formé par fusion des ex-gouvernements de Moscou, de Riazan, de Tver, de Toula, de Vladimir et de Kalouga. L’oblast est subdivisé en dix circonscriptions (ou okrougs) avec Moscou pour capitale. Le , il est rebaptisé « oblast de Moscou » et le , les okrougs sont dissous.

L’oblast de Moscou, trop déséquilibré, sera peu à peu démembré au profit des régions voisines : 26 districts sont transférés à l’oblast de Kalinine en , puis 77 districts aux oblasts de Toula et de Riazan en . Une part croissante des pouvoirs est déménagée à Krasnogorsk. Les districts de Borovsk, de Vysokinitchi, de Maloïaroslavets, d'Ougodsko-Zavodski et de Petouchki sont détachés en 1944 au oblasts de Kalouga et de Vladimir Pages d'histoire site Officiel de l’oblast de Moscou History site Officiel de l’oblast de Moscou.

La région a été le théâtre de la bataille de Moscou de fin 1941 à début 1942.

Selon la Constitution de la Russie adoptée en , l’oblast de Moscou est l'un des fédéraux de Russie.

Depuis le , l'oblast est amputé de vastes portions de territoire au sud-est, réduisant notablement la superficie des raïons de Naro-Fominsk, de Podolsk et Léninski, permettant de créer deux nouveaux district administratifs de Moscou : celui de Novomoskovski et celui de Troïtsk. Cette réforme permit ainsi à la capitale russe de ne plus être totalement enclavée dans l'oblast de Moscou et de communiquer avec l'oblast de Kalouga au sud-ouest.

Divisions administratives

Administrativement, l’oblast de Moscou se divise en 38 raïons (districts) et 30 villes sous l'administration de l'oblast. En outre, il existe dans l'oblast trois entités territoriales administratives fermées.

En ce qui concerne la division municipale, on compte 36 raïons et 35 arrondissements urbains. Toutes les villes sous l'administration de l'oblast, les trois villes fermées et deux des raïons administratifs ont le statut d'arrondissement urbain (gorodoskoï okroug).

Géographie physique thumb|400px|Carte de la région de Moscou et de la ville de Moscou L’oblast de Moscou, boisé à 40 %, couvre une superficie de . Le relief est plat, avec seulement quelques collines d'une hauteur maximale de à l'ouest.

L’oblast de Moscou est limitrophe des entités fédérées suivantes : l'oblast de Tver (au nord) ; l'oblast de Iaroslavl (au nord-est) ; l'oblast de Vladimir (à l'est) ; l'oblast de Riazan (au sud-est) ; l'oblast de Toula (au sud) ; l'oblast de Kalouga (au sud-ouest) ; l'oblast de Smolensk (à l'ouest).

Relief L’oblast est essentiellement plat, ponctué de quelques collines d'une altitude d'environ dans l'ouest, et d'immenses plaines à l'est. Du sud-ouest au nord-est, l’oblast est traversée par la limite du glacier de Moscou, qui au nord prend la forme habituelle de l’érosion glaciaire , et au sud, des massifs érodés. L'ouest et le nord de l’oblast comprennent le plateau de Moscou. Son altitude moyenne est de aux alentours de Dmitrov et le point culminant () est voisin du village de Chapkino dans le district de Mojaïsk. La zone septentrionale du plateau de Moscou est plus escarpée que la zone méridionale. Le plateau est parsemé de lacs d’origine glaciaire, tels les lacs de Nerskoïe et de Krougloïe. Au nord du plateau de Moscou s'étend la dépression alluviale de la haute Volga. C'est une plaine marécageuse dont l’altitude est comprise entre et D'après .Wagner, .

Au sud s'étend la zone vallonnée de la plaine de la Moskova et de l'Oka. Son point culminant () se trouve à Tioply Stan, sur le territoire de la cité moscovite. Cette plaine a clairement dessiné les vallées, surtout au sud, et parfois des reliefs de karst, surtout dans le raïon de Serpoukhov. Tout à fait au sud, par-delà la vallée de l’Oka, s'étend le plateau central de Russie. Il est creusé de multiples ravines et son altitude moyenne est de avec un maximum à près de PouchtchinoWagner, .

La moitié orientale de l’oblast de Moscou est occupée par la vaste plaine de la Mechtchera, qui y est très marécageuse. Les collines culminent à mais leur altitude moyenne n'est que de . La plupart des lacs de plaine, comme les lacs Tchiornoïe et Sviatoïe, sont d’origine glaciaire. Le point le plus bas de la région est les berges de l’Oka (Wagner, Oblast de Moscou sur le site moskvaobl.ru).

Géologie et minéraux Géologie vignette|Dolomite. vignette|Marne. vignette|Gneiss. L’oblast de Moscou se trouve au centre du bouclier russe, dont le socle est formé de roches de l’Archéen et du Protérozoïque, tandis que les couches supérieures se sont déposées aux ères Paléozoïque, Mésozoïque et Cénozoïque. Le socle présente une épaisseur minimum () au-delà de Serebrianye Proudy, tout à fait au sud de l’oblast, et la plus grande épaisseur () à l'est de Serguiev Possad, dans la région nord-estWagner, ..

Si les dépôts du Tertiaire sont pratiquement absents de l’oblast, les dépôts des périodes Carbonifère et du Jurassique sont sensiblement plus abondants. Au Crétacé, l’oblast de Moscou était recouvert d'une mer, comme le prouve la présence de lits de phosphate et la diversité des sables. Les sédiments du Crétacé se retrouvent surtout au nord de l’oblast. Puis la mer s'est étendue du Jurassique au Crétacé. Les dépôts marins caractéristiques du Jurassique, une argile noirâtre, se trouvent dans et autour de Moscou, ainsi que dans la vallée de la Moskova. Les dépôts du Carbonifère de l’oblast de Moscou consistent surtout en dolomite, calcaire et marne. Les veines de charbon riches en éléments organiques se trouvent plutôt dans le sud, surtout dans le raïon de Serpoukhov, et dans les régions ouest. On rencontre aussi dans la région des dépôts du DévonienWagner.

Les dépôts du Quaternaire sont très étendus à travers l’oblast de Moscou ; leur épaisseur décroît du nord-ouest au sud-est. On estimeWagner, . que le pays a connu quatre épisodes glaciaires successifs. La première glaciation, qui est survenue au Pléistocène inférieur et a recouvert d'est en ouest la vallée de l’Oka, n'a laissé pratiquement aucune trace dans la région. Au Pléistocène moyen, deux importantes glaciations sont survenues : le glacier du Dniepr a recouvert une grande partie de la plaine de Russie, tandis que la glaciation de Moscou s'est arrêtée juste au sud de l'actuelle ville de Moscou. La dernière glaciation, la glaciation de Valdaï, est survenue à la fin du Pléistocène ; elle n'a pas touché directement le territoire de l’oblast de Moscou, mais y a laissé des traces sous forme de dépôts fluvio-glaciaires, surtout dans la partie nord. Les glaciers ont abandonné une moraine limoneuse avec des galets et blocs erratiques de différentes natures de roche : granite, gneiss, quartzite, dolomite, craie et grès. Son épaisseur varie de quelques mètres le long des crêtes, à en périphérie des dépôts morainiquesWagner, ..

Minéraux L’oblast de Moscou est riche en minéraux. Les sables extraits des sédiments des différentes périodes (surtout Quaternaire et Crétacé) sont de très bonne qualité et sont très utilisés dans la construction. On utilise le sable de quartzite (du quartz pilé) en miroiterie : cette production s'est concentrée depuis le à proximité de Lioubertsy. Des considérations environnementales ont conduit à l'abandon de la plupart des carrières, et seule celle de Ieganovo demeure active ; ses réserves en sables silicates sont d'environ 33 millions tonnes et la production annuelle atteint Wagner, .. Les dépôts de sable et de gravier abondent sur le plateau de Smolensk-Moscou. Les bancs de grès se trouvent dans les raïons de Kline et de Dmitrov.