Dominique, comte Clément de Ris, baron de Mauny (, Paris - , château de Beauvais, commune d'Azay-sur-Cher dans l'Indre-et-Loire), est un homme politique français.
Biographie Famille
Clément de Ris est le fils d'un procureur au Parlement, Louis Nicolas Clément de Ris (1714-1786).
180px|thumb|right|, Joseph-Benoît Suvée (1743–1807), 1795, Musée de l'Histoire de France (Versailles). Fils de Louis Clément (1714-1786), sieur de Ris et de Marie-Jeanne Auvray de La Tour (1712-1773), Clément de Ris épousa, le à Tréguier, Catherine Chevreux du Miny ( ✝ 1829), dont il eut : Ange Louis ( - Tréguier ✝ - Paris), polytechnicien (X1795), décédé à l'École ; Athanase (1782-1857), chevalier Clément de Ris et de l'Empire (1808), Clément de Ris (1828), pair de France, colonel de cavalerie ; Emile (1786 - Chateaudun ✝ - Paris), colonel, conseiller général d'Indre-et-Loire ; Paul ( - Paris ✝ Tué le - bataille de Friedland), sous-lieutenant de carabiniers.
Révolution française Il devint avocat, et venait d'acheter une charge de maître d'hôtel de la reine (1787), quand éclata la Révolution française, dont il adopta avec enthousiasme les idées.
Administrateur (1791) puis membre du Conseil général d'Indre-et-Loire (1792), il est arrêté le sur ordre de Gabriel Jérôme Sénar et envoyé à Paris. Libéré en , il est nommé membre de la Commission exécutive de l'instruction publique. Plus tard, il est arrêté comme suspect de modérantisme, enfermé à la Conciergerie de Paris, en 1798, et n'en sort que par l'intervention de Sieyès qu'il a connu (Sieyès était, à Tréguier, chanoine).
Nommé, en l'an III, chef de division dans les bureaux de l'instruction publique, il fait partie, avec Garat et Ginguené de la commission de réorganisation qui provoque la création de l'École normale.
Consulat et Empire Démissionnaire en 1795, il se retire dans ses propriétés de Touraine et est appelé par Bonaparte () à faire partie du Sénat conservateur.
C'est quelques mois après, en , que Clément de Ris, étant dans une de ses terres de Touraine, est enlevé en plein jour par un parti de chouans pour certains, qui l'enferment pendant dix-neuf-jours dans un souterrain. Cette disparition, qui parait avoir le vol pour mobile, fait alors beaucoup de bruit, mais n'est jamais vraiment expliquée ; trois des auteurs présumés furent condamnés à mort, et Lacroix, dans le château de laquelle la détention avait eu lieu, subit plusieurs années de prison.
Nommé questeur du Sénaton le trouve plus souvent qualifié de , Clément de Ris dirige les embellissements du palais du Luxembourg, et la reconstruction de l'Odéon, qui appartenait au Sénat, et qui avait été détruit par un incendie.
Il devient membre de la Légion d'honneur (), commandant du même ordre (25 prairial), comte de Mauny et de l'Empire (), grand officier de la Légion d'honneur (), et grand-croix de l'ordre de la Réunion ().
Une ténébreuse affaire C'est le que lui arrive l'aventure singulière qui donne lieu à tant de conjectures et de fables. Enlevé en plein jourMadame Bruley assiste à l'enlèvement de Dominique Clément de Ris, au moment où elle arrivait au château de Beauvais, près Tours. Sa voiture servit même à la perpétration de ce crime. Elle dépose aux tribunaux en 1800 dans cette affaire demeurée célèbre. par des agents du Ministre de la Police Joseph Fouché, il fut enfermé dans un souterrain, et ne fut rendu à la liberté qu'après une captivité de dix-neuf jours , sur ordre de ce même Fouché.
En effet, il n'était pas dans l'intention de Fouché de faire enlever le sénateur, mais de faire cambrioler son château pour récupérer des documents compromettants naguère confiés à Clément de Ris. Les hommes du ministre semblent avoir séquestré Clément de Ris par excès de zèle,
Le drame de cette affaire réside dans la mesure où Bonaparte informé de l'enlèvement, demande à son Ministre d'arrêter et de condamner sévèrement les coupables de cette indélicatesse. Fouché se souvenant de l'existence d'Auguste de Canchy, qu'un différend personnel avait dressé contre lui et dont le passé de chouan était un excellent prétexte, le fit arrêter en compagnie de son beau frère Mauduison et d'un chouan, Gaudin, malgré des alibis incontestables.
Après un jugement rapide, et le manque de courage du sénateur qui n'a pas voulu témoigner au procès des royalistes, et qui aurait pu les disculper, ceux-ci sont condamnés à mort et exécutés à Angers le . Le seul membre de la cour spéciale qui eut le courage de protester, le capitaine Viriot, fut mis d'office à la retraite. L'éloquence habituelle de M Chauveau-Lagarde ne lui permit pas d'obtenir l'acquittement de ses deux clients : Canchy et Mauduison qui furent exécutés avec Gaudin le matin du .
Honoré de Balzac s'est inspiré de cet épisode pour son roman Une ténébreuse affaireUne ténébreuse affaire, Dictionnaire des œuvres Laffont-Bompiani, t. VI, ., ce qui lui a été reproché, d'autant plus que Clément de Ris avait été le protecteur de son père : Bernard-François Balssa. Il y est également fait allusion dans La dernière fête de Jean de la Varende (1953), qui évoque le sénateur "mis au secret par les paysans. Il ne s'est jamais relevé du ridicule".
Ce fait divers fut aussi le sujet d'un épisode de la série La caméra explore le temps.
Restauration française Il est des premiers () à adhérer à la déchéance de , et reçoit de la Restauration le titre de pair de France (), et une pension viagère de .
Au retour de l'île d'Elbe, l'Empereur le comprend pourtant dans la promotion des pairs des Cent-Jours ().
Atteint, à la seconde Restauration, par l'ordonnance d'exclusion du 24 juillet 1815, il rentre de nouveau à la Chambre haute, le , lors de la fournée de pairs nommés par le ministère Decazes : il siège jusqu'à sa mort parmi les défenseurs des libertés constitutionnelles.
Il est le cousin du général Clément de la Roncière, autre figure de l'Empire et de la Restauration.
Titres Comte Clément de Ris et de l'Empire (lettres patentes du , Bayonne) ; Institution de majorat attaché au titre de baron de Mauny, accordée par lettres patentes du , à Paris) ; Pair de France : Pair par l'ordonnance du ; (Cent-Jours) ; Révoqué par l'ordonnance du 24 juillet 1815) ; Baron-pair héréditaire (, lettres patentes en 1820) ;
Distinctions Légion d'honneur : Légionnaire ( : ), puis, Commandant ( : ), puis, Grand officier de la Légion d'honneur () ; Grand-croix de l'Ordre de la Réunion ().
Armoiries
Figure Blasonnement Armes du comte Clément de Ris et de l'Empire
D'azur au chevron versé d'argent accompagné d'une colombe d'argent en cœur, portant au bec une branche d'olivier de sinople et surmontée de deux étoiles d'or posées en fasce ; franc-quartier des Comtes sénateurs. Livrées : les couleurs de l'écu.Armes de Clément de Ris, , Baron-pair héréditaire
D'azur, au chevron d'argent, acc. en chef de deux étoiles d'or et en pointe d'une colombe d'argent, tenant en son bec une branche d'olivier de sinople.
Pour approfondir
Bibliographie
On y lit de façon erronée 1837 comme date de décès au lieu de 1827. ; . — Relation anonyme d'un témoin oculaire ; Alphonse de Beauchamp l’a publiée dans Mémoires secrets et inédits pour servir à l’histoire contemporaine, tome 2, . L'enlèvement du sénateur Clément de Ris : se référer à l'ouvrage de G. Lenotre, Vieilles maisons, vieux papiers, éditions Perrin, , le colonel Viriot ;
.
Quelques papiers et lettres de Dominique Clément de Ris sont conservés aux Archives nationales, sur le site de Pierrefitte-sur-Seine, sous la cote 58AP : Inventaire du fonds 58AP.
Articles connexes Liste des membres de la noblesse d'Empire ; Chambre des pairs ; Affaire Clément de Ris ; Attentat de la rue Saint-Nicaise ; Liste de personnalités ayant exercé la profession d'avocat ; Suprême Conseil Grand Collège du Rite écossais ancien accepté ;
Liens externes
Notice sur le site de la Maison de Balzac par Bernard Leuilliot :
Notes et références
Catégorie:Naissance en février 1750 Catégorie:Naissance à Paris au XVIIIe siècle Catégorie:Avocat français du XVIIIe siècle Catégorie:Conseiller général d'Indre-et-Loire Catégorie:Membre du Sénat conservateur Catégorie:Comte de l'Empire Catégorie:Pair de France (Cent-Jours) Catégorie:Pair de France (Restauration) Catégorie:Grand officier de la Légion d'honneur Catégorie:Grand-croix de l'ordre de la Réunion Catégorie:Décès en octobre 1827 Catégorie:Décès en Indre-et-Loire Catégorie:Décès à 77 ans