François d'Assise (en ), né Giovanni di Pietro Bernardone en 1181 ou 1182La date de sa naissance varie suivant les sources citées dans la page, l'année commençant vers avril à cette époque. à Assise (Italie), et mort le dans cette même ville, est un religieux catholique italien, diacre, mystique, auteur d'écrits, et fondateur de l'ordre des Frères mineurs (O.F.M.) en 1210, caractérisé par une dans la prière, la joie, la pauvreté, l'évangélisation et l'amour de la création divine.

Chevalier du Christ et de Dame Pauvreté, saint François est considéré comme l'un des plus grands saints de l’histoire de l'Église : il fait accomplir au christianisme une mutation décisive, et est rapidement surnommé lAlter Christus, « l’autre Christ », après sa mort. Selon la tradition catholique, il est le premier saint de l’histoire à recevoir les stigmates.

Saint François d’Assise est aussi considéré comme le précurseur du dialogue interreligieux, notamment pour ses échanges avec le sultan d'Égypte Al-Kâmil, qu'il tente de convertir tout en cherchant à mettre fin à la cinquième croisade.

S’il n’est pas exactement l’inventeur de la crèche vivante, on reconnaît qu’il en a amélioré la forme rendue plus réaliste, et qu’il a largement popularisé cette pratique en Occident.

En 1228, deux ans à peine après sa mort, François est canonisé par le pape , « record » battu seulement par Antoine de Padoue et Pierre de Vérone.

François d'Assise est commémoré le dans le calendrier liturgique catholique.

Avec sainte Catherine de Sienne, il est désigné saint patron de l'Italie, il est aussi associé au patronage des animaux et de l'environnement naturel.

Les écrits les plus connus relatifs à la vie de saint François et des premiers franciscains sont les Fioretti ou les petites fleurs. Bien qu'il se présente comme illettré, François a laissé de nombreux écrits de genres variés.

Biographie Fils d'un riche marchand de tissus en Ombrie, François naît à Assise entre le mois de mai et septembreCes mois correspondent à la période à laquelle son père voyage en France pour ses affaires, les foires se déroulant à la belle saison. 1181 ou 1182..

vignette|François d'Assise par Orazio Gentileschi.|gauche

Il est l'aîné des sept enfants de Pietro Bernardone dei Moriconi, riche drapier d'Assise, et de Dona Joanna Pica de Bourlémont, femme pieuse issue de la noblesse provençale (la Provence est de culture occitane, bien que relevant du Saint-Empire romain germanique jusqu'en 1481) et que Pietro a épousée en secondes noces en 1180 après un veuvageClaude Frassen, La règle du tiers-ordre de la pénitence, Paris, 1680, ..

Son père n'est pas producteur de drap, mais revendeur, dans son échoppe, ainsi que sur les marchés et les foires, allant chercher ses étoffes dans les zones de production ou d'échange.

Sa richesse est constituée d'argent en numéraire placé ou prêté à intérêt, et des revenus de terres situées dans le contado et surtout de maisons dans la ville même d'Assise.

À sa naissance, alors que son père est en France pour négocier des draps et étoffes dans les foires de Provence et de Champagne, sa mère le fait baptiser sous le nom de Giovanni (Jean) en l'honneur de l'apôtre homonyme, dans la cathédrale d'Assise consacrée à Rufin, saint patron de la ville.

De retour de son voyage en France, où il a fait de très bonnes affaires et en hommage à ce pays, son père lui donne le nom de Francesco (François en italien), nom qu’il gardera et par lequel il sera mondialement connu.Voir sur eglise.catholique.fr..

Jeunesse et vertus courtoises Dans les années 1190, il suit des cours dans l'école de chanoines de l'église San Giorgio, à Assise, où il apprend le latin.

Destiné à seconder son père et probablement à lui succéder, il quitte l'école à 14 ans et entre dans la corporation des marchands.. Il est doué d’une réelle compétence professionnelle et on lui reconnaît la qualité d’habile négociateur.

François vit une jeunesse dissipée marquée par les aspirations de son époque. Il a rencontré très probablement à cette époque plusieurs femmes, et il en connaissait au moins une, au sens biblique, comme le suggère son « Testament »Testamentum sancti Francisci in Écrits, 204..

Son métier l’amène à entrer en relation avec la noblesse de sa commune, et ses grandes dépenses attestent qu’il cherche à en adopter le mode de vie et les idéaux courtois.

Si l’on en croit ses hagiographes, François nourrit l’ambition de devenir chevalier, c’est-à-dire d’assurer, en tant que , un service armé citadin à cheval, avec le style de vie chevaleresque auquel il est lié.

Au sein de sa commune, il est du côté des , la bourgeoisie ascendante, contre les , qui avaient le monopole des magistratures civiques.

À l'époque des révoltes communales avec leurs bourgeois aspirant à la noblesse, il fait la guerre à la noblesse d'Assise et de Pérouse.

La défaite des Assisiates à Ponte San Giovanni, en est pour lui suivie d'une année d'emprisonnement.

Malade durant sa captivité (probablement un début de tuberculose), il est libéré à prix d’argent, grâce à son père, et doit, après son retour à Assise, calmer ses ardeurs.

Les maladies, contractées pendant ce séjour en prison, ébranlent sérieusement sa santé qui demeurera ensuite toujours fragile. Cependant, François est alors persuadé qu’une grande destinée l’attend, et il n’hésite pas à affirmer à ses compagnons : Légende des trois compagnons, 4, cité par Théophile Desbonnets, François d’Assise, Documents, Paris, Éditions franciscaines, 1968, ..

Aimant la chanson de geste des troubadours, il n'hésite pas à entonner des chansons provençales, venues de sa mère, et des cantilènes et chansons d’amour courtoises.

Aussi retrouvera-t-on dans les strophes de ses œuvres le travail rythmique de ces poètes et musiciens de langue d'oc.. La courtoisie n’est pas simple affabilité : c’est une manière de vivre raffinée, qui, refusant la brutalité du désir, et l’agressivité de sa propre puissance, développe une élégante magnanimité.

Deux des vertus essentielles dictées par la courtoisie, la générosité fastueuse et la joie, sont pratiquées par François avant et après sa conversion : largesse dans les aumônes aux pauvres, aux lépreux et aux prêtres, joie comme signe distinctif de la vie de cour et de son prestige, mais aussi joie spirituelle, expression de la confiance en la bonté de Dieu, que François inscrira dans la plus ancienne règle, la Regula non bullata (VII, 16 et XVII, 8), à l’adresse de ses frères.

Changement de vie vignette|François d'Assise prêchant aux oiseaux (d'après les Fioretti) par Giotto. Plutôt que de conversion religieuse, expression qui suggère l’irruption brutale de la grâce dans l’âme d’un pécheur, l’historien André Vauchez préfère parler d’un « retournement » réalisé en plusieurs temps, entre l’été 1205 et le début de 1208.

La longue maladie qui immobilise François une grande partie de l'année 1204 a pu favoriser son passage progressif des valeurs chevaleresques à un programme de vie fondé sur l’Évangile.

Au début de 1205, alors qu'il rêve toujours d'acquérir le rang de noblesse par de hauts faits d'armes et d'être adoubé chevalier à la manière d'un , il s'apprête à rejoindre l'armée de Gautier III de Brienne, mais un songe fait à Spolète, où il tombe malade, le pousse à abandonner tout espoir d'accomplir ce projet et il refuse de prendre les armesFrançois, artisan de Paix.. De retour à Assise, percevant les limites de l'idéal chevaleresque qui l'avait jusque-là animé, il abandonne peu à peu son style de vie et ses compagnons de fête et il fréquente de plus en plus souvent les chapelles du Val di Spoleto..

Sa conversion intérieure passe par des moments de prière et de méditation, à l’écart, dans une grotte que nous appelons aujourd'hui un ermitage, des actes d’aumône aux pauvres, entrecoupés de périodes de dépression et de désarroi.

Dans son « Testament », François indique lui-même que la rencontre avec les lépreux est l'évènement qui détermina son retournement :

Ces déshérités ne sont plus à ses yeux des lépreux, mais des frères. François est alors imprégné par la notion de miséricorde qu'il a reçue des mouvements religieux laïcs de son époque, nouvelle sensibilité à la souffrance et à la déchéance d'autrui.

Cette attitude de miséricorde précède sa découverte de l’Évangile ; en d’autres termes, Avec la pénitence et la paix, la miséricorde va devenir l'un des maîtres mots de la prédication franciscaine.

En 1205, il a vingt-trois ans. Alors qu'il est en prière devant le crucifix de la chapelle Saint-Damien, selon la légendeJacques Dalarun, « Le dossier franciscain : François, Claire et les autres », émission La Marche de l'Histoire sur France Inter, 7 octobre 2013. (« légende » s'entend ici dans son sens originel, c'est-à-dire une hagiographie lue dans les monastères, pendant les repas ; dans les églises, pour l’édification des fidèles lors de la fête d’un saint), François entend une voix lui demandant de « réparer son Église en ruineJulien Green, Frère François, France Loisirs, ... » Prenant l'ordre au pied de la lettre, il se rend à la ville voisine de Foligno, pour y vendre des pièces de drap du commerce de son père, ainsi qu’un cheval et pouvoir restaurer la vieille chapelle délabrée.

vignette|gauche|300px|Saint François renonce au monde en se dépouillant de ses vêtements ; il se met nu devant l'évêque d’Assise qui le place sous sa protection en le couvrant d’un manteau. Giotto, Fresque de la Basilique Saint-François d'Assise (1295).

Il dépense également beaucoup d'argent en aumônes.. Furieux des excentricités de son fils, Pietro Bernardone exige qu'il lui rende des comptes, et ne craint pas de l'assigner en justice pour le déshériter.

À l'issue de ce procès au tribunal de l'évêque d'Assise Guido I, François rompt la relation avec son père en lui laissant, symboliquement, ses habits.. François, se réclamant d'un statut de pénitent qui lui permet d’échapper à la justice laïque, sera alors convoqué par l'évêque d'Assise.

C’est alors que prend place la scène fameuse illustrée en particulier par Giotto sur les murs de la Basilique supérieure d’Assise : lors de son audition sur la place de la ville, au printemps 1206, François rend l'argent qui lui reste, ainsi que ses vêtements et dit à son père et à la foule rassemblée : Il va alors se placer sous la protection de l'évêque Guido, qui l'enveloppe de sa cape, pour signifier que l'Église le prend sous sa juridiction, et reconnaît en lui désormais un religieux, au sens juridique du terme.

En sortant ainsi du monde et du « siècle », François rompt non seulement avec sa famille, mais aussi avec la commune d’Assise, qui garantissait les droits de ses habitants. Ainsi s’explique qu’il ait dès lors résidé le plus souvent hors les murs, menant une vie d’ermite et mendiant sa nourriture.

Après avoir trouvé refuge comme serviteur chez les bénédictins de l'abbaye de San Verecondo au nord d'Assise, qui le traitent particulièrement durement, François part pour Gubbio, où il est employé à la léproserie de San Lazzaro.

Revenant à Assise vers l'été 1206, il mendie pour obtenir de la population des pierres nécessaires à la reconstruction, et restaure successivement les chapelles de Saint-Damien (), de Saint-Pierre (), et de la Portioncule.

Le (fête de saint Luc) ou le (fête de saint Mathias)., dans la chapelle de la Portioncule (La Porziuncola), François comprend enfin le message de l'Évangile Matthieu 10, 9. et, de converti, devient missionnaire.

Pauvreté, première communauté vignette|François d'Assise par Francisco de Zurbarán. Musée des beaux-arts de Lyon, France. Il décide alors d'« épouser Dame Pauvreté », se consacrant à la prédication et gagnant son pain par le travail manuel ou l'aumône. Il change son habit d'ermite pour une tunique simple. La corde remplace sa ceinture de cuir. Il est probable que sa fréquentation des lépreux date de cette époque, et de la stabilité qu'il pouvait trouver auprès de la léproserie voisine.