La Chine est le deuxième pays du monde par son produit intérieur brut (PIB) nominal, derrière les États-Unis. En 2014, elle est devenue, selon les dernières estimations de la Banque mondiale, le premier pays au monde pour le PIB à parité de pouvoir d'achat (PPA)PIB en parité de pouvoir d'achat 2014, Banque Mondiale., passant devant les États-Unis. En 2017, le produit intérieur brut (PIB) en PPA chinois s'est élevé à environ de US$ contre de US$ approximativement pour les États-Unis, ce qui confirme bien le dépassement chinois à long terme.
En 2015, la prévision de la croissance économique chinoise, jusqu'ici très rapide, est abaissée en dessous de 7 % par an, ce qui reste élevé mais représente tout de même le taux le plus bas depuis . Dans les années à venir, la Chine pourrait garder une croissance supérieure à celle des États-Unis. Toutefois, le Center for Economics and Business Research prévoit en 2026 que la Chine ne dépassera le PIB des États-Unis qu'en 2045. Le rythme de cette expansion économique exponentielle reste toutefois incertain à long terme, et demandera des choix stratégiques à faire à la direction du Parti communiste chinois, notamment au profit des investissements pour la recherche et le développement.
Dirigée par le parti communiste depuis 1949 et l'arrivée au pouvoir de Mao Zedong, l'économie de la Chine était marquée par un très fort interventionnisme d'État jusqu'aux années 1970. Inspiré du modèle soviétique, ce modèle économique dirigiste comprenait des planifications dans de nombreux secteurs agricoles et industriels, ainsi qu'un relatif isolement sur la scène du commerce international. Depuis 1978, année de l'accession au pouvoir de Deng Xiaoping, la Chine a développé un modèle fréquemment nommé « économie socialiste de marché », qui fait se côtoyer un secteur public toujours omniprésent et un certain libéralisme économique, ainsi qu'une ouverture progressive de son marché intérieur.
Depuis les années 1980, le pays a connu une croissance économique particulièrement soutenue, dépassant les 10 % certaines années et ne se montrant que peu sensible aux chocs conjoncturels - notamment la crise des subprimes et la crise de la dette dans la zone euro. De 2000 à 2010, la Chine a fourni 33 % de la croissance mondiale en valeur absolue. Cependant, la population reste relativement pauvre : en parité de pouvoir d'achat, on évalue le PIB par habitant en 2013 à par habitant, ce qui place la Chine au mondial. Pourtant, les calculs de PPA sont notoirement difficiles ; ainsi, les estimations de la Banque mondiale de 2014 ont fortement révisé les données chinoises (et indiennes) en hausse, avec un PIB par habitant à qui a placé la Chine au mondial.. Ces chiffres recouvrent toutefois d'importantes inégalités régionales : la côte est, où se trouve le cœur économique du pays avec notamment Shanghai, Hong Kong et Macao, concentre la production de richesse aux dépens des provinces de l'ouest, restées très rurales et présentant un important retard de développement.
La population active du pays compte de personnes. L'agriculture occupe 33,6 % de la main d'œuvre en 2012, mais ne représente que 10 % du PIB. L'industrie a en revanche une place prépondérante : elle emploie environ 30,3 % de la population active et est le secteur le plus productif, avec près de 47 % du PIB. Le fort excédent commercial provoqué par les exportations industrielles a permis au pays de se constituer de grandes réserves de change qui ont atteint de dollars au , soit les plus importantes jamais enregistrées.. Ces réserves donnent au pays une puissance financière considérable sur la scène internationale. La finance chinoise connaît cependant des difficultés liées à l'explosion du « shadow banking », finance non conventionnelle et non régulée, que le pouvoir politique ne parvient pas à endiguer et que l'agence de notation Moody's estime à de dollars début 2014.
Le secteur public continue à tenir une importante place dans la vie économique mais les entreprises privées y jouent un rôle croissant et le pays s'est fortement intégré dans le système économique mondial. Symbole de cette ouverture récente, la Chine est devenue membre de l'Organisation mondiale du commerce en 2001.
Selon le Bureau national des statistiques, l'économie chinoise a augmenté de 4,8 % au premier trimestre 2021 malgré le Coronavirus..
Historique De l'Antiquité au : la prédominance de l'agriculture Comme dans la plupart des autres grandes régions du monde, la production agricole a représenté l'activité économique principale en Chine pendant des millénaires. Une particularité de la Chine est la densité de population relativement forte dans les zones cultivables, surtout à partir de la dynastie Song. Cette période, qui s'étend du au , a marqué une période de progrès et de prospérité : elle a conduit à une recherche particulièrement active de meilleurs rendements, par l'irrigation notamment. La culture végétale (blé et surtout riz) a également été privilégiée sur l'élevageAngus Maddison, L'économie chinoise: Une perspective historique, deuxième édition, révisée et mise à jour, Paris, 0CDE, 2007, ..
On estime que la Chine a été la première puissance économique mondiale durant la majeure partie des vingt derniers siècles Professor M.D. Nalapat. Ensuring China's "Peaceful Rise". Accessed January 30, 2008. Dahlman, Carl J. Aubert, Jean-Eric. China and the Knowledge Economy: Seizing the 21st Century. WBI Development Studies. World Bank Publications. Accessed January 30, 2008. Rosita Dellios. The Rise of China as a Global Power. Accessed January 30, 2008. International Presence. Accessed January 30, 2008.. Jusqu'au et la révolution industrielle, c'est également en Chine qu'on trouvait le niveau de vie le plus élevé de la planèteEbrey (1999), 175.
De 1300 à 1820, en revanche, il ne semble pas que la richesse par habitant ait augmenté, mais la population totale passe de 100 à de personnes environ, ce qui en fait déjà l'État le plus peuplé au mondeAngus Maddison, L'économie chinoise: une perspective historique, deuxième édition, révisée et mise à jour, Paris, OCDE, 2007, .. Au , la forte croissance démographique a sans doute provoqué une désurbanisation relative, et peut-être une légère baisse du niveau de viePaul Bairoch, De Jericho à Mexico: villes et économie dans l'histoire, Paris, Gallimard, 1985, chapitre 20.
La Chine, première civilisation à utiliser le papier monnaie, a une longue histoire de relations économiques internationales. Trois points de repères marquent cette histoire.
La dynastie des Yuan a organisé un système de routes et de poste efficaces, contribuant à la modernisation de l'économie chinoise. Au début de l'ère Ming, les flottes de l'amiral Zheng He ont renforcé les liens existant déjà sur la route des épices, entre l'Inde, la côte africaine orientale, l'Indonésie et supposément l'Australie ainsi que les Amériques (avant les Européens, cf. cartes de l'Amiral de cette époque). À la suite d'une période de repli sous les Ming, la dynastie Qing a vu son déficit économique s'accroître avec l'arrivée des colonisateurs occidentaux. Au milieu du , l'économie chinoise a été dans sa plus grande partie asservie au commerce de l'opium pour les intérêts des colonisateurs, précipitant le pays dans un chaos économique et politique.
vignette|droite|La bataille du Delta de la rivière des Perles, où les jonques de l'armée chinoise sont détruites par la marine britannique, le 7 janvier 1841.
Du à 1949 : l'économie chinoise contrôlée par l'Occident Au cours du , le pays connaît de graves troubles d'ordre politique et géopolitique, qui marquent une période de lent déclin de la puissance chinoise. En 1842, l'Empire chinois est lourdement défait par le Royaume-Uni lors de la première guerre de l'opium et doit concéder le Traité de Nankin, qui octroie de nombreux privilèges commerciaux et territoriaux aux puissances occidentales. Les ports de Canton, Ningbo, Amoy (aujourd'hui Xiamen), Fuzhou et Shanghai sont ouverts de force au commerce extérieur ; les taxes et droits de douane deviennent fixes, et ces derniers ne peuvent excéder 5 % ; surtout, l'Empire britannique obtient le comptoir de Hong Kong, qui ne sera restitué à la Chine qu'en 1997.
Au cours du siècle, et jusqu'à la Trêve de Tanggu de 1933, une trentaine d'autres accords nommés « traités inégaux » par la Chine sont signés avec les puissances européennes, les États-Unis et le Japon. Dotés de nombreuses clauses unilatérales, ceux-ci ont essentiellement pour but de contraindre le pays à s'ouvrir aux échanges internationaux et de permettre l'installation de bases économiques occidentales. À partir de la fin du siècle, les Européens contrôlent ainsi une grande partie de l'économie chinoise, notamment dans les régions littorales. Dans le même temps, de nombreuses rébellions et guerres civiles éclatent à l'intérieur du pays. Celle des Taiping, entre 1851 et 1864, a fait entre vingt et trente millions de victimes.
Vers la fin du , certaines régions du pays connaissent toutefois un début d'industrialisation. Des usines et des lignes de chemin de fer sont construites, essentiellement à l'est du paysJacques Gernet, Le Monde chinois, Paris, A. Colin, 1972. La situation politique intérieure et extérieure reste cependant très instable, et le niveau de vie moyen ne progresse pas très sensiblement. En 1937, le pays entre dans une guerre longue et meurtrière avec le Japon, et prend part aux combats de la Guerre du Pacifique aux côtés des Alliés. Bien que victorieuse, la Chine doit faire face à une guerre civile qui retarde le développement économique. Elle prend fin en 1949 avec la proclamation de la république populaire de Chine. Selon l'économiste Angus Maddison, il semble que la Chine ait été plus pauvre à cette époque qu'au début du Angus Maddison, L'Économie chinoise : Une perspective historique, deuxième édition, révisée et mise à jour, Paris, OCDE, 2007 (lire en ligne), .. D'après ses estimations pour 1950, le PIB chinois par tête correspond alors à environ la moitié de celui de l'Afrique et à moins des trois quarts de celui de l'Inde ; cité dans .. Au sortir de douze années de conflits ininterrompus, qui ont gravement endommagé les infrastructures agricoles et presque totalement ruiné le début de développement industriel, la Chine est de loin le pays le plus pauvre du monde..
1949-1976 : conversion à l'économie dirigiste de type communiste sous Mao Zedong L'avènement de la république populaire de Chine en 1949 entraîne la mise en place d'un régime politique et d'une économie de type communiste, en partie inspirés de ceux existant alors en URSS. Le Parti communiste, dirigé par Mao Zedong de 1943 à sa mort en 1976, mène des politiques de planification économique dans l'agriculture et l'industrie ainsi que des grands travaux d'infrastructure (centrales électriques, irrigation, extension des terres cultivables). Sur le plan du commerce extérieur, il s'agit d'une période d'isolement sur la scène économique mondiale, la Chine n'ayant quasiment de relations commerciales qu'avec l'URSS ou des pays communistes d'Asie (Corée du Nord, Viêt Nam).
Ces politiques volontaristes ont permis de réduire l'extrême pauvreté, notamment dans les villes, en offrant un accès à la nourriture, l'eau potable et aux soins médicaux au plus grand nombre, et ce alors que la population est passée d'environ de personnes en 1949 à en 1976. Cependant, certaines ont connu un échec retentissant. Le Grand Bond en avant, un vaste programme de collectivisation agricole et de travaux publics, s'avéra irréaliste et causa une grande famine et la mort de 20 à de personnes entre 1959 et 1962. De même, la Révolution culturelle (de 1966 à 1976) conduit le pays au bord de la guerre civile et désorganise l'économie urbaine jusque dans les années 1980.
Depuis 1976 : essor de « l'économie socialiste de marché »
L'ère Deng